Signes…

13 mai 2019

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« … Tout ce qui vit, doute. Tout ce qui doute a, au moins un instant, des frémissements d’intelligence. Car rien n’est clair sur cette putain de terre. Et c’est dans les failles du doute que parfois poussent les plus étranges fleurs…

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Voilà, je crois qu’il y a des choses qui nous appellent. Ah on peut leur résister toute sa vie et ne jamais leur répondre ! Ou alors on peut tout lâcher et se laisser porter par les courants… Là, on risque de se fracasser sur le premier rocher venu, mais bon, on est content, on se dit qu’on a trouvé le point de non-retour, que c’est le destin. Ça nous convient pas tout à fait, c’est pas ça qu’on attendait, mais enfin c’est comme une île, on a les pieds au sec, on fera avec… Ou alors on peut continuer à naviguer en prenant bien soin de ne pas perdre le nord. C’est ça l’aimant ! C’est ce truc indescriptible qu’on sent, vers quoi on va, coûte que coûte, au pif, qui vous attire, sans qu’on sache pourquoi, mais qu’on perd jamais de vue. Quelquefois pourtant, c’est à côté de nous, mais on le distingue mal, on est fatigué, on se laisse distraire et il en faudra des années pour re-mettre la main dessus. (…)

Alors écoute bien, je vais me résumer. L’homme qui marche qu’avec sa tête il trouvera jamais l’aimant. Celui qui marche qu’avec son ventre ou ses tripes non plus. Mais celui qui avance tout entier avec son cœur, celui-là il a peut-être des chances de le trouver. Mais tu vas me dire : C’est quoi le cœur ? Le cœur c’est le courage, la foi et la passion. Et la lucidité ! C’est pas incompatible. Passion et lucidité. Il y a en nous celui qui fonce tête baissée et celui qui le regarde faire. Aller où on aime, comme on le sent, en connaissance de cause, en laissant toujours ouverte la porte derrière qui donne sur les champs. Là, c’est pour le repli, parce que des fois, ça va trop vite…

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La vie est un cadeau mon prince, pour celui qui sait lire les signes. Les signes ? Quels signes ? Mais c’est partout quand tu sais voir et que ton cœur est libre ! Les signes, c’est ta capacité à relier des points qui dansent autour de toi. Observe bien le monde, regarde ce qu’il dépose devant toi à tout instant. C’est comme un ballet de lucioles traçant les plus belles esquisses sur une nuit d’été. Homme imbécile qui ne distingue rien ! Chaque vie a le pouvoir de s’inventer un destin et tu en fais de la routine ! Chaque jour on te livre les clefs pour ouvrir les portes de tes cages et toi chaque jour tu t’en sers pour les fermer à double tour. Crétin de gosse ! … »

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De nombreuses personnes ont un jour envie de changer d’existence, mais peu ont ce courage…

Dans cette histoire moderne, quelques mots reçus d’un inconnu vont changer la vie d’un homme, il va « s’éveiller ». Il abandonne ses ambitions, sa carrière, les honneurs qui y sont attachés et fait un retour aux sources. Sur le chemin des rencontres vont l’éclairer et le ramener vers l’océan natal pour qu’il vive, riche d’une autre expérience, ce à quoi il était destiné, sans vendre son âme et perdre son nord.

Encore une fois chez cet auteur, des questions profondes nous amènent à de belles réflexions, il nous incite à ne pas nous satisfaire d’une vie qui ne nous grandit pas, un joli moment de lecture.

Je pars moi-aussi cette semaine, vers l’ouest et vous dis à bientôt, prenez soin de vous la vie est si précieuse.

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Extraits de : « Comme un enfant qui joue tout seul »  2019  Alain Cadéo.

Illustrations :1/« En haut à gauche »  2/« Bleu ciel »   Vassily Kandinsky  1866-1944.

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Suivre les signes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mutations…

9 mai 2019

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« … J’ai une seule question brûlante pour traverser l’existence : « Qu’est-ce-qu’un homme ? »

Un homme qui attend son heure dans les couloirs de la mort, se pose cette question. Dans cette antichambre, il n’y a plus de mains, plus de politique, plus de philosophies, plus de religions. Il y a la solitude la plus intime. La véritable unité des hommes est fondée sur cette solitude. Ensemble c’est seul, parce que toute l’humanité a ses assises dans la conscience de chacun.

