Archive pour juin 2026

Amour des siens…

dimanche 28 juin 2026

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« … Ils fabriquaient des bateaux en bois de balsa, y ajoutaient des voiles faites de bouts de pantalons de pyjamas et de robes devenus trop petits. Alison, future ingénieure, s’intéressait plus aux bateaux qu’aux passagers. Ursula dessinait avec le plus grand soin les visages sur les bouchons et y collait des cheveux et des chapeaux. Même Toby, malgré son jeune age, participait. Chaque bonhomme-bouchon avait un nom…

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... Une fois les bonhommes-bouchons et leurs bateaux terminés, les enfants et Eleanor les emmenaient à un endroit qu’ils avaient repéré, suffisamment plat pour les accueillir tous les quatre, puis, un par un, ils posaient sur les eaux agitées les bateaux et leurs passagers attachés par des élastiques.

Au revoir, Crystal. Au revoir Rufus. À bientôt, Walt.

Ils étaient seuls maintenant et personne ne pouvait les aider au cours de leur périlleux voyage.

Tout comme les parents, se disait Eleanor en regardant dériver la petite rangée de bateaux qui s’éloignait dans le courant rapide. On mettait au monde ces précieuses personnes. On les couvait. Unique objectif impossible à atteindre: les empêcher de souffrir. Mais tôt ou tard il fallait laisser partir seuls les bonhommes-bouchons et alors on ne pouvait plus que rester sur la rive ou courir sur la berge en criant des encouragements et en priant pour qu’ils s’en sortent.

Les bateaux s’éloignaient en dansant. Eleanor et les enfants courait sur la rive moussue, suivant leur progression. Ils se dépêchaient pour rester à leur hauteur. Eleanor serrait la main de Toby. Toby, celui qui risquait de s’échapper et de s’attirer des ennuis plus vite que n’importe qui.

Le voyage n’était pas facile pour les bonshommes-bouchons. Certains bateaux dans lesquels les enfants les avaient installés se retrouvaient coincés dans les hautes herbes le long du ruisseau. D’autres disparaissaient sans laisser de traces. Si un bateau chavirait, qui portait à son bord un de ces précieux bonshommes-bouchons, Ursula (la plus théâtrale) poussait alors un cri perçant…

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… Il fallait laisser les enfants s’aventurer dans le monde. On ne retrouvait pas toujours la chaussure de Barbie. Les enfants devaient connaître la tristesse, sinon comment sauraient-ils réagir quand ils y seraient confrontés ? Les difficultés viendraient, quoi qu’on fasse. Le mieux c’était d’élever les enfants de sorte que quand ils rencontreraient des problèmes, comme cela ne manquerait pas d’arriver, ils parviennent à les dépasser.

Teach your children well.

Depuis qu’elle avait pleuré à cause d’une croûte de varicelle sur la tête de sa fille et de l’absence de cheveux à cet endroit, croyant que cet incident méritait le nom de déchirement, Eleanor avait appris au fil des années que les pires évènements, ceux qui faisaient vraiment mal, n’étaient presque jamais ceux qu’on craignait. Durant toutes ces années, personne n’était tombé sur les rochers au bord de la cascade. Cela ne s’était jamais produit, mais beaucoup d’autres choses étaient arrivées. Tant d’autres s’étaient effondrées. Tant d’autres étaient parties à la dérive. Tant d’autres s’étaient brisées. (…)

Finalement, on survit à beaucoup de choses. On en est transformé. Mais on continue… »

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Eleanor a vécu une enfance malheureuse : fille unique, non désirée par des parents alcooliques qui meurent dans un accident de la route quand elle n’a que seize ans. Elle écrit et illustre des histoires pour les enfants – son travail rencontre un franc succès – , décide d’acquérir une maison, en trouve une de taille modeste mais en pleine nature, au bout d’un chemin de terre, avec un grand terrain près d’une cascade.

Elle fait un jour la connaissance de Cam, artiste lui-aussi, un homme grand, robuste et doux qui ne voit de problème nulle part. Il vient habiter chez elle et ensemble, ils décident de fonder une famille. Arrivent Alyson, Ursula puis Toby… La vie est parfois difficile mais pleine de joies, de jeux, de fantaisies en tous genres. Un jour survient un accident qui pulvérise ce bonheur qu’elle croyait et voulait éternel.

Sur plus de six cents pages, l’auteure nous raconte l’histoire bouleversante de cette mère au courage inouï, son amour pour les siens est immense, il est son seul guide, elle est confrontée à l’incompréhension et à l’injustice, elle vit, encaisse, accepte, pardonne. Le rythme de l’histoire ne faiblit jamais, les personnages décrits avec moult détails, des sujets d’actualité abordés et traités avec beaucoup de bienveillance. C’est un magnifique roman dont le titre m’avait été soufflé par Véronique, je l’en remercie sincèrement.

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Illustrations : 1/ « La maison rose »  Johann von Tscharner  1886-1946  2/ « Mère et enfant »  Zinaïda Serebriakova  1884-1967  3/ « Petit étang »  Ivan Trush  1869-1941   4/ « Coucher de soleil »   Winslow Homer  1857-1942.

Extraits de : « Où vivaient les gens heureux »  2021  Joyce Maynard.

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Tenter d’accepter l’adversité quand elle frappe à notre porte…

BVJ – Plumes d’Anges.

Être rayonnant…

dimanche 21 juin 2026

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« … Voyageur, le chemin

C’est les traces de tes pas

C’est tout ; voyageur

il n’y a pas de chemin,

Le chemin se fait en marchant.

Le chemin se fait en marchant

Et quand tu regardes en arrière

Tu vois le sentier que jamais

Tu ne dois à nouveau fouler.

