Précieuses pierres…

14 juin 2021

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Il est des paysages époustouflants qui nous transportent sous d’autres cieux.

Je vous parle là du col alpin de l’Izoard, lieu lunaire,

jardin de pierres qui nous donne l’illusion d’être à l’intérieur d’une estampe orientale.

Quand ce lieu s’offre au regard sans la moindre trace humaine, le cadeau est immense.

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Plus loin, une toute autre vision minérale en perpétuelle évolution,

la source pétrifiante de Réotier.

Une réceptacle d’eau claire surmonté d’une créature étrange semblant jaillir du sol,

l’effet est spectaculaire, la musique de l’eau douce à l’oreille.

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Continuons à pérégriner en bord de Durance, nous arrivons à

l’Abbaye de Boscodon,

lieu splendide à l’écart du monde.

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Les oiseaux et les chants des moines règnent en maitres.

À l’entrée un jardin de plantes aromatiques et médicinales,

il se réveille doucement, entretenu avec amour par Céline Soula.

Puis une rencontre,

celle d’un homme qui a trouvé sa vraie place dans la vie,

CedRouz,

il sculpte la pierre, semble faire corps avec elle,

explore inlassablement une mémoire ancestrale du monde,

ponce, affine la matière, l’étire, la creuse, la cisèle ,

elle devient aiguille ou dentelle… 

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Travail de funambule sur l’équilibre des forces,

les extrêmes y conversent et cohabitent dans une paix intense.

L’homme est paisible, il travaille dans ce lieu et le sable des torrents…

 

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Il écoute, partage ce qu’il ressent.

Il fut berger dans une ancienne vie entre le massif des Écrins et la montagne de Lure…

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Il a une formation d’architecte, nous parle de philosophie…

Il me semble que cela s’appelle une belle rencontre, merci la vie.

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« Une pierre pour oreiller

J’accompagne

Les nuages » 

– Taneda Shantoka –

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Photos BVJ.

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Retrouver notre chemin, pierre après pierre…

BVJ – Plumes d Anges.

Chef d’œuvre…

10 juin 2021

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« … Le mot impossible n’existe plus… »

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… J’avais alors dépassé depuis 3 ans ce grand équinoxe de la vie qu’on appelle quarantaine. Cet age n’est plus celui des folles entreprises et des Châteaux en Espagne. Or au moment où mon Rêve sombrait peu à peu dans les brouillards de l’oubli, un incident le raviva soudain, mon pied heurta une pierre qui faillit me faire tomber. Je voulus voir de près, ma pierre d’achoppement ; elle était de forme si bizarre que je la ramassais et l’emportais ; je retournais le lendemain au même endroit et j’en trouvais de plus belles qui rassemblées sur place faisaient un joli effet, cela m’enthousiasma ; c’est alors que je me dis , : « Puisque la nature fournit les sculptures, je me ferai architecte et maçon (… )

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… C’est alors que le long charroi commença il dura 27 ans parcourant pendant tout ce laps de temps des dizaines de kilomètres en plus de ma tournée quotidienne, je remplissais mes poches de pierres puis ensuite, j’employais des paniers ce qui accrut ma peine, car j’avais une tournée de 32 kilomètres à effectuer chaque jour…

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… L’hiver comme l’été

Nuit et jour j’ai marché

J’ai parcouru la plaine les coteaux

De même que le ruisseau

Pour apporter la pierre dure

Ciselée par la nature

C’est mon dos qui a payé l’écot

J’ai tout bravé même la mort (… ) 

En cherchant j’ai trouvé

Quarante ans j’ai pioché

Pour faire jaillir de terre ce palais de fées… »

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« … Le soir à la nuit close

Quand le genre humain repose,

Je travaille à mon Palais.

De mes peines nul ne saura jamais… »

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C’est le travail d’un seul homme qui a traversé moult épreuves, son cœur a saigné, le destin s’est abattu sur lui mais il a résisté, il a transformé sa douleur en un chef d’œuvre d’amour.

