Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Noblesse…

lundi 10 juillet 2017

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« … « Il m’a fait traverser les montagnes dans le noir, avec une boussole dans la tête et pas dans la main. Il nous a traités en êtres humains et pas en troupeau à tondre. . Il nous a rendu notre argent, il s’est retourné et il est parti très vite en se bouchant les oreilles pour nous faire comprendre qu’il n’avait pas besoin de remerciements. Nous sommes restés bouche et mains ouvertes, certains étaient touchés aux larmes. J’écris ces pages par gratitude. »…

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… Quelqu’un me dit à voix basse qu’il a aidé lui aussi un réfugié. Il prend un air de conspirateur, conscient de commettre une transgression. C’est peut-être comme ça dans la plaine, ici on fait autrement. Il les appelle des réfugiés. Pour moi, ce sont des voyageurs d’infortune qui en ont trop eu à la fois. Ils tentent de s’en débarasser avec le voyage. L’infortune est une gale à gratter. Nombre d’entre eux ne parviennent pas à s’en défaire, elle pèse lourd sur leur dos, elle les écrase…

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… «  C’est la première fois que tu éprouves cette miséricorde ? »

Je la découvre devant ce crucifié nu.

« Jamais avant pour un vrai corps ? »

Pas de façon aussi forte : il existe des livres qui font ressentir un amour plus intense que celui qu’on a connu, un courage plus grand que celui dont on a fait preuve. C’est l’effet que doit produire l’art : il dépasse l’expérience personnelle, il fait atteindre des limites inconnues au corps, aux nerfs, au sang. Devant ce moribond nu, mes entrailles se sont émues. Je sens un vide dans ma poitrine, une tendresse confuse, un spasme de compassion. J’ai mis la main sur ses pieds pour les réchauffer…

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… Il sort un petit bloc d’albâtre d’un bout de tissu, prélevé dans une carrière utilisée uniquement pour les sculptures. Il a des veines de moutarde, c’est du travertin d’Acquasanta, pour être précis. Il ne veut pas être payé. L’usage est sacré et sa religion prescrit les offrandes.

Il existe une économie de la gratuité, quelque chose en échange de rien, mais comme symbole de beaucoup. J’accepte, c’est un bloc rare. (…)

Il me dit que je suis tenu de faire un chef d’œuvre. Comment le puis-je, je ne suis ni brillant ni génial.

« Qui crois-tu être si tu n’es ni brillant ni génial ? Nous sommes tous les enfants de la divinité. Jouer le rôle des incapables ne rend pas justice à notre créateur. Ce n’est pas bien de nous rabaisser, pour ne pas déranger ceux qui nous entourent. Nous sommes conçus pour briller comme le font les enfants. Nous devons afficher avec gratitude les dons reçus. Quand tu es brillant et génial, tu encourages les autres à l’être eux aussi. »… »

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Extraits de : « La nature exposée »  2017  Erri De Luca.

Illustrations : 1/« Marmolata dans les Dolomites »  Edward Théodore Compton  1849-1921   2/« Christ crucifié » (détail)  Diego Velasquez  1599-1660.

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Sculpter notre âme…

BVJ – Plumes d’Anges.

Approche…

lundi 3 juillet 2017

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« … DE L’ENCHANTEMENT.

Pierre Rabhi : Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant : « Ça, ça va changer la société. » La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion, pour devenir des éléments de référence permanents pour agir. Car on peut manger bio, trier ses déchets, recycler son eau, se chauffer à l’énergie solaire et exploiter son prochain. Ce n’est pas incompatible.

Nicolas Hulot : Je suis évidemment d’accord, mais crois-tu vraiment que l’éthique pourra un jour conditionner les décisions ?

Pierre Rabhi : Jusqu’à maintenant, on en a un peu trop fait fi. Nous avons certes encore un peu d’éthique dans le monde, et il existe encore des éléments modérateurs, sans quoi la planète serait à feu et à sang. Mais je n’ai pas envie de m’illusionner : il ne suffira pas de substituer un mode de vie, une technique ou une organisation sociale à d’autres pour que tout change. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience, et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver. Pour cela, l’appartenance à une religion, les incantations, les cérémonies et les rituels ne sont pas nécessaires. Il s’agit d’un état d’une nature simple. J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. Je suis relié, conscient et heureux de l’être…

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Pierre Rabhi : … J’ai tendance à croire que, face à l’immensité du mystère, notre raison d’être est l’enchantement. L’être humain amène une vibration spécifique qui n’existe apparemment que dans la nature et qu’il est seul capable de créer, bien que je n’aie aucune certitude quant aux capacités des autres créatures.