Voyageur, il n’y a pas de chemins,

Rien que des sillages sur la mer…

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Retrait de soi, le temps d’un souffle, le temps d’une prière…

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Prendre du recul sans s’égarer,

rester debout sur la rive,

observer puis détourner le regard, fermer les yeux,

sentir le monde qui bouillonne dans la tête, dans le corps, dans le cœur…

Inviter le silence,

n’accepter que le chant de l’oiseau, capter son message.

Revenir à soi, avancer à pas léger,

inspirer profondément l’air du matin, si bienfaisant,

souhaiter que les vents soient favorables,

accueillir la lumière et rayonner…

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… Tout passe et tout demeure

Mais notre affaire est de passer

De passer en traçant

Des chemins

Des chemins sur la mer. »

Extrait du poème « Des chemins sur le mer » d’Antonio Machado 1875-1939

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BVJ – Photos : Basilique Notre Dame de la Garde,

dite « La Bonne Mère » – Marseille – Juin 2026.

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Naviguer en pays de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cœur en repos…

dimanche 14 juin 2026

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« Au clair de lune

je laisse ma barque

pour entrer dans le ciel »

– Koda Rohan –

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Douceur de la brise sur la peau,

mes paupières se ferment lentement,

un repos salvateur m’envahit,

nul mouvement, immobilité parfaite.

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Je questionne la vie, ses ombres, ses lumières,

seul le silence me répond,

je sombre, le sommeil m’emporte.

Les rêves abondent,

des images défilent, tableaux insensés aux couleurs pâles ou tendres.

Au loin une musique, des notes cristallines, mélodieuses,

puis des oiseaux qui chantent,

des fleurs qui s’épanouissent.

Tout est doux, serein,

tout est promesse,

tout est guérison du monde.

Des formes qui s’enroulent, se déroulent, s’élèvent en une danse incroyable.

Des mains qui se tendent et se rencontrent, enfin !

Instant magique, la paix est là et la joie aussi…

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« Au fond de la brume

le bruit de l’eau –

je pars à sa rencontre »

– Ozaki Hôsai –

Illustrations : 1/ « Un chat sur un coussin »  Anonyme – 1884 – École française.  2/ « Motif de style préraphaélite »  1890.

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Ordonner nos folles pensées…

BVJ – Plumes d’Anges.

Source vive…

dimanche 7 juin 2026

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– « Primordial  chaos » –

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Œuvre énigmatique… Née près de Stockholm le 26 octobre 1862 dans une famille d’officiers de marine et de cartographes, Hilma af Klint est attirée très jeune par la Nature. À l’age de dix huit ans, la perte de sa petite sœur la marque profondément. Elle entre dans une école d’art puis, à l’age de vingt ans, est admise à l’Académie royale des Beaux Arts – fait rare pour une femme à cette époque-  où elle suit une formation classique.

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– « La Colombe 1 » –

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Elle s’intéresse au cosmos, à l’ésotérisme, aux enseignements des Théosophes, de Rudolf Steiner, des Rosicruciens, elle recherche l’unité originelle qui pourrait réunir féminin et masculin…

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– « L’Enfance » –

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Elle crée le Groupe des cinq, cinq femmes qui se réunissent régulièrement, prient et méditent ensemble, invoquent tour à tour les esprits (le spiritisme est en vogue avec les livres d’Allan Kardec, mais n’est pas toléré par les églises protestante et catholique), elles écrivent, dessinent et peignent ce qu’elles entendent.

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– « La Jeunesse » –

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L’ange Amaliel lui révèle sa mission de vie : elle doit réaliser un nombre important de toiles, les Peintures pour le Temple, – temple qui ne verra jamais le jour –  les peintures pour le futur…

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– « L’Age adulte » –

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Elle en peindra 193 entre 1906 et 1915, avec une pause de quatre années. Les dix plus grandes mesurent plus de 3 mètres sur 2, elles furent réalisées à la Tempera, à plat sur papier marouflé sur toile. Vous pouvez voir le premier retable —>

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– « La Vieillesse » –

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Hilma note tout sur des carnets, il y en aura 124 (26000 pages manuscrites), qui seront légués ainsi que 1200 peintures à son petit neveu Erik af Klint. Le testament indique que les œuvres marquées  + x  ne devront être vues et montrées dans un ordre très précis que 20 ans après son décès (celui-ci aura lieu le 21 octobre 1944). C’est une incroyable découverte pour sa famille qui ne connaissait d’elle que ses peintures classiques. Il faudra encore beaucoup d’années pour mettre à jour la totalité de cette œuvre hautement spirituelle, une fondation sera créée pour l’administrer, la première exposition aura lieu à Los Angeles en 1986.

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– « L’Arbre de la connaissance » –

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Tout a du sens, tout est symbole, les formes, les signes, le choix des oiseaux, celui des couleurs… On aimerait tout comprendre, j’avoue être fascinée par ce mystère. Une exposition se tient jusqu’au 30 août 2026 au Grand Palais à Paris, je n’ai pas eu l’occasion de m’y rendre mais j’ai beaucoup lu à son sujet et la chaine de télévision Arte nous offre un documentaire passionnant sur la double vie de cette grande artiste que vous pourrez visionner —>  ICI

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– « La Colombe 12 » –

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« Les peintures se sont peintes directement à travers moi, sans esquisses préliminaires et avec grande force. Je n’avais aucune idée de ce que les images allaient représenter, néanmoins je travaillais vite et avec assurance, sans changer aucun trait de pinceau. »

Hilma af Klint

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– « Point de vue de Bouddha sur la vie terrestre » – 

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Explorer encore et toujours pour tenter de comprendre…

BVJ – Plumes d’Anges.