D’hier à demain…

6 mars 2021

.

.

« … Hier

Tu tenais ma main bien serrée dans la tienne

Pour traverser les rues de mon enfance

Qui conduisaient joyeusement et en toute confiance

Vers des chemins cent fois parcourus.

Ah ! La complicité de nos fous rires contagieux…

 

Aujourd’hui

C’est moi qui tiens doucement ta main

Pour t’accompagner sur cette route inconnue

Qui s’ouvre

Telle la bouche d’un géant sur un gouffre-paysage

Semé de mystérieuses confusions

 

Tu souris faiblement pour ne pas nous faire de chagrin…

 .

Elle est toujours là

La lumière

Qui illumine à travers le voile de nos faiblesses

Les purs jours de l’enfance.

Ici,

Vivante,

Elle irradie en réveillant des souvenirs flous et mouvants.

Ta peine s’embrasera

Peu à peu.

Ne restera que la part intime de nos feux de joie,

Préservée,

Sauvegardée,

Sublimée…

.

Un faible frémissement

Fait imperceptiblement frissonner

Les ors délicats de ton visage.

Tu dors

Et ton rêve te renvoie

Ailleurs

Vers l’alchimie d’un souvenir ancien

Qu’à ton réveil en sursaut

Tu ne saurais dévoiler.

 

Dans ton sommeil de plomb, tu as appelé

« Maman ! »…

.

Que n’aurais-je donné

Pendant l’ultime bataille

Pour alléger le brûlant fardeau

Qui pesait sur tes épaules ?

 

Que n’aurais-je donné

Pour étancher cette soif infinie

Qui mordait ta langue ?

 

Que n’aurais-je donné

Pour nourrir de douceur et de miel

Ta faim dévorante

De nourritures célestes ?… »

 .

Accompagner, aimer, se tenir la main jusqu’au dernier jour, et au-delà…

Entrer dans le bleu de la nuit, bleu encre de la voûte céleste

où se reposent les étoiles dans une paix bien méritée.

Bleus à l’âme dissouts dans l’océan du passé, on ne garde que la lumière

des beaux souvenirs qui se fait bleu saphir, elle est si précieuse !

Réminiscences d’instants révolus, l’avant est un pré où de sauvages fleurettes

resplendissent pendant que d’autres fanent et tombent dans l’oubli.

On se surprend à sourire, comme autrefois.

Et puis une date se grave à jamais sur la pierre, le papier, au cœur d’un cœur battant,

date du passage d’un monde à un autre,

du visible à l’invisible mais on se tient la main éternellement,

on s’aime et on s’aimera,

on sème et on sèmera, se disent-elles en silence

Ce livre est un très bel hommage rendu par l’auteure à sa mère,

elle l’a accompagnée deux années durant, jusqu’à son dernier souffle.

Mots, collages, encres et aquarelles nous montrent la lumière radieuse

d’une relation cultivée avec tendresse, courage, patience et grâce,

elles seront riches à jamais de cet amour partagé.

C’est lumineux, c’est un cadeau d’humanité qui donne envie

de se dépasser soi-même tant qu’il est encore temps…

Je leur dis MERCI !

.

Extraits de : « Transpositions hasardeuses »  2020  eMmA MessanA.

Illustrations : 1/« Constellation de la Balance »  2/« Couronne Boréale »   Johann Bayer  1572-1625.

…..

Se tenir la main, éternellement…

BVJ – Plumes d Anges.

Variant cacaoté…

28 février 2021

.

.

« Aujourd’hui un oiseau m’a montré le chemin,

M’a conduit hors de la forêt

Jusqu’aux rives de l’océan de joie.

Tout à coup j’ai vu le soleil,

Tout à coup j’ai entendu les chansons,

Tout à coup j’ai surpris le parfum des fleurs,

Tout à coup mon âme s’est ouverte. »

.

Un brin de poésie…

Un brin de gourmandise…

Voyage en pays de douceur…

Des brassées de joie en retour !

Succomberez-vous à la tentation ?

.

.

– FONDANT AUX POIRES ET AU GINGEMBRE –

Ingrédients : 3 poires bien mûres, 2 œufs, 115 g. de beurre mou, 115 g. de sucre en poudre, 115 g. de farine, 1 c.à soupe de levure chimique, 3 cuillères à soupe de cacao amer, 1 c. à soupe de gingembre râpé, sucre glace pour le décor.

Réalisation : Éplucher les poires, en ôter le cœur, les couper en lamelles un peu épaisses, les disposer en étoile dans un moule beurré de 17 cm de diamètre.