Quand tu es vibrant face à la beauté d’un arbre s’instaure en toi comme un fluide, une énergie qui te donne une fonction particulière, une sorte de jubilation qui transcende toutes les émotions. Tu ne peux t’accaparer ou convoiter l’arbre sans changer la nature de cette jubilation. Elle est probablement ce que nous pouvons produire de plus pur… »

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Extraits de : « Graines de possible »  2005  Entretiens de Pierre Rabhi et Nicolas Hulot.

Illustrations : 1/ et 2/(détail)  « Pèlerinage aux Cèdres du Liban »  Tivadar Kosztka Csontvary  1853-1919.

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Approcher la pureté de la beauté…

BVJ -Plumes d’Anges.

Bruit d’ailes…

mercredi 28 juin 2017

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« … Et un autre écrivain américain du XIXème ajoutait  :

« Tant qu’un homme reste fidèle à lui-même,

tout abonde dans son sens,

gouvernement, société, le soleil même, la lune et les étoiles. »…

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… Les grandes idées, on l’a dit, viennent dans le monde sur des pattes de colombe. Peut-être alors, si nous prêtions l’oreille, entendrions-nous, au milieu du vacarme des empires et des nations, comme un faible bruit d’ailes, le doux remue-ménage de la vie et de l’espoir. Les uns diront que cet espoir est porté par un peuple, d’autres par un homme. Je crois qu’il est au contraire suscité, ranimé, entretenu, par des millions de solitaires dont les actions et les œuvres, chaque jour, nient les frontières et les plus grossières apparences de l’histoire, pour faire resplendir fugitivement la vérité toujours menacée que chacun, sur ses souffrances et sur ses joies, élève pour tous. »

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Extraits de : « Discours de Suède – conférence du 14 décembre 1957 :

L’ARTISTE ET SON TEMPS »  Albert Camus  1913-1960.

Illustrations : 1/Étude de bras et de mains »  Evelyn de Morgan  1855-1919  2/« Femme et vases de fleurs »  Beatrice Whistler  1857-1896.

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Nous sommes tous riches des uns et des autres…

BVJ – Plumes d’Anges.

Percevoir…

lundi 26 juin 2017

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« Si chaque jour

tombe dans chaque nuit

il existe un puits

où la clarté se trouve enclose.

 

Il faut s’asseoir sur la margelle

du puits de l’ombre

pour y pêcher avec patience

la lumière qui s’y perdit. »

 

Extrait de : « La rose détachée et autres poèmes » Pablo Neruda  1904-1973.

Illustration : « Un rayon de soleil »  John White Alexander  1856-1915.

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Percevoir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Songe d’une première nuit d’été…

jeudi 22 juin 2017

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Utopie

« Le poète en des jours impies vient préparer des jours meilleurs.

Il est l’homme des utopies ; les pieds ici, les yeux ailleurs. »

Victor Hugo

 

« Le terme « utopie » a été créé par Thomas More en 1516 à partir du grec ou (privatif) et topos, « le lieu » : ce qui n’est d’aucun lieu, nulle part. Son ouvrage intitulé L’Utopie décrit la meilleure constitution d’une République. Pour le philosophe, l’utopie est en effet la description d’une société idéale. Déjà chez Platon, dans La République, on trouve une forme de pensée utopique. Ces utopies théoriques vous semblent-elles utiles, voire nécessaires ?

– Le constat que nous avons fait à maintes reprises est que la spécificité de notre espèce est de savoir l’existence d’un demain, donc de s’efforcer d’imaginer ce qu’il sera et, mieux, ce qu’il pourrait être. Prévoir, jouer les Cassandre, est s’abandonner à la fatalité, faire comme si demain était déjà écrit, comme s’il suffisait de l’attendre. Faire un projet, décrire un demain conforme à nos souhaits, c’est admettre, au contraire, que nous avons prise sur le passage d’aujourd’hui à demain, que nous pouvons orienter le cours des évènements. Une société sans utopies est une société passive, pas encore véritablement humaine. Toute communauté humaine se doit de proclamer son objectif et de commencer à prendre les moyens de s’en approcher.

Une utopie est une étoile lointaine vers laquelle on prend la décision de se diriger. Il ne s’agit pas de prétendre l’atteindre, mais d’être fidèle à l’attraction de sa lueur, même lorsqu’elle est à peine discernable dans le brouillard… »

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C’est à chacun de nous d’entretenir le feu de cette étoile lointaine, les petits changements journaliers, les défis même minimes que l’on se lance, les pensées bienveillantes que l’on envoie au monde, nos choix en matière de consommation, nos boycotts de ce qui pollue la société…  tout cela pourra orienter un lendemain meilleur.

