Re-naissance…

4 avril 2026

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« … – Et comme je vous le miaulais, les vagues étaient si hautes que nous ne pouvions pas voir la côte et, par la graisse du cachalot, pour comble de malheur notre boussole était cassée. Nous avions passé cinq jours et cinq nuits en pleine tempête et nous ne savions plus si nous naviguions vers la côte ou si nous nous enfoncions vers le large. Alors, au moment où nous nous sentions perdus, le timonier vit un vol de mouettes. Quelle joie mes amis ! Nous nous sommes efforcés de suivre le vol des mouettes et nous avons réussi à atteindre la terre ferme. Par les dents du barracuda ! Ces mouettes nous ont sauvé la vie. Et si nous ne les avions pas vues, je ne serais pas là pour vous miauler cette histoire.

Afortunada, qui suivait toujours avec attention les histoires du chat de mer, l’écoutait en ouvrant de grands yeux.

– Les mouettes volent les jours de tempête ? demanda-t-elle.

– Par les tortillements de l’anguille ! Les mouettes sont les oiseaux les plus forts du monde. Aucun oiseau ne vole mieux qu’une mouette, affirma Vent-debout.

Les miaulements du chat pénétraient au plus profond du cœur d’Afortunada. Elle frappait le sol de ses pattes et remuait son bec avec nervosité.

– Tu veux voler, jeune fille ? demanda Zoubas. 

Afortunada les regarda un à un avant de répondre.

– Oui, s’il vous plaît, apprenez-moi à voler !…

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… « Miauler la langue des humains est tabou. » C’est ce que disait la loi des chats, et ce n’était pas parce qu’ils n’avaient pas intérêt à communiquer avec les humains. Le grand risque c’était la réponse des humains. Que feraient-ils d’un chat qui parle ? Certainement, ils l’enfermeraient dans une cage pour le soumettre à toutes sortes d’expériences stupides, car les humains sont en général incapables d’accepter qu’un être différent d’eux les comprenne et essaye de se faire comprendre. Par exemple, les chats étaient au courant du triste sort des dauphins, qui s’étaient comportés de façon intelligente avec les humains et que ceux-ci avaient condamnés à faire les clowns dans des spectacles aquatiques. Et ils savaient aussi les humiliations que les humains font subir à tout animal qui se montre intelligent et réceptif avec eux. Par exemple, les lions, les grands félins, ont été obligés de vivre derrière des grilles et d’accepter qu’un crétin mette sa tête dans leur gueule, les perroquets sont en cage et répète des sottises. De sorte que miauler dans le langage des humains était un très grand risque pour les chats…

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– Le garçon de chez moi me comprendrait. Mais il est en vacances. Et que peut savoir un enfant sur le vol ? miaula Zorbas.

Porca miseria ! On a fini la liste, se désola Colonello.

– Non. Il y a un humain qui n’est pas sur la liste. Celui qui vit chez Bouboulina, indiqua Zorbas.

Bouboulina était une belle chatte blanche et noire qui passait de longues heures parmi les fleurs d’un balcon. Tous les chats du port se promenaient lentement devant elle, montrant l’élasticité de leur corps, le brillant de leur fourrure bien soignée, la longueur de leurs moustaches, l’élégance de leur queue dressée, ils essayaient de l’impressionner. Mais Bouboulina paraissait indifférente et n’acceptait que les caresses d’un humain qui s’installait sur le balcon avec une machine à écrire.

C’était un humain bizarre qui, parfois, riait en lisant ce qu’il venait d’écrire et d’autres fois froissait sans les lire les pages arrachées à la machine. De son balcon s’échappait toujours une musique douce et mélancolique qui endormait Bouboulina et provoquait de gros soupirs chez les chats qui passaient tout près.

– L’humain de Bouboulina ? Pourquoi lui ? demanda Colonello.

– Je ne sais pas. Il m’inspire confiance. Je l’ai entendu lire ce qu’il écrit. Ce sont de beaux mots qui rendent joyeux ou tristes, mais qui donnent toujours du plaisir et le désir de continuer à écouter, expliqua Zorbas.

