Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Deux mondes…

lundi 21 mai 2018

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« … Croyez-vous aux signes ?

– Aux signes ? Oui, souvent.

– Ma vie a été parsemée de signes. Mais la difficulté, c’est bien-sûr de savoir les interpréter. Ils sont presque toujours à double tranchant. Ils aident ou ils blessent, selon la manière de les prendre…

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… Que pensez-vous de ces menaces ? me dit-il. Qu’est-ce-que cela signifie ? D’où peuvent-elles venir ?

– Du marais je suppose. Probablement des bergers. J’ai mon idée là-dessus. L’autre nuit, mes trois barbouilleurs ont filé à cheval.

– Les bergers ? Mais pourquoi ?

– Sans doute une affaire de pâtures. On dit que ce sont des fanatiques. Rien ne compte pour eux que leurs bêtes.

– J’ai l’impression que c’est plus grave (…) Il me regarda surpris.

– Voulez-vous dire qu’ils pourraient vouloir continuer à vivre dans cette misère ?

– Pauvreté, plutôt.

– Dans cette pauvreté, si vous voulez. Dans cette humiliation. Cela me paraît impensable. Nous leur donnons des salaires inespérés, des garanties sociales, et ce n’est qu’un début. Il y aura une ville, un port, des routes, des emplois nouveaux. Lorsque l’attention du pays sera tournée vers le Sud, nous pourrons assécher, introduire des tracteurs…

– Ils aiment leurs marais, leurs chevaux. 

– Mais qui parle de les en priver ? Vous savez bien Marc tout ce que nous pouvons leur apporter, et que nous respecterons leurs coutumes. Nous ne sommes pas des destructeurs. ..

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… je demande à Sophie ce qu’elle pense du chantier. Les bulldozers, les scrapers, les grues, la drague : tous ces animaux grinçants et soufflants qui mangent le sable, est-ce-qu’ils ne l’amusent plus ?

– Bof, dit-elle, pas vraiment !

Elle hausse les épaules et fait la moue. Elle préfère les grenouilles, les insectes. Qu’est-ce-qu’un camion, un bulldozer, auprès d’un scarabée ? Tiens, hier, elle a regardé l’œil d’une mouche. Fantastique ! Est-ce que les hommes pourraient construire l’œil d’une mouche ? D’ailleurs les mouches pensent, elle en est sûre. Elle prétend même qu’elle les a vu rire. Est-ce que j’ai une opinion là-dessus : le rire des mouches ?

De là, elle saute dans les étoiles. Il n’y a qu’un pas ! Qu’est-ce-qui se trouve derrière les étoiles ? Le ciel. Et derrière le ciel ? Le ciel encore, et puis le ciel. Elle y a souvent pensé, jusqu’au vertige, l’après-midi surtout. Je dis Pascal, les espaces infinis… Elle sait : son père lui en a déjà parlé. Mais ça n’arrange rien. Est-ce-que je crois en Dieu ? Elle, oui, « au fond », mais elle n’arrive pas à l’imaginer. Et la mort ? Elle a regardé les bêtes, les oiseaux, son oiseau mort. On dit que les hommes deviennent des oiseaux, des scarabées, des lézards ; que les oiseaux deviennent des hommes, peut-être des arbres, des fleurs. Et les enfants ? D’où ils viennent, les enfants. « Ah, ça, tu le demanderas à ta mère ! » Ce n’est pas ce qu’elle voulait dire : ça aussi, elle sait. Mais ils viennent de plus loin : comme un petit ruisseau qui coule longtemps sous terre, qui sort de terre, et à la fin y rentre. Qui lui a raconté cela ? Personne. Elle l’a inventé. Elle y pense souvent, et surtout le soir, dans son lit, avant de s’endormir. La nuit aussi, elle rêve des choses.

– Est-ce que tu rêves, toi ?… »

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Extraits de : « L’Homme de sable »  Jean Joubert  1928-2015.

Illustrations : 1/« Enfants dans les dunes »  George Hendrik Breitner  1857-1923  2/« Projet de building »  Antonio Sant’Elia  1888-1916   3/ « Pins et sable »  Yvan Chichkine  1832-1898.