À chacun son utopie, Albert Jacquard avait publié la sienne

Quelle serait la vôtre ?

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Extrait de : « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes » Albert Jacquard 1925-2013 (avec la participation d’Huguette Planes).

Illustrations : 1/« Geai des chênes, nid et œufs »  2/ »Nid et œufs du Busard des roseaux »  Jan Christiaan Sepp  1739-1811.

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Songer à songer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Trouées de lumière…

jeudi 15 juin 2017

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« … Les arbres étaient des chênes pour la plupart. Ils avaient été plantés, les premiers, dès l’époque de Louis XIV. À mesure qu’on avance dans les allées forestières, on découvre des alignements inattendus. Le désordre des troncs fait alors place, pour un instant, à une trouée rectiligne qui semble conduire jusqu’à l’horizon. Cette irruption de la volonté humaine dans le chaos de la nature ressemble assez à la naissance de l’idée dans le magma des pensées confuses. Tout à coup, dans les deux cas, naît une perspective, un couloir de lumière qui met de l’ordre dans les choses comme dans les idées et permet de voir loin. Dans les deux cas, ces moments lumineux ne durent pas. Dès que l’on reprend sa marche, dès que l’esprit se remet en mouvement, la vision disparaît, si l’on n’a pas pris garde de la fixer par la mémoire ou l’écriture.

Reste qu’avancer dans une telle forêt est un puissant stimulant pour la réflexion… »

Jean-Christophe Rufin – 2014 – Le collier rouge.

Tableau d‘Ivan Chichkine (1831-1898) « Fougères dans la forêt de Siversky ».

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Stimuler notre réflexion…

BVJ – Plumes d’Anges.

Visions…

jeudi 1 juin 2017

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« Pour faire une prairie,

il faut un trèfle et une abeille,

Un trèfle et une abeille,

Et de la rêverie.

 

La rêverie seule suffira

Si les abeilles sont rares. »

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La rêverie nous sauve en bien des occasions,

le tout est de l’appeler,

de l’attirer vers nous,

d’entretenir sa présence.

De vastes étendues apparaissent,

vivantes, lumineuses,

ainsi fleurissent les rêves,

ainsi naissent les prairies.

 

Poème d’Emily Dickinson 1846 – 1864.

Illustration : « Paysage du New-Jersey »  George Inness  1825-1894.

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Ne jamais oublier, la rêverie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Pays dorés…

lundi 29 mai 2017

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« … La recherche avait commencé et comme à chaque fois, Salvatore Piracci se dit à lui-même : « Quel étrange métier nous faisons. Nous voilà à la recherche de cinq barques dans l’immensité et pourquoi ? »

Au fond, ces histoires d’émigration et de frontières n’étaient rien. Ce n’était pas cela qui lui faisait quitter le port pour aller piocher dans la nuit la plus noire. À cet instant précis, il n’y avait plus de bâtiment de la marine militaire et de mission d’interception. Il n’y avait plus d’Italie ou de Libye. Il y avait un bateau qui en cherchait un autre. Des hommes partaient sauver d’autres hommes, par une sorte de fraternité sourde. Parce qu’on ne laisse pas la mer manger les bateaux. On ne laisse pas les vagues se refermer sur des vies sans tenter de les retrouver. Bien sûr les lois reviendraient et Salvatore Piracci serait le premier à réendosser son uniforme. Mais à cet instant précis, il cherchait dans la nuit ces barques pour les soustraire aux mâchoires de la nature et rien d’autre ne comptait…

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Aucune frontière n’est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s’arracher la peau pour quitter son pays. Et qu’il n’y ait ni fils barbelés ni poste frontière n’y change rien. J’ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l’on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes… »

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Les actualités, des images télévisées, on ne peut rester de marbre…

Aujourd’hui, les capitaux circulent librement mais sur notre globe,

des malheureux prennent des risques inouïs pour fuir une guerre, avoir un travail

et d’autres tentent de les sauver,

l’instinct nous portant heureusement à tendre la main !

Si plus d’équité et de justice étaient exercées en amont,

si ces penchants pour la domination étaient gommés

dès le plus jeune age à travers la planète,

ces Hommes ne quitteraient pas leurs lieux de naissance pour nos mondes « dorés »,

ils pourraient croire en la force de leur être, de leurs racines,

vivre dignement en toute liberté et non survivre ou disparaître,

l’Eldorado serait en eux…

Quelle chance nous avons de vivre dans nos pays dorés,

il faut vraiment en avoir conscience !

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Extraits de : « Eldorado »  2006  Laurent Gaudé.

Illustrations : 1/« Bateau et clair de lune »  2/« Voile jaune »  Odilon Redon  1840-1916.

