Feu ardent…

14 septembre 2018

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Le feu ardent de la créativité crépite encore jusqu’au 30 septembre 2018  pour

la DESIGN PARADE de Toulon.

Cette année, l’évènement a lieu dans l’ancien Évêché, bâtiment du XVème rénové au XVIIIème, sis au numéro 69 du Cours Lafayette. Pour cette troisième édition, l’invité d’honneur est l’architecte d’intérieur Pierre Yovanovitch, il expose son talent sous la forme d’une pièce de théâtre en 1 acte sans personnage : « L’érotomanie de Mlle Oops« . On circule dans l’appartement de cette héroïne singulière, c’est talentueux et plein d’humour.

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Pierre Yovanovitch et la Maison Lesage pour le décor « La chambre ».

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On peut aussi admirer le talent de Pierre Marie (Agin), il vient de l’univers de la mode, a travaillé avec Sonia Rykiel et Hermès, il est très inspiré par ses voyages et son travail en collaboration avec des artisans atteint la perfection.

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Pierre Marie et les Ateliers Duchemin – Vitrail Olu Nolum.

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Comme pour les précédentes éditions, un concours est lancé avec pour thème « Une pièce à vivre dans une villa au bord de la Méditerranée », dix dossiers sont retenus. C’est une magnifique opportunité pour ces jeunes artistes de montrer leur talent in situ. Des artisans de la région et d’ailleurs sont appelés à participer à ce moment de création, des œuvres d’art sont prêtées par des galeries, c’est pour le public, peut-être, une occasion unique de les admirer.

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Kim Haddou et Florent Dufourcq  « Grotto ».

Grand prix de la Design Parade 2018 (ex aequo avec Antoine Chauvin).

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Bérangère Botti et Sophie Genestoux  « En trompe l’œil ».

Mention spéciale eyes on talents x frame.

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Lucas Djaou  « À l’heure de la sieste ».

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Jeanne Martin-Taton et Marie Marie Vergne « Pendeloque ».

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Charlotte et Juliette Castay « Dimanche ».

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Et il y a d’autres projets projets à découvrir…

J’ai beaucoup aimé aussi converser avec les jeunes élèves des écoles d’art qui eux-aussi s’investissent dans cette Design Parade avec joie et passion, que demander de plus à la vie ? Rien encore une fois, simplement lui dire MERCI !

Si vous voulez un aperçu de la DESIGN PARADE 2016 c’est ICI

Si vous désirez en savoir plus sur celle de 2018, c’est  LÀ !

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« Créer, c’est se souvenir« 

Victor Hugo

Photos BVJ.

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Créer avec ferveur et gourmandise…

BVJ – Plumes d’Anges.

L’humanité, simplement…

10 septembre 2018

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« … Maman, je souhaitais simplement te dire que je t’aime. (…) Dans mon lit d’hôpital, je me réfugie dans nos souvenirs. Ils m’apaisent. Je me figure main dans la main avec toi, dévalant les prairies, entourés de Gust et de la chèvre Blanquette, tes deux amis encore plus fous, plus joyeux, plus enthousiastes que nous, tous les quatre grisés par le bonheur de nous dégourdir les jambes, d’aspirer l’air ensoleillé, de saluer le printemps. Comme nous avions raison de nous réjouir d’un rien. Car ce rien, c’était tout. Inspirer, expirer, s’en rendre compte, s’en émerveiller. Quelle sagesse ! Moi qui ai fréquenté tant de gens éminents, financiers, politiciens, idéologues, savants, je découvre que toi, Gust et Blanquette, vous me délivriez d’irremplaçables leçons. S’étonner d’exister. Remercier. Cultiver la joie, à toute force.

Vous avez été mes meilleurs professeurs de vie, voire de philosophie, même si je ne me suis pas comporté à la hauteur de ce que vous m’enseigniez. Plus tard, je me suis un peu égaré dans les labyrinthes de la sophistication, j’ai tenté de ressembler aux esprits chagrins, ceux qui préfèrent l’écœurement à la jubilation, le pessimisme à l’optimisme, la mort à la vie. Quand je livrais une observation morose, cynique, nihiliste ou désespérée, ils m’applaudissaient en m’octroyant un diplôme de clairvoyance. Pourtant, dans mon actuel état de faiblesse, ce qu’ils m’ont appris se réduit à un tas de poussière, et je n’atteins vigueur et lumière qu’en pensant à vous trois.