– Un poète ! Ce qu’il fait s’appelle poésie. Tome 16, lettre P de l’encyclopédie, précisa Jesaistout.

– Et qu’est-ce qui te fait penser qu’un humain sait voler ? voulut savoir Secrétario.

– Il ne sait peut-être pas voler avec des ailes d’oiseau, mais en l’entendant, j’ai toujours pensé qu’il volait avec ses mots, répondit Zorbas…. »

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Une pauvre mouette épuisée, égarée, mazoutée, tombe sur un balcon

du port de Hambourg devant Zorbas, « le chat grand noir et gros ».

Avant de mourir elle pond un œuf et fait promettre

à Zorbas de couver celui-ci et d’apprendre au petit oiseau à voler. 

Ses amis du port vont l’aider à tenir sa promesse,

rien n’est simple mais ils gardent confiance, s’entraident.

Jesaistout habite dans un univers étrange,

une sorte de musée appelé « Harry, Bazar du Port »,

il possède mille trésors dont une encyclopédie

qui devrait avoir réponse à toutes les questions.  

Oiseau ou oiselle ?

Comment apprendre à voler : avec la machine de Léonard de Vinci ?…

Ils tentent, expérimentent…

Qui les sauvera, la connaissance, la science ou la poésie ?

Ce court roman pour les enfants de 7 à 77 ans est une petite merveille,

joliment écrite, à partager avec la jeunesse.

Comment prendre son envol dans la vie ?

Les thèmes abordés sont profonds, exprimés de manière tendre et réjouissante,

les héros y sont pittoresques et l’auteur ne manque pas d’humour…

À lire, à partager et si vous croisez des œufs en ce week-end de Pâques,

n’hésitez pas à les croquer poétiquement !

Joyeuse renaissance à toutes et à tous !

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Extraits de : « Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler »  Luis Sepulveda  1949-2020.

Illustrations : 1/ « Les chats de Green »  John Sloan  1871-1951  2/ « Œuf d’oiseau »  Illustration d‘Henry Seebohm  1832-1895.

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Prendre soin de la jeunesse…

BVJ – Plumes d’Anges.

Un autre air…

22 mars 2026

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« Un jour ma tête fait un poème

un jour ma tête fait un oiseau

un jour je réfléchis comment faire

pour mettre oiseau dans mon poème.

Et depuis cette histoire

je l’ai tout le temps dans la tête. »

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Blog en pause, quelques jours…

Besoin de respirer un autre air…

Besoin de faire silence…

Besoin de contempler…

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Et vous,

quels sont vos besoins du moment,

pensez-vous à les écouter  ?

Je vous le souhaite du fond du cœur…

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Extrait  de « Poèmes en peluches »  2021  Édith Azam. 

Photos BVJ – mars 2026.

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Écouter et entendre ses besoins…

BVJ – Plumes d’Anges.

Délicieux prodige…

15 mars 2026

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Les jaunes pollens voltigent, ils suivent le cours des vents,

la mer les capture, les dilue dans son bleu infini,

verte prairie ensemencée de lumière,

prairie liquide où se dessinent les lignes d’une main invisible,

pas une abeille à l’horizon,

juste le son du clapotis qui enchante les sens.

L’avenir s’écrit là, en surface puis en profondeur,

une langue codée, une langue étrange, étrangère aux hommes parfois,

le sens de la vie, la vie qui, par instants, n’a plus aucun sens.

Les anciens, peut-être, savaient – mais l’Homme a oublié –

la Nature sait, elle se déploie inexorablement,

une renaissance se fait sentir en nous et autour de nous,

un chant d’amour nous pénètre,

je plonge dans le rêve, bras ouverts pour accueillir le printemps…

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« Ce qui s’enfuit du monde c’est la

poésie. La poésie n’est pas un genre 

littéraire, elle est l’expérience spirituelle

de la vie, la plus haute densité de

précision, l’intuition aveuglante que

la vie la plus frêle est une vie sans fin. »

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Christian Bobin  dans  Carnet du soleil – 2011.

