Poètes botanistes…

18 octobre 2019

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« Tout

homme

a sous les pieds

le centre de la Terre »

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« Le monde

tourne en rond

Ouvre-lui

sa cage ! »

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« Réveillez

l’eau

qui dort »

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« Refusez

de

marcher

Volez ! »

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Évoluer dans la nature sauvage, lorsqu’elle est pénétrable, est envoutant, c’est d’une grâce infinie. Aucune promenade, ne ressemble à la suivante, l’expérience est à chaque fois nouvelle. La saison, la lumière, le ciel, les feuillages, les fleurs, les oiseaux – leur absence – , la nuit, le jour… tout, absolument tout, concourt à faire de ces instants un évènement unique…

Certains Êtres, éblouis par la beauté de notre planète,  portent en eux une vision. Tel fut le cas d’Eugène Mazel, qui investit toute sa fortune en 1856 pour la création de ce jardin unique à Générargues dans les Cévennes. Il réussit à acclimater des espèces exotiques venant de lointains pays, rapprochant ainsi les continents. Des femmes et des hommes ne cessent depuis lors d’entretenir ce lieu de paradis. Il abrite aujourd’hui des « forêts » de bambous, des ginkgos, des séquoias, des camélias, des érables, des espèces connues et inconnues…

La mise en scène du lieu est splendide, c’est une exquise invitation au voyage. Eugène Mazel n’est bien sûr pas le seul à avoir ainsi accompli son rêve, il y en a d’autres, ces Hommes nous laissent  en héritage des trésors d’une haute valeur, ces cadeaux me semblent très émouvants, on ne peut se lasser d’admirer un jardin…

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Photos BVJ – La Bambouseraie de Prafrance près d’Anduze.

Extraits de :  « La Clef du monde est dans l’entrée à gauche«  – 2008 –  Francis Combes.

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Prendre le temps d’admirer la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Des airs poudrés…

14 octobre 2019

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Rien ne semble bouger ici…

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… aucune présence, pas le moindre oiseau, l’esprit, seul, vagabonde, loin.

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D’invisibles voyageurs ont posé leurs offrandes.

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L’imaginaire peut danser sur l’étendue poudrée.

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Les rêves galopent et l’on semble entendre à nouveau le chant frémissant du silence, il s’élève doucement.

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C’est un chant paisible qui cisèle délicatement l’espace d’un univers presque fantomatique.

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Le temps est suspendu, il n’y a plus ni début ni fin…

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… il ne reste que l’essence d’une beauté,

le sel de la vie.

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Photos BVJ – Étang du Fangassier en Camargue.

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Récolter le sel de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mots ailés…

11 octobre 2019

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« … Je crois que c’est ça, un artiste. Je crois que c’est quelqu’un qui a son corps ici et son âme là-bas, et qui cherche à remplir l’espace entre les deux en y jetant de la peinture, de l’encre ou même du silence. Dans ce sens, artistes nous le sommes tous, exerçant le même art de vivre avec plus ou moins de talent, je précise : avec plus ou moins d’amour…

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J’ai toujours été sensible aux voix déportées par le vent, aux voix qui ne s’adressent pas à vous et vous amènent, un instant, quelques paroles banales, les paroles éternelles de chaque jour. Un auteur du début du siècle, Maeterlinck, a écrit de belles pages sur la substance de ces conversations ordinaires. Il montre cinq à six personnes prises dans l’ennui d’un dialogue sur la pluie et le beau temps. Pendant que se diffuse la grisaille des paroles convenues, un autre entretien a lieu en silence entre les visages. Un entretien d’âme à âme et parce que ce second échange, d’une profondeur infinie, a besoin d’un peu de temps pour aller à son terme, les gens poursuivent la conversation ennuyeuse, ils la poursuivent inconsciemment. Maintenant ils se séparent, ils ne se sont rien dit d’important et pourtant ils se quittent réconfortés. Dans cette méditation de Maeterlinck je vois le lien de l’écriture à la vie : tout écrivain cultive cet art de la conversation parallèle. Les mots qu’il écrit ne sont là que pour donner le temps à d’autres mots de se faire entendre. Il y a toujours deux livres dans un vrai livre. Le premier seulement est écrit… »

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Des pensées qui vagabondent en pays de poésie. Ce livre m’avait échappé et – ouf – j’ai pu en cueillir la sève. La richesse des images est infinie, des mots simples prennent ici une autre dimension, ils dansent et notre cœur chavire.