Mélanger farine, cacao et levure tamisés, ajouter le gingembre. Dans une autre terrine, battre en crème le beurre et le sucre, incorporer les œufs l’un après l’autre puis la farine cacaotée et épicée.

Verser cette pâte sur les poires, enfourner une trentaine de minutes à 170° (200° sur mon petit four), vérifier la cuisson. Laisser dans le four éteint, porte ouverte pendant 10 minutes.

Démouler, saupoudrer de sucre place et déguster froid.

.

Les notes de cacao et de gingembre sont très présentes, ce gâteau change de l’habituel gâteau au chocolat et se marrie très bien lui aussi avec une boule de glace à la vanille…

.

Extrait de : « Les chants du matin » Rabindranath Tagore.

(Passage cité par Erik Sablé dans « Petit traité de la joie »  2015 )

Recette issue du livre « Chocolat »  Camille et Nathalie Le Foll.

.

Illustrations : « Perroquet et poirier en fleurs »  Huang Jucai  933-993 – Chine

Photos BVJ.

…..

Sortir de nos habitudes pour varier les plaisirs…

BVJ – Plumes d’Anges.

Bienfaisant imaginateur…

22 février 2021

.

.

« Aujourd’hui je n’ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

 

Des oiseaux qui n’existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leurs corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l’équilibre du monde

en obtenant que quelque chose aussi pèse

sur le plateau vide de la balance. »

.

NE RIEN FAIRE MAIS ÊTRE

pour que le monde retrouve un juste équilibre,

dessine un chemin de paix et y dépose des pensées mûrement réfléchies.

S’indigner calmement au plus profond de soi,

redécouvrir notre valeur humaine, respecter le souffle de la vie et se respecter,

fuir l’agitation, la déraison qui mènent à la confusion…

Garder intacte notre vision du monde pour qu’elle prenne corps dans la réalité,

sentir les vibrations du printemps futur qui chante ici et là,

BIENTÔT SERA LE JOUR D’UN NOUVEL ENVOL…

.

Poème extrait de : « Treizième poésie verticale »  Roberto Juarroz  1925-1995.

Illustrations : 1/« Bord de champs »  Marie Egner  1850-1940  2/« La vérité »  Mikalojus-Konstantinas  Ciurlionis 1875-1911.

…..

Se laisser aller à être plutôt qu’à faire…

BVJ – Plumes d’Anges.

 

Chants des dunes…

14 février 2021

.

.

Tout était blanc dans la thébaïde, tout était silencieux, les pensées n’existaient plus…

.

.

… nulle idée, nulle tension, seuls le calme et la sérénité.

.

.

Riche de ce silence intérieur, la progression se poursuivait.

Un pas devant l’autre, habités par une force sans nom.

.

.

La neige se faisait reine, laissant apparaître la silhouette des monts.

.

.

Plus loin… d’étranges zébrures, couleur moka,

« les nuages ont déposé du sable saharien » nous disait-on.

.

.

Les dunes de neige ainsi chargées allaient-elles devenir « musicantes » ?

.

.

Plus loin encore, la lumière du soleil éclairait d’autres réalités…

.

.

… les voiles maritimes, poussées par la brise, voyageaient vers le Col.

Couleurs, battements d’ailes, de drôles d’oiseaux sillonnaient le lieu.

.

.

Un long moment après, autre apparition, une source d’eau chaude,

sortie de la nuit des temps, bravait courageusement le froid

sans pouvoir exercer son ministère terrestre,

celui de soigner certains maux de l’homme.

.

.

Télescopages de lieux, d’époques, de l’ombre et de la lumière,

du noir et blanc et de la couleur, du possible et de l’impossible…

.

.

Le monde est ainsi fait de ses chauds et de ses froids, éternelle musique qui éveille

mais que certains jouent avec fracas.

L’homme imite-t-il la nature ou la nature imite-t-elle l’homme ?

Vaste question !

.

.

« … Au cœur du rien tout est floraison. La vie est un tout dans le tout,

à prendre ou à laisser. Si je ne veux prendre que ce qui m’arrange, je perds tout… »

Extrait de : « Le désert vivant »  Lorand Gaspard  1925-2019.

Photos BVJ – Février 2021 –

Vallée de l’Ubaye, Col du Lautaret, Plan de Phazy  Guillestre/Risoul.

…..

Apprivoiser les chauds et les froids de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Jardin fertile…

8 février 2021

.

.

Dans ma tête, j’ai créé un jardin avec vue imprenable sur le ciel.