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Photos BVJ – mars 2026.

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S’élancer sur les chemins de nos rêves les plus profonds…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de paix, chant d’amour…

8 mars 2026

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« La paix, défaite des glaives devant la beauté

naturelle, là où la rosée ébrèche le fer… »

Mahmoud Darwich dans « État de siège »

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REFUSER haut et fort LA GUERRE !

Jour et nuit, nuit et jour,

vouloir la PAIX,

penser la PAIX,

dire la PAIX,

initier la PAIX,

partager la PAIX,

vivre la PAIX

en soi et autour de soi…

PAIX et AMOUR pourront enfin, fleurir ensemble.

« CAR PAIX DIT AIME »

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« La paix, vaquer dans son jardin :

qu’allons-nous planter bientôt ? »

Mahmoud Darwich dans « État de siège »

Illustrations : 1/« Branche d’olivier »  2/ « Pivoine »  Shibata Zeshin  1807-1891.

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Ne pas laisser entrer en soi un seul soupçon de guerre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Bel Paese…

1 mars 2026

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« Un flash de soleil

un volet ouvert

fait luire un carreau

qui lorgne le ciel. »

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Lucien Forno 

 1923-2006

médecin et poète

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– Lac d’Orta, Île San Giulo

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Riva, lac de Garde 

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Milan, le Duomo –

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Venise, le port –

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Venise, rio di Palazzo avec au fond, le pont des Soupirs

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– San Vito di Cadore, près de Cortina d’Ampezzo, costumes traditionnels 

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– Lac Misurina et le Grand Hôtel  –

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Val Gardena, costumes traditionnels –

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Santa Margherita Ligure

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– San Remo –

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Portofino, le port – 

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Florence, vue panoramique –

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Pise, la tour penchée –

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Rome, le Colisée

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Tusculum, théatre romain antique –

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– Marchand de marrons –

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– Touristes à bord du funiculaire du Vésuve – 

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Pompéi, rue des tombeaux –

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Un très grand livre, un fabuleux recueil d’images photographiques anciennes

colorisées manuellement et de photochromes, d’une haute qualité.

Il célèbre une partie de l’Italie, une Italie mythique,

 nous convie à un véritable voyage entre 1880 et 1910, sans tourisme de masse, 

et honore la collaboration entre le photographe et le coloriste,

c’est véritablement de l’art !

Le propos est en anglais, en allemand et en français,

la présentation extrêmement soignée.

À l’origine du projet,  Giovanni Fanelli qui est, entre autres choses, 

professeur d’histoire de l’architecture à l’université de Florence,

Marc Welter, décédé en 2018, photographe et collectionneur de clichés anciens,

Sabine Arqué, auteure et documentaliste.

Énormément d’images à découvrir sur 580 pages,

pour les amoureux de l’Italie et les autres…

un vrai dépaysement teinté de poésie !

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Images extraites de : « Italy 1900 »  Éditions Taschen. 

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Voyager dans sa tête et dans son cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ondes et ondoiements…

22 février 2026

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« Je suis parti

dans mon rêve un fleuve

la voie lactée »

Natsumé Sôséki

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Quelques rides en surface et des traces vibrantes

qui dansent sereinement à la surface du miroir.

Tout semble calme, un ballet de lumières,

juste des étoiles décrochées de la nuit,

elles goûtent au plaisir de l’immersion,

épousent le mouvement – s’il advient :

une leçon de souplesse entre illusion et réalité…

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C’est un souffle, un divin frisson dans le bleu profond,

une contemplation des lignes flottantes.

Le grand illuminateur de la vie

nous invite à poser un autre regard,

à apprécier la fluidité de l’énergie,

à nous laisser envahir par la profondeur

du présent moment…

 C’est si doux et à fleur d’eau,

tout est parfait !

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« Rosée goutte à goutte –

pourrais-je y laver

les poussières de ce monde ? »

Matsuo Bashô

Photos BVJ – Février 2026 – Var.

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Être à sa juste place dans le grand Tout…

BVJ – Plumes d’Anges.