On ne peut jamais résumer les livres de Christian Bobin tant ils sont denses. Il peint les mots par petites touches, avec une immense délicatesse, il nous conduit au milieu des fleurs, des oiseaux et des papillons et l’on se prend à butiner ses mots, on se délecte de ses chants, il est un lumineux magicien et cette magie ne peut se refuser…

Extraits de : « L’épuisement »  1994  Christian Bobin.

Illustrations : 1/« La lectrice » Anton Laupheimer  1848-1927   2/« Graduation du cristal » Paul Klee  1879-1940.

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Trouver une autre dimension à notre monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Petit conte gourmand…

7 octobre 2019

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Petit conte souriant…

Une cerise, perchée sur un crémeux gâteau, s’ennuyait profondément.

Pourtant les bonnes fées d’un lointain verger, s’étant penchées sur son berceau, lui avaient promis un avenir radieux.

Son enfance fut heureuse, un ciel bleu l’accompagna, de fins nuages poudrés la protégèrent d’un soleil ardent.

Les jours passèrent, elle embellit, gonfla ses joues et rosit à souhaits !

Elle se mit à rêver d’un charmant prince et d’une lune de miel dans un lointain pays…

Quand un beau jour, elle fut cueillie, transportée dans une caisse, la caisse, dans un camion, puis dans un avion…

Nul paysage alentour ne ravit ses yeux, que de l’obscurité, du froid, du bruit !

Quelques jours plus tard, à l’autre bout du monde, elle se retrouva sur l’étal d’un marché. Une fort jolie dame, éblouie par sa fraicheur, l’acheta et l’emporta dans son château, demandant à la cuisinière de préparer le plus beau des gâteaux pour son fils chéri qui fêtait ses quinze ans.

La cuisinière, excellente pâtissière, se mit à sculpter la matière avec agilité. De ses mains expertes naquit un somptueux gâteau au sommet duquel elle plaça la dite cerise.

– « Quelle tristesse de me retrouver ainsi, seule au monde. » pensa-t-elle, un brin amère.

Les minutes passèrent et l’on apporta l’œuvre gourmande dans un magnifique salon avec tentures de soie et lustre « pampillant ». Elle n’avait jamais rien vu de si beau et de si féérique. Des bougies furent allumées pour ajouter de la fête à la fête.

Soudain, elle aperçut un jeune homme d’une incroyable beauté, son regard, son sourire charmeur l’envoutèrent.

– « Je le reconnais, dit-elle, le voilà mon charmant prince, celui qui habitait mes rêves. »

Et là, sous un rayon de lune, le jeune homme la saisit avec délicatesse et la croqua voluptueusement.

Son rêve était exhaussé !!!

Je précise aux lectrices et lecteurs de France, de Navarre et d’ailleurs, que ce conte aurait pu narrer l’histoire d’un bigarreau et d’une princesse charmante…

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Tableau d’Amélie Jackowski.

Conte gourmand et souriant (né lors d’une insomnie) – BVJ.

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Bien dessiner nos rêves…

BVJ – Plumes d’Anges.