J’ai tenté de le composer telle une musique,

ici des notes blanches et là des notes roses,

quelques portées aromatiques pour les oiseaux chanteurs enchantés et enchanteurs,

des arbres en majesté où virevoltent des papillons,

quelques gros cailloux où s’asseoir les jours de grande fatigue,

une gloriette où prendre une tasse de thé,

des herbes folles, des herbes sages,

un bassin d’eau limpide où le soir venu, se mirent les étoiles…

C’est un petit lieu calme, mille parfums y planent,

ombre et lumière s’y prélassent délicieusement.

J’aime me reposer dans ce jardin intérieur, fruit de mes rêves,

et y cueillir des pensées un tantinet sauvages.

Et vous, comment imaginez vous le vôtre ?

.

« The stars nodded,

the ocean agreed,

The flowers chorused,

« Bloom now – bloom free »

rise again »

 

(« Les étoiles ont hoché la tête,

L’océan a accepté,

Les fleurs ont chanté,

« Fleurissez maintenant – fleurissez librement »

ressuscitez. »)

Tess Guinery

.

Illustrations : 1/ « Roses et autres fleurs » Album de plantes japonaises   2/ « Maison de thé » – Dynastie-Joseon-XVème-Corée.   Auteurs anonymes.

…..

Entretenir avec soin le jardin de nos rêves…

BVJ – Plumes d’Anges.

Réveil de l’éveil…

2 février 2021

.

.

« … Je suis entrée dans le salon de thé le 16 octobre de l’an dernier. Je consigne tout dans un carnet, comme une sorte d’almanach qui tient dans ma poche et dessine un rythme à ma vie et au peu d’évènements qui la ponctuent.  Je me serais souvenue de ce jour sans en avoir rien écrit. Mais je l’ai fait. Sous cette date, il est indiqué le nom du lieu : « Ukiyo » et j’ai glissé la carte de visite du salon de thé pour être certaine de le retrouver. Je sais maintenant que le mot Ukiyo n’existe pas dans mon langage, qu’il veut dire profiter de l’instant, hors du déroulement de la vie, comme une bulle de joie. Il ordonne de savourer le moment, détaché de nos préoccupations à venir et du poids de notre passé…

.

… « Le bruit de la pluie

Mes pas qui rient aussi

 Réveiller le destin »…

.

Je suis seule, si vous saviez. Plus il y a de gens autour de moi, plus je m’enfonce dans la certitude de ne pas appartenir à ce tout. J’ai besoin de vos mains sur ma peau, de guérir sous vos paumes chaudes et qu’enfin vous enleviez ce tissu qui nous sépare pour être complètement à vous et découvrir le gout de la vie douce. Je ne veux pas garder notre rencontre comme un bel objet que l’on range dans une boîte. J’ai fait cela toute mon existence et cette fois je veux vivre…

.

De cette année où nous n’avons échangé que quelques mots. Vos mains ont parlé à mon corps qui, lui, répondait, je retiendrai que nous parlons tous la même langue mais que nous avons peur de nous écouter. « Qui entend l’arbre qui tombe dans la forêt ? » Je pense que si personne ne l’entend, tout le monde le sent tomber. Peu de gens veulent se soucier des arbres qui s’effondrent loin d’eux, et on refuse d’accepter que nos cœurs entendent tout. Que notre humanité est la somme de forêts décimées, et d’arbres qui tombent en nous, de sources qui bruissent et d’oiseaux et de cris de douleur et d’abeilles qui bourdonnent… »

.

Alice, 50 ans, ancienne professeure de français,

a traversé la vie comme anesthésiée, sans jamais y trouver sa place.

Mère très jeune, elle a voyagé dans les livres et leurs histoires.

Un hasard heureux lui fait rencontrer un masseur japonais, Akifumi.

Les doigts délicats de celui-ci éveillent son corps, en fait remonter moult souvenirs,

les bons comme les mauvais,

ils lui donnent un élan, un souffle nouveau.

Portée par le désir, elle s’inscrit à un cours de japonais,

apprend sa langue et sa culture pour se rapprocher de lui.

Ce livre est la lettre magnifique qu’elle lui adresse,

lettre pleine de sensualité, de douceur et de poésie,

elle s’y raconte et le questionne avec respect et pudeur.

Se réveiller, s’éveiller,

sortir du carcan des peurs et des souvenirs malheureux,

décider d’être soi et oser le dire.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, 

j’en parle pour que la vie circule sous nos doigts aussi,

en ces temps où le toucher semble proscrit…

.

Extraits de : « Lettre d’amour sans le dire »  2020  Amanda Sthers.

Illustrations : 1/ « Femme sans vie » – Étude –  Bela Cikos Sesija  1864-1931   2/ « Temple de Nikko »  Robert Weir Allan  1851-1942.

…..

