Poésie…

14 mars 2022

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– Printemps des poètes –

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« Les coutures du ciel commencent à se défaire du firmament,

Le chapiteau du ciel se perce un peu partout.

Avec les points de ma poésie,

Je passe toute la journée à le repriser. »

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Gulzar « Le chant de la nature »

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« Salut à toi

Lumière du petit matin

Soleil du jour sans fin

Instant d’éternité.

L’homme dont l’espoir ne meurt jamais te salue. »

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Rabindranath Tagore « De l’aube au crépuscule »

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« La lumière qui se dégage des choses,

il faut la fixer dans les mots avant qu’elle ne soit éteinte dans l’esprit. »

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Bashô Matsuo

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La poésie, la peinture… l’art en général,

pour rêver et construire un monde, un autre monde…

Illustrations du « Bombax insigne » Maxim Gauci – 1774 – 1854.

(« Plantes asiatiques rares volume 1 – Est de l’Inde » – 1830) 

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La poésie, comme un chant d’espérance…

BVJ – Plumes d’Anges.

Beaux Arts…

6 mars 2022

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Incroyable transparence,

douceur de porcelaine,

délicatesse du trait,

tout nous transporte loin, très loin…

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Douce balade en pays d’Œuvres d’Art multiples et variées : dessins, gravures, sculptures, peintures…

L’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence présente jusqu’à la fin du mois de mars, une partie de la Collection Giorgio Cini abritée par l’ancien monastère San Giorgio sur l’île de San Giorgio Maggiore à Venise. La fermeture saisonnière de ce lieu a permis d’organiser cette très belle exposition.

Trois œuvres m’ont particulièrement émue :

Le « Christ rédempteur « 

de Sano di Pietro, aux « mains jointes en signe d’acceptation  » et à l’étrange regard, tempera et or sur bois, ce serait sans doute la partie supérieure d’un retable.

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« La Vierge et l’enfant  »

attribuée à Piero della Francesca (ou à son élève Luca Signorelli, le mystère reste entier).

Une certaine raideur habite les deux personnages, pourtant l’œuvre est exquise, paisible, on plonge dans les yeux bleus de l’enfant, une confiance irrésistible en émane.

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L’habit est étonnant pour une Vierge, son geste est une caresse,

la peinture est énigmatique…

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Ettore Spalletti, 1940-2019,  invité de la Fondation, est tombé amoureux de ces deux tableaux. Son inspiration a donné naissance à plusieurs œuvres dont

« Inséparables, rose « ,

un dialogue entre le XVème siècle et le XXIème, sorte de triptyque en bois monochrome avec ajout d’or, en référence à la peinture de la Renaissance  italienne…

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Là est une exposition de grande qualité, la richesse du fond est évidente,

on y retrouve aussi un « Saint Thomas d’Aquin  » de Fra Angelico, des dessins de Tiepolo, des plats émaillés sur cuivre datant du XVème, des manuscrits enluminés de toute beauté…

Si vous le pouvez, courrez vite admirer ces trésors !

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« Comme un flocon léger

ou la buée bleue du matin,

ce monde de rosée »

Kawai Sora

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Pardonnez la qualité des photos,

les salles étaient un peu sombres pour mon pauvre petit téléphone…

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Retenir les belles sources…

BVJ – Plumes d’Anges.

Optimiste optimisme…

28 février 2022

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« … Ce livre porte sur une idée radicale.

C’est une idée qui angoisse les puissants depuis des siècles. Une idée contre laquelle les religions et les idéologies se sont battues. Une idée dont les médias parlent rarement et que l’histoire semble sans cesse réfuter.

En même temps c’est une idée qui trouve ses fondements dans quasiment tous les domaines de la science. Une idée démontrée par l’évolution et confirmée par la vie quotidienne. Une idée si intimement liée à la nature humaine qu’on n’y fait souvent même plus attention.

Si nous avions le courage de la prendre au sérieux, cela nous sauterait aux yeux : cette idée peut déclencher une révolution. Elle peut mettre la société sens dessus dessous. Si elle imprègne véritablement notre cerveau, elle peut même devenir un remède qui change la vie, qui fait qu’on ne regardera plus jamais le monde de la même façon.