Vœu d’humanité…

3 octobre 2019

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« … Ce livre ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl. Justement de ce que nous connaissons peu. De ce dont nous ne connaissons presque rien. Une histoire manquée : voilà comment j’aurais pu l’intituler. L’évènement en soi – ce qui s’est passé, qui est coupable, combien de tonnes de sable et de béton a-t-il fallu pour ériger le sarcophage au dessus du trou du diable – ne m’intéressait pas. Je m’intéressais aux sensations, aux sentiments des individus qui ont touché à l’inconnu. Au mystère. Tchernobyl est un mystère qu’il nous faut encore élucider. C’est peut-être une tâche pour le XXI ème siècle. Un défi pour ce nouveau siècle. Ce que l’homme a  appris, deviné, découvert sur lui-même et dans son attitude envers le monde. Reconstituer les sentiments et non les évènements…

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Chaque chose reçoit son nom lorsqu’elle est nommée pour la première fois. Il s’est produit un évènement pour lequel nous n’avons ni système de représentation, ni analogies, ni expérience. Un évènement auquel ne sont adaptés ni nos yeux, ni nos oreilles ni même notre vocabulaire. Tous nos instruments intérieurs sont accordés pour voir, entendre ou toucher. Rien de cela n’est possible. Pour comprendre, l’homme doit dépasser ses propres limites. Une nouvelle histoire des sens vient de commencer…

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… « Attendez… Je veux que vous sachiez… Je n’ai pas peur de Dieu, j’ai peur de l’homme. » … »

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Une lecture bouleversante, un livre écrit douze ans et demi après le drame. L’auteure ne raconte pas les faits, ne prend pas parti, elle s’intéresse uniquement à ceux qui ont vécu Tchernobyl dans leur chair et l’on reste sans voix quant à ce qu’ils racontent, c’est vertigineux. C’est terrible de souffrir à ce point, de ne pas être reconnu dans cette souffrance et de se sentir oublié de tous.

Si le même évènement se reproduisait, comment réagirions-nous ? Qu’avons-nous appris de Tchernobyl ou plus récemment de Fukushima ?  Quand une catastrophe survient, les médias sont à l’affut d’images impressionnantes, ils ne prennent que peu de recul vis à vis de l’information (ou de la désinformation), les politiques manient avec maestria la langue de bois, on entend tout et son contraire. Et le peuple, que ressent-il, que fait-il de ses souffrances, de ses blessures, de ses morts, quels mots pourront un jour panser ses maux ?

Il y a encore un long chemin à parcourir pour que l’humanité soit humaine, on peut dessiner un autre monde, ce doit être possible si l’on en a la volonté profonde…

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Extraits de : « La Supplication »  1998  Svetlana Alexievitch.

Illustration : 1/« Ciel (La lumière qui n’a jamais été) »  2/« Fleurs sauvages »  Tom Thomson  1877-1917.

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Faire vœu d’humanité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Le son du silence…

29 septembre 2019

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Ce qu’il y a d’extraordinaire quand on s’élève dans les monts, c’est la qualité du silence. Loin des foules, loin du monde,  juste de temps à autre, le chant d’un oiseau, le cri d’une marmotte, la cloche d’une vache. Écouter et entendre un silence total est vivifiant et aide au voyage intérieur. Le corps et l’esprit se détendent, une onde joyeuse parcourt notre être, tout parait simple et possible.

Regarder et voir devient alors une expérience nouvelle, nos sens se transforment, la vue se dilate, des milliers de détails inhabituels à notre quotidien apparaissent. La brume se lève, le souffle de la vie envahit l’espace, des parfums naissent et disparaissent dans la même seconde, la notion du temps semble différente.

J’avoue ne pas m’en lasser, je me sens aimantée par une force invisible, je pourrais rester des heures à un même endroit, ivre de cette envoutante beauté, de ce cadeau cosmique dont on est riche à jamais. Vous avez certainement vécu semblable situation, faîtes donc remonter en vous ces souvenirs et votre journée s’illuminera, je vous le souhaite de tout mon coeur…

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Photos BVJ, en Suisse.

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Se délecter du grand silence…

BVJ – Plumes d’Anges.