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Veiller sur la belle nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Vagues à l’âme…

jeudi 17 mai 2018

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« … L’orage a crevé. Des déferlantes d’eau se sont abattues sur la maison. Le visage collé à la fenêtre, j’ai essayé de voir dehors. Les lampadaires étaient éteints. Il n’y avait plus de lumière. Dans la lueur des éclairs, les rochers qui encerclaient le phare semblaient voler en éclats…

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– Il faudrait pouvoir trier dans les souvenirs, vous ne croyez pas ?Trier et ne garder que le meilleur…

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… Vous savez, les sentiments amoureux… Qu’est-ce qui fait que l’on s’éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s’être vus avant ? Il y a des rencontres qui se font et d’autres, toutes les autres qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs… Parfois nous croisons quelqu’un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d’essentiel ensemble. Mais il suffit d’un rien pour que ces choses ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté. Alors si ces deux-là se sont aimés…

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… « Ce monastère qui devait être une étape a été l’arrivée. Je reste ici, envoûté. Bonheur de marcher au milieu de la montagne. Le vent parfois, qui se fracasse. Et les étoiles, la nuit. Le soir, je me raconte sur mon petit carnet tout ce qui m’a rempli. Tout est si présent. Je ne trouve pas de mots pour l’exprimer. Peut-être une profonde intimité… »…

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Dans cette lettre Michel parlait du pardon, longuement. Il disait que le pardon n’était pas l’oubli, qu’il fallait savoir en parcourir le chemin, et il citait une phrase de Jean-Paul II, L’homme qui pardonne comprend qu’il y a une vérité plus grande que lui… »

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Extraits de : « Les déferlantes »  2008  Claudie Gallay.

Illustrations : 1/ « Phare dans les vagues »  Hendrik Willem Mesdag  1831-1915  2/« Neige »  Pekka Halonen  1863-1933.

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Cheminer jusqu’à la paix du cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Parfums d’enfance…

dimanche 29 avril 2018

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« … On se réfugiait dans sa penderie, elle était imprégnée de son odeur mêlée à celle de son parfum. S’asseoir par terre, au pied de ses robes, m’apaisait davantage que des caresses.

Ce parfum n’existe plus. Ils l’ont arrêté au début des années quatre-vingt-dix. On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi d’abord qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans une parfumerie ou un grand magasin, retrouve l’odeur de leur mère, l’odeur d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieux encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance….

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Dans la voiture, mon père aimait glisser une cassette de Léo Ferré, il se délectait de sa propre mélancolie et des paroles d’Avec le temps, « Avec le temps, va, tout s’en va, même les plus chouettes souvenirs »… Je me sentais au contraire incroyablement soulagée à l’idée que l’on s’allégeait avec le temps, qu’on pouvait faire place nette, recommencer.

Je ne le crois plus, à présent. Qu’on en souffre ou qu’on ait du plaisir à revenir en arrière, je suis sûre qu’avec le temps « tout ne s’en va pas ».

Tout reste, les voix, les lieux, les images.

Tout demeure, à portée de pensée.

Et s’éclaircit… »

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Extraits de : « Les rêveurs »  2018  Très émouvant premier roman d’Isabelle Carré.

Illustrations : 1/« Magnolia blanc »  Pal Szinyei Merse  1845-1920  2/« Le 1° mai 1851 »  – détail –  Franz Xaver Winterhalter  1805-1874   3/« Fraises »  Virginie de Sartorius  XIXème.

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Se décider riches de tout notre passé…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de l’oiseau…

jeudi 12 avril 2018

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« … La M’mé s’est mise à raconter, lentement, de cette voix de tombe, une histoire d’oiseau et de chant. Jeanne connaissait l’histoire. La M’mé racontait pour Zoé. Dans chaque vivant, homme ou bête, il y a un oiseau, a dit la M’mé, et cet oiseau a un chant. Il arrive que cet oiseau se taise ou se cache, il arrive aussi qu’il chante. Ce chant se voit dans les yeux, il apparaît sous la forme d’une part douce. Bien sûr, certains chants sont plus beaux que d’autres, mais il y en a un dans toutes les têtes et chacun doit faire en sorte que le chant de sa tête soit le plus beau possible. Il faut parfois une vie entière pour parvenir à faire chanter l’oiseau. Et il arrive qu’une vie n’y suffise pas. Parfois aussi, le chant est tellement pur que le monde entier s’arrête pour l’écouter. Entendre ce chant, a terminé la M’mé, c’est comme décrocher la lune.

Zoé a ri dans l’ombre. Décrocher la lune, ce n’est pas possible. 

– C’est justement parce que certaines choses ne sont pas possibles qu’il faut essayer de les faire , a dit la M’mé.

Il y a eu un silence. Après ce silence, des froissements de robe, des mouvements dans l’obscurité… »

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Extrait de : « La beauté des jours »  2017  Claudie Gallay.