Son courage, sa ténacité ont bâti un palais, il a laissé vivre et courir son imagination, lui qui parlait peu s’est exprimé dans une poésie totale et un siècle plus tard on vient toujours se substanter à sa source.

C’est une œuvre émouvante, une œuvre « habitée »,

qui nous transporte sur une haute rive,

c’est un rêve qui a vu le jour qui à son tour nous fait rêver…

Quand la terre et le ciel se rejoignent, quand modestie et humilité se donnent la main,

le grand Art advient et c’est nous qui sommes sans voix,

tout à notre admiration !

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Et un kilomètre plus loin, un autre petit édifice :

« … J’ai eu le bonheur d’avoir la santé pour achever ce tombeau appelé

« Le tombeau du silence et du repos sans fin »

à l’age de 86 ans… »

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Propos de Ferdinand Cheval extraits du cahier numéro 3

– Photos BVJ –

 Hauterives dans la Drôme – Le PALAIS IDÉAL du FACTEUR CHEVAL

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Faire preuve de résilience…

BVJ – Plumes d’Anges.

De l’aurore à la brune…

28 mai 2021

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« … Tu collais aux parois du présent, peur d’être en retard sur ce qui se passe. Tu ne sais plus choisir. Tu veux. Tu veux tout. Toujours plus. Même les choses s’affolent d’être tellement appelées. Ces caillots de voitures dans nos villes. Ces objets rapaces, bouchant l’horizon. La matière que l’on traite en nouveau riche, qu’on triture, amalgame, émiette, juxtapose sans chercher ce qui l’articule, ce qui la lie. Ce qui t’articule, ce qui te lie. Tu veux, tout, trop, embrasser, prendre. Ah ! ouvrir les mains, les ouvrir !… Ce qu’on aime ne se possède pas. L’avenir ne se possède pas, il se détache, plus loin, plus libre. Garder, garder le souffle, l’écho, à travers tout, cette chaleur… Des mégalopoles dévoreront nos rives. Nous serons six milliards et demi d’habitants en l’an 2000, le double d’à présent. Garder, garder cela, la voix de l’autre, la vague, la pulsion… Trente cinq penseurs, professionnels du futur, sont réunis à Tappan Zee, c’est le « Think Tank« , réservoir à réflexion. Qu’ils n’oublient pas ce qui nous fait vivre, et dont le nom est sans doute très simple. Qu’ils n’oublient pas cet instant, ce noyau, cette seconde où nous sommes , vraiment , entre mort et vie. Qu’ils n’oublient pas d’éveiller en l’homme-caméléon ce qui nous rejoint, apaise, accorde. Panoplie nucléaire, merveilles électroniques, effaceurs de mémoire qui supprimeront les souvenirs douloureux, moyenne de vie 90 ans, hibernation, surordinateur réglant notre existence, collectivités dévorant l’individu, contrôle, surveillance, téléphonie, matériaux résistant à toutes températures, transports à propulsion, cargos submersibles, navires containers, fusées transocéaniques, médicaments contrôlant nos humeurs, nos tendances politiques, métaphysiques, détermination du sexe des enfants, synthèse des aliments, pigmentation des Blancs, dépigmentation des Noirs, décèlement des intentions criminelles par la seule voix, entente des supergrands, guerres limitées, bâclées, laissées aux sous-développés… Maelström !… Où, comment tenir debout ? Corps encore étrangers à cette tornade, nous restons cramponnés au radeau d’hier. Se chercher d’abord un regard, un regard !… Ces jours-ci, je n’ai pas eu besoin de mes yeux, Ben me prêtait les siens…