L’idée en question ?

La plupart des gens sont des gens bien…

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Le 29 août 2005, les digues de la Nouvelle-Orléans rompirent. L’ouragan Katrina se déchaîna sur la ville, laissant dans son sillage 80% de maisons sous l’eau. Il s’agissait de la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire des États- Unis. Au moins 1836 personnes perdirent la vie.

Cette semaine-là, les journaux regorgèrent de récits de viols et de fusillades dans la ville. Des histoires sordides circulèrent sur des gangsters errant de pillage en pillage, ou sur un tireur d’élite qui ouvrait le feu sur les hélicoptères des secours.(…) Le chef de la police déclara que la ville sombrait dans l’anarchie, et la gouverneure de la Louisiane craignait la même chose. « Ce qui me met le plus en colère, déclara-t-elle, c’est que des désastres comme celui-ci font souvent ressortir ce qu’il y a de pire chez les gens. »(…) Ce n’est que plusieurs mois plus tard – une fois que les journalistes eurent disparu, que l’eau eut été pompée et que les chroniqueurs eurent trouvé d’autres sujets – que les scientifiques découvrirent ce qui s’était réellement passé à la Nouvelle-Orléans.

Il s’avéra que les sifflements des balles provenaient de la soupape d’un réservoir à essence. Dans le stade de Superdome, six personnes avaient perdu la vie : quatre de mort naturelle, une par overdose et une par suicide. Le chef de la police dut admettre qu’il n’avait pas reçu le moindre rapport officiel de meurtre ou de viol. Et certes, de nombreux pillages avaient eu lieu, mais principalement du fait de groupes qui collaboraient pour survivre, parfois avec l’aide de la police elle-même. Les chercheurs du Disaster Research Center de l’université du Delaware conclurent que « la réaction majoritaire avait été de loin, une attitude prosociale »(…) Bref, la ville n’avait pas été submergée par l’égoïsme et l’anarchie. Elle avait été submergée par le courage et l’amour de son prochain.(…)

Dans les situations d’urgence, c’est ce que les gens ont de meilleur qui remonte à la surface. Je ne connais aucune notion sociologique qui soit à la fois aussi solidement étayée et aussi superbement ignorée. L’image dépeinte par les médias est invariablement l’inverse de ce qui se produit réellement après une catastrophe.(…)

« Ma propre impression, écrit Rebecca Solnit, qui a décortiqué l’ouragan Katrina  dans le magistral A Paradise Built in Helle (2009), c’est que la « panique de l’élite » est le fait de puissants qui se représentent le genre humain à leur propre image. » Rois et dictateurs, gouverneurs et généraux pensent que le commun des mortels est égoïste, car bien souvent, ils le sont eux-mêmes. Ils font usage de la force parce qu’ils veulent éviter quelque chose qui ne se produit que dans leur imagination… »

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Rutger Bregman, écrivain, journaliste et historien néerlandais nous offre là un essai des plus intéressant et bien sourcé : il a enquêté sur de très nombreux sujets et sa conclusion est que l’homme est bon par nature.  Il s’est rendu compte que les sinistres informations véhiculées au moment des tragédies sont des exceptions, très souvent erronées. Médias, réseaux sociaux… s’empressent de commenter, des faits sont relayés qui s’avèrent parfois être des inventions. Certains aiment appuyer sur de tristes touches pour attirer les curieux en tous genres.

Il y a pourtant chaque jour dans le monde de magnifiques et émouvantes histoires, de nobles comportements qui nous inspireraient tous plutôt que de nous anéantir psychologiquement. Certaines institutions prenant conscience de ce fait, ont changé de regard, ont transformé leurs règlements. Nous le voyons par exemple dans ce chapitre relatant une expérience étonnante :

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« … Dans une forêt de Norvège, à environ 100 kilomètres au sud d’Oslo, se trouve l’une des prisons les plus bizarres au monde.

