Archive pour février 2023

Redonner la lumière…

samedi 25 février 2023

.

.

« Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

 

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

 

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l’habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements

ou qui ne parle jamais à un inconnu.

 

Il meurt lentement

celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions,

celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés.

 

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

 

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux ! »

.

Poème de Martha Medeiros – 2000

.

Dans les déserts à traverser, dans les épreuves à vivre,

il y a l’acceptation puis la méditation.

Enfin vient le temps de l’action.

Celle-ci est parfois vaine, tous nos jours ne sont pas glorieux ou fructueux,

mais un matin arrive où l’on sent un souffle nouveau,

un besoin impérieux de rebattre certaines cartes,

d’initier un mouvement – peut-être le dernier –

et de repeindre notre univers aux couleurs de la VIE…

Avez-vous déjà arpenté ces chemins ?

.

Illustrations : 1/« Femme aux chardons »  2/« Femme aux pivoines »  Alfred Agache  1843-1915.

…..

Redonner de la lumière à notre vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

 

Enigme…

samedi 18 février 2023

.

.

« … Je suis là, derrière vous.

Vous ne me voyez pas, vous ne m’entendez pas.

Vous ne soupçonnez même pas ma présence.

Mais je vous observe, comme on observe des poissons rouges dans leur bocal.

J’ai à ma disposition toutes sortes de ruses.

J’ai de quoi vous faire tourner en rond durant des heures,

des jours, des semaines. Tous autant que vous êtes.

La partie va être longue.

Tant mieux…

.

… Elle avait gardé Scarlatti pour la deuxième partie. Six sonates interprétées avec une délicatesse et une maestria qui ont laissé le public époustouflé. Ce n’était plus la célébrité brillante de la première intégrale ni la mélancolie de la seconde : Terzian le jouait dans une plénitude sobre, déterminée, accomplie. Elle retournait la musique comme un gant, elle lisait à travers elle comme à travers une eau cristalline. Ses mains noueuses, sa silhouette marquée par la voussure de l’age semblaient aimantées par le clavier.

Je pensais à la succession d’interprètes qui avaient fait vivre cette splendeur à travers le temps. À ces rares volumes manuscrits, qui auraient pu être dix fois détruits, mais qui avaient été copiés avec ferveur, échappant ainsi aux outrages de l’oubli pour être réinventés de génération en génération. À ces pièces qui, presque trois siècles après leur création, avaient gardé le pouvoir de rassembler, comme elles le faisaient, ce soir, des êtres que tout aurait dû séparer, l’age, le degré de richesse, l’éducation, la couleur de la peau. J’ai pensé que dans le monde, à cette heure, la fureur et la haine embrasaient la planète un peu partout, qu’on mourait ici dans le bruit des fusils, là dans la détresse des famines et des exils. Mais ce soir, une fraction d’humanité s’était donné rendez-vous, à l’abri des notes, pour se réconcilier, se recueillir dans la joie pure d’une communion musicale.

La fin du récital a été à couper le souffle. Pas tant à cause de la virtuosité de Manig Terzian que de sa subtilité dans l’interprétation du programme qu’elle avait composé. Aux pièces rapides et légères, elle parvenait à imprimer une forme de lenteur méditative, une profondeur délicate et poignante. L’or et le miel coulaient de ses doigts…

.

Mon visage était humide quand elle a terminé de jouer ce dernier bis. Je n’ai pas l’habitude de me laisser aller en public. Mais cette femme m’avait rappelé que, malgré les coups de poignard, malgré les outrages que la vie nous inflige, elle pouvait encore, sans prévenir, nous inonder de joie, pour peu qu’on accepte de la laisser venir à soi… »

.

Roman choral à six voix, sur fond de sonates pour clavecin de Domenico Scarlatti.  555 sont à ce jour répertoriées mais un bruit court : une nouvelle partition serait apparue.

Les personnages se dévoilent ici un à un, dans un ordre régulier à neuf reprises. Les facettes des caractères et des comportements sont diverses, les réactions des uns et des autres tantôt nous émerveillent, tantôt nous attristent. Ils se mettent à nu, nous livrent leurs qualités, leurs faiblesses, leurs amours, leurs trahisons, leurs doutes, leurs lignes de vie… Ils évoluent et se métamorphosent sous nos yeux, une formidable énigme les relient au cœur d’une histoire qui va crescendo et finit en apothéose. Celle-ci est comme une pièce musicale, elle a ses mouvements, ses adagio, allegro, staccato, vivace… Sa musique nous soulève, c’est une superbe lecture, je n’y mets aucun bémol,  et il est n’est pas interdit de lire en écoutant le divin Scarlatti

Dominique en avait parlé — >

.

Extraits de : « 555 »  2022  Hélène Gestern.