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Tout à l’heure, il le dira à Jeph. Il lui communiquera tout cela : la terre et ses tendresses, la mer qui n’en finit pas… Malgré le peu de mots à sa disposition, il faudra que Simm dise : le sel, l’air, l’arbre, le vent, le bleu, l’eau qui porte. Malgré le peu de mots, malgré l’épaisseur qui les sépare ; il faudra qu’il trouve comment traduire tout cela. Le goût des choses, de l’instant. Il faudra qu’il parle, qu’il parle encore, jusqu’à la trouée béante, jusqu’à ce que l’emmuré surgisse, et tienne de nouveau debout sur ses deux jambes. Il faudra, à neuf, lavé, débarrassé d’écorces, faire naître en mots, sur la langue : ce sel, cette vie, ce partout…

– Je saurai tout dire. Je saurai à présent. Je saurai !… « 

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Simm et son chien Bic traverse un village du sud au petit matin. Simm rencontre des amis et confie à l’un d’eux sa lassitude, il s’ennuie dans ce monde. À la sortie  du village, la fenêtre d’un hôtel s’ouvre, un jeune homme apparait, s’étire et admire le paysage. Son regard est neuf, vivant, dans son œil brille avec ferveur une petite flamme. Il prononce quelques mots bienveillants, Simm  se sent comme illuminé par une énergie de jeunesse.

Tout à coup une immense secousse… et tout s’écroule.

La vie de Simm ne peut plus être la même, il est comme habité par le souffle du jeune homme, il le sent sous les décombres, il persuade les autorités d’entreprendre des recherches à un endroit précis… Le temps passe, Simm veille jour et nuit, réussit à établir un contact avec la victime, il devient Jeph qui parle à Ben, les secours sont lents, ils abandonnent, Simm les rappelle… Vous découvrirez la suite…

Ce souffle porte le lecteur jusqu’à la dernière page, l’émotion est grande. C’est une magnifique histoire qui nous interroge, elle nous parle de la solitude du grand age, de ce brin de jeunesse toujours présent au fond de soi qui aimerait vibrer et s’exprimer encore, de cette fin de vie qui retient l’essentiel et n’a plus besoin des honneurs et de la reconnaissance, il lui faut simplement se sentir en lien, dans le courant, dans le flot de la vie.

Il faut cesser de s’égarer et retrouver le fil de notre humanité, l’épreuve est peut-être là pour nous le faire comprendre, à nous d’ouvrir nos yeux et nos cœurs..

C’est un texte puissant, un riche échange entre deux hommes, sous la plume d’Andrée Chédid qui était vraiment une grande dame !!!

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Extrait de : « L’autre »  Andrée Chédid  1920-2011.

Illustrations : 1/« Côte italienne »  Thomas Fearley  1802-1842  2/« Figuiers de Barbarie près de Taormine »  Peter-Severin Kroyer  1851-1909.

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Goûter au sel de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Non violence…

22 mai 2021

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« … Il est dans notre nature d’aimer donner et recevoir du fond du cœur. Nous avons cependant appris plusieurs formes de « langage aliénant » qui nous conduisent à nous exprimer ou à nous comporter de manière blessante vis à vis des autres et de nous-mêmes. L’une de ces formes de communication aliénante consiste à utiliser des jugements moralisants qui impliquent que ceux dont le comportement ne correspond pas à nos valeurs ont tort ou sont mauvais. Une autre repose sur les comparaisons qui peuvent entraver la bienveillance envers nous-mêmes comme à l’égard d’autrui. La communication aliénante nous empêche aussi de prendre pleinement conscience que chacun est responsable de ses pensées, de ses sentiments ou de ses actes. Une autre caractéristique de ce type de communication consiste à communiquer ses désirs sous forme d’exigences…

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… Selon le philosophe indien J.Krishnamrti, observer sans évaluer est la plus haute forme de l’intelligence humaine. « C’est stupide », ai-je pensé en lisant cette phrase, mais je me suis presque aussitôt rendu compte que je venais de porter un jugement. Nous avons presque tous du mal à observer les gens et leur comportement sans y mêler un jugement, une critique ou une forme d’analyse…

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… Quand l’une des parties entend dans les paroles de l’autre un reproche, un diagnostic ou une interprétation, il est probable que les énergies en présence seront orientées vers l’autodéfense et la contre-attaque que vers la sortie du conflit… »

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Dans l’époque difficile que nous traversons,

les discussions me paraissent très délicates,

deux monolithes semblent « s’affronter »,

le monde se rigidifie, l’humanité s’envole…

Au théâtre de la vie, rien ne va plus !