Gust… Blanquette… Crois-tu que nous retrouvons, là-haut, les animaux que nous avons aimés ? Je l’espère tant… Eux, je suis certain qu’ils auront fait l’impossible pour me revoir, qu’ils auront patienté fidèlement des années, bravant le froid, l’inconnu, la solitude, le découragement, afin de se précipiter vers moi, la truffe chaude, la queue hilare, les yeux plissés. Nous nous étreindrons sans fin. Si c’est ainsi, ce sera beau, l’éternité… »

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Quatre nouvelles, quatre histoires qui nous interrogent, j’ai été particulièrement touchée par celle-ci « Mademoiselle Butterfly », et puis, qui ne rêverait d’écrire une telle lettre à sa mère ?…

Extrait de : « La vengeance du pardon »  2017  Eric-Emmanuel Schmitt.

Illustrations : 1/ « L’attente »   2/ « Chien »   Winslow Homer   1836-1910.

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Nous relier à notre part d’humanité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lucarnes…

6 septembre 2018

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« …À l’heure où j’écris, en repensant à tout ce qui me passait par la tête, parfois, pendant ces jours de solitude, je médite sur le mystère de la vie et sur ce que nous en savons. Du regard, je fais le tour de cette immensité. Je me dis que la terre est un astre. Et qu’en ce moment même, je peux contempler un fragment de cet astre. . Et moi, je suis un point sur cet astre qui doit étinceler de loin comme toutes les autres étincelles d’argent scintillant dans le ciel.  Il peut même devenir étoile filante et aller s’enfouir dans quelque coquillage, comme le dit Angela, devenir un minuscule caillou blanc, pas plus gros qu’un gravier. Qui peut, en vérité, discerner ce qu’il y a de vrai dans ce que nous appelons, grand, petit… qui peut savoir lequel est juste ? Pourtant, en cet instant, je suis sur une miette du ciel. Je suis un rien, un rien microscopique, insignifiant, en train d’admirer cette miette, d’être pris de vertige devant cette goutte d’eau que j’appelle mer, océan… Ainsi, sur cet astre infinitésimal, simple particule dans la poussière des astres se trouve un autre particule, ma seigneurie, abîmée en de profondes cogitations sur des choses qu’elle ne peut comprendre…

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Je l’écoutais et la légende prenait racine en moi, profondément, sans qu’il me vienne une seconde à l’esprit qu’elle pût plaisanter ou se moquer de moi. Ce qu’elle me racontait était si merveilleux que cela n’avait nul besoin d’être également logique. Et puis, après tout, qui croit sérieusement  que nous sommes vraiment ce que nous semblons être ? Car s’il fallait en croire notre logique, l’infiniment petit et l’infiniment grand ne devraient pas exister non plus. Qui peut nous certifier que nous faisons bien partie de ce monde, que nous ne sommes pas le produit de l’imagination de quelque artisan fou et puissant, façonnant avec ses chimères une œuvre encore invisible ?…

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Le gouvernail creusait son sillage dans l’eau, faisant à sa surface de petits tourbillons qui semblaient vouloir se visser jusqu’à ce qu’ils se remplissent d’eau et s’évanouissent. Tant de choses se passent, même dans le plus lointain désert ! Il suffit que l’œil humain sache observer le monde jusqu’au plus profond de son cœur pour qu’alors l’homme se sente lié à ce qui l’entoure, qu’il devienne vent avec le vent, prairie avec la prairie, onde avec la mer, qu’il se promène avec le nuage et regarde d’en haut son ombre projetée sur la terre. Ces petits tourbillons d’eau, ces petits cônes sont autant de lucarnes s’entrouvrant pour vous permettre de regarder jusqu’au fond des abysses. Bien sûr, on ne voit jamais jusqu’au fond des abysses mais cela n’a pas d’importance car il suffit de s’être ainsi penché sur les profondeurs de la mer pour que votre âme rêve aux précipices du monde sous-marin, aux algues, aux hippocampes, aux méduses. Des myriades de splendeurs surgissent dans votre esprit vous donnant l’illusion d’avoir détaillé cet univers aux visages innombrables… »

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Extraits d’une splendide histoire, préfacée par Jacques Lacarrière, histoire puissante  qui nous emmène loin, dans un monde où rêve et réalité se mêlent et où l’homme est confronté à ses démons intérieurs:

« Une jeune fille nue »  Nikos Athanassiadis
1904-1990.