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Souhaiter ardemment la vie et non la survie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Feu de la vie…

dimanche 14 mai 2017

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« … Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts. Pourtant à eux seuls, ils ne suffisent pas et nous nous égarons sur les landes désolées de la vie si nous n’avons rien d’autre que le bois d’un crayon auquel nous accrocher…

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Celui qui ne poursuit aucun rêve court un grave danger

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L’homme est une créature étonnante. Il lutte contre les puissances naturelles, triomphe de difficultés apparemment insurmontables, il est le seigneur de la terre et pourtant, il maîtrise aussi peu sa pensée que les gouffres qu’elle recouvre, qu’abritent ces abîmes, comment se forment-ils, et d’où nous viennent-ils, ces profondeurs obéissent-elles à des lois ou bien l’homme traverse-t-il la vie avec, au fond de l’âme, un périlleux chaos ?…

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… Vie, qu’es-tu donc ? Peut-être la réponse se love-t-elle au creux de la question, de l’étonnement qu’elle recèle. La clarté vitale s’affadit-elle pour se transformer en ténèbres dès-lors que nous cessons de nous étonner, de nous interroger et que nous envisageons la vie comme une banalité ?… »

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Extraits de : « Entre ciel et terre »  2007  Jon Kalman Stefansson.

Illustrations : 1/« Sibérie au mois de mars-Etude »  Witold Pruszkowski  1846-1896  2/« Coin de jardin »  Augustin Satra  1877-1909.

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Entretenir le feu de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ombre et lumière…

mercredi 10 mai 2017

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« …le monde le plus étrange n’est pas celui dans lequel nous vivons, mais celui que nous avons créé…

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… quand on comprend qu’on ne peut pas être détruit parce qu’on est fait de lumière, alors la peur est absente de nos vies…

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 « On ferme les yeux des morts avec douceur, c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants. »

Jean Cocteau

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L’ombre gagne du terrain parce qu’on parle moins de la lumière. La déprime a la cote, le trash bat les records d’audience, et si quelqu’un se trouve quelques charmes à la compassion, il passera pour un doux allumé. Voici la victoire paradoxale de l’ombre : le monde ne va pas plus mal qu’autrefois, il irait même plutôt mieux, mais personne n’est au courant. C’est plutôt malin, non ? On a même réussi à faire croire que le bonheur appartient aux riches et que cette richesse aux biens sans envergure est devenue un but honorable pour tous…

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cette question que chacun se pose : « Où allons-nous après la mort ? » n’est absolument pas la bonne. La question serait plutôt : « Qu’avons-nous à faire tant que nous sommes là ? »…

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Toutes les études menées récemment accréditent que le monde dans lequel nous vivons est en fin de course. Il nous faudrait retrouver au plus vite notre principe de base d’une vie où nous sommes une part de l’autre, tous en interconnexion. Quand les Occidentaux observent un tableau, ils décrivent le personnage central, mais quand les Orientaux prennent le relais, ils parlent du contexte tout autour. Pour que tout aille bien pour le groupe, il nous faudrait en tout domaine choisir des solutions qui tiennent compte de l’autre…

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L’évolution a commencé, mais elle est longue et lente, à la mesure de notre grande peur. L’après-vie appartient aux religions et notre vie corporelle aux médecins. Deux colossales maisons se partagent ainsi un pouvoir indiscutable et jamais remis en jeu sur la totalité de notre vie, et elles ont tout intérêt à ne jamais laisser passer des informations déstabilisantes, fussent-elles extraordinaires pour leurs disciplines. Entre les deux propriétaires, pas de lien, une hostilité même. Pour les religions, un corps impur, un fardeau qui doit disparaître ou nous perdre, pour les médecins, pas d’âme, des organes qui pensent...

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N’est-ce pas merveilleux de se dire que dépendre les uns des autres, c’est être un petit grain de sable qui a du pouvoir dans une grande immensité que nous pouvons faire briller ? Ce serait un peu comme chanter dans une immense chorale. Bien-sûr, on n’est qu’une voix. Mais ce chant qui s’élève, cette beauté qui fait pleurer et dont nous sommes une partie, n’est-ce pas l’essentiel ? Et savoir que les désirs les plus intenses qu’on peut éprouver peuvent soulever des montagnes ? Et se dire qu’on peut appeler un être de lumière pour être secouru, n’est-ce pas un bel espoir ?…

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Extraits de : « Les Brumes de l’apparence »  2014  Frédérique Deghelt.

Illustrations : 1/ « Ile de Rugen »  Carl Gustav Carus-Nobbin  1789-1869  2/Paysage du Japon (détail) – Peinture anonyme du XVIIème.

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Parler de la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.