Je viens de lire un livre passionnant qui serait à mettre entre toutes les mains.

Il traite d’une autre forme de communication, la communication non violente.

Celle-ci nous demande d’observer sans évaluer,

d’employer des mots sans jugements contenus,

d’établir une relation de cœur à cœur,

d’exprimer nos sentiments réels,

bien différents de nos pensées et  interprétations,

de formuler nos besoins de manière claire,

de demander ce que l’on veut et non ce que l’on ne veut pas…

Je vous laisse découvrir cette lecture au fil de laquelle de

nombreux exemples nous montrent une voie pour mieux vivre ensemble,

la route est longue et le « travail » de chaque instant,

la vie est devant nous, peut-être pouvons-vous

tenter d’en faire bon usage, non ?.

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Extraits de : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » 

Marshall B. Rosenberg  1934-2015.

Illustrations : 1/« Pensive »  2/« Pivoines »  Wladyslaw Slewinski  1856-1918.

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Choisir une voie qui enrichit l’humain…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemins de lumière…

16 mai 2021

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Nos anciens repères tendent à disparaître, rester dans la confiance…

Marcher sur l’herbe verte,

sentir l’énergie de cette couleur sous nos pieds,

recevoir la force bienveillante des arbres…

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Les cycles se succèdent, une graine vole au vent et la magie opère :

germination, croissance,

bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, graines…

et tant d’autres richesses : écorce, bois, sève…

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Au repos tout l’hiver, ils s’éveillent au printemps,

s’étirent harmonieusement et librement dans la saison.

La lumière, facétieuse magicienne, joue avec les ombres,

l’observateur ébahi est irradié par cette énergie nouvelle…

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Lui viennent à l’esprit les mots de la poétesse :

« Les opinions prêtes à servir

qu’on te ficelle en un bouquet

et que tu n’oserais flétrir

en tes propos ni en pensées,

toujours opinant du bonnet,

idolâtrant comme on respire

et peut-être inconscient du fait

ou refusant d’en convenir…

yeux dans les yeux regarde-les,

ces opinions prêtes à servir,

ces intouchables points de mire !

Et ne te laisse pas assujettir !

Et qu’importe ton désarroi !

Questionne-les ! Questionne-les

avec tes doutes et tes désirs,

avec tes craintes et tes émois

et tout ce qui sommeille en toi !

Et à toi-même tu naîtras ! »

« Naissance »  – poème extrait de Synthèses – Esther Granek
1927-2016.

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Rétablir en soi une vision harmonieuse de la planète et des Hommes,

se faire peintres-copistes,

imiter l’unité et la paix inspirées des paysages,

accéder à la légèreté et à la profondeur d’un autre possible,

marcher vers la lumière…

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Aujourd’hui est la

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA LUMIÈRE.

Souhaitons que celle-ci nous inspire et nous élève !

Photos BVJ – mai 2021 – Région du Trièves.

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Arpenter les lumineux coteaux de la liberté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Avis de recherche…

11 mai 2021

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AVIS DE RECHERCHE

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On nous dit que… bientôt… si l’on se tient bien… il suffit !

Dans quel état moral sont les acteurs, les chanteurs, les danseurs,

les musiciens, les artistes en tous genres…

Les femmes, les hommes et les enfants du monde…

 OÙ EST PASSÉE LA CULTURE ?

OÙ EST PASSÉE LA CONVIVIALITÉ ?

OÙ EST PASSÉE LA JOIE ?