Je quitte les empilements successifs : le vacarme du mental, les gémissements de l’émotionnel et le voile de mes sensations. Mes réactions archaïques de panique et de colère me subliment.

Qui peut me confisquer ma mutation ? Seule la peur peut tout faire échouer…

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Passons tous ensemble dans une autre ère. Comme si un jour un poisson, n’ayant plus assez d’eau, s’asphyxie et mute brusquement pour trouver un autre mode respiratoire. La fin du poisson que nous sommes, ce n’est pas la mort, c’est la mutation, nous sommes « amphibiens » vers une nouvelle conscience.

Et les lois qui régissent le poisson ne sont plus celles de l’oiseau que nous devenons. C’est une autre façon d’être au monde. Un monde où les lois sont différentes et où la mort n’existe pas. C’est le corps qui fait le pont. Traversons tout l’espace intérieur capable de tout accueillir pour que l’universel, que nous devenons, corresponde à l’univers que l’on suscite. 

Soyons créateurs. Contactons cette force d’une douceur qui comprend ce que nous ne comprenons pas. Personne ne peut tuer cette création.

C’est le nouveau chaînon de notre évolution pour une espèce moins tragique. Ce n’est pas la politique, ce ne sont pas les religions, ce ne sont pas nos philosophies qui vont nous sortir de là. Personne autre que notre battement de cœur. C’est notre seule réalité. Notre réel est cette mine d’or en chacun de nous… »

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C’est un texte bouleversant où bienveillance et lumière fleurissent à chaque page, préfacé par Annick de Souzenelle et postfacé par Christian Bobin. L’auteure est née en 1977 atteinte du Syndrome d’Eisenmenger. Son enfance est douloureuse sur tous les points, c’est la création qui la sauve, elle dessine et peint chaque jour.

Elle est opérée en 2012 par trois magnifiques chirurgiens qui lui greffent un cœur et deux poumons. Elle traverse quarante jours de coma et revient à la vie riche d’une grâce, elle sent l’âme du monde. Ce livre est très beau, le feu intérieur de Frédérique Lemarchand nous touche au plus profond de nous-même, sa langue est splendide…

Vous pourrez en savoir plus sur elle et admirer ses œuvres —> ICI

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Extraits de : « Cantique du coeur »    Frédérique Lemarchand.

Illustrations : 1/« Sommets alpins »  John Ruskin   1819-1900  2/« Création du monde 2 »  Mikalojus Konstantinas Ciurlionis   1875-1911.

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S’ouvrir au monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Grand art…

6 mai 2019

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« La beauté est une rencontre. Toute présence

Sera par une autre présence révélée.

D’un même élan regard aimant figure aimée ;

D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance. »

Quatrain inédit de François Cheng – Printemps des poètes 2019.

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Splendide balade sur la Route des Crêtes au dessus du Verdon, magnifique canyon ,

700 mètres de profondeur voire plus à certains endroits,

la beauté y est vertigineuse, qui est donc l’artiste ?

Les feuillages naissants et les fleurs exubérantes des Amélanchiers ajoutent

au paysage une dimension féérique.

Quelques passages nuageux très éphémères mettent en relief la lumière retrouvée

et le ciel bleu d’azur.

Que de cadeaux pour les petits Hommes que nous sommes,

sans aller à l’autre bout du monde,

tout près de chez soi, la nature est d’une générosité inouïe,

comme les Poètes, MERCI la vie !

Photos BVJ – Route des Crêtes dans les Gorges du Verdon.

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Prendre un bol de nature printanière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mises en lumière…

2 mai 2019

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« … La pendule murale qui rythme les secondes te semble silencieuse ?

Écoute la petite pluie qui pique la vitre de la lucarne et les tuiles du toit.

Elles frappent des coups plus forts que ceux de la pendule. Elle sert de contrepoids

à notre temps rythmé par le mécanisme d’intervalles égaux.

La pluie dit au contraire qu’il n’y a pas deux secondes égales. Elle le sait par ses gouttes.