Illustration : Peinture  mogohle anonyme du XVIIème (ici en deux parties) – « Deux Loriots (en haut : Loriot d’Amérique, en bas : Loriot à capuchon) »

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S’arrêter pour mieux entendre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Papillonner…

lundi 9 avril 2018

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… « Odeur d’humus tiède, d’herbe foulée. Grésillement d’élytres. Très loin, dans un autre monde, le chant des oiseaux. Un timide effleurement sur la joue : la course hésitante d’une fourmi égarée. Je suis allongée par terre, le menton appuyé sur la main. Immobile, dans ce temps végétal où l’heure passe comme un instant. Mais mon œil voyage. Il grimpe le long des tiges, se pose sur les feuilles, s’égare parmi les nervures. Ces formes comblent mon regard comme aucun objet construit de main humaine n’a jamais su le faire…

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… « Une fleur tombée

Remonte à sa branche !

Non c’était un papillon »

MORITAKE

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Papillons et fleurs, créatures d’apparat qu’unissent de subtiles correspondances. Les botanistes n’ont-ils pas baptisé une famille entière de plantes du nom révélateur de Papilionacées ? Pois, luzerne, trèfle, vesce, figurent parmi ces adeptes du trompe-l’œil. Leurs corolles ambiguës sont flanquées de deux pétales courbes que l’on désigne par le terme d’ailes.

La fleur est un étendard vivant. Un appel coloré à l’adresse des insectes butineurs. Ses pétales s’assemblent comme les panneaux d’un polyptyque.

Le papillon est lui-aussi en constante représentation. Ses ailes, il les a sacrifiées à cette impérieuse exigence. Trop larges, trop plates, elles ne permettent qu’un vol hésitant, chaotique, qui est le jouet du moindre vent. Ce n’est plus une voilure, c’est une enseigne offerte au regard. Une miniature faite de milliers d’écailles colorées, imbriquées comme les tuiles d’un toit. Paul Signac ou Georges Seurat ne procédaient pas autrement lorsqu’ils disposaient sur leurs toiles toutes ces nuées de points colorés d’où naissaient des paysages.

Quel bénéfice le papillon tire-t-il de ces figures obstinément retranscrites, génération après génération ? Livrées de camouflage, couleurs d’ « avertissement » des papillons vénéneux signalant aux prédateurs leur caractère incomestible, couleurs mimétiques d’espèces comestibles « imitant » les insectes vénéneux pour bénéficier d’une protection usurpée, ces interprétations ingénieuses n’épuisent pas toute la richesse de ces débordements picturaux. La vie est un sphinx qui aime jouer aux énigmes… »

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Extraits de : « Éloge de l’herbe »  1988   Claude Nuridsany et Marie Pérennou.

Illustrations : 1/« Lupins bleus près de San Antonio »  Julian Onderdonk  1882-1922  2/Page d’un carnet d’aquarelles  d’ Anne Wagner 1795-1834.

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Visiter minutieusement les délices du printemps…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ici ou là-bas…

vendredi 23 mars 2018

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« La nuit n’est jamais complète,

Il y a toujours,

Puisque je le dis,

Puisque je l’affirme,

Au bout du chagrin une fenêtre ouverte,

une fenêtre éclairée,

Il y a toujours un rêve qui veille

Désir à combler, faim à satisfaire,

Un cœur généreux,

Une main tendue, une main ouverte,

Des yeux attentifs,

Une vie, la vie à se partager. »

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BON PRINTEMPS À TOUTES ET À TOUS, VIVE LA POÉSIE !

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Poème de Paul Eluard  (1895-1952)  –  extrait du recueil  « Le Phénix ».

Illustration : détail de « Saint Jérôme à l’étude »   Antonello da Messina   1430-1479.

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Ici ou là-bas, aujourd’hui ou demain, une lumière brille pour nous…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lumineux vertige…