Faire circuler le souffle de la vie sous nos doigts…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cristaux de lumière…

26 janvier 2021

.

.

Muraille de glace, tout semble figé, monde en noir et blanc…

.

.

Lent, lent travail d’équilibre du yin et du yang, la route est longue…

.

.

Un chant nait au milieu du silence,

une source coule comme une invitation, un breuvage pour entrer dans le rêve ?

.

.

Un soleil or pâle se lève. Éternelle succession d’instants à vivre.

Entrer dans le froid, saisir sa profondeur,

garder son cœur au chaud…

.

.

Volutes blancs sur blanc…

.

.

Arbre de verre…

.

.

Fleurs de neige…

.

.

Lune givrée en repos…

.

.

Infinie richesse…

Légèreté du moment, le blanc et le blanc s’allient pour sculpter d’éphémères paysages,

l’eau se transforme, se métamorphose, explore, court, se fige, se glace… s’évapore,

se fait nuage et retombe en pluie ou en neige…

Pourrions-nous l’égaler ?

Penser un monde et un monde qui s’enrichiraient l’un l’autre au lieu de s’affronter ?

Chacun se doit d’y réfléchir, chacun peut apporter sa lumière…

.

.

« Toujours plus libre,

 

vers cette vie toujours plus libre

où la vie sans fin s’improvise

 

vers cette vie qui ne meurt pas

et se propage à l’infini

 

vers cette vie qui boit la nuit

dans la fraîcheur du lâcher-prise

 

le chemin de l’éveil

est celui des oiseaux… »

.

Extrait de : « Le désespoir n’existe pas »  2018  Zeno Bianu.

.

Photos BVJ – Janvier 2021 –

Alpes françaises : Le Vernet et le Col de Vars.

…..

Improviser…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ensemencer…

17 janvier 2021

.

.

Une cape ouatinée, d’un gris perle, s’est posée sur le ciel.

Quelques gouttes ici et là, telles les notes d’une musique un tantinet triste.

Ainsi va l’hiver, l’eau céleste pénètre la terre, arrive le silence,

on peut fermer les yeux, rien ne semble se passer, et pourtant, et pourtant,

un terreau prépare le lit des germinations futures.

Lesquelles ? Présence de l’absolu mystère…

.

Aujourd’hui, un mécanisme de l’horloge du monde est enrayé,

il n’y a plus de logique,

l’Humanité semble perdre de son humanité sous les coups de la peur.

Nous devons réagir, voir les choses sous un autre angle,

vivre en conscience et en confiance, expérimenter d’autres possibles,

partir à la recherche d’autres voix, il y en a de belles qui fleurissent à droite et à gauche,

c’est à nous de les trouver.

Chacun a des atouts cachés dans ses grottes intérieures,

pourquoi ne pas les mettre en lumière, oser quelques sorties à l’air libre ?

Ce Nouveau, cette énergie nouvelle nous montreront un autre chemin,

mais prenons garde à ne pas répéter l’ancien et le déjà vu.

Il nous faut vraiment être imaginatifs pour initier l’aurore du jour nouveau.

Discutons, proposons, engageons le débat,

ne laissons pas certains nous museler et parler à notre place.

Sortons de notre sidération,

donnons un NOUVEL ÉLAN à notre VIE !

.

Illustrations : 1/« Procession »  2/« Chant du ruisseau »   Bertha Lum  1869-1954.

…..

Ré-agir, ne pas s’endormir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Marche hivernale…

11 janvier 2021

.

.

« … « – Je vous écoute, Herr Bach.

– Je souhaiterais que le Consistoire, que vous représentez, m’accorde un congé. »

Scheiße ! Tout cela avait si bien commencé !

« – Un congé ? Pour quelle raison ?

– Je désire plus que tout au monde rencontrer Dietrich Buxtehude. »

Et il ajouta presque aussitôt :

« – Et entendre, un jour, un soir, une heure dans ma vie, une Abendmusik. ».

Il y eut un silence. Braunecker trouvait fort ennuyeux que la paroisse perdît pour quelque temps le fils d’Ambrosius. Il faudrait chercher un remplaçant, s’assurer de sa valeur, signer un contrat, faire des démarches, agir…

« – Pour quelle raison ? »

Bach demeura interdit. Pour toute réponse, il tira de son pardessus la liasse visiblement éprouvée et la soumit à l’examen de Braunecker. Celui-ci n’eut pas besoin de binocles pour reconnaître la partition, la fameuse…

« – Que vous sert de rencontrer Herr Buxtehude ? Qu’est-ce que cela change au fond ?  Ça ne vous suffit pas, ça ?