Il n’y a pas de cellules, ni de barreaux. Il n’y a pas de surveillants trimballant des pistolets ou des menottes. Par contre, il y a une forêt de bouleaux et de pins, un paysage de collines ondulantes parcouru de sentiers et, tout autour, un haut mur d’acier – l’un des rares éléments rappelant que des personnes se trouvent tout de même enfermées ici.

Les habitants de la prison de Halden – c’est son nom – ont chacun leur propre chambre. Avec chauffage au sol, écran plat, salle de bain attenante. Il y a des cuisines où les détenus peuvent cuisiner eux-mêmes, avec des assiettes de porcelaine et des couteaux en inox. Halden dispose aussi d’une bibliothèque, d’un mur d’escalade et d’un authentique studio d’enregistrement, où les habitants peuvent enregistrer leurs propres disques… »

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Le taux de récidive des prisonniers y est très faible.

En règle générale – il y a toujours quelques exceptions ou dérapages –

bienveillance, intelligence, compassion sont les « moteurs » qui animent les hommes,

mais qui en parle ?

Ne l’oublions pas, ne passons pas à côté de la réalité,

ce serait dommage,

recherchons la pensée la plus juste possible,

forgeons notre propre idée sur les évènements,

là est le propos de ce livre dont je vous conseille la lecture.

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Extraits de « Humanité – Une histoire optimiste »  2020  Rutger Bregmam.

Illustrations : 1/ « Magnolia »  2/ « Roses japonaises et cynorrhodons »  Charles Walter Stetson  1858-1911.

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Aiguiser notre regard…

BVJ – Plumes d Anges.

Temps paisible…

23 février 2022

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« … Cette année encore, les lucioles sont apparues. Innombrables. L’année dernière, j’ignorais que c’étaient des lucioles miniatures. En comparaison des autres, lucioles genji ou heike, elles sont infiniment plus petites. À peine cinq millimètres sur le doigt qui s’en empare délicatement. À la différence des autres lucioles qui ne peuvent naître que près des eaux claires, les princesses sortent de terre. Elles pondent leurs œufs sur l’humus, les feuilles mortes ou les branches d’arbre tombées, elles vivent aussi dans les bois. Est-ce à cause de l’intensité de leur activité, non seulement près de l’eau de source, mais aussi dans la forêt profonde, elles brillent de leur belle lumière phosphorescente. Les lucioles qui s’étaient posées sur le blanc immaculé des fleurs m’ont donné l’impression d’une illumination féerique d’un vert merveilleux. Les mâles ne peuvent pas voler, mais ils ont le pouvoir d’émettre de la lumière, et ils se déplacent sur les arbres, sur les feuilles. Cette lumière vive clignotait un peu partout sur le marais…

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Dans le calme de la péninsule, on s’aperçoit bien vite à quel point la télévision est vulgaire et gênante. Contrairement à la musique que je peux choisir selon mes goûts, j’ai beau changer de chaîne, je ne tombe que sur des émissions abrutissantes. Alors, j’éteins le poste et je sors sur la véranda.

Est-ce Buson qui a chanté l’« aveuglante lumière de la lune sur les rochers d’hiver » ? On croit entendre le craquement de la lumière sur les branches, sur la moindre pierre. Les ombres noires dans la forêt, la rangée des petits arbres devant l’entrée, la route qui passe devant la maison en plan incliné, tout déborde du crépitement silencieux des éclats tranchants du clair de lune. Moi, je me penche sur la profondeur des ténèbres silencieuses où ni voiture ni âme ne passe, et mon oreille savoure l’ineffable plaisir d’être absorbée par la densité du silence…

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Les Kawahara sont allés tous les deux au jardin et ils ont coupé pour moi une branche de pêcher qui commençait à fleurir. J’hésitais, me demandant comment j’allais pouvoir l’emporter. Kawahara, qui ne parle pas beaucoup, a dit : « Qu’est-ce-que ça peut faire, si les fleurs se fanent ? Il suffit qu’elles tiennent aujourd’hui. »… »

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Faire une pause dans sa vie, qui n’en n’a pas rêvé ?