Le p’tit café du matin, le restaurant du midi ou du soir, le thé de l’après-midi,

le repas partagé en famille, entre amoureux et entre amis ?

OÙ EST PASSÉE LA TENDRESSE ?

Se prendre dans les bras et se serrer bien fort… un rêve !

ET LE SOURIRE DES GENS ?

vous vous souvenez ?

Cette petite forme délicate qu’une émotion fait naître,

qui se dessine doucement ou jaillit d’un simple regard.

Un sourire égaye une journée, enchante la vie,

c’est une bulle de lumière et de légèreté offerte à l’autre,

il me semble que c’est peut-être lui qui

me manque le plus depuis ces longs mois.

Le sourire est un cadeau, il atteste de notre humanité,

scelle un échange, transforme une vie, opère tel un charme,

jaillit d’un regard ou se dessine doucement sur un visage,

c’est une illumination.

Depuis plus d’une année, l’offrande est comme interdite,

de simples robots se croisent dans les rues,

qu’en penseront les bébés, nouveaux venus sur la Terre,

quel sera leur avenir ?

Dites-moi, je cherche et me désespère de cette voix unique,

de cette peur distillée sans relâche,

ce monde d’intelligence artificielle me glace…

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 » Dans l’air vibre la corde

Silence tendu silence rompu

Chute mate d’une fleur de camélia »

Natsume Soseki

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Illustrations : 1/« Petite fille et oiseau »  – détail –  Pavel Künl 1817-1871   2/« La comtesse de Tillières »  – détail –  Jean-Marc Nattier
1685-1766.

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Retrouver l’illumination…

BVJ – Plumes d’Anges.

Moment de grâce…

2 mai 2021

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« … Oui, il y a un bonheur plus haut où le bonheur paraît futile. À Florence, je montais tout en haut du jardin Boboli, jusqu’à une terrasse d’où on découvrait le Monte Oliveto et les hauteurs de la ville jusqu’à l’horizon. Sur chacune de ces collines, les oliviers étaient pâles comme de petites fumées et dans le brouillard léger qu’ils faisaient se détachaient les jets plus durs des cyprès, les plus proches verts et ceux du lointain noirs. Dans le ciel dont on voyait le bleu profond, de gros nuages mettaient des taches. Avec la fin de l’après-midi, tombait une lumière argentée où tout devenait silence. Le sommet des collines était d’abord dans les nuages. Mais une brise s’était levée dont je sentais le souffle sur mon visage. Avec elle, et derrière les collines, les nuages se séparèrent comme un rideau qui s’ouvre. Du même coup, les cyprès du sommet semblèrent grandir d’un seul jet dans le bleu soudain découvert. Avec eux, toute la colline et le paysage d’oliviers et de pierres remontèrent avec lenteur. D’autres nuages vinrent. Le rideau se ferma. Et la colline redescendit avec ses cyprès et ses maisons. Puis à nouveau – et dans le lointain sur d’autres collines de plus en plus effacées – la même brise qui ouvrait ici les plis épais des nuages les refermait là-bas. Dans cette grande respiration du monde, le même souffle s’accomplissait à quelques secondes de distance et reprenait de loin en loin le thème de pierre et d’air d’une fugue à l’échelle du monde. Chaque fois, le thème diminuait d’un ton : à le suivre un peu plus loin, je me calmais un peu plus. Et parvenu au terme de cette perspective sensible au cœur, j’embrassais d’un coup d’œil cette fuite de collines toutes ensemble respirant et avec elle comme le chant de la terre entière.

Des millions d’yeux, je le savais, ont contemplé ce paysage et, pour moi, il était comme le premier sourire du ciel. Il me mettait hors de moi au sens profond du terme. Il m’assurait que sans mon amour et ce beau cri de pierre, tout était inutile… »

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Un voyage en pays de lumière, l’Algérie, l’Italie… lieux sublimes et éblouissants.