lundi 19 mars 2018

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Les galaxies, ensembles de centaines de milliards d’étoiles liées par la gravité, ne sont pas distribuées au hasard dans l’espace. Elles aiment à s’assembler. Cet instinct grégaire est dû à la force de gravité qui attire les galaxies les unes vers les autres.Une fantastique hiérarchie de structures se révèle dans l’architecture cosmique. Si les galaxies sont comme des maisons d’une centaine de milliers d’années-lumière qui abritent les étoiles, les groupes de galaxies, rassemblements de quelques dizaines de galaxies, sont les villages de l’univers. Ainsi notre Voie lactée fait-elle partie du Groupe local qui comprend, outre notre galaxie, celle d’Andromède et une trentaine d’autres galaxies naines, plus petites et moins massives. Le Groupe local s’étend sur une dizaine de millions d’années-lumière. Mais il existe de plus grandes agglomérations. Les amas de galaxies qui rassemblent quelques milliers de galaxies s’étendent sur 60 millions d’années-lumière. Ce sont les villes de province de l’univers. Et l’architecture cosmique se poursuit. Les amas de galaxies s’assemblent eux-mêmes à cinq ou six pour former des superamas de galaxies contenant près d’une dizaine de milliers de galaxies et s’étendant sur 200 millions d’années-lumière. Notre Groupe local fait aussi partie du Superamas local qui rassemble en son sein une dizaine d’autres groupes et amas. Les superamas de galaxies s’agglomèrent à leur tour en d’immenses structures en forme de crêpes, de filaments et de murs de galaxies qui s’étendent à perte de vue sur des centaines de millions d’années-lumière, délimitant d’énormes vides dans le cosmos où l’on pourrait parcourir des centaines de millions d’années-lumière sans rencontrer galaxie qui vive. Les galaxies tracent dans le noir de la nuit une immense toile cosmique lumineuse devant nos yeux étonnés. Les superamas en structure de crêpes, de filaments et de murs, en constituerait la texture, les amas les plus denses, les « nœuds », et les grands vides, les « mailles ».

Face à cette immense toile cosmique, les vicissitudes du quotidien qui prennent parfois une importance démesurée dans nos vies apparaissent bien petites et mesquines. Cette architecture subtile du ciel invite à prendre de la hauteur…

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… Alors que le télescope continue de collecter la lumière de la galaxie bleue compacte, je réfléchis sur l’extraordinaire concours de circonstances qui a permis que je sois ici, au sommet d’un volcan en sommeil, à contempler l’univers. C’est un miracle que l’homme soit apparu dans cet univers si vaste et que, malgré l’insignifiance de sa place dans le cosmos, il soit assez intelligent pour comprendre l’univers, apprécier sa beauté et son harmonie, et assez doué pour reconstituer la merveilleuse fresque cosmique de quelques14 milliards d’années qui a mené du vide primordial jusqu’à lui. C’est un miracle que l’homme habite la planète Terre, la troisième à partir du soleil. Ce n’est pas le fait du hasard : notre planète est la seule dans le système solaire qui soit habitable car, au contraire des autres planètes, elle n’est ni trop brûlante ni trop glacée. La vie est fragile et délicate, elle requiert à la fois douceur et tiédeur… »

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Extraits de : « Une nuit »  2017  Trinh Xuan Thuan.

Illustrations : 1/« Plusieurs figures circulaires »   Vassily Kandinsky  1866-1944   2/« Fleurs »  Mihaly Munkacsy 1844-1900.

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Chercher la lumière dans la nuit…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mots doux…

lundi 12 mars 2018

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« … Le cœur, quand il existe, se voit de loin : un mont Fuji dans la poitrine.

L’écriture doit venir nous chercher où nous sommes, nous sortir de la tombe de nos vies, faire revenir dans nos veines le sang vieil or de l’amour…

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Ils sont partout sauf en eux, ces gens qui font le tour du monde. Le plus long voyage que j’ai fait, c’était dans les yeux d’un chat. Les bêtes sont des anges. Leur silence est proche de celui des livres. Leur silence est de l’encre. Il porte une tunique de papier, une ceinture d’encre. Il entre dans notre cœur et il parle. De l’intérieur de nous. Sans mots. Les livres qui n’ont pas cette grâce ne sont que des marchandises, pesanteur et poison. Les livres – anges, les livres – animaux s’endorment une joue plaquée contre la paroi intérieure de notre cœur…

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Madame,

vous m’avez demandé ce que c’était que les anges. C’est vrai qu’ils s’attardent dans mes livres bien après la fermeture de l’encre. Quand les phrases dorment, ils veillent. (…) Ma réponse ne serait pas complète si je n’ajoutais qu’on peut être parfois si présent à ce qu’on vit qu’il n’y a plus besoin de paradis – aucun mot ne suffisant pour dire la vie et la mort dépassées.

La vraie réponse c’est sans doute vivre, simplement vivre sans oublier de jouer. Les anges protègent les châteaux de sable, pas ceux de pierre… »

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Extraits de : « Un bruit de balançoire   » 2017  Christian Bobin.

Illustrations : 1/ « Fleurs d’Orchidée blanche et Bégonia » Léon Wyczolkowski  1852-1936  2/ « Chat blanc » Takahashi Hiroaki  1871-1945.

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Dans des choses simples se cachent des trésors…

BVJ – Plumes d’Anges.

Perception des choses…

jeudi 8 mars 2018

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« … – Tu ne soignes pas des résultats d’analyse, tu soignes des personnes…

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… – Pardon de vous avoir interrompue, tout à l’heure, au début de la consultation. Vous avez compris pourquoi je l’ai fait ?