La narratrice qui vit et travaille à Tokyo, possède une cabane entre forêt et falaises. Elle y vient régulièrement, pour de courts séjours. Arrivée à un âge mûr, elle s’éloigne de la ville et vient s’immerger dans ce lieu de beauté avec son chat, pour un temps indéterminé. Elle a besoin de se retrouver, de faire un point.

Ici, elle vit au jour le jour, cultive ardemment son jardin, se promène sur les chemins, pénètre dans la forêt avoisinante, fait plus ample connaissance avec de rares voisins. C’est un retour aux sources, elle observe, écoute, se nourrit de tous les trésors offerts par la nature, les jours s’égrainent sans jamais se ressembler. Elle vit au rythme du calendrier traditionnel japonais qui divise l’année en 24 saisons. Elle guette les signes, travaille la terre, débroussaille, sème, plante, récolte… La vie est calme, sa présence au monde lui fait faire des découvertes. Elle réfléchit à ce qu’elle ne veut plus et petit à petit définit ce qu’elle veut… C’est un très joli moment de lecture, d’une incroyable douceur, les descriptions nous emportent dans des tableaux, nous sommes nous-aussi sur cette péninsule…

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Extraits de : « La péninsule aux 24 saisons »  Inaba Mayumi  1950-2014.

Illustrations : 1/ « Oiseaux et kakis »  Kobayashi Kiyochika   1847-1915   2/ « Chutes de Yuhi à Shiobara »  Hasui Kawase  1883-1957.

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Faire une pause dans un lieu paisible…

BVJ – Plumes d’Anges.

Monde sublunaire…

16 février 2022

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« Pourra-t-on un jour vivre sur la terre

Sans colère, sans mépris,

Sans chercher ailleurs qu’au fond de son cœur

La réponse au mystère de la vie ?

 

Dans le ventre de l’univers

Des milliards d’étoiles

Naissent et meurent à chaque instant

Où l’homme apprend la guerre à ses enfants.

 

J’suis trop petit pour me prendre au sérieux

Trop sérieux pour faire le jeu des grands

Assez grand pour affronter la vie

Trop petit pour être malheureux.

 

Verra-t-on enfin les êtres humains

Rire aux larmes de leurs peurs

Enterrer les armes, écouter leur cœur

Qui se bat, qui se bat pour la vie ?

 

Trop petit

Pour les grands

Assez grand

Pour la vie.

 

J’suis trop petit pour me prendre au sérieux

Trop sérieux pour faire le jeu des grands

Assez grand pour affronter la vie

Trop petit pour être malheureux.

 

J’suis trop petit pour me prendre au sérieux

Trop sérieux pour faire le jeu des grands

Assez grand pour affronter la vie

Trop petit pour être malheureux.

 

J’suis trop petit pour me prendre au sérieux

Trop sérieux pour faire le jeu des grands

Assez grand pour affronter la vie

Trop petit pour être malheureux.« 

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Jacques Higelin  1940-2018  « La croisade des enfants » à écouter –> ICI

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Je m’informe, je recherche, j’écoute, je regarde, je croise… comme vous certainement.

Nous sommes entrés en France dans une période pré-électorale et quand je vois la « profondeur » des programmes qui commencent à apparaître, je me sens d’un autre monde, ni supérieure ni inférieure aux autres mais simplement d’un autre monde. Ces programmes ressemblent à des catalogues de vente par correspondance, il y a de longues listes de promesses, à aucun moment d’ailleurs on ne parle du coût, de la mise en œuvre, du comment seront subventionnées ces réalisations et dans quels délais.

Je tremble à l’avance sur de nombreux sujets, par exemple lorsque des candidats annoncent calmement la construction de nouvelles centrales nucléaires, cela me semble fou, souvenons-nous de Tchernobyl et de Fukushima, plaies sur la terre qui ne cessent de saigner et saigneront longtemps encore… Où est la VISION de ces gens, quelle est-elle, briguent-ils un mandat présidentiel pour eux, pour leur ego ou pour améliorer la vie des hommes et le mieux vivre ensemble ?