À force d’être à l’écoute des choses qui m’entourent, je découvre des musiques,

des philosophies,des sciences naturelles.

Je découvre qu’elles s’expriment, même si c’est dans une langue

que je ne comprends pas.

Mais ce sont des voix, pas seulement des bruits…

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… J’étais sur une paroi des Dolomites, un orage m’est tombé dessus. J’étais seul.

Les éclairs frappaient contre la roche, toute une cascade d’eau et de pierres

dégringolait.

J’étais accroupi et trempé, attendant une accalmie.

Mon corps et même ma bouche étaient parcourus de frissons, que j’attribuais au froid.

Je n’admets pas que j’ai peur.

Le sommet était juste un peu plus haut, bombardé de coups. De là-haut, je serais

descendu par un sentier facile.

Je devais franchir les derniers sauts de roche. Je n’arrivais pas à bouger.

Une femelle chamois avec son petit derrière elle a débouché près de moi.

Au milieu de ce vacarme démentiel, elle grimpait d’un pas tranquille et mesuré

avec son petit.

Ils m’ont vu puis m’ont ignoré, en continuant à monter.

Leur calme m’a fait sourire de tendresse pour eux et de dérision pour moi.

Je me suis levé et j’ai remis les mains sur la roche.

L’orage continuait, j’allais à l’aveuglette, mais avec l’exemple de leur passage.

Un courage peut venir d’une imitation…

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… Les mots, mon fils, n’inventent pas la réalité, qui existe de toute façon.

Ils donnent à la réalité la lucidité soudaine qui lui retire son opacité naturelle et

ainsi la révèle. Les mots sont l’instrument des révélations… »

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Sur quelques pages, un monologue, puis une sorte de dédoublement et un dialogue entre un homme et un fils imaginaire. Des souvenirs remontent, ceux de l’écrivain, sa mère, son père, ses luttes, sa passion pour la montagne, celle des livres, des mots, de la langue, Naples, l’Italie… Toutes ces bulles sont touchantes, l’homme se questionne lui-même sur la vie, sur sa vie, il faut passer par certains chemins, sombres ou lumineux, ils sont inévitables, ils nous sculptent et nous révèlent, il n’y a rien à regretter, la vie fait « son tour de l’oie ». Erri de Luca signe là encore, un très beau texte…

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Extraits de : « Le tour de l’oie »  2019  Erri de Luca.

Illustrations : 1/« Baie de Naples et le Vésuve »  Johan Christian Dahl  1788-1857  2/« Aube (à Neufchâtel) »  John Ruskin  1819-1900.

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Éclairer nos lumières…

BVJ – Plumes d’Anges.

Neuf…

28 avril 2019

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Ne résistez pas, suivez-moi sur un chemin du littoral, partie jusqu’ici inexplorée

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par mes frêles gambettes. En ce jour lumineux, cadeau d’un céleste vent appelé mistral,

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la balade printanière n’est qu’extase ! Il est amusant de découvrir des essences végétales

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qui trente kilomètres plus loin se font presque rares. Ici, les idées fixes ou

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les pensées parasites disparaissent dans la force des paysages. Les senteurs

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des Pittospores de Chine, comme aimait à les nommer George Sand, se mêlent à celles

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des Eucalyptus. Un doux moment d’évasion pour fêter les NEUF ANS de ce blog, un cycle

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complet. Demain un autre cycle prendra naissance, vers où nous conduira-t-il ? Je ne

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sais, il faut que tout reste un plaisir, un chemin de découvertes et de partages avec

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beauté et poésie, images et parfums… Les histoires s’écrivent au jour le jour, on ne

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prévoit rien, on laisse la vie dessiner ses rêves et tout est bien…

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MERCI à vous qui venez ici, dans ce petit espace que j’espère paisible et joyeux,

soyez toutes et tous assurés de ma sincère gratitude…

Photos BVJ – Chemin du littoral entre les plages de Sylvabelle et du débarquement

La Croix Valmer dans le Var.

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Mettre son cœur en fête…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemins de liberté…

23 avril 2019

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« … Ce qui plonge dans le découragement, c’est l’immobilisme, l’impossibilité d’inscrire la vie dans une dynamique et l’impression de se retrouver face à un mur.