Pays immaculés…

16 septembre 2019

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« … J’ai rêvé d’une genèse

l’univers naissait sans s’interrompre

non pas d’un ordre venu du dehors

mais ample  plein de sa musique

d’être là  caillou compact à l’infini

rempli par la danse dont vibre chaque son

foré par la lumière… »

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Je pars quelques jours « nomader » joyeusement dans le monde,

un peu vers le nord, un peu vers l’est, nous verrons.

À bientôt, prenez soin de vous…

Extrait de « Sol absolu – et autres textes »  1982  Lorand Gaspar.

Illustration : « Dans la brume »  Arkhip Kuindzhi  1841-1910.

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« Nomader » joyeusement…

BVJ – Plumes d’Anges.

Murmures de baies…

13 septembre 2019

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« Dans les chambres des vergers

ce sont des globes suspendus que la course du temps colore

des lampes que le temps allume et dont la lumière est parfum (…)

Fruits avec le temps plus bleus

comme endormis sous un masque de songe

dans la paille enflammée

et la poussière d’arrière-été

Nuit miroitante

moment où l’on dirait

que la source même prend feu… »

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Bribes d’un poème de Philippe Jaccottet « Fruits »,

extrait du livre « AIRS – Poèmes 1961-1964 ».

Illustration : « Mûres »  Raphaelle Peale  1774-1825.

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Il y a bien longtemps il me semble,

que je ne vous ai parlé de ces bonnes petites choses

qui ravissent le cœur et le palais.

Que voulez-vous, certains poèmes inspirent,

les fruits sont des joyaux,

j’entends au loin leur chant voluptueux,

celui qui nous fait succomber au plus beau des péchés : la gourmandise.

Voici une recette ultra simple et rapide pour le gâteau,

celle des citrons confits est un peu plus longue à réaliser,

mais comme dit ma voisine « Quand on aime, on ne compte pas » !

Gentes Dames et Gentils Messieurs de France de Navarre et d’ailleurs,

prenez note et régalez vous bien, en dessert ou à l’heure du thé…

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– CAKE À L’ORANGE –

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Ingrédients : 100 g. de beurre mou, 60 g. de cassonade, 3 œufs entiers, 180 g. de farine, 1 sachet de levure, 100 ml de pur jus d’orange bio, quelques fruits rouges pour la décoration.

Réalisation : Fouetter les œufs et le sucre, ajouter le beurre en pommade, le jus d’orange puis la farine tamisée et la levure. Verser dans un moule à cake beurré et enfourner 35 à 40 minutes à 180° (200° dans mon petit four), vérifier la cuisson, démouler et lorsque le gâteau est tiède, le décorer selon l’inspiration du jour.

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J’ai choisi des mûres et des citrons confits, recette de ces derniers réalisée sur les conseils d’ALAIN DUCASSE :

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– CITRONS CONFITS –

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Couper trois citrons en rondelles. Les blanchir en les trempant 30 secondes environ dans une bonne quantité d’eau bouillante, les blanchir une seconde fois en changeant l’eau. Égoutter puis peser les fruits. Peser le même poids de sucre en poudre.

Dans une casserole, mettre les rondelles de citrons et la moitié du sucre, couvrir d’eau et faire confire à feu doux pendant 20 minutes. Laisser complètement refroidir, renouveler l’opération avec le reste de sucre. Laisser refroidir et conserver au frais dans une boite type tupperware. On peut laisser les tranches entières ou les couper en petits dés.

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Recettes d’un supplément week end de Var Matin et du net.

Photos PJ.

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S’acheminer vers la fin de l’été en douceur…

BVJ – Plumes d’Anges.