Je vous livre là « mon indignation du jour »,

je tente de faire confiance au ciel qui organise tout

et repars écouter l’ami Higelin, il me fait du bien à l’âme.

Je n’oublie pas de noter sur mon petit carnet :

– Penser à s’entourer de poètes, penser à s’entourer d’enfants –

il n’y en aura jamais trop !

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Illustrations : 1/ et 2/ « Atlas du monde céleste : Carte de l’hémisphère nord et

Carte de l’hémisphère sud »  Johan Gabriel Doppelmayr  1677-1750.

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Alléger son cœur auprès des funambules…

BVJ – Plumes d’Anges.

Déploiement d’un monde…

11 février 2022

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Je ne sais si vous partagerez ce que j’observe, je crois aux signes…

Imaginez un livre qui tombe d’une étagère

et qui « git »sur le sol ouvert à une page…

En voici plusieurs lignes, il s’agit d’un conte amazonien…

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« … « Un homme chuchote : Dieu, parle-moi :

Un oiseau se met à chanter

Mais l’homme ne l’entend pas.

L’homme répète :

Dieu, parle-moi.

Une cigale cachée sous l’herbe lance un trille

Mais l’homme ne l’écoute pas.

L’homme regarde autour de lui :

Dieu, laisse-moi te voir.

Une étoile brille dans les cieux

Mais l’homme ne la remarque pas.

L’homme se met à crier :

Dieu, montre-moi un miracle.

Un enfant naît,

Mais l’homme ne comprend pas la force de la vie.

Alors l’homme se met à pleurer et se désespère :

Dieu, touche-moi.

Laisse-moi sentir que tu es là,

Avec moi.

Et un papillon se pose sur son épaule.

D’un geste machinal

L’homme chasse

Le papillon de sa main

Et déçu

Poursuit son chemin

Seul et triste,

Le cœur plein de peur. »

Tout est là, à chaque instant autour de nous, mais nous ne voyons rien. Nous savons ce que nous voulons voir, et nous négligeons le reste. Alors nous passons à côté de tout, de l’amour, de la beauté, de la merveille et de la vie même.

Écoutez ! un rire, un sanglot, une parole, le chant du vent dans les pins. Regardez ! une goutte de pluie qui brille dans le soleil, des yeux attentifs, la trace des saisons sur un visage.

Ne nous laissons pas enfermer en nous-mêmes, ne verrouillons pas les portes et les fenêtres, mais laissons entrer l’air et le soleil et la pluie, toute l’Amazonie, ici même, et le monde entier, et tout l’univers.

Notre cœur est assez grand pour tout contenir… »

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Tout cela me questionne et m’enchante.

Ne pensez-vous pas qu’il est important :

de croire aux miracles pour que ceux-ci adviennent ? 

de croire en soi pour trouver sa vraie place dans la vie ? 

de croire en sa chance pour que celle-ci apparaisse ?

de croire en la beauté du monde pour l’attirer à nous ? …

Le reste n’est peut-être que bavardage,

aérons notre esprit, ouvrons notre cœur,

les trésors se cachent souvent dans un certain silence,

les signes attrapent la lumière …

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Extrait de : « Journal de mon jardin zen – Le papillon sur notre épaule » 2009  Joshin Luce Bachoux.

(Un autre extrait –>  ICI )

Photos BVJ – Plage de l’Almanarre dans le Var – 29/01/22.

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Observer le monde qui nous est offert…

BVJ – Plumes d’Anges.

Céleste jardin…

5 février 2022

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Quand un être cher vient à disparaître, une multitude de souvenirs remonte à la surface. Le temps n’existe plus pour ces bulles de mémoire, passé lointain ou proche se mêlent.

La mère de mon époux vient de nous quitter, c’est une lourde peine, toute « disparition » est un chagrin. Elle est partie dignement, en quelques jours, sans souffrance excessive, merci à elle d’avoir eu cette élégance.