Monde meilleur…

15 février 2026

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« Demain

n’est pas de mon ressort

 

Je ne suis 

et ne saurais être

que le fils d’aujourd’hui »

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Abdellatif Laâbi

dans  « Le jardinier de l’âme ».

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« J’atteste

qu’il n’y a d’Être humain

que Celui dont le cœur tremble d’amour

pour tous ses frères en humanité

 

Celui qui désire ardemment

plus pour eux que pour lui-même

liberté, paix, dignité

 

Celui qui considère que la Vie

Est encore plus sacrée

que ses croyances et ses divinités

 

J’atteste qu’il n’y a d’Être humain

que Celui qui combat sans relâche

la Haine en lui et autour de lui

 

Celui qui

dès qu’il ouvre les yeux au matin

se pose la question :

Que vais-je faire aujourd’hui

pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté

d’être homme ? »

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Abdellatif Laâbi

10 janvier 2015  – « J’atteste contre la barbarie ».

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Chaque jour,

inspirer profondément pour rejoindre notre intériorité la plus intime.

C’est une exploration, comme une marche à travers un massif,

une forêt, une clairière, un sous-bois, un village,

un vrai travail, un entrainement pour se mieux connaître, se mieux sculpter et 

faire venir à soi des graines nouvelles qui ensemenceront la Terre.

Faire contrepoids à la folie d’un monde,

désirer le meilleur avec les cartes que nous avons en main,

nous sommes tous liés et reliés…

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Poèmes d’Abdellatif Laâbi

– Prix Goncourt de la Poésie en 2009,

Grand prix de la francophonie de l’Académie française en 2011 –

Illustrations : 1/ « Soleil en majesté »  Oskar Kallis  1892-1918  2/ « Pivoines »  Stefan Lucian  1868-1916.

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Révéler notre soleil intérieur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rendre justice…

8 février 2026

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« … – C’est quoi ça ?

« Ça » sous entendu ce bois d’ébène qui, s’intercalant entre la courbure d’un soleil pâle et ses yeux plissés, lui fait partiellement de l’ombre. « Ça » sous-entendu trois kilos et six cents grammes de chair tendre, enveloppée comme un agneau noir dans un drap de laine. « Ça » donc, paquet vivant de tracasseries manifestes. Et il ouvre le billet attaché à son poignet.

 De la part d’Elvire, ta sœur bien-aimée.

Une naissance pour une renaissance.

Un cadeau d’Elvire, c’est-à-dire une énième tentative pour rendre le sourire à un veuf à l’agonie. Ferréol réfléchit, Edmond gazouillant dans une pelisse entre ses bras…

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… Edmond a la figure ronde, les yeux jamblon*, le front bombé. Son visage est joufflu, ses mains dansent, ses joues lisses sont rondes comme des noyaux de longanis*. Ferréol, horticulteur aguerri, dresse patiemment la nomenclature de tous ses traits comme pour une plante nouvelle, une espèce qu’il dissèque pour la première fois ; sourcils noirs, petit pied rond qui lui donne un coup sous le menton, main de lilliputien qui se tend vers la sienne. 

Il s’étonne de trouver la chose regardable, de se sentir prêt à le traiter comme s’il était son propres fils. C’est peut-être cela l’amour…

 Fruits tropical et exotique

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… Les dimanches de lessive, au bord de la rivière Sainte-Suzanne, Edmond assomme Isidore avec sa barbante et interminable histoire de vanille et son nouveau rebondissement belge, puis français. Si Charles Morren dit vrai, les fleurs de vanille sont les fleurs les plus éphémères qu’Edmond, Ferréol et même Isidore connaissent. Éphémères parce qu’elles se fanent au bout d’une seule journée. Au moins trois années de patience avant qu’un vanillier donne ses premières fleurs. Trois mois et demi, septembre à décembre, pendant lesquels la vanille est en fleur. Une durée de vie d’une seule journée pour chaque fleur soit à peine douze heures pour la féconder. Et encore, s’il fait très chaud, elle se referme et meurt avant la fin de l’après-midi. Au moins six semaines à attendre, si la fécondation est réussie, pour que la gousse de vanille atteigne sa taille maximale. Neuf mois de plus pour qu’elle soit mûre et prête à être cueillie. Au total, près d’un an entre la pollinisation et la récolte du fruit mûr…

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Dans toutes les grandes villes atlantiques,

de Bordeaux à Lorient, on ne parle que de desserts à la vanille.