Voyager au fil de ces pages fut pour moi un moment de grâce.

Ce livre est un ensemble de textes, de réflexions,

de méditations, écrits par Albert Camus dans sa jeunesse.

L’Homme et la nature ne font plus qu’un, la sensualité ruisselle à chaque phrase.

Nul ne peut rester insensible à cet art de la description,

à cette ferveur omniprésente, à ces mots qui nous enveloppent,

nous réchauffent et nous transportent au sein de la beauté,

c’est un hymne à la vie.

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Extrait de : « Noces  suivi de l’été »  Albert Camus 1913-1960.

Illustrations : 1/« Cité de Florence »  Jan van der Straet  1523-1605

2/ « Autel de Gand »  – détail –  œuvre commencée par Hubert van Eyck

et terminée par son frère Jan van Eyck 1390-1441.

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Prendre de la hauteur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mondes…

25 avril 2021

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Flaque géante, horizon lointain, transparences ou illusions ? Rêve ou réalité ?

La mer touche le ciel, il ne semble l’entendre,

peut-être espère-t-il le réveil de l’Homme ?

Parfois il montre sa patience, il n’est que douceur,

 certains jours il s’obscurcit, montre sa colère ou plutôt son chagrin…

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Le petit arbre s’adapte, il se sent bien seul, se désespère,

il voit la vie du fond de son âme,

il écoute le bruit du monde mais ne retiendra que le chant de l’oiseau,

peu d’Hommes cherchent à écouter ce chant là,

le petit arbre se remplit de tristesse, il ne veut se désespérer…

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Tout près, dans les grandes terres, des arbres se déploient,

les feuillages d’humeur printanière rosissent de plaisir,

certains semblent même fleurir, « tout n’est qu’illusion » disait un écrivain-poète.

Des centaines d’oiseaux dansent sur les branches,

chantent, dialoguent, s’effleurent joyeusement,

ils savourent leur liberté…

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Là est leur volonté, ils désirent créer, échanger,

ils tiennent des conseils publics et invitent le monde à réfléchir avec eux,

ils veulent témoigner de la lumière de la nature,

de l’impermanence des éléments,

des jours qui se succèdent et ne se ressemblent pas,

ils nous offrent un chant de joie pour honorer la vie !

Quels oiseaux avons-nous envie de suivre ?

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« Matin de printemps

mon ombre aussi

déborde de vie »

Kobayashi Issa

Photos BVJ – Vers Le Pradet dans le Var – Avril 2021.

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Entendre le chant mélodieux de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Passages…

18 avril 2021

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« … SI JE FERME LES YEUX, je peux revoir Baba avec sa pipe, le soir, auprès du feu. Elle attendait que je sois couchée pour sortir la boîte en épicéa pleine de karja. Apa la lui avait fabriquée avant qu’il ne se transforme en tas de feuilles mortes. Elle remplissait le foyer d’un mélange de tabac et de graines pilées au mortier. Avec un long bâton dont elle gardait le bout enflammé, elle allumait la pipe. La cabane se peuplait alors de nuages bleus et d’odeurs de falaise. Baba était assise dans son fauteuil à bascule , la tête en arrière, cela durait des heures. J’aimais la regarder depuis mon petit lit fabriquer ces volutes, telle une cheminée de chair un peu passée.

Les mots sortaient de sa bouche doucement. Les histoires d’un autre temps s’égrainaient en ronds de fumée. (…)

Un soir, Baba m’avait parlé de l’ancien monde. D’habitude, ceux qui l’avaient connu se taisaient… Un soir pourtant, Baba avait parlé. Ses mots étaient pleins d’épines et s’épuisaient à sortir de sa bouche. À cette époque elle était proche du Grand-Sommeil. Je m’occupais d’elle comme on s’occupe d’un enfant, car elle avait commencé à se dérégler – sans cela, elle serait sans doute partie avec son secret. Les mots étaient tombés dans mon oreille avec la douleur du poison…

