Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

S’accorder au monde…

mercredi 20 janvier 2016

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« La joie n’est pas volontaire. Elle ne se décide pas, pas plus qu’elle ne se décrète. Il faut fuir comme la peste ceux qui en vendraient la recette. En revanche, la joie exige un climat favorable : un état d’esprit pareil à un état de grâce. Le climat favorable se favorise »…

Mathieu Terence – Petit Éloge de la joie.

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… L’amour ne se limite pas à la relation avec autrui. Le lien de communion ne se limite pas aux relations interpersonnelles. Les Grecs évoquaient l’idée de « s’accorder au monde » de manière harmonieuse. Ne pas être à contretemps. S’inscrire dans la ronde de la vie. Participer à une symphonie, sans être l’instrument dissonant. S’accorder au monde, c’est entrer en résonance avec nos proches, la cité, la nature, le cosmos. C’est refuser de détruire la planète et de la piller, c’est entretenir des relations respectueuses avec tous les êtres sensibles. C’est, fondamentalement, mener une vie éthiquement juste, mais plus encore, c’est vibrer dans la joie de se sentir en harmonie avec ce qui nous entoure. Toute expérience de la beauté recèle cette faculté. Contempler une œuvre d’art qui nous émeut, s’arrêter devant la perfection de la nature nous relient à ce quelque chose qui nous dépasse et nous pousse de la sorte à transcender notre moi. La contemplation nous grandit, elle fait émerger la partie la plus noble de nous-mêmes… »

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Extraits de : « La puissance de la joie » 2015  Frédéric Lenoir.

Tableau: 1/« Jeune fille en contemplation »  Gaston de la Touche 1854-1913   2/« Brume et glacier de la chaîne de Selkirk »  Frédéric M.Bell-Smith 1846-1923.

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Rechercher l’état de grâce…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nourriture céleste…

lundi 11 janvier 2016

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« Par d’aussi menues Courtoisies

Une fleur, ou un Livre

Se plantent les graines de sourires –

Qui dans l’ombre fleurissent. »

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« La Pensée est calme comme un Flocon

Une explosion silencieuse

Écho de la Vie qui a trouvé

Son explication. »

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Quatrains d‘Emily Dickinson 1830-1886.

Illustrations : 1/« Hellébores » Magazine botanique de William Curtis 1746-1799 2/« Temple sous la neige à Hirazumi »  Kawase Hasui 1883-1957.

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Songer à nourrir son âme…

BVJ – Plumes d’Anges.


Histoire de regard…

jeudi 7 janvier 2016

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« Si tu ne vas pas dans les bois,

jamais rien n’arrivera, jamais ta vie ne commencera.

– Ne va pas dans les bois, disaient-ils, n’y va pas.

– Et pourquoi donc ? Pourquoi n’irais-je pas ce soir dans les bois ? demanda-t-elle.

– Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi. Ne va pas dans les bois, n’y va pas.

Bien sûr, elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils l’avaient dit, elle rencontra le loup.

– On t’avait prévenue, fit le chœur.

– C’est ma vie, pauvres noix, rétorqua-t-elle. On n’est pas dans un conte de fées. Il faut que j’aille dans les bois. Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais.

Mais le loup qu’elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup.

– Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme il se doit.

Car ainsi font les loups dans ce type de contes.

– Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ? interrogea-t-elle – c’était son rôle de poser les questions. Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d’os ?

– La question n’est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole. Et il se remit à gémir et à crier :

Oh, là,là ! aïe, aïe, aïe !

Belle dame

Il n’y a qu’une question qui vaille

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

– C’est bien, le loup. Je prends le risque. Allons-y ! Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu’elle pansa avec des herbes et des plantes.

– Oh, merci aimable dame, merci dit le loup, soulagé.

Et, parce qu’elle avait lu trop de contes d’un certain type, le mauvais, elle s’exclama :

– Allons, finissons-en. Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne fit-il pas. Pas du tout. Il posa la patte sur son bras.

– Je suis un loup qui vient d’ailleurs, un loup qui vient d’un autre temps, dit-il. Et il s’arracha un cil, puis le lui offrit en disant : – Sers-t’en avec discernement. Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l’est guère ; il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.

Tu m’as permis de vivre

Et pour cela

Je t’offre de vivre ta vie

comme jamais tu ne le fis.