Illustrations : 1/ « Visage » Étude   Friedrich Wilhelm Schadow  1788-1862  2/ « Nature morte » Bartolomeo Bettera  1639-1688.

…..

Parvenir à comprendre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant du changement…

dimanche 12 février 2023

.

.

« L’apparence des choses change en fonction des émotions ;

nous voyons la magie et la beauté en elles

lorsque la magie et la beauté sont en nous-mêmes. »

.

Khalil Gibran

.

 « Quoi que l’on comète

mettons-y des étoiles. »

.

Sandrine Fillassier dans « Transe mission »

.

 « Donnez à ceux que vous aimez

des ailes pour voler

des racines pour revenir

et des raisons de rester. » 

.

Tenzin Gyatso Dalai lama

.

 « Si tu vois tout en gris, déplace l’éléphant ! »

.

Proverbe indien

.

.

Quelquefois l’esprit semble vagabond, butine quelques fleurettes : son chant est capricieux…

Le cœur est en émoi, il cherche le sens du monde mais le monde a-t-il un sens ?

Il plonge son regard dans les eaux profondes de l’imaginaire,

cueille un rêve, quelques mots envolés,

deux ou trois couleurs pour peindre un autre ciel,

se laisse bercer par une sonate pianistique…

Le temps passe, une seconde, une heure, une journée et HOP,

le miracle a lieu, tout devient lumineux…

Faire confiance, dit le sage,

que la sagesse devienne un bien hautement contagieux !!!

.

Illustrations : 1/« Ancien Testament » – image – Adolf Hult  1869-1943  2/« Constructions »  3/« Nature morte au réveil »  Olga Boznanska 1865-1940.

…..

Confiance garder…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ondes lunaires…

dimanche 5 février 2023

.

.

« Ne t’accorde pas à ton siècle, laisse-le au contraire s’accorder à toi – 

Ne sois jamais l’enfant de ton temps ; voilà ce que m’enseigne la course du nuage. »

.

« Par une nuit de pleine lune essaye de fixer la galaxie.

Tu verras qu’elle est cours d’eau, avec tes bras pour affluents, ta poitrine pour estuaire.

 

Aujourd’hui le ciel a écrit son poème à l’encre blanche. Il l’a appelé neige.

Ton rêve rajeunit tandis que tu vieillis.

Le rêve grandit en marchant vers l’enfance.

 

Le rêve est une jument qui au loin nous emporte sans jamais se déplacer.

Le nuage est las de voyager.

Il descend à la plus proche rivière pour laver sa chemise.

À peine a-t-il mis les pieds dans l’eau que la chemise se dissout et disparaît.

 

Une rose sort de son lit, prend les mains du matin pour se frotter les yeux.

 

Le palmier parle avec son tronc, la rose avec son odeur.

 

Le vent et l’espace vagabondent main dans la main.

 

Arc-en-ciel ?

Unité du ciel et de la terre tressés en une seule corde.

Il marche sur les versants de l’automne appuyé au bras du printemps.

 

Le ciel pleure lui aussi mais il essuie ses larmes avec le foulard de l’horizon.

Quand vient la fatigue, le vent déroule le tapis de l’espace afin de s’y allonger.

Dans la forêt de mes jours, aucune place, sauf pour le vent.

Pour toucher la lumière tu dois t’appuyer sur ton ombre.

Je sens parfois que le vent est un enfant qui crie porté sur mes épaules.

 

Comment décrire à l’arbre le goût de son fruit ?

À l’arc, le travail de la corde ?

 

Telle une main, la lumière se déplace sur le corps des ténèbres.

C’est l’épaule de l’espace qui s’effondre là-bas sous les nuages noirs.

L’espace dans l’œil de la guillotine est lui aussi tête à couper.

Tu ne peux être lanterne si tu ne portes la nuit sur tes épaules.

Je conclurai un pacte avec les nuages pour libérer la pluie.

Un autre avec le vent pour qu’il nous libère les nuages et moi.

 

La parole est demeure dans l’exil, chemin dans la patrie.

 

Qu’il est étrange ce pacte entre les vagues et le rivage –

le rivage écrit le sable, les vagues effacent l’écriture.

 

Mémoire – ton autre demeure où tu ne peux pénétrer qu’avec un corps devenu souvenir. »

.

« Je me fatigue et me repose sur l’azur –

ma fatigue devient lune et soleil en un seul instant. »

.

Ce soir… Pleine lune dite lune des neiges…

Restons calme au milieu des tourbillons cosmiques…

.

Extraits de poèmes d’Adonis.

Illustrations : 1/« Clair de lune »  Oscar Pereira da Silva  1865-1939  2/« Étude de nuages »  Knud Baade  1808-1879.

…..

Offrir nos ondes positives…

BVJ – Plumes d’Anges.