– Non.

– Ce qu’une femme ressent est beaucoup plus important que ce que vous savez. (…)

– Chaque fois que vous interrompez une patiente, vous l’empêchez de dire ce qui est essentiel pour elle. Chaque fois que vous remettez en question la véracité de ce qu’elle dit, vous la faites douter.

– Mais si elle dit quelque chose de faux ?

– D’abord, ce n’est pas « faux », c’est ce qu’elle ressent. Son interprétation n’est peut-être pas conforme aux acquis de la science, mais elle lui permet d’appréhender la situation d’une manière intelligible, de ne pas se laisser gagner par la panique. Notre boulot, ce n’est pas de lui dire que ce qu’elle ressent est « vrai », ou « faux », mais de chercher pour son bénéfice, et avec son aide, ce que ça signifie. Si tu veux que les patientes respectent ton avis, il faut d’abord que tu respectes leur perception des choses…

– Même si elle repose sur une vision complètement fantasmatique ?

– Bien sûr. Respecter ça ne veut pas dire adhérer. Ça veut dire : plutôt que de perdre son temps dans un bras de fer (j’ai raison, tu as tort), essayons de trouver un terrain commun. Une relation de soin, ce n’est pas un rapport de force… »

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Extraits du livre : « Le Chœur des femmes » 2009  Martin Winckler.

Une histoire singulière, mais oh combien bouleversante ! Un autre titre de cet auteur qui traite avec tact d’un sujet différent mais tout aussi délicat : « En souvenir d’André » 2012.

Illustrations : 1/« Docteur Washington, mon docteur »  2/« Pivoines japonaises »  Lawrence Alma-Tadema  1836-1912.

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Respecter le ressenti de l’autre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rêve de paix…

lundi 5 mars 2018

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« … La dureté. Partout la dureté. La dureté des êtres les uns envers les autres. La dureté inconsciente des êtres envers eux-mêmes. L’une reflétant l’autre. Et nous qui faisons semblant de l’ignorer. Pour nous protéger de quelque chose qui fait trop mal : la perception aiguë de la guerre qui fait rage, dans le monde et en chacun de nous, une guerre contre les tendances destructrices et les élans de vie, une guerre entre l’ombre et la lumière.

Nous ne pouvons pas grand chose contre la vieillesse et la mort. Pourtant, il est un mal qui relève entièrement de nous : la guerre. La guerre est une création humaine et, en tant qu’humanité, nous pouvons enrayer le fléau. Lorsqu’un être souffre, la vérité est que nous souffrons aussi. Lorsqu’une population meurt de faim, une partie de nous reste triste et affamée.

Le concept « d’inconscient collectif » proposé par Jung trouve ici son utilité. Il nous rappelle d’abord que la communauté se compose d’une somme d’individus et que la somme des inconscients personnels produit ce que nous appelons l’inconscient collectif. Ainsi, nous pouvons raisonnablement penser que ce qui arrive dans le monde reflète ce qui se passe en chacun de nous. En ce sens, les conflits mondiaux sont la somme des conflits individuels non résolus. Et non l’inverse.

Par un étrange retournement des choses, nous nous éloignons tellement de cette perspective que nous en venons à penser que nous, individus, nous n’y pouvons rien. Croire en cette impuissance, c’est oublier que nous ne sommes pas séparés. L’émanation de chaque individu agit et influence les autres, tout comme les émanations des autres nous influencent. En réalité, ce que nous pensons et ressentons fabrique à chaque instant l’univers psychique collectif. (…)

Nous n’avons certes pas, à l’échelle individuelle, un grand pouvoir d’influence sur les conflits mondiaux. Pourtant, si nous comprenons que notre ressenti intérieur, notre vibration personnelle,  participe à la vibration du monde, nous pouvons comprendre qu’en incarnant nos élans créateurs au lieu d’être exclusivement occupés à la satisfaction de nos besoins nous contribuons à améliorer la situation.

Par exemple, lorsque vous êtes heureux, vous vibrez d’une joie communicative. Il en est de même pour la tristesse. Ainsi mieux les êtres humains apprennent à conscientiser leurs peurs et les conflits inconscients qui en résultent, plus ils œuvrent à les dépasser, plus ils collaborent à leur sécurité intérieure et à la paix dans le monde… »

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Extrait de : « Victime des autres, bourreau de soi-même »  Guy Corneau  1951-2017.

Illustrations : 1/« Paix »  Giuseppe Mentessi  1857-1931  2/« Petit lac de plaine »  Rosa Bonheur  1822-1899.

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La paix en soi pour la paix dans le monde…

BVJ – Plumes d’Anges.