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… Les jours se répétaient, les gestes aussi. Mais le soleil levait chaque matin son rideau sur une nature différente. La lumière ruisselait dans les branches cristallisées par la glace. Les myriades de teintes allaient du rose au bleu pâle, projetant des flaques colorées sur la surface du lac en banquise. L’hiver révélait des grâces de jeune fille. Le ramage des branches, prisonnières de leur robe de cristal, devenait dentelle, piquetée par endroits de boutons vernis là où les corneilles arrêtaient leur vol. On crissait à chaque pas et c’était délicat, un froissement de tissus précieux…

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… Nous sommes tous de passage. Simplement de passage… »

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La traversée à bord de ce livre est sombre mais le voyageur-lecteur est le témoin oculaire de l’émergence de lumières d’une rare puissance. Les images sont très fortes, la nature omniprésente s’étire dans ses extrêmes.

Les personnages rencontrés au fil des lignes sont singuliers, l’animal est humain, l’humain est animal. On sent qu’un grand chaos a pulvérisé bien des choses et bien des êtres, mais des cœurs battent encore à l’unisson et se battent pour témoigner de la force de la vie. Chacun accepte ce que lui offre ou lui impose l’existence.

C’est une histoire intense, un retour en arrière dans le temps, un mélange de réalités et de légendes, de couleurs, d’eau, de roches, de froid brûlant, de mots rares échangés, d’entraide, d’amour, de trahison… c’est un sillon creusé dans la terre-mère qui témoigne de la tragédie et de l’espérance, c’est un magnifique premier roman !

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Extraits de : « Une immense sensation de calme »  2018  Laurine Roux.

Illustrations : 1/« Chutes d’eau (Geltenbach dans la vallée de de Lauenen) »  Caspar Wolf  1735-1783   2/« Mer »  Volodymyr Orlovsky  1842-1914.

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Faire de notre passage un moment de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Murmurement…

11 avril 2021

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Une route sinueuse, une forêt de chênes à la ramure tourmentée,

c’était juste avant le confinement…

Notre œil, soudain,  est attiré par une construction en pierre,

ici est la Chapelle Saint Donat de Monfort.

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Il faut pour la rejoindre, emprunter une courte calade,

dépasser les petits cairns baliseurs,

écouter les roucoulements des pigeons qui ont arrêté là leur voyage…

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Du lieu émane une onde sereine,

les oiseaux curieux perchés sur le toit en lauze

baissent la tête pour surveiller le visiteur,

ils semblent être les gardiens du lieu.

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Les portes de l’édifice ont disparu,

de robustes grilles cadenassées empêchent toute entrée

mais on peut admirer l’intérieur à travers les barreaux.

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Le style est dit  » roman provençal »,

il règne une atmosphère étrange, impressionnante,

 d’énormes colonnes se dressent, jaillissantes,

tels des piliers de connaissances.

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Les oiseaux voltigent, sont-ils la mémoire d’êtres disparus ?

Ils semblent veiller sur un trésor,

  être détenteurs d’un secret :

« Le trésor est en toi, il te faut le découvrir », nous murmurent certains.

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« … Il n’est pas vrai que quoi que ce soit puisse progresser en allant de beauté en laideur. Il n’est pas vrai que nous n’ayons besoin que d’acier trempé, d’automobiles, de tracteurs, de frigidaires, d’éclairage électrique, d’autoroutes, de confort scientifique. Je sais que tous ces robots facilitent la vie, je m’en sers moi-même abondamment, comme tout le monde. Mais l’homme a besoin de confort spirituel. La beauté est la charpente de son âme. Sans elle, il se suicidera dans les palais de sa vie automatique… »

Extrait de « La chasse au bonheur » de Jean Giono.

Photos BVJ – Alpes de Haute Provence – Chapelle Saint Donat

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Être riche de nos belles mémoires…

BVJ – Plumes d’Anges.