Découragement et désespoir proviennent aussi de ce sentiment d’impuissance quand aucune issue ne peut être entrevue. Soudain rien n’a de sens… La sagesse sait faire feu de tout bois et intégrer dans une dynamique échecs, tracasseries, tourments et peut-être même trahisons et douleurs. Ici, il n’est pas inutile de distinguer l’espérance de l’espoir. Ce dernier me semble borné, limité, focalisé sur un objet précis : « J’espère gagner au Loto. » Je me lève chaque matin, les yeux braqués sur cet objectif, le reste du monde n’existe pas ; je veux décrocher le jackpot, trouver un bon boulot, rencontrer une femme ou un homme, acheter une belle bagnole, que sais-je. L’espérance, la confiance, tient d’une disponibilité intérieure, d’une ouverture. C’est elle qui donne le cran à Etty Hillesum de dire au milieu des camps de concentration, quoi qu’il arrive : « J’aurai la force. » L’espoir s’accroche à une sécurité, l’espérance nous plonge dans la confiance et l’abandon. Elle ne se cramponne pas au bonheur sur-mesure, mais nourrit la conviction que l’existence autorise toujours des occasions de joie et de progrès…

Alexandre

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Face à des personnes désespérées, il faut rester très humble et ne pas prétendre avoir réponse à tout. Parfois une simple présence bienveillante est ce que l’on peut offrir de mieux. Si les circonstances s’y prêtent, on peut rappeler que, quelle que soit la magnitude du désespoir, il y a toujours en nous un potentiel de changement. Si la personne semble réceptive à cette idée, on peut aussi suggérer qu’il y a toujours quelque chose au plus profond de nous qui n’est pas touché par le désespoir, cette « présence éveillée » dont j’ai parlé précédemment. Il est clair que la détresse et la souffrance ne vont pas s’évanouir d’un seul coup, mais en reconnaissant un espace de paix au cœur de nous-mêmes, nous pouvons laisser cet espace prendre peu à peu de l’ampleur. On peut aussi suggérer à la personne d’évoquer les moments paisibles qu’elle a connu dans sa vie. Ces évocations vont l’aider à se rappeler que cette paix est une réelle possibilité. L’important est de ne pas se laisser définir par son état mental et de ne pas s’identifier au désespoir. On ne va pas chez le médecin en déclarant : « Docteur, je suis la grippe. » Or, nous ne sommes pas plus le désespoir que nous ne sommes la grippe. C’est un mal qui nous affecte et auquel nous pouvons remédier…

Matthieu

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Les recherches en neurosciences montrent que nous apprenons sans cesse : chaque moment, chaque action, chaque interaction sont l’occasion pour notre cerveau de se développer d’une certaine façon, de tracer des « voies neurales », des chemins mentaux qui, s’ils sont régulièrement empruntés et pratiqués, deviendront des autoroutes pour nos pensées et nos émotions. Une question importante s’impose donc : quelles nourritures quotidiennes donnons-nous à notre cerveau, au travers de toutes nos activités ? Notre esprit s’entraine tout seul, tout le temps, à notre insu : et il se nourrit de ce que nous lui offrons par les objets sur lesquels nous portons notre attention, par l’environnement dans lequel nous l’immergeons avec nous…

Christophe »

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J’ai aimé cette lecture, elle fut un peu longue, le sujet est si dense ! Ces trois auteurs cherchent eux-aussi un chemin de progression, ils nous délivrent leurs observations et leurs lumières avec bienveillance et humilité, elles sont l’une après l’autre sources de méditations. J’ai été très touchée par les lettres qu’ils s’adressent, on sent qu’une véritable amitié les unit et cela est magnifique !

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Extraits de : « À nous la liberté !«    2019   Christophe André – Alexandre Jollien – Matthieu Ricard.

Illustrations : 1/« Sur la plage »  2/« Mouettes sur le rivage »  Winslow Homer   1836-1910.

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Travailler chaque jour à notre liberté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Régénération…

20 avril 2019

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« Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde. »

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Il y a des flèches qui nous vont droit au cœur,

mais il ne faut pas pour autant se laisser abattre,

de la lumière naissent les nouveaux chemins…

Belles fêtes de Pâques à toutes et à tous, à bientôt !

