Eau de vie…

13 août 2020

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Rêver la limpidité, y plonger…

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Laisser bouillonner nos folles idées…

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Donner libre cours à qui nous sommes vraiment…

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Observer le monde et ses fractures, abandonner l’ancien et accueillir le nouveau…

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Choisir notre voie…

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Ne pas craindre la solitude, l’invisible nous accompagne…

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Patience, tout viendra en son temps…

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Et de nouvelles fleurs apparaitront, simples, pures et exquises.

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« …Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi

Tout parle ? Écoute bien. C’est que vents, ondes, flammes

Arbres, roseaux, rochers, tout vit !

Tout est plein d’âmes.

Mais comment ? Oh ! Voilà le mystère inouï.

Puisque tu ne t’es pas en route évanoui,

Causons… »

Photos BVJ – Entre France, Suisse et Italie – Août 2020.

Extrait de : « Ce que dit la bouche d’ombre » – Les Contemplations – Victor Hugo  1802-1885.

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Se rafraîchir à la source Confiance…

BVJ – Plumes d’Anges.

Douceurs des mets…

3 août 2020

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Quand monsieur Plumes est au fourneau – c’est à dire souvent – , le plaisir est assuré !

Se régaler d’un bon plat donne du baume au cœur

et en ces temps difficiles, il nous faut créer et apprécier ces bons moments.

Là, est un plat d’été qui vous ravira, j’en suis certaine,

il peut se suffire à lui même,

on peut l’accompagner d’un peu de riz blanc ou d’une salade verte.

Monsieur Plumes a ajouté des pignons grillés dans la farce ,

le mariage est vraiment parfait.

Vous ne saviez que préparer pour le diner de ce soir ?

Lancez-vous, vous ne serez pas déçu(e)s…

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– COURGETTES FARCIES À LA RICOTTA –

Ingrédients : 8 courgettes rondes (taille moyenne), 200 g. de Ricotta, une gousse d’ail, un petit peu d’origan, 50 g. de parmesan râpé, 50 g. de mie de pain, 2 jaunes d’œufs, sel, poivre, lait, huile d’olive, basilic.

Réalisation : Laver les courgettes, couper un chapeau, évider la chair avec une petite cuillère, la conserver.

Faire tremper la mie de pain dans un peu de lait, lorsqu’elle est bien imbibée, l’émietter dans un saladier.

Ajouter la ricotta, la gousse d’ail écrasée, les jaunes d’œufs, le parmesan râpé, l’origan, le basilic haché et la chair des courgettes. Bien mélanger avec une fourchette, saler, poivrer.

Disposer une feuille de basilic au fond des fruits, les remplir de cette farce, terminer par une feuille de basilic et un filet d’huile d’Olive.

Enfourner entre 3/4 d’heure et une heure à 190° (200° dans mon petit four).

Apprécier le plaisir des mets… avec un petit verre de rosé, l’été sera parfait !

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« Rien de plus facile à dire

Rien de plus facile à faire

Que de lâcher prise »

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« Le riz est savoureux

Le ciel bleu

Bleu »

Taneda Santoka

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Illustration : « Au jardin » Olga Wisinger-Florian 1844 – 1926.

Photos BVJ – Réalisation PJ

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Tenter de faire de sa vie une fête…

BVJ – Plumes d’Anges.

Conter de belles fleurettes…

27 juillet 2020

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L’été, dans les montagnes, l’on peut contempler les merveilles du monde,

de véritables jardins suspendus s’offrent à nos yeux ébahis.

Là est une divine maison de Haute Couture

où l’imagination sans fin de l’artiste nous inonde d’un doux vertige.

On ne peut se lasser d’admirer encore et encore

l’invraisemblable savoir-faire d’invisibles petites mains…

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Point de traces de fils à bâtir, tout est parfait,

les plissés s’enchainent, les couleurs explosent,

les houppelandes et les crinolines des fleurs sauvages

dessinent de lumineux brocarts sur les pans rocheux.

C’est le royaume de l’exubérance, de la joie sans fin, c’est une fête, une féérie.