Elle a aimé la vie, elle aimait particulièrement la nature, à l’automne dans la forêt des Maures, elle débusquait girolles et safranés… Au printemps, sur les criques du Brusc, les oursins la ravissaient…

Je me souviens, au début des années 70, une découverte m’avait émue, celle d’un joli partage dans une famille très nombreuse : mes beaux-parents habitaient une maison ancienne avec un jardin séparé en deux : au fond, le potager de monsieur T., admirablement entretenu, avec pour proche voisin, un grand prunier Reine-Claude, généreux en fruits. T. avait plaisir à nous offrir ses légumes de belle taille, joufflus, brillants, à la chair sublime. Il ne manquait jamais, étant d’origine polonaise, de planter un rang d’« Ogorki »,  cornichons/concombres… hommage aux ancêtres !

Devant la maison était le jardin de fleurs de madame R. Elle adorait ses fleurs, chaque année elle réinventait son monde, agençait diverses essences, réfléchissait aux couleurs ou semait un gazon japonais qui offrait ses surprises. Elle  aimait particulièrement les rosiers. Elle les nommaient par leur nom, ainsi Grâce de Monaco papotait avec Sarah Bernhard ou la Baronne de Rothschild… R. nous invitait à nous approcher pour sentir ces parfums sublimes, nous vantait la palette des tonalités, la qualité des pétales veloutés, arrachait une herbe sauvage. Elle glissait dans un autre monde, celui de la poésie. Sa grande douleur, ces dernières années, fut de ne plus pouvoir s’occuper de son « pré carré », la terre devenant trop basse.

J’exprime un seul vœu, que le ciel soit son nouveau jardin de roses !

Vos chers disparus ont dû, eux-aussi, vous laisser riches de beaux souvenirs ?

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« Une fleur tombée

Remonte à sa branche

Non, c’est un papillon »

Takahashi Mutsuo

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Illustrations : 1/ « Femme et fleurs »  2/ « La palme »  Pastels d’Odilon Redon  1840-1916.

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Les beaux souvenirs nous fortifient…

BVJ – Plumes d’Anges.

Dire OUI à la vie…

28 janvier 2022

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« Sous mes yeux près de mon pinceau

Une libellule rouge s’est posée

Quelle âme accompagnait-elle ? »

Natsume Soseki

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« Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville.

Un étranger s’approche et lui demande : « Je ne suis jamais venu dans cette cité, comment sont les gens qui vivent ici ? »

Le vieil homme lui répond par une question : « Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?

– Égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis parti. » dit l’étranger.

Le vieil homme répond : « Tu trouveras les mêmes ici. »

Un peu plus tard, un autre étranger s’approche et demande au vieil homme : « Je viens d’arriver, dis-moi comment sont les gens qui vivent dans cette ville. »

Le vieil homme répond : « Dis-moi, mon ami, comment étaient les gens dans la cité d’où tu viens ?

– Ils étaient bons et accueillants. J’y avais de nombreux amis. J’ai eu de la peine à les quitter.

– Tu trouveras les mêmes ici. » répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire son chameau non loin de là a entendu les deux conversations. À peine le deuxième étranger s’est-il éloigné qu’il s’adresse au vieillard sur un ton de reproche : « Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question ?

– Parce que chacun porte son univers dans son cœur. » lui répond le vieillard. »

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De la naissance au souffle dernier,

nos pensées construisent notre monde,

ne perdons pas de temps,

attirons à nous les belles et bonnes personnes,

les belles et bonnes situations,

racontons-nous de belles et bonnes histoires, le cœur ouvert et joyeux,

les jolis liens sont éternels…

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« Je suis vivant

Mes yeux se lèvent vers le ciel si haut

Où vole une libellule rouge »

Natsume Soseki

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Conte soufi (extrait du livre « Du bonheur. Un voyage philosophique »  2013  Frédéric Lenoir)

 

Illustrations : 1/ « Canard blanc »  Joseph Crawhall  1861-1913  2/ « Au soleil du soir »  Alexander Koester  1864-1932.