Millefeuille à la vanille, macaron à la vanille, tarte à la vanille,

sablé à la vanille, meringue à la vanille… »

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L’histoire se passe au XIXème siècle sur une île, les villes de la Côte au vent y portent les noms de Sainte Rose, Saint André, Saint Benoit… Sainte Suzanne, nous sommes sur l’île de la Réunion, anciennement appelée île Bourbon.

Edmond n’a que quelques jours lorsque décède sa mère et s’enfuit son père. C’est Elvire , sœur de Ferréol Bellier Beaumont, qui l’accueille un dimanche, au lendemain d’un cyclone et le place chez son frère veuf un tantinet dépressif. Edmond a le statut d’esclave comme l’avait ses parents, il ne pourra apprendre ni à lire ni à écrire. Son maitre est un érudit passionné par les plantes, il possède un magnifique domaine et voyage sur l’ile pour répertorier toutes les espèces. Edmond le suit, observe et apprend vite et beaucoup, il semble être l’esclave préféré de Ferréol, les autres en sont jaloux malgré sa gentillesse profonde. Il obtient un petit lopin de terre, y plante des aromatiques, expérimente, réfléchit, observe et déduit… À l’age de douze ans, il fait une découverte formidable qui va enrichir beaucoup de gens mais… je vous laisse découvrir la suite passionnante.

J’ai aimé cette lecture même si l’esclavagisme reste d’une tristesse absolue ; on suit ce petit Edmond, on le soutient face aux injustices des humains, à leur cruauté. Sa rencontre avec Ferréol, son « ti père » comme il dit a été « la chance de sa vie »dans cette époque coloniale et si les liens qu’ils ont entretenus ont eu leurs hauts et leurs bas, ils ont su tissé un fin fil d’amour. J’ai aussi énormément appris sur la Vanille dont l’histoire est tout à fait incroyable.

Gaëlle Bellem, originaire de la Réunion, s’est appuyée sur toutes les archives de l’île pour rendre justice à cet homme. Elle nous décrit dans une langue vivante et colorée, avec humour malgré les tragédies, une société dans laquelle l’argent et le pouvoir gomment trop souvent l’humanité et la justice. La Nature flamboyante est omniprésente au fil des pages et nous fait réellement voyager. 

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Extraits de : « Le fruit le plus rare ou La vie d’Edmond Albius »  2023  Gaëlle Bélem.

Illustrations : 1/ « Carte de Bourbon »  Étienne de Flacourt  1607-1660  2/ « Vanilla planifolia  dans Mon jardin à Ceylan »  Georges de Alwis  XIXème  3/ « Edmond Albius  Antoine Louis Roussin  1819-1894.

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Reconnaître le talent des Hommes, leurs droits et leurs devoirs…

BVJ – Plumes d’Anges.

Douce heure…

1 février 2026

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« Je ne peindrai qu’un arbre qui retient dans son feuillage

le murmure doré d’une lumière de passage. »

Philippe Jaccottet

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Doux moment de l’année,

les premiers amandiers se parent de fleurs poudrées, roses ou blanches.

C’est le début d’un réveil, le début d’un éveil,

les branches s’étirent nonchalamment pour accueillir le miracle,

un parfum printanier s’installe, on aimerait y croire…

Plus tard, dans l’ordre des choses, viendront des fruits précieux

qui enchanteront nos palais…

En ce jour de pleine lune,

laissez-vous tenter par la lumière de ce dessert

et n’oubliez-pas :

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« On peut encore à tout moment modifier la vie

avec beaucoup d’attention et de douceur. »

Philippe Jaccottet

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– GÂTEAU À LA POUDRE D’AMANDES,

CANNELLE ET ZESTE DE CITRON –

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Ingrédients : 3 pommes pelées et râpées (ou coupées en petits morceaux), 200 g. de poudre d’amandes, 100 g. de cassonade vanillée, 3 gros œufs, 1 yaourt grec nature (120 g.), 1 c. à café de levure chimique, 1 c. à café de cannelle en poudre, le zeste râpé d’un citron, 1 pincée de sel, des amandes effilées et grillées pour la déco.