Pour accompagner le spectacle, les insectes pollinisateurs

nous bercent au son d’une musique inventive…

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Après, l’on peut tenter de retourner à la ville riches de forces nouvelles,

notre devoir étant de transmettre les messages reçus de toutes ces fleurettes

et de conter notre gratitude…

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« … Un calme étonnant. Plus rien que je veuille. La respiration de l’air fait à peine frémir les feuilles. L’inaudible pas du temps. L’aujourd’hui n’est qu’un hier. Le soleil se voile comme un séraphin, mais il y a l’éclat des pierres… »

Extrait de « Nathanaël’  Jean Grosjean  1912-2006.

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Photos BVJ – Juillet 2020 dans les Alpes.

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S’enivrer de nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Profonde blessure…

20 juillet 2020

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…  » Pauvre petit grand-père inconnu qui ne pouvait se douter à ce moment-là que, la guerre finie, une fois ses bourreaux exécutés, sitôt dévidée cette pelote de faits et de gestes qui passe par la Bretagne, le nord de la France et l’Allemagne, les trains de la peur, les cargaisons de prisonniers effondrés, l’usine à fusées, la boue glacée, le fils ainé de son fils cadet le pisterait soixante dix ans plus tard… Lui, pris au piège de la lumière glauque du baraquement avec sa tête de bagnard. Sa pâleur aussi. Sa maigreur. Ce qui le ronge, ce qui le terrasse. Lui, l’Indochinois, le Brestois, l’époux de Jeanne, le père de Lucie, Ronan et Pierre. Lui, l’enfant des presqu’îles. Lui, dans sa minuscule et si fragile éternité, arc-bouté puis broyé…

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… Une lettre toute simple, blanche et rectangulaire, était arrivée ce matin-là, sans crier gare, dans ma boîte. Après la parution de l’un de mes précédents livres, j’avais donné une interview au magazine Bretons, évoquant l’histoire de ma famille brestoise, et l’un des lecteurs m’écrivait. Ses premiers mots me firent l’effet d’un coup de tonnerre. Je dus m’asseoir. L’auteur du courrier avait quatre-vingt-deux ans, Yves J…, il vivait en Bretagne, il avait hérité d’une maison de famille à Plomodiern et, durant la guerre, sa mère avait été la secrétaire de Paol aux Chantiers de Bretagne au moment où l’entreprise de BTP avait été, comme beaucoup d’autres, utilisée ou réquisitionnée par l’Organisation Todt… ».

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Nous avons tous besoin de savoir qui nous sommes, bien sûr,

mais aussi d’où nous venons.

Et quand des secrets, des non-dits familiaux laissent nos questions sans réponses,

vient un jour où l’on se met en quête d’une vérité…

C’est ce qu’a fait l’auteur, la blessure familiale au sujet de Paol, le grand-père,

était si présente qu’il ne pouvait plus vivre libre

et avancer dans son existence.

Il y a des bagages dans la vie que nous pouvons porter très longtemps,

d’une génération à l’autre,

mais arrive un moment où l’on comprend que ce n’est plus possible,

qu’il faut trouver une solution,

tenter de comprendre et soigner l’arbre… généalogique.

C’est là une très belle lecture, une démarche nécessaire faite dans une grande solitude,

parce qu’elle n’est pas accessible à tous, n’ayant pas les mêmes forces,

les mêmes ressources.

Le contexte est terrible, celui de la période nazie, des camps,

c’est une quête, une enquête, avec des éléments vrais glanés pendant de longues années,

et d’autres imaginés par un écrivain de grand talent…

Aifelle en avait parlé —>

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Extraits de : « La part du fils«  2019  Jean-Luc Coatalem.

Illustrations : 1/« Bretonnes au bord de la mer »  2/« Soleil couchant sur la côte bretonne »   Ferdinand du Puigaudeau  1864-1930.

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Faire lumière sur le passé pour envisager le présent et construire l’avenir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chants de prières…

15 juillet 2020

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Certains disent que la mer Méditerranée arrivait ici… il y a 150 millions d’années !