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Dire oui à la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Spams…

21 janvier 2022

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« … Et oui, ne pas remettre au lendemain ce qu’il faut dire ou taire le jour même !…

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…Pas gai, pas gai… C’est la rançon des âmes vagabondes. Seuls vos mots sont aires de repos. C’est bien la seule chose un peu tangible à quoi se raccrocher. La douceur d’une voix, une bouche, une intention, un regard, son mystère effleuré, l’anecdote de chair, tout me sert, tout me sert, pour que je puisse m’agripper, reprendre mon vieux souffle et me calmer un peu.

Non, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Vous êtes sans le savoir « la sœur de charité ». Celle sur qui poser un cœur bien malmené, ma clairière, une plage de sable fin et lumineux au milieu des brisants.

Comment c’est arrivé ? Je n’en sais fouchtre rien. Il me fut un jour donné, après des ronds d’éternité, de reprendre contact avec quelques échantillons d’humanité. Ce fut comme une grâce, un répit qui m’était accordé…

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Des messages qui choisiraient leurs destinataires en quelque sorte…

Brusquement me vient une vive inquiétude : serais-je moi-même dans cet entre deux que vous décrivez ? Une âme errante n’ayant pas su trouver le repos ? Comment autrement expliquer tous ces derniers évènements survenus dans ma vie avant la réception de vos mails sur mon écran d’ordinateur ?

Serions-nous quelques uns, vous, moi, des milliers, dans cet état de demi-sommeil qui, loin de nous diminuer, nous élève dans une supra conscience si difficile à supporter ? Ni morts, ni vivants, observant le Monde de notre point culminant, regardant les Hommes se débattre avec un sentiment de totale impuissance…

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Pardon pour l’anecdote. Encore un truc qui est remonté bien malgré moi à la surface. On en a tous de ces débris amers ou délicieux provenant de nos cales, de nos vaisseaux rouillés ayant coulé au large de nos âges. La plus petite perle dans un coffre de fer au fond des océans garde tout son éclat. C’est ainsi, même après. Alors débrouillez-vous avec cette bimbeloterie pour vous en faire des colliers rutilants, rivières de rubis, humbles vaisseaux d’opales.

Vous verrez, pour nous vieux naufragés, comme le moindre bout de verre, la goutte de rosée, un regard, surgissant là, d’un coup nous inonde de joie. C’est un éclair dans un ciel noir… »

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 Qui donc est mort ? Qui donc est vivant ? Imaginez votre âme, coincée entre deux mondes, dont les « pensées » s’impriment sur les écrans d’ordinateurs de parfaits inconnus. Il leur faut lire jusqu’à la fin ces spams pour que ceux-ci disparaissent. Quel inconfort pour cette âme en peine, que de questions pour ses lecteurs !

Les réponses sont diverses et variées, il y a Mariam et Sarah, pleines d’écoute, de délicatesse et de compassion, il y a R.Thomas, digne et curieux, il y a le jeune Louis qui se questionne et se questionne encore sur la finalité de la vie… Il y a ceux qui refusent, raillent, se moquent, bref, il y a tous les comportements humains qui fusent vers ce pauvre Gaspard Stacatto.

Sont-ce les regrets d’une âme vagabonde ? Que lui manquait-il dans son existence pour qu’elle erre ainsi ? Un peu d’amour, de relations humaines, de douceur, de poésie visiblement. Le non-exprimé est là, à l’état brut et se déverse en un tourbillon d’images et de mots. Ne nous faudrait-il pas partager tout cela avant de nous éteindre pour que notre âme s’envole doucement ?

C’est encore une fois un très beau recueil d’Alain Cadéo qui nous interroge, le langage emprunte des chemins rugueux ou doux, touche à l’absolue poésie, l’imagination est riche et profonde.

Merci pour ce cadeau de lumière, à découvrir, à lire avec délectation…

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Extraits de : « Confessions (ou les spams d’une âme en peine) »  2021  Alain Cadéo.

Illustrations : 1/« Rochers à Belle-Île »  2/ « Buste de femme de profil »  Georges Clairin  1843-1919.