Illustrations : 1/ « Falaise dans la mer Égée »  3/ « Champ de bataille de Marathon »   Carl Rottmann  1797-1850  2/ « Étude de sirènes »  Henry Luyten  1859-1945.

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Dominer nos démons…

BVJ – Plumes d’Anges.

Expérience d’invisibilité…

3 septembre 2018

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Ces jours derniers, nous avons pris à nouveau la route des montagnes, mon époux, deux de nos petits enfants et moi-même. Nous empruntons des pistes (autorisées à la circulation) et trouvons des endroits loin du monde pour  passer la nuit et une partie de la journée en pleine nature… Un soir, nous avons vécu une incroyable expérience d’invisibilité, j’en suis encore sidérée. Je vous explique : Nous roulions à faible allure, comme d’hab. et avons porté notre dévolu sur une butte un peu aplatie couverte d’une voluptueuse herbe grasse, avec sur un côté trois élégants sapins. Alentour, une vue imprenable sur des sommets minéraux et sur d’autres recouverts de prairie et de forêt. Bref, un endroit accueillant et serein, idéal pour passer une nuit de rêve. Mon mari était un peu dubitatif, à son avis nous étions trop proches du chemin. Mais devant notre insistance, il s’est laissé convaincre. Il y avait là quelques foyers construits par des randonneurs. Nous sommes partis à la recherche de petit bois, histoire de nous réchauffer devant une belle flambée. Nous avons trouvé notre bonheur et allions commencer à vraiment nous installer quand un véhicule 4×4 est arrivé et s’est garé à côté de nous. J’ai fait un signe de la main à son conducteur, doublé d’un sourire, je trouvais qu’il venait un peu trop près de nous mais il était peut-être attiré par notre belle compagnie… Et puis et puis,  un second véhicule du même type est arrivé, puis un troisième… DIX VOITURES nous ont encerclés, sans un regard, sans un mot ni un sourire. Une femme qui semblait être l’organisatrice du raid donnait des ordres en allemand…

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Là, deux solutions s’offraient à nous, ou hurler et se battre, mais je ne suis pas très forte de ce côté là, ou partir plus haut. Je me suis dirigée vers cette « charmante » organisatrice, j’ai été très étonnée de lui dire dans un anglais presque parfait que nous ne pouvions rester là et que si elle avait l’amabilité de dire à ces aventuriers de se pousser pour que nous puissions repartir, ce serait sympathique !!! Sans me regarder vraiment, sans un mot à notre égard, elle a fait reculer deux véhicules et nous avons pu nous extraire de la folie du monde.

Je m’interroge sur ce don d’invisibilité, je ne sais si vous aussi vous en avez fait l’expérience, c’est incroyable cette loi du plus fort. Je me demande si dans notre quotidien, nous pouvons nous-aussi, ignorer à ce point certains de ceux qui nous entourent, totalement absorbés par notre propre histoire ou celle que nous nous racontons… C’est tout de même un peu terrifiant tout cela.

Chance ou malchance, l’endroit qui nous a accueillis plus loin, s’est avéré être pourvoyeur en myrtilles, alors sommes-nous devenus invisibles aux yeux des autres et avons-nous été chassés pour trouver ce trésor que sont les fruits sauvages, un cadeau du ciel, encore un ? À réfléchir !

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Belle journée à toutes et à tous,

belle rentrée à tous les p’tits loups de France, de Navarre

et d’ailleurs ainsi qu’aux enseignant(e)s,

septembre est un mois si doux.

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Photos BVJ.