Elle y a laissé ses traces, la MONTAGNE de LURE est constituée de calcaire, datant du crétacé. Sur un chemin de crête, les paysages sont somptueux, on reste émerveillé par un champ de pierres transformé par la main de l’homme en chant de prières (œuvre des habitants de Saint Etienne-les-Orgues – printemps 2019). Les parfums de mille et une fleurs sont un enchantement.

La beauté s’allie à la douceur…

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Une nuit de rêve passée au clair du dernier quartier de lune, la voute céleste est grandiose. Au cœur de la nuit, une apparition, celle de la comète Neowise, torche lumineuse qui fend la nuit parmi les étoiles, l’émotion est grande, on se sent appartenir au cosmos.

La beauté s’allie à la lumière…

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Au matin, descendant du sommet, on entre dans un lieu improbable. De très vieux arbres nous prennent dans leurs bras branchus, les oiseaux déclinent leurs plus belles notes, ils sont les gardiens du lieu. Une petite abbaye du XIIème siècle, Notre Dame de Lure, admirablement entretenue, s’offre à notre regard. On ne peut que se recueillir, l’émotion est immense, le vallon vibre haut.

La beauté s’allie à la paix…

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En quelques heures, le monde est autre, il nous invite à une fête, à une élévation.

On ne peut refuser, le moment est précieux…

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« … C’était une nuit extraordinaire.

Il y avait du vent, il avait cessé et les étoiles avaient éclaté comme de l’herbe. Elles étaient en touffes, comme des racines d’or, épanouies, enfoncées dans les ténèbres et qui soulevaient des mottes luisantes de nuit… »

Extrait de : « Que ma joie demeure » Jean Giono  1895-1970.

Photos BVJ – Photo 6/ PJ.

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Beauté, douceur, lumière, paix, tout est là…

BVJ – Plumes d’Anges.

Tendresse gourmande…

9 juillet 2020

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Quand une grande petite fille honore ainsi les 93 printemps de sa grand-mère,

le monde s’illumine et l’on aurait presque hâte d’arriver à ce grand age !

Un sublime gâteau d’anniversaire qui raconte la douceur des moments partagés,

le plaisir des voyages réalisés ou imaginés,

les rêves de pays du soleil levant au couchant d’une vie…

Des saveurs délicates d’amandes et de blanches pêches,

– le pêcher, signe d’immortalité dans la tradition taoïste –

des fleurs et des feuilles aux formes raffinées, d’exquises volutes,

des couleurs d’amour et d’espérance, d’une infinie tendresse…

Si cette merveille vous inspire, en voici la recette,

sa fraicheur absolue fera la joie des palais les plus gourmands…

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– GÂTEAU  AUX PÊCHES ET AUX AMANDES –

Ingrédients : 120 g. de beurre mou, 80 g. de sucre en poudre, 3 œufs, 150 g. de poudre d’amande, 140 g. de farine, 1 yaourt grec, 3 pèches blanches.

Réalisation : Battre le sucre et les œufs jusqu’à ce que le mélange blanchisse, ajouter le beurre mou, puis la poudre d’amande, la farine tamisée et le yaourt grec.

Beurrer un moule à manqué, y verser la pâte.

Éplucher et couper les pêches en deux, les déposer sur la pâte en les enfonçant.

Cuire environ 35 minutes à 180 ° (200 ° dans mon petit four).

Démouler et décorer selon l’humeur du jour…

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« Les fleurs de quel arbre –

impossible de savoir

mais un tel parfum »

Bashô

Gâteau et photos Amélie Jackowski – Juillet 2020.

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Suivre les chemins de nos rêves lointains…

BVJ – Plumes d’Anges.

Au delà de la brume…

2 juillet 2020

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Partir vers l’est, puis vers le nord, une fois encore…

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… suivre le chemin…

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… suivre les signes…

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… porter son regard toujours plus haut…

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… chercher l’invisible lumière…

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… porter son regard toujours plus loin…

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Près de la blanche Ombelle…

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… s’enfoncer dans la brume, la traverser…

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… porter ses pas sur les talus…

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Et quand l’union des éléments se fait,

quand le ciel, la terre et l’eau ne sont plus qu’un :

se poser, savourer le moment,

naviguer en soi à travers nos méandres,

nos zones d’ombres et de lumières,

trouver le point lumineux de la paix intérieure

et approcher de qui nous sommes…

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« Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,

Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,

le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois,

Que fait résonner une très ancienne berceuse. »

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François Cheng –   2015  – « À l’orient de tout « 

Photos BVJ – Photo 3/ PJ- Italie et Suisse Juin 2020 .