Réalisation : Beurrer et chemiser un moule de 22 cm. de diamètre et 5 de hauteur.

Battre les œufs entiers et le sucre jusqu’à obtention d’un mélange mousseux.

Ajouter le yaourt, le zeste de citron, la poudre d’amandes, la levure, la cannelle, le sel fin et les pommes.

Bien mélanger, verser cet appareil dans le moule, enfourner 40 minutes environ à 180 degrés.

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« L’hiver, l’arbre se recueille,

 

Puis le rire un jour bourdonne

et le murmure des feuilles,

ornement de nos jardins. »

Philippe Jaccottet

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Tableau : « Arbres en fleurs »  Fritz Wilhelm Rabending  1862-1929.

Recette trouvée sur Instagram (Savoryglobe)

Photos BVJ.

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Apprécier les plaisirs délicats…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chercher, pour retrouver…

25 janvier 2026

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« Je vous dirai la couleur

des choses invisibles

la couleur qu’on entend

la couleur qu’on respire

 

la guirlande bleue du violon

et la pourpre des guitares

le vert profond du vent

dans le soir

et l’or fragile

d’une caresse

 

Je vous dirai la voix perdue

dans l’indigo des solitudes

et le calme orangé

près des yeux doux qu’on aime

 

Je vous dirai l’arc-en-ciel

qui naît en vous

de la patience et de l’oubli

de la défaite du silence

et du geste réconcilié

 

Car comme vous j’aime et je vis

dans l’arc-en-ciel de mes songes. »

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« Oui je sais que

la réalité a des dents

pour mordre

que s’il gèle il fait froid

que un et un font deux

 

Je sais je sais

qu’une main levée 

n’arrête pas le vent

et qu’on ne désarme pas

d’un sourire

l’homme de guerre

 

Mais je continuerai à croire

à tout ce que j’ai aimé

à chérir l’impossible

buvant à la coupe du poème

une lumière sans preuves

 

Car il faut être très jeune

avoir choisi un songe

et s’y tenir

comme à sa fleur tient la tige

 

contre toute raison. »

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« Marche, n’arrête pas de marcher

d’ouvrir les portes

de soulever les pierres

de fouiller dans le tiroir de l’ombre

de creuser un puits dans la lumière.

 

Cherche, n’arrête pas de chercher

les traces de l’oiseau dans l’air

l’écho dans le ravin

l’incendie dans les neiges de l’amandier

 

tout l’ignoré

le caché l’inconnu

le perdu

Cherche tu trouveras

le mot et la couleur de ton poème. »

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Retrouver son âme,

– même si le chemin s’avère long et difficile –

l’esprit libre, vierge des « diktats » que certains

aimeraient nous imposer au travers des médias et des réseaux,

être curieux de ce qui se cache de précieux dans les tréfonds du cœur.

Tout Homme est un poète, s’il le veut,

s’il cherche en lui les mots justes et sincères,

leur musique, leur couleur, leur grâce, leur élégance…

Il lui faut pour cela en avoir l’intention, 

initier un mouvement, tenter, tâtonner, être patient,

puis trouver ou plutôt retrouver la joie éternelle

d’un voyage au pays de l’imagination…

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Poèmes de Jean-Pierre Siméon – trouvés sur le net.

Illustrations : 1/ « Paysage avec un lac »  4/ « Paysage de la vallée du Rhin »  Marten Rickaert  1587-1631 

 2/ « Liseron »  3/ « Clématite »  Barbara Regina Dietzsch  1706-1783.

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Retrouver notre âme…

BVJ – Plumes d’Anges.