Archive pour décembre 2018

Fil lumineux…

lundi 3 décembre 2018

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 » …Sur la pointe des pieds

Inspiré, mieux que prophète. Tout d’instinct, mieux qu’illuminé.

Oh rien de tapageur, tout en hydroglisseur, pas de cris, pas de heurts. Ce ne sont que révélations en strates et, du regard jusqu’au cœur, tu récoltes et embaumes le chagrin, la vaillance et cueilles le nectar de l’Homme que tu croises.

Déchiffrer, lire les vibrations, les ondulations, tous les petits mouvements secrets de l’âme, la musique ou le chant enroué de l’enfance aimée ou malmenée. En sourdine toujours, sur la pointe des pieds, tu croises le souffle des mères angoissées, la dure loi des pères contrariés… Et dans l’œil vacillant quelques fois tu déniches la brèche par où les lourds sanglots triomphent des pudeurs.

C’est un talent bien délicat que d’être un traducteur des émotions cachées…

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… Brins de vie

Si notre vie, ses raisons d’être, ne tiennent qu’à un fil, alors au-moins qu’il soit d’or d’argent ou de platine, chaque brin tressé, heure par heure, avec un véritable amour d’orfèvre…

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… Le beau grand Nord

Curieux ces jours non inspirés où flotte la pensée comme un animal mort noyé dans un étang.

J’ai appris à attendre que revienne la vie. C’est plus fort qu’elle, il faut toujours qu’elle repointe son nez après s’être enfouie au plus profond de son terrier.

Là, en bon braconnier, tu la chopes au collet, cette vive belette qui ne supporte pas que l’on puisse entraver ses moindres libertés. Tu ne la lâches plus. Elle se débat, montre les dents, griffes dehors, nerveuse et agitée, ondulant de toute sa colonne vertébrale, puis file droit devant dès que tu la détaches.

Tu n’as plus qu’à la suivre en courant entre les noisetiers, les ronces, les sureaux, les bouleaux et les fraises des bois. Elle t’indiquera, chaque fois, même si tu la perds de vue, heureux et essoufflé, où se trouve le Nord, le beau grand Nord intact de tes désirs retrouvés… »

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Magnifique recueil de « billets » ! L’écriture de cet auteur est fort belle, ses Mots courent au fil des pages poétiquement et puissamment, ils nous ouvrent à un univers précieux et exigeant, simple et profond à la fois.

Un livre de chevet à lire et à relire, un opus à partager et à offrir…

Extraits de : « Des Mots de Contrebande, (Aux inconnus qui comme moi…) » 2018  Alain Cadéo.

Illustrations : 1/ « Champ enneigé au matin »  2/ « Fleur de camélia dans un vieux bol chinois »  John La Farge  1835-1910.

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Tisser le lumineux fil de notre vie…

BVJ – Plumes d’Anges.