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Oser traverser nos brumes intérieures…

BVJ – Plumes d’Anges.

Petits plaisirs…

22 juin 2020

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C’est l’été, la vie déroule son ruban de soie et nous offre généreusement dix mille petits plaisirs. Il nous faut être vigilants pour ne pas les laisser filer. Certains sont quotidiens, nous les connaissons et les attendons avec gourmandise, d’autres sont plus rares, c’est selon les jours, selon les moments, ils nous prennent par surprise nous incendiant de leur onde bienfaisante…

Il est un petit plaisir dont je ne me lasse depuis ma plus tendre enfance, il m’émerveille toujours autant, c’est celui de me glisser dans des draps propres séchés au grand air. Caressés par le vent, flottant joyeusement tels des drapeaux de prières, nourris de soleil, ils gardent un parfum de belle Nature. Leur blanc coton tout doux semble recouvert d’une invisible pellicule étoilée, ils enveloppent le corps voluptueusement, invitant à l’abandon le plus total dans un bain de pureté et traçant un chemin aux rêves les plus fous.

Et vous, quel est le petit plaisir qui vous accompagne et vous enchante depuis votre plus jeune âge ?

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Illustrations : 1/« Réflexions »  May Paine  1873-1941  2/« Enfant dans un grand lit » Dessin victorien de 1884.

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Se délecter des doux petits plaisirs…

BVJ _ Plumes d’Anges.

Confiance en soi…

16 juin 2020

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Aucun état n’est durable, tout se transforme indéfiniment.

Des paysages bien connus ne sont jamais les mêmes

d’une seconde, d’une saison, d’une année à l’autre…

Cette richesse, cette exubérance, cette incroyable créativité de la nature

sèment en nous des énergies nouvelles,

tout se révèle perpétuellement à l’œil d’un curieux et prend place en son coeur.

Dans ce voyage en royaume alpestre,

j’ai découvert à mon grand age, les fleurs de Mélèzes,

magnifiques cônes femelles d’un rose gourmand et d’une infinie délicatesse,

ce fut un fabuleux cadeau.

J’apprends que ce joyau est appelé Larch et porte le numéro 19 dans les Fleurs de Bach.

Elle est utilisée pour redonner de l’entrain, de la confiance en soi,

pour lutter contre la dévalorisation. Est-ce un signe ?

Dans la période que nous vivons, elle me semble précieuse,

il faut aiguiser nos sens, ne pas suivre les diktats mais penser et agir par nous-même.

C’est ce que fait la nature en déployant sans cesse

sur ses chemins de traverse de merveilleuses merveilles.

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Cadeau final, la chaine du Mont-Blanc, à peine chapeautée,

le mystère est là, prêt à se dévoiler à qui passera par là au bon moment pour lui…

Nous avons tous des expériences différentes à faire,

tentons de les vivre avec entrain, sans peur aucune.

c’est un beau travail à entreprendre, ne pensez-vous pas ?

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« Une pierre pour oreiller

J’accompagne

Les nuages »

– Taneda Santoka –

Photos BVJ – Voyage au cœur des Alpes Juin 2020.

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Vivre avec entrain…

BVJ – Plumes d’Anges.

Réminiscences…

6 juin 2020

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« … Nous étions les enfants d’un monde latin, méditerranéen. D’avoir grandi au bord de la méditerranée, dans la familiarité des oliviers et des pins parasols, des palmiers et des géraniums en pots, nous donnait cette vague supériorité sur les habitants du reste de la France. Comment pouvait-on lire Virgile à Paris, dans la grisaille et les fumerolles des poêles à charbon ?

Pourtant chaque été, à Sainte-Marine, en Bretagne, nos convictions étaient bousculées. Par le vent, le crachin, les marées, les tempêtes, ou tout simplement par les champs de pommiers et la lande.