– Herr Braunecker, sauf votre respect, si un ange venait vous annoncer que le Christ est à dix lieues de votre maison, resteriez-vous là, à béatement contempler le messager, ou bien daigneriez-vous parcourir dix lieues pour entendre le Messie ?

– Vous allez un peu loin, Sebastian. Ou bien vous blasphémez, ce que je ne me permettrais pas de penser, au nom de l’amitié qui me liait jadis à votre défunt père ; ou bien vous divaguez. Car enfin, Sebastian, si un ange venait m’annoncer pareille nouvelle, je n’aurais bien qu’une seule chose à faire : me réveiller !

– Voilà tout ce qui nous oppose, Herr Braunecker : vous ne croyez pas aux miracles, et moi, je vous affirme que les miracles existent. Cette partition est miracle et preuve des miracles. Par elle, je crois au miracle et à la vérité.

– La vérité ! Entre ces notes et ces accords, vous lisez la vérité ?

– Je l’y vois plus nettement que je ne vois le rouge et l’or dont cette pièce est parée…

.

Mais qu’est-ce donc que de voir une partition et de ne la pouvoir lire ? Quels signes voit-on ? Quels signes ne voit-on pas ? Comment pareille langue – pareille merveille – peut-elle sonner creux ? Bach ne pouvait oublier. Poser ses yeux sur ce fourmillement noir, c’était l’entendre.

Mystère. Mystère de part et d’autre. Mystère de la croche pour celui qui n’y voit qu’un gros chou bien fait de chocolat noir surmonté d’un panache un peu frivole. Mystère de ce mystère pour celui qui le joue et la sert.

Mystère du son immaculé et sans nom qui sort de la viole au premier rang. Mystère de ce mystère pour celui qui entend, clairement, distinctement, que la viole a sorti un fa, très juste… »

.

 Johann Sebastian Bach est bouleversé, ébloui par une partition musicale,

elle vient à lui d’une façon un peu étrange, devient une obsession.

Il réfléchit, lutte contre des démons intérieurs mais rien n’y a fait,

il entend  l’absolue nécessité  de prendre la route

vers le « Membra Jesu nostri » et son créateur, Dietrich Buxtehude.

La marche en plein cœur de l’hiver s’avère longue et difficile,

il lui faut affronter des « épreuves », elles n’entament pas sa volonté,

il est porté par sa vision, il est léger…

Quand la destinée apparait, elle attire inexorablement notre Être tout entier,

nous devenons enfin qui nous sommes vraiment.

C’est un très beau texte, l’émotion artistique est là, immense,

l’art serait-il le chemin ?

.

J’ai repensé à « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » de Mathias Enard

et à « Le Maître de la Tour-du-Pin » de Jan Laurens Siesling,

deux autres bijoux dont la lecture illumine notre âme.

En ces temps un peu frais et frileux, c’est un doux baume,

une invitation à écouter le chant des hautes sphères.

Merci à Dominique qui en avait parlé ICI

.

Extraits de : « Laisse aller ton serviteur »  2020  Simon Berger.

Illustrations : 1/ »Le concert des Anges« – détail –  Mathias Grünewald   XVIème  2/ »Cité de Lübeck » reproduction du XIXème d’une oeuvre d’Elias Diebel  XVIème.

…..

Accueillir sa destinée…

BVJ – Plumes d’Anges.

Navigateur 2021…

7 janvier 2021

.

.

En 2021,

je me fais du bien,

je me désencombre, je m’allège,

je me libère, j’explore,

je découvre, je sélectionne,

j’affine, je cisèle…

.

Je retiens :

les inspirateurs charmeurs, les chercheurs de fraîcheur,

les chuchoteurs voyageurs, les initiateurs rieurs,

les créateurs joueurs, les compositeurs intérieurs,

les inventeurs de bonheurs, les cueilleurs de ferveur,

les auteurs conteurs, les acteurs de valeur,

les chanteurs guérisseurs, les chœurs de cœurs,

les senteurs de fleurs, les lueurs extérieures,

la chaleur des couleurs…

(Les autres, bien-sûr, je leur souhaite le meilleur !)

Toutes ces énergies me nourriront pour mieux

participer à un monde proche ou lointain…

.

Et vous,

quels fils d’or tissez-vous au seuil de cette nouvelle année,

quelles fleurs aimeriez-vous cueillir ?

.

.

« L’herbe des champs

libère sous mes semelles

Son parfum »

Masaoka Shiki

Illustrations : 1/« Un lit de de pavots » Maria Oakey Dewing  1845-1927   2/« Capucines »   Olga Boznanska  1865-1940.

…..

Faire des choix…

BVJ – Plumes d’Anges…