Archive pour juin 2021

Précieuses pierres…

lundi 14 juin 2021

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Il est des paysages époustouflants qui nous transportent sous d’autres cieux.

Je vous parle là du col alpin de l’Izoard, lieu lunaire,

jardin de pierres qui nous donne l’illusion d’être à l’intérieur d’une estampe orientale.

Quand ce lieu s’offre au regard sans la moindre trace humaine, le cadeau est immense.

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Plus loin, une toute autre vision minérale en perpétuelle évolution,

la source pétrifiante de Réotier.

Une réceptacle d’eau claire surmonté d’une créature étrange semblant jaillir du sol,

l’effet est spectaculaire, la musique de l’eau douce à l’oreille.

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Continuons à pérégriner en bord de Durance, nous arrivons à

l’Abbaye de Boscodon,

lieu splendide à l’écart du monde.

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Les oiseaux et les chants des moines règnent en maitres.

À l’entrée un jardin de plantes aromatiques et médicinales,

il se réveille doucement, entretenu avec amour par Céline Soula.

Puis une rencontre,

celle d’un homme qui a trouvé sa vraie place dans la vie,

CedRouz,

il sculpte la pierre, semble faire corps avec elle,

explore inlassablement une mémoire ancestrale du monde,

ponce, affine la matière, l’étire, la creuse, la cisèle ,

elle devient aiguille ou dentelle… 

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Travail de funambule sur l’équilibre des forces,

les extrêmes y conversent et cohabitent dans une paix intense.

L’homme est paisible, il travaille dans ce lieu et le sable des torrents…

 

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Il écoute, partage ce qu’il ressent.

Il fut berger dans une ancienne vie entre le massif des Écrins et la montagne de Lure…

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Il a une formation d’architecte, nous parle de philosophie…

Il me semble que cela s’appelle une belle rencontre, merci la vie.

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« Une pierre pour oreiller

J’accompagne

Les nuages » 

– Taneda Shantoka –

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Photos BVJ.

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Retrouver notre chemin, pierre après pierre…

BVJ – Plumes d Anges.

Chef d’œuvre…

jeudi 10 juin 2021

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« … Le mot impossible n’existe plus… »

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… J’avais alors dépassé depuis 3 ans ce grand équinoxe de la vie qu’on appelle quarantaine. Cet age n’est plus celui des folles entreprises et des Châteaux en Espagne. Or au moment où mon Rêve sombrait peu à peu dans les brouillards de l’oubli, un incident le raviva soudain, mon pied heurta une pierre qui faillit me faire tomber. Je voulus voir de près, ma pierre d’achoppement ; elle était de forme si bizarre que je la ramassais et l’emportais ; je retournais le lendemain au même endroit et j’en trouvais de plus belles qui rassemblées sur place faisaient un joli effet, cela m’enthousiasma ; c’est alors que je me dis , : « Puisque la nature fournit les sculptures, je me ferai architecte et maçon (… )

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… C’est alors que le long charroi commença il dura 27 ans parcourant pendant tout ce laps de temps des dizaines de kilomètres en plus de ma tournée quotidienne, je remplissais mes poches de pierres puis ensuite, j’employais des paniers ce qui accrut ma peine, car j’avais une tournée de 32 kilomètres à effectuer chaque jour…

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… L’hiver comme l’été

Nuit et jour j’ai marché

J’ai parcouru la plaine les coteaux

De même que le ruisseau

Pour apporter la pierre dure

Ciselée par la nature

C’est mon dos qui a payé l’écot

J’ai tout bravé même la mort (… ) 

En cherchant j’ai trouvé

Quarante ans j’ai pioché

Pour faire jaillir de terre ce palais de fées… »

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« … Le soir à la nuit close

Quand le genre humain repose,

Je travaille à mon Palais.

De mes peines nul ne saura jamais… »

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C’est le travail d’un seul homme qui a traversé moult épreuves, son cœur a saigné, le destin s’est abattu sur lui mais il a résisté, il a transformé sa douleur en un chef d’œuvre d’amour.

Son courage, sa ténacité ont bâti un palais, il a laissé vivre et courir son imagination, lui qui parlait peu s’est exprimé dans une poésie totale et un siècle plus tard on vient toujours se substanter à sa source.

C’est une œuvre émouvante, une œuvre « habitée »,

qui nous transporte sur une haute rive,

c’est un rêve qui a vu le jour qui à son tour nous fait rêver…

Quand la terre et le ciel se rejoignent, quand modestie et humilité se donnent la main,

le grand Art advient et c’est nous qui sommes sans voix,

tout à notre admiration !

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Et un kilomètre plus loin, un autre petit édifice :

« … J’ai eu le bonheur d’avoir la santé pour achever ce tombeau appelé

« Le tombeau du silence et du repos sans fin »

à l’age de 86 ans… »

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Propos de Ferdinand Cheval extraits du cahier numéro 3

– Photos BVJ –

 Hauterives dans la Drôme – Le PALAIS IDÉAL du FACTEUR CHEVAL

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Faire preuve de résilience…

BVJ – Plumes d’Anges.