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Toujours se dire, chance ou malchance…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ivresse des sens…

27 août 2018

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« … « Il faut toujours être ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! »

Elle hausse le sourcil droit. Ses traits se détendent. On ne se méfie pas d’un poète, on l’écoute, on marche avec lui. Les freins du métro crissent. Ils s’arrêtent dans le tunnel avant d’atteindre la station. La chance est avec toi ! Une voix désincarnée interdit aux voyageurs de descendre et assure que le train va bientôt redémarrer. Dieu a entendu ta prière. Tu poursuis sans te démonter : – « Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. »

Tu as joué ta dernière carte. L’œil bleu de l’inconnue est amusé. Son œil marron reste sceptique. Elle finit le poème d’une voix radoucie :

–  » Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. »

Le monsieur en costume sourit. Il se doutait que vous vous connaissiez. Le jeune homme rasta vous salue en balayant l’air d’un invisible chapeau.

– Baudelaire, adepte de la confiture verte, un homme de goût… »

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Extrait d’un sympathique roman d’été : « Poste restante à Locmaria »   2018 Lorraine Fouchet.

À la fin de cette histoire, l’auteure nous offre la recette d’un Cake au romarin, celui de Brigitte de Lomener, je n’ai pas résisté (je l’ai un petit peu interprétée à ma façon) et il s’avère que

ce gâteau EST absolument délicieux !!!

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 – CAKE AU ROMARIN –

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Ingrédients : 3 œufs, 150 g. de farine, 110 g. de sucre, 125 g. de beurre salé (on est en Bretagne certes, mais je n’ai mis du beurre demi-sel), 225 g. de raisins secs et de fruits confits, 125 g. de noisettes, d’amandes ou de noix, une cuillère à soupe de romarin frais, 1 sachet de sucre vanillé, 1/2 sachet de levure chimique.

Réalisation : Battre les œufs et les sucres, ajouter le beurre mou, puis la farine, la levure, la poudre d’amandes (ou de noisettes ou de noix), le romarin ciselé, les raisins et fruits confits. Verser dans un moule à cake beurré, enfourner 15 minutes à 180 °(200° dans mon petit four), puis 50 minutes à 110° (130° dans mon petit four).

J’ai rajouté 10 minutes de cuisson…

C’est fabuleux de se régaler ainsi,

de lecture, de Bretagne et d’un gâteau,

vous n’avez plus qu’à… si vous voulez vous enivrer !

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Photos BVJ.

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S’enivrer joyeusement de beauté, de douceur et de poésie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Accompagner…

23 août 2018

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« … C’est le moment. Les pigeons l’attendent avec de plus en plus d’impatience, ils tournent sur eux-mêmes dans l’étroit compartiment des cages, ils s’essaient à battre des ailes, et le bruit de leurs rémiges émet un sifflement qui exagère encore leur impatience. M.Cho ressent cela dans son propre corps, comme un fluide électrique qui parcourt ses membres, s’exaspère au bout de ses doigts, hérisse les petits poils sur le dos de sa main. Il s’accroupit devant les cages, il parle aux oiseaux, il prononce lentement leurs noms, l’un après l’autre :

renarde, et toi le garçon, pinson

bleu, et toi rouge-gorge

fusée, flèche blanche

lumière, lune

la mouche, la cigale

voyageuse, président

acrobate, petit-gris

diamant, dragon noir

chanteuse, roi

danseuse, sabre

Il aime bien dire leurs noms, en approchant son visage des cages, et l’un après l’autre, l’oiseau nommé cesse de s’ébattre, renverse la tête en arrière, et regarde de son œil jaune. Pour M. Cho, c’est comme s’il recevait une confidence, une phrase de remerciement en même temps qu’une promesse. Une promesse de quoi ? Il ne pourrait pas le dire, mais c’est comme ça : quelque chose qui s’unit à lui, et lui donne la mémoire du passé, quelque chose comme un rêve qui reprend après des jours de sommeil…

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Je me suis assise en face d’elle, non pas dans un fauteuil, mais sur la petite chaise basse – une chaise de couturière – qui me permettait d’être en face d’elle, comme à ses pieds. C’était la pose du conteur, je crois, et ça me plaisait bien…

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moi je suis plutôt du côté des bouddhistes, même si je ne crois pas vraiment en la réincarnation, je crois que la vie est un océan qui nous baigne tous, et que la mort nous emporte ensemble vers une autre forme que nous ne connaissons pas. Je crois aussi que nous sommes tous liés les uns aux autres, les enfants avec les parents, les parents avec leur descendance, et ceux et celles qui ne sont pas encore nés touchent ceux qui vivent aujourd’hui, et tendent la main à ceux qui ne sont plus…