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Avoir le courage d’être soi, sans blesser l’autre, pour s’élever…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mères de la lumière…

13 janvier 2022

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« … Vois-tu, ma petite Dyja, contrairement à l’homme, les plantes se tournent vers la lumière. Ma grand-tante affectionnait ce genre d’équations, l’humain et le végétal, l’humain et l’animal…

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Sous

un

ciel

nouveau

une

nouvelle

terre

on

entend

un

oiseau…

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… Même si elle ne croyait pas en l’homme, ma grand tante avait foi en l’enfant. Ou disons plutôt : elle ne croyait en l’homme qu’en deçà de 50 cm. Cela correspond également au récit de ses collègues de la maternité. Selon elle, il y avait d’une part l’être humain et d’autre part l’enfant. Tout ce qui était petit, et de préférence plus petit que petit, vulnérable et faible, suscitait son intérêt et éveillait sa tendresse, que ce soit dans le monde des hommes, dans le règne animal ou végétal. La progéniture de toutes les espèces, surtout juste après la naissance, les chatons, les agneaux, les poulains d’un jour, le premier pissenlit du printemps, les œufs fragiles des oiseaux, les jeunes dans leur nid, les mouches et les abeilles, et jusqu’aux pommes de terre grenailles, suscitait en elle admiration et sensation de beauté. Elle préférait les petites baies des montagnes aux grosses gorgées de sucre, les graines et les bourgeons plutôt que les plantes arrivées à maturité, elle se réjouissait de voir paraître les petites pousses fines et vert tendre sur une tige et les caressait du bout des doigts en disant : la gracilité est un signe qui ne trompe pas. Elle s’inquiétait aussi beaucoup de tout ce dont l’existence était menacée dans la nature, les animaux et les plantes trompés par la promesse illusoire d’un printemps imminent, avec sa lumière froide qui s’infiltrait dans les moindres recoins avant de disparaître sans crier gare sous une épaisse couche de neige au moment précis où les arbres commençaient à bourgeonner et où les brebis mettaient bas.

Là où les manuscrits se contredisaient, c’est que même si ma grand-tante prévoyait la disparition de l’être humain, elle supposait qu’il y aurait dans le monde du futur une place non seulement pour les animaux et les plantes, mais aussi pour les enfants.Et pas uniquement eux puisque deux autres catégories y seraient également représentées. D’une part les gens qui avaient conservé leur âme d’enfant, qui s’amusaient à souffler sur les graines de pissenlit et savaient s’étonner, et d’autre part – ce qui n’a rien de surprenant, a souligné ma sœur – les poètes… »

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Encore une lumineuse histoire, en terre de glace,  de cette auteure tant aimée  !

La narratrice, Gyja, exerce le beau métier de sage-femme – mère de la lumière en islandais -, comme sa grand-tante Fifa, qui, à son décès, lui a légué son appartement et tout ce qu’il contenait, des manuscrits entre autres choses et quels manuscrits, ils fourmillent d’éclairages sur la complexité de la nature.

Il y a dans ce roman mille et un détails du quotidien qui, suite à la traversée de l’ombre, trouvent résolution dans l’arrivée de la lumière.

Les fils conducteurs nous montrent l’importance des relations humaines et de l’observation de la nature, la richesse infinie des beaux souvenirs qui sont une éternelle force intérieure.

La générosité, le courage, le don de soi, la connaissance, la transmission entre générations, les « hasards heureux » illuminent l’existence de ceux qui y croient, les vrais poètes de la vie !

Ce fut pour moi un très doux moment de lecture…

Dasola en avait parlé —>

Extraits de : « La vérité sur la lumière »  2021  Audur Ava Olafsdottir.

Illustrations : 1/« Ours polaire »  et  3/ « Scène d’été »  Thorolf Holmboe  1866-1914  2/ « Le monde de la mer »  Planche XXXI – Développement du Pluvier doré – Alfred Frédol  1804-1863.

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Rechercher les sources de lumière et les transmettre…

BVJ – Plumes d’Anges.