La lande, nous avions appris à la reconnaître. Par la langue bretonne d’abord : en Bretagne, lann cela ne veut pas dire n’importe quoi. Cela veut dire les étendues d’ajoncs, cette fourrure gris-vert qui recouvre la terre, qui s’empare de tous les lieux inhabités. Est-ce que nous savions qu’elle était cultivée ? Je ne me souviens pas d’avoir vu des tombereaux de cette plante qui servait de nourriture aux chevaux de trait et au bétail, ni d’avoir entrevu dans la cour des fermes l’appareil à main qui permettait de la déchiqueter. Cela avait probablement déjà disparu dans l’après-guerre. (…) Al lann, c’était la plante indispensable à cette économie. À la fin de l’été, elle produisait un spectacle de fleurs jaunes, au moment où les genêts ouvraient leurs pétales d’or, et la bruyère ses lacs roses et rouges…

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… En Bretagne, la violence de la mer, du vent, de la pluie, et aussi la brûlure du soleil certains jours. La solitude des criques, encombrées de galets géants, trouées de grottes où les vagues explosent. Et la lande où parfois surgit une pierre levée, un menhir, dont le vrai nom en breton est peulven, le pilier de pierre…

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… Je me souviens d’avoir collé mon oreille contre le granite des dolmens pour entendre la vibration électrique qu’ils émettaient, et je l’ai entendue ! Ce qui me paraissait extraordinaire, incroyable, ce n’étaient pas ces constructions archaïques, c’était que les Bretons étaient arrivés un jour dans ce pays et qu’ils avaient été reçus par ces dieux, qu’ils les avaient respectés, parfois craints, et que les dieux les avaient laissés s’installer chez eux. Sans doute parce que je venais d’ailleurs, que je n’étais jamais chez moi nulle part, balloté, baladé entre la Maurice de mon père, la Bretagne de mes ancêtres et la Nice de mon enfance – il y avait donc cette étrangeté au monde, cette déroute, cet exil et les piliers de pierre dressés vers le ciel, les allées couvertes pareilles à des écailles de dragon, les vaisseaux couchés dans les ajoncs me disaient qu’il y avait un autre monde monde avant le mien, que j’étais juste de passage… »

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À l’instant même où il « fête » son 80ème anniversaire, J.M.G. Le Clézio nous offre deux magnifiques textes sur l’enfance et ses réminiscences, entre pays de Bretagne et pays de Provence. Il n’y a pas d’ordre chronologique, ce sont des images exhumées de sa mémoire ou de ses émotions. Le premier conte parle de vacances en Bretagne, il dépeint la puissance des paysages, leurs couleurs, leurs parfums, il dit la langue, les caractères, les relations, les moments heureux…

Après nous avoir ouvert le cœur, l’auteur explore dans un deuxième conte, ses cinq premières années de vie, pendant la guerre. Sa mère, son frère, ses grands parents, mènent une existence recluse dans un tout petit village de l’arrière pays niçois. Tout est « doucement » douloureux et ce dont il a le plus souffert, nous dit-il, c’est de la faim, la faim qui a laissé un vide au fond de lui et l’a marqué profondément. Il y a les silences, les non-dit, les gens admirables, pendant toute sa vie, il a cherché à comprendre les traces que laisse la violence de la guerre.

Une très très belle lecture, une fois encore…

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« … Être né dans une guerre, c’est être témoin malgré soi, un témoin inconscient, à la fois proche et lointain, non pas indifférent mais différent, comme pourrait l’être un oiseau, ou un arbre. On était là, on a vécu cela, mais ça n’a pris de sens que par ce qu’on a appris par les autres, plus tard (trop tard ?)… ».

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Extraits de : « Chanson bretonne suivi de L’enfant et la guerre »  2020  J.M.G. LE CLÉZIO.

Illustrations : 1/« Le soir aux grèves de Roscoff »  Jean-Edouard Dargent  1824-1899  2/« Pâtre au crépuscule en Provence »  Emile-René Ménard  1862-1930.

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S’abreuver aux sources les plus douces…

BVJ – Plumes d’Anges.