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Quand on meurt, dit la rumeur, ce qu’on ressent n’est pas douloureux, bien au contraire, c’est doux comme du miel dans la gorge, c’est enivrant comme une fumée parfumée qui emplit la poitrine, et la porte qui s’ouvre au fond du cerveau est pareille à l’entrée du paradis. Ensuite l’âme s’échappe du corps par tous les pores de la peau, par les yeux et par les oreilles, par les cheveux et par les narines, pour s’éparpiller dans le vent, voyager sur les vagues de la mer, à travers les plaines des eulalies et sur les feuilles des lotus, au milieu des nuages aussi légers que les Dragons, jusqu’à ce qu’elle rencontre une forme à laquelle elle pourra se joindre, une forme vivante, une herbe, un arbre, une libellule, ou un chat…

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« Tu dois l’accepter, Naomi, c’est la seule solution pour lui, et pour toi aussi, tu ne peux pas empêcher ce qui doit arriver. » Mais comment pouvait-elle abandonner O’Jay maintenant, lui qui l’aimait et qui avait mis en elle toute sa confiance, qui la suivait partout, qui mangeait si bien, et puis après avoir mangé chantait et étirait ses ailes pour lui montrer ses plumes bleues ? Naomi ne l’avait jamais fait mais maintenant elle allait prier, elle s’adresserait à tous les saints et tous les esprits qu’elle avait rencontrés dans ses rêves, pour qu’ils aident le pauvre O’Jay à guérir. À partir de ce jour, chaque instant de la vie de O’Jay était soustrait à la destinée, c’était un jour, une heure de gagnés contre la maladie, chaque béquetée lui donnait de la force, chaque battement de cœur de Naomi faisait battre aussi son cœur dans sa poitrine, ce petit cœur qu’elle sentait à travers le duvet quand elle le tenait dans ses mains. Pour distraire O’Jay, Naomi s’est procuré un CD avec un enregistrement de chants d’oiseaux et elle le jouait sur l’ordinateur de sa mère. Elle a recherché sur Internet les enregistrements des geais de la montagne, elle les lui a fait écouter, O’Jay ouvrait très grands ses yeux et semblait aimer cette musique. Puis la nuit avant de dormir, Naomi l’installait sur sa branche, à côté de son matelas, pour l’écouter, pour être prête à agir s’il se passait quelque chose. La nuit, elle ne dormait pas, elle pensait à tout ce que pourrait connaître O’Jay s’il vivait, le goût du vent dans le ciel, le tapis vert des champs de riz au-dessous de lui, les montagnes et les forêts, l’odeur des pins au soleil quand il chasserait les vers dans leur écorce, comme Naomi le lui avait appris. « Ne meurs pas, s’il te plaît, murmurait Naomi comme une prière. Il te reste tellement de belles choses à voir dans le monde, puisque tu as échappé aux dangers et que je t’ai sauvé, ne meurs pas ! »… »

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Extrait de : « Bitna, sous le ciel de Séoul » 

2018 – un très beau livre fort émouvant d’un grand voyageur  J.M.G. Le Clézio.

Illustrations : 1/détail d’un « Costume de mandarin coréen »  Peintre anonyme du XVème  2/ « Plantes, animaux et insectes »  Shin Saimdang  1504-1551.

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Accompagner la vie vers la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Majestueuses montagnes…

20 août 2018

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Plus ou moins hautes, elles sont toutes majestueuses et c’est un grand bonheur de vivre en leur sein pendant plusieurs jours, sous un ciel immaculé ou sous un ciel habité de nuages. Les découvrir, les arpenter (modestement…), ressentir la fraîcheur de leur souffle, se vivifier dans les torrents ou les ruisseaux, admirer la flore et la faune, déguster les fruits sauvages, sentir le parfum des arbres et celle de l’herbe humide au petit matin, écouter le chant des grillons et le cri de la marmotte, décrypter la voute céleste ENFIN visible, goûter à d’autres rythmes, se lever et se coucher avec le soleil, partager ces moments avec ceux que l’on aime et rencontrer d’autres voyageurs « sauvages », la liste est longue et le plaisir infini !

