Archive pour mai 2021

Chemins de lumière…

dimanche 16 mai 2021

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Nos anciens repères tendent à disparaître, rester dans la confiance…

Marcher sur l’herbe verte,

sentir l’énergie de cette couleur sous nos pieds,

recevoir la force bienveillante des arbres…

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Les cycles se succèdent, une graine vole au vent et la magie opère :

germination, croissance,

bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, graines…

et tant d’autres richesses : écorce, bois, sève…

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Au repos tout l’hiver, ils s’éveillent au printemps,

s’étirent harmonieusement et librement dans la saison.

La lumière, facétieuse magicienne, joue avec les ombres,

l’observateur ébahi est irradié par cette énergie nouvelle…

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Lui viennent à l’esprit les mots de la poétesse :

« Les opinions prêtes à servir

qu’on te ficelle en un bouquet

et que tu n’oserais flétrir

en tes propos ni en pensées,

toujours opinant du bonnet,

idolâtrant comme on respire

et peut-être inconscient du fait

ou refusant d’en convenir…

yeux dans les yeux regarde-les,

ces opinions prêtes à servir,

ces intouchables points de mire !

Et ne te laisse pas assujettir !

Et qu’importe ton désarroi !

Questionne-les ! Questionne-les

avec tes doutes et tes désirs,

avec tes craintes et tes émois

et tout ce qui sommeille en toi !

Et à toi-même tu naîtras ! »

« Naissance »  – poème extrait de Synthèses – Esther Granek
1927-2016.

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Rétablir en soi une vision harmonieuse de la planète et des Hommes,

se faire peintres-copistes,

imiter l’unité et la paix inspirées des paysages,

accéder à la légèreté et à la profondeur d’un autre possible,

marcher vers la lumière…

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Aujourd’hui est la

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA LUMIÈRE.

Souhaitons que celle-ci nous inspire et nous élève !

Photos BVJ – mai 2021 – Région du Trièves.

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Arpenter les lumineux coteaux de la liberté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Avis de recherche…

mardi 11 mai 2021

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AVIS DE RECHERCHE

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On nous dit que… bientôt… si l’on se tient bien… il suffit !

Dans quel état moral sont les acteurs, les chanteurs, les danseurs,

les musiciens, les artistes en tous genres…

Les femmes, les hommes et les enfants du monde…

 OÙ EST PASSÉE LA CULTURE ?

OÙ EST PASSÉE LA CONVIVIALITÉ ?

OÙ EST PASSÉE LA JOIE ?

Le p’tit café du matin, le restaurant du midi ou du soir, le thé de l’après-midi,

le repas partagé en famille, entre amoureux et entre amis ?

OÙ EST PASSÉE LA TENDRESSE ?

Se prendre dans les bras et se serrer bien fort… un rêve !

ET LE SOURIRE DES GENS ?

vous vous souvenez ?

Cette petite forme délicate qu’une émotion fait naître,

qui se dessine doucement ou jaillit d’un simple regard.

Un sourire égaye une journée, enchante la vie,

c’est une bulle de lumière et de légèreté offerte à l’autre,

il me semble que c’est peut-être lui qui

me manque le plus depuis ces longs mois.

Le sourire est un cadeau, il atteste de notre humanité,

scelle un échange, transforme une vie, opère tel un charme,

jaillit d’un regard ou se dessine doucement sur un visage,

c’est une illumination.

Depuis plus d’une année, l’offrande est comme interdite,

de simples robots se croisent dans les rues,

qu’en penseront les bébés, nouveaux venus sur la Terre,

quel sera leur avenir ?

Dites-moi, je cherche et me désespère de cette voix unique,

de cette peur distillée sans relâche,

ce monde d’intelligence artificielle me glace…

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 » Dans l’air vibre la corde

Silence tendu silence rompu

Chute mate d’une fleur de camélia »

Natsume Soseki

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Illustrations : 1/« Petite fille et oiseau »  – détail –  Pavel Künl 1817-1871   2/« La comtesse de Tillières »  – détail –  Jean-Marc Nattier
1685-1766.

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Retrouver l’illumination…

BVJ – Plumes d’Anges.

Moment de grâce…

dimanche 2 mai 2021

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« … Oui, il y a un bonheur plus haut où le bonheur paraît futile. À Florence, je montais tout en haut du jardin Boboli, jusqu’à une terrasse d’où on découvrait le Monte Oliveto et les hauteurs de la ville jusqu’à l’horizon. Sur chacune de ces collines, les oliviers étaient pâles comme de petites fumées et dans le brouillard léger qu’ils faisaient se détachaient les jets plus durs des cyprès, les plus proches verts et ceux du lointain noirs. Dans le ciel dont on voyait le bleu profond, de gros nuages mettaient des taches. Avec la fin de l’après-midi, tombait une lumière argentée où tout devenait silence. Le sommet des collines était d’abord dans les nuages. Mais une brise s’était levée dont je sentais le souffle sur mon visage. Avec elle, et derrière les collines, les nuages se séparèrent comme un rideau qui s’ouvre. Du même coup, les cyprès du sommet semblèrent grandir d’un seul jet dans le bleu soudain découvert. Avec eux, toute la colline et le paysage d’oliviers et de pierres remontèrent avec lenteur. D’autres nuages vinrent. Le rideau se ferma. Et la colline redescendit avec ses cyprès et ses maisons. Puis à nouveau – et dans le lointain sur d’autres collines de plus en plus effacées – la même brise qui ouvrait ici les plis épais des nuages les refermait là-bas. Dans cette grande respiration du monde, le même souffle s’accomplissait à quelques secondes de distance et reprenait de loin en loin le thème de pierre et d’air d’une fugue à l’échelle du monde. Chaque fois, le thème diminuait d’un ton : à le suivre un peu plus loin, je me calmais un peu plus. Et parvenu au terme de cette perspective sensible au cœur, j’embrassais d’un coup d’œil cette fuite de collines toutes ensemble respirant et avec elle comme le chant de la terre entière.

Des millions d’yeux, je le savais, ont contemplé ce paysage et, pour moi, il était comme le premier sourire du ciel. Il me mettait hors de moi au sens profond du terme. Il m’assurait que sans mon amour et ce beau cri de pierre, tout était inutile… »

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Un voyage en pays de lumière, l’Algérie, l’Italie… lieux sublimes et éblouissants.

Voyager au fil de ces pages fut pour moi un moment de grâce.

Ce livre est un ensemble de textes, de réflexions,

de méditations, écrits par Albert Camus dans sa jeunesse.

L’Homme et la nature ne font plus qu’un, la sensualité ruisselle à chaque phrase.

Nul ne peut rester insensible à cet art de la description,

à cette ferveur omniprésente, à ces mots qui nous enveloppent,

nous réchauffent et nous transportent au sein de la beauté,

c’est un hymne à la vie.

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Extrait de : « Noces  suivi de l’été »  Albert Camus 1913-1960.

Illustrations : 1/« Cité de Florence »  Jan van der Straet  1523-1605

2/ « Autel de Gand »  – détail –  œuvre commencée par Hubert van Eyck

et terminée par son frère Jan van Eyck 1390-1441.

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Prendre de la hauteur…

BVJ – Plumes d’Anges.