 

Passé présent…

8 septembre 2019

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« … En ce moment je ne vois que des femmes enceintes déambuler dans les rues du Vieux-Nice ou le long de la Promenade. J’imagine. Tu as palpé ton ventre après les premiers retards. Ton cœur s’est emballé. Tu t’es sentie toute chose, avec cette existence minuscule qui prenait sa place au plus profond de toi. Ça commence comme ça, un enfant. Du sang qui ne vient pas. Détourné par un petit locataire qui en fait son miel. As-tu été joyeuse, quand tu as su ? As-tu pensé prévenir la terre entière, les étudiants boutonneux du Régent, place Gambetta, ceux qui te toisent comme si tu avais de la paille dans tes souliers, histoire de les rendre jaloux ? As-tu au moins éprouvé quelques secondes d’insouciance avant que ne t’écrase le poids de la faute ? Ou as-tu pris peur ? Une peur bleue. Dans une famille, un enfant, c’est le bonheur qui frappe à la porte. On lui ouvre, on lui dit « entre, fais comme chez toi, la route a été longue ». Le bonheur s’installe, prend ses aises, prend son temps. Il ne fait pas que passer. Il est chez lui chez nous. Il agrandit la maison en même temps qu’il la rétrécit, il faut lui trouver une place et vite. Un petit, c’est très grand. Ça mange tout l’espace, ce bonheur-là. Des mètres carrés de risettes et de pleurs, de joues rouges, de gencives irritées, de compresses en coton, d’enjambées incessantes entre quatre murs. On colle des papiers neufs remplis de jolies motifs. On fait le plein d’objets en couleurs pour l’éveil, et de bonne taille pour qu’il ne s’étouffe pas. Gare à ce qui coupe, gratte, irrite, gare aux angles vifs des tables, aux regards tranchants. Autour il faut tout arrondir, tout adoucir. Surtout rien de pointu. Surtout rien de pointu. La maison entière doit devenir une peau de bébé, même les voix des grandes personnes car bien-sûr il faut lui parler, à cet enfant. Il ne vient pas du silence. Il vient de l’amour, des mots tout doux prononcés par Moshé, de tes mots à toi Lina. Il a l’ouïe fine, dans sa piscine maternelle. Rien ne lui échappe. C’est une éponge, ce début d’enfant…

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… Je pense à nous, petite maman.

Notre amour s’est cassé comme une ampoule. Tout s’est éteint brusquement.

Tu ne m’aimais jamais assez puisque tu m’aimais toujours trop. Je ne te voyais pas comme tu étais. Il suffisait pourtant d’ouvrir les yeux. Tu l’as fait à l’instant mais tu les a refermés aussitôt. Si tu pouvais recommencer.

J’ai l’impression que tu m’écoutes. Une vibration du silence.

Je te regarde. C’est la première fois que je te regarde.

Ce que je vois, je ne l’avais jamais vu.

Je n’avais jamais voulu le voir… »

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Éric Fotorino signe là un roman – visiblement autobiographique – plein de sensibilité. Sa mère Lina, 75 ans, livre à ses trois fils réunis, le terrible et douloureux secret qu’elle porte en elle depuis longtemps. Ses deux plus jeunes enfants compatissent immédiatement, l’auteur, lui, reste « de marbre ». Mais très vite il ressent l’irrépressible besoin de remonter le temps, le temps de sa naissance, celui de la jeunesse de sa mère. Des rencontres vont l’éclairer, le puzzle familial se reconstitue par petites touches, remettant à leur juste place les bribes de souvenirs et les découvertes. Lina devient petite maman, la fin du roman est belle et même poignante.

Nous avons presque tous besoin de comprendre notre histoire familiale et d’en éclairer les zones d’ombre, de mettre en lumière les évènements qui nous ont construits, les fantômes qui nous hantent, pour avancer et nous élever avec plus de légèreté. J’ai pris un immense plaisir à lire cette histoire , je vous la recommande.

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Extraits de : « Dix-sept ans »  2018  Éric Fotorino.

Illustrations : 1/ « Baie de Nice »  2/ « Pivoines et visage de femme »   John Peter Russel  1858-1930.

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Marcher vers le passé pour mieux vivre le présent…

BVJ – Plumes d’Anges.