Après, tout semble dérisoire, les petits conflits, les guéguerres à deux balles, les luttes de pouvoirs, le pourquoi du comment, l’important est ailleurs, on le sent bien, ah qu’il est bon d’emprunter d’autres chemins !

Photos BVJ – Haute-Savoie et Hautes-Alpes.

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Se rapprocher de la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Présages…

30 juillet 2018

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« Le matin, qui ne vient qu’une fois,

Envisage de revenir –

Deux Aubes pour un Seul Matin

Donne un prix soudain à la Vie »

Emily Dickinson

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Je vais me rapprocher du ciel et côtoyer pendant quelques jours les montagnes,

pourrai-je lire quelques doux présages dans l’écriture des nuages ?

À bientôt, pour partager ensemble la poésie du monde…

Photos BVJ.

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Admirer le ciel qui se laisse sculpter…

BVJ – Plumes d’Anges.

Croyances…

27 juillet 2018

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« … Depuis que l’homme est sur terre, il ne cesse d’inventer des cultures où bouillonne son besoin de spiritualité. La croyance qui se propage le plus sur la Terre aujourd’hui, c’est celle des sans-dieu qui croient que Dieu n’existe pas. Le nombre des athées ne cesse d’augmenter en Asie, en Europe et même aux États-Unis où, il n’y a pas longtemps, on voyait d’un mauvais œil celui qui osait dire qu’il n’avait pas de dieu.

En même temps que cette dilution culturelle de Dieu, le retour du religieux se fait en grand tapage. Quand on est riche, on pense moins à Dieu. Quand la justice s’affirme, on ne fait pas appel à Lui. Quand la société assume la sécurité, on a moins besoin de Sa protection. Mais quand la surpopulation et la technologie provoquent l’anomie, les structures disparaissent et le besoin de Dieu ressurgit, intensément.

La nécessité de conditions sociales d’éducation, de richesse, de justice et de sécurité est tellement difficile à obtenir qu’on peut prédire le retour de Dieu. Mais on aime Dieu comme on aime les hommes. Ceux qui ont acquis un attachement rigide se soumettront à un Dieu totalitaire, alors que ceux qui bénéficient d’un attachement sécure se sentiront suffisamment en confiance avec leur Dieu pour tolérer que d’autres en aiment un autre que Lui.

Les jeunes seraient-ils en train d’inventer une nouvelle manière d’aimer Dieu ? Ils ne vont plus vers les textes sacrés pour leur obéir, mais pour méditer et trouver un chemin de vie plus personnel. L’épanouissement de leur personnalité n’accepte plus le carcan religieux, mais s’ouvre aux textes fondateurs qui augmentent la conscience. La joie de se sentir vivant parmi ceux qu’on aime ne tient plus compte des limites qui clôturent une religion et 〈 induisent 〉 la haine de la différence. Une telle spiritualité élargit la fraternité à tous les croyants du monde, invite à la découverte des différences, et se dégage de l’immanence de la consommation insensée.

Que Dieu les entende… »

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Extrait d’une intéressante observation de notre société par un homme au regard toujours bienveillant : « Psychothérapie de Dieu »  2017  Boris Cyrulnik.

Illustrations : 1/ « Fleurs de Lotus »  et 2/ « Fleurs et oiseaux »  Satake Shozan  1748-1785.

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Élargir nos visions pour nous élever…

BVJ – Plumes d’Anges.

Charme éternel…

23 juillet 2018

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Coup de cœur pour ce lieu, aujourd’hui paisible,

construit aux pieds d’un château du XIIème,

tout y est parfaitement entretenu,

l’unité architecturale  et la végétation savamment maitrisée

font naître une bienfaisante harmonie.

Pas de fausses notes bien au contraire,

moult coquets détails enchanteurs !

Souhaitons que les habitants et les politiques

conservent encore et toujours cette volonté !

Réfléchissant à un autre logis pour le futur,

– je ne sais encore où nos pas nous porteront –

un lieu au charme préservé me semble indispensable,

mais le charme peut-il être éternel ?

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ET VOUS, AIMEZ-VOUS VOTRE LIEU D’HABITATION ?

Photos BVJ – Cité médiévale de Vaison-la-Romaine.

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Être bien chez soi…

BVJ – Plumes d’Anges.