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Poème « Avant de tout dire » extrait de « Le livre des beautés minuscules » 

2019  Carl Norac.

Illustrations : 1/« Lapin blanc »  2/« Fleurs de Jasmin »  Jan Mankes  1889-1920.

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Aller vers de nouveaux chemins…

BVJ – Plumes d’Anges.

Eaux-lumières…

15 avril 2019

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Certains jours, il nous faut nous donner du courage…

Si nous observons ce qui nous entoure,

si nous nous attachons à la beauté du paysage ou de la nature en général,

si nous détaillons les formes, les couleurs, les matières, les parfums,

le monde change d’allure sous notre regard médusé.

Souvenez-vous de cette joie printanière qui, tel un feu d’artifice,

ne demande qu’à exploser en nous,

laissons-nous aller à la fête,

ne dressons pas de barrières, ne creusons pas d’ornières,

vivons simplement et intensément.

Ces eaux-lumières ont habité tout mon être,

j’ai entendu leur chant, senti leur force jusque dans mes entrailles,

– une lumineuse énergie –

j’ai accroché leur image dans mon musée intérieur,

un jour, si le besoin s’en fait sentir, je pourrai venir m’y ressourcer .

Nous sommes tous riches de la lumière du monde…

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Photos BVJ.

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S’ouvrir à la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Livres…

12 avril 2019

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« … Quand je vis, la vie me manque. Je la vois passer à ma fenêtre, elle tourne vers moi sa tête mais je n’entends pas ce qu’elle dit, elle passe trop vite. J’écris pour l’entendre.

Quand je n’écris pas c’est que quelque chose en moi ne participe plus à la conversation des étoiles. Les arbres, eux, sont toujours dans un nonchalant état d’alerte. Les arbres ou les bêtes ou les rivières. Les fleurs se hissent du menton jusqu’au soleil. Il n’y a pas une seule faute d’orthographe dans l’écriture de la nature. Rien à corriger dans le ralenti de l’épervier au zénith, dans les anecdotes colportées à bas bruit par les fleurs de la prairie, ou dans la main du vent agitant son théâtre d’ombres. À l’instant où j’écris, j’essaie de rejoindre tous ceux-là… »

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Il n’y a pas de mots pour parler de cette bulle de poésie, on est transporté haut, très haut, il me semble qu’on peut passer des heures à lire et à relire ces pages…

Le livre est le précieux cadeau d’un écrivain, le rencontrer est un hasard heureux qui réjouit notre cœur et notre âme.

Nous avons chacune et chacun nos penchants et nos attirances vers un style particulier, selon les époques ou le contexte… Bien évidemment, on peut broder autour, on peut aimer les surprises, les escapades, les découvertes mais on revient toujours vers nos amours pour recharger et nourrir notre monde intérieur.

Vous, auprès de quels livres allez-vous volontiers vous abreuver ? Aimez-vous rêver, frissonner, apprendre… ? Aimez-vous les grandes ou les petites histoires ? Préférez-vous la langue des poètes ou une histoire qui tient en haleine ?…

Belles lectures à toutes et à tous !

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Extrait de : « La grande vie »  2014  Christian Bobin.

Illustration : 1/« Jeune femme lisant »   2/« Pommes »  Nicolae Grigorescu   1838-1907.

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Nourrir notre monde intérieur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Perception d’un monde…

8 avril 2019

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Le papillon

« … Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire,

il vagabonde au jardin. »

Francis Ponge

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Ici, dans le jardin,

les divines gouttes ont dépouillé les fleurs naissantes de nombre de pétales

et laissé leurs traces sur un sol desséché,

la nature fébrile flamboie,

un autre monde est en train d’éclore, tout est rapide et impermanent :

une haute vibration dans cette nourriture terrestre,

une invitation à la contemplation…

Le papillon, lui, papillonne.

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Illustrations : 1/ « Papillons et coléoptères autour d’une rose » 2/ « Iris, coléoptères et papillon »  Margareta de Heer  1603-1665.

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Percevoir les changements…

BVJ – Plumes d’Anges.