Souviens-toi, belle dame,

Il n’y a qu’une question qui vaille

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Ainsi revint-elle au village

Ravie d’être encore en vie

Et cette fois, quand ils disaient

« Reste ici, marions-nous »

Ou « Fais ce que je te dis »

Ou « Dis ce que je te dis de dire,

Surtout n’aie aucun avis »

Elle portait à son œil le cil du loup

Et voyait à travers lui

Leurs véritables motivations

Comme elle ne l’avait jamais fait.

Alors quand le boucher

Posa la viande sur la balance

Elle vit qu’il pesait son pouce avec.

Et quand elle regarda son soupirant

Qui soupirait « Je suis parfait pour toi »

Elle vit que ce soupirant-là

N’était même pas bon à quoi que ce soit.

De sorte qu’elle fut à l’abri

Sinon de tous les malheurs du monde

Du moins d’une grande partie.

Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois, mais son cœur ne connut plus de limites, car elle regardait tout un chacun et l’évaluait grâce au don du loup qu’elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vraie

Et elle s’en approcha,

Elle trouva le compagnon

De sa vie et resta près de lui,

Elle distingua les êtres de courage

Et d’eux se rapprocha,

Elle connut les cœurs fidèles

Et se joignit à eux,

Elle vit la confusion sous la colère

Et se hâta de l’apaiser,

Elle vit l’amour briller dans les yeux des timides

Et tendit la main vers eux

Elle vit la souffrance des collets montés

Et courtisa leur sourire,

Elle vit le besoin chez l’homme sans parole

Et parla en son nom

Elle vit la foi luire au plus profond

De la femme qui la niait

Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout

Avec son cil de loup,

Tout ce qui était vrai,

Tout ce qui était faux,

Tout ce qui se retournait contre la vie

Et tout ce qui se tournait vers la vie,

Tout ce qui ne peut se voir

Qu’à travers le regard

Qui évalue le cœur avec le cœur

Et non à la seule aune de l’esprit.

C’est ainsi qu’elle apprit que ce que l’on dit est vrai : le loup est le plus avisé de tous. Et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu’il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante. Non pas « Où est le prochain repas ? », ni « Où est le prochain combat ? », ni « Où est la prochaine danse ? »

mais la question le plus importante

pour voir à l’intérieur, pour voir derrière,

pour estimer la valeur de tout ce qui vit,

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Où est l’âme ?

Où est l’âme ?

Va dans les bois, va.

Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n’arrivera,

jamais ta vie ne commencera.

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va. »

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Extrait de « The Wolf’s Eyelash », poème en prose de C.P.Estès. cité par Clarissa Pinkola Estès dans « Femmes qui Courent avec les Loups » (ré-édition de 2001).

Illustrations : 1/« La fillette que j’ai laissée derrière moi »  Jonathan Eastman Johnson 1824-1906  2/« Perce-neige dans une forêt »  Josef Lauer 1818-1881.

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Se poser la bonne question…

BVJ – Plumes d’Anges.


Voeu de joie…

mardi 22 décembre 2015

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« Dès que la joie se lève, tout s’élargit. Notre respiration se fait plus ample, notre corps, l’instant d’avant replié sur lui-même, n’occupant que sa place ou son coin, tout à coup se redresse et vibre de mobilité, nous voudrions sauter, bondir, courir, danser, car nous sommes plus vifs dans un plus vaste espace, et le défilé resserré de notre gorge devient le gué du cri, du chant, du rire déployé. Rire ou pleurer, rire en pleurant, pleurer en riant, qu’importe ! c’est la réponse au même excès de ce qui vient. Notre visage s’ouvre et notre regard s’éclaire. Qu’est-ce qui vient ? L’à venir. Mais il n’est pas seulement projeté, calculé, anticipé, imaginé, il surgit ici et maintenant, et c’est parce que cet ici et ce maintenant ne sauraient être ponctuels que tout s’élargit.