Aventures…

5 septembre 2019

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« … (Chez Garry Snyder)   Après nous avoir fait la visite – les tatamis, la véranda pour dormir, le fonctionnement de l’eau chaude et de l’électricité alimentée par la seule énergie solaire -, il s’enquiert de notre projet : il veut connaître le pourquoi de tous nos voyages. Nous nous installons à sa table et amorçons une discussion socratique sur l’art et les artistes. Je désire donner du grain à moudre à mes meilleurs étudiants, lui dis-je, créer une passerelle vers les maîtres qui m’ont servi de mentors, et puis goûter une fois encore à ce sentiment de communauté en gagnant ma vie.

Gary ne bronche pas. « Mais ça ne s’est jamais vraiment passé ainsi, non ?dit-il en secouant la tête. L’esprit qui crée le grand art a toujours procédé à sa guise. »

Sa réaction me surprend. Je sais qu’il insiste sur le fait de partir seul à l’aventure – c’est une des choses que j’admire chez lui -, mais je me sens sur la défensive. Les contradictions qui agitent ma vie et la sienne me donnent le tournis. « Je comprends ton point de vue, dis-je. Le meilleur travail se fait seul à la table. Mais d’après moi, savoir qu’on a des amis et qu’on appartient à une communauté – même s’il s’agit seulement d’une ou deux personnes – cela aide. » Je sais qu’il en va ainsi pour moi, avec Doug et Terry. Puis j’ajoute : « Ce projet consiste aussi à dire merci. »…

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… (Chez Russel Chatham« Plus personne ne consacre un mois entier à une si petite toile », dit-il. Il l’emportera à une vente aux enchères qui aura lieu à Great Falls dans quelques jours, montant dans l’avion en la tenant sous le bras comme un journal. Au lieu de se plaindre, il est légèrement étonné. Il souffle sur la peinture, la secoue, souffle encore dessus, la ponce doucement au papier de verre, la tient à bout de bras, sourit de contentement. Elle est belle, encore mieux qu’avant.

« L’artiste ne se contente pas de présenter un miroir à la société, a-t-il écrit. Si le monde est cupide, l’artiste doit être généreux. Si la guerre et la haine règnent, il doit être pacifique et aimant. Si le monde est fou, il doit proposer l’équilibre ; et si le monde devient vide, il doit l’emplir de son âme. »…

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… (Chez Joyce Carol Oates)  L’inquiétude est une mauvaise habitude, un gâchis de sérotonine. Réserve-la entièrement pour la page écrite, me dis-je. Contrôle ce que tu peux contrôler. Le monde veillera au reste… »

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C’est un homme blessé qui écrit, il est en plein divorce – c’est le choix de son épouse et non le sien -, son dernier roman n’a pas eu grand succès. Ressent-il le besoin de retourner vers ses racines, vers ceux qui l’ont fait rêver ? Ressent-il le besoin de tisser du lien, lui qui se sent seul et désorienté ?

Quittant sa vie sauvage et son Montana, accompagné de certains de ses étudiants, il décide d’aller vers les êtres qui l’ont inspiré dans ses choix de vie, dans son travail d’écrivain et d’enseignant. En guise de remerciement, il leur propose de confectionner un repas raffiné chez eux. Certains refusent, d’autres acceptent, quelquefois avec une certaine appréhension.

L’auteur nous livre là ses expériences, ses joies et ses peines, c’est très amusant de le suivre dans ses aventures, les menus sont incroyables, certaines situations cocasses, en plus, il voyage avec toute une batterie de cuisine !!!.

On a envie de le suivre et l’on aime bien ses héros, c’est une lecture touchante et un thème vraiment original…

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Extraits de : « Sur la route et en cuisine avec mes héros »  2019  Rick Bass. 

Illustrations : 1/ « Tulipes perroquet devant une bibliothèque »  2/ « Le jambon »  3/ « Panier de cerises »  Félix Valotton  1865-1925.

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Échanger, remercier…

BVJ – Plumes d’Anges.