(…) La joie ne forme pas un état, mais un acte et un mouvement, une inchoation vive. Cet acte est l’acte commun de l’homme et du monde, il ne peut être rabattu et mis en boîte dans la psychologie ni dans une pensée du « sujet ». La joie en effet donne de l’espace, du champ et du jeu, être joyeux, c’est être au large dans le grand large du monde soudain révélé comme tel, et l’épreuve de la joie est toujours une épreuve de l’espace en crue. Espace du soi, espace du monde ? Espace intérieur, espace extérieur ? Le propre de la joie est de rendre cette distinction caduque, c’est d’être indivisément une épreuve du soi et une épreuve du monde. Nul ne l’a mieux dit que Baudelaire, dans ces vers du « Balcon » :

« Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées

Que l’espace est profond ! que le cœur est puissant ! »

C’est seulement quand l’espace s’approfondit que le cœur se renforce, et c’est seulement quand le cœur se renforce que l’approfondissement de l’espace nous est donné à voir et à vivre… »

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TRÈS BELLES FÊTES DE FIN D’ANNÉE À TOUTES ET À TOUS,

QUE DES MILLIERS D’ ÉTOILES BRILLENT DANS LE MONDE

ET QUE LA JOIE ILLUMINE NOS CŒURS !



Extrait de : « La joie spacieuse » 2007 Jean-Louis Chrétien.

Illustrations : 1/ Photo BVJ (étoile peinte par Amélie Jackowski) 2/« Anges divertissant le divin Enfant »  Marianne Stokes 1855-1927.

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Faire vœu de joie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cri du coeur…

samedi 19 décembre 2015

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« Tu ne peux pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de ta tête,

mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux. »

Proverbe chinois.

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« …Pourquoi t’es partie, mon chaton. À quelle horreur future t’es-tu soustraite ?

Quand je vois ce qui attend ce monde de merde, entre trahison politique, catastrophe

écologique et pauvreté de masse, je me dis que oui, on peut se dire que tu as été bien

inspirée de quitter le navire ; mais quand je vois n’importe quel

soleil sur n’importe quel pétale, ou n’importe quel gars qui tient la main de n’importe

quelle fille, je me dis que non, franchement, fallait rester dans la vie…

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… Dans les jours d’après, nous distribuerons tes soixante-dix-sept peluches, une par une

ou deux par deux, à des fossés dans les campagnes, à des clairières, à des rochers.

C’est joli, ces ours, ces lapins, ces petits chats abandonnés sur les tapis de mousse,

prenant la pluie sous les marguerites… »

Extrait de: ‘« Camille, mon envolée » 2015  Sophie Daull.

Peinture : détail de « La Sainte Famille »   Adam Ehlsheimer 1578-1610.

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Étoiler notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de la réalité…

jeudi 3 décembre 2015

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« … La beauté n’est pas une fantaisie, elle possède le sens éternel de la réalité. Les faits

qui causent l’abattement et le tristesse ne sont qu’une brume, et lorsqu’à travers cette

brume la beauté perce ça et là, nous comprenons que la paix est vraie et non le conflit,

que l’amour est vrai et non la haine et que la vérité est l’unité et non la multitude

disjointe… »

Extrait de : « La religion du poète » Rabîndranâth Tagore 1861-1941.

Tableau : « Lettre de Papa »    Philip Hermogenes Calderon 1833-1898.

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Se faire chercheur de beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Temps pluvieux…

lundi 30 novembre 2015

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« Adossé à un chêne liège,

Je descendais quelques arpèges

En priant Dieu, Bouddha, que sais-je,

Est-ce-que tu penses à nous un peu ?


Le monde est aux mains des stratèges

Costume noir, cravate beige

Ou turban blanc comme la neige

Qui jouent de bien drôles de jeux.


Il y a dans nos attelages

Des gens de raison, de courage,

Dans tous les camps de tous les âges,

Dont le seul rêve est d’être heureux.


On a dressé des cathédrales,

Des flèches à toucher les étoiles,

dit des prières monumentales,

Qu’est-ce-qu’on pouvait faire de mieux ?


Êtes-vous là, êtes-vous proche

Ou trop loin pour entendre les cloches

Ou gardez-vous les mains dans les poches

Ou est-ce vos larmes quand il pleut ?


D’en-haut de vos très blanches loges

Les voyez-vous qui s’interrogent,

Millions de fourmis qui pataugent

La tête tournée vers les cieux ?


Sommes-nous seuls dans cette histoire,

Les seuls à continuer à croire,

Regardons-nous vers le bon phare

Ou le ciel est-il vide et creux ?


Adossé à un chêne liège

Pris comme dans les fils d’un piège

Je descendais quelques arpèges

Je n’avais rien trouvé de mieux.


Où êtes-vous dans l’atmosphère,

On vous attend, on vous espère,

Mais c’est le doute et le mystère,

Que vous m’aurez appris le mieux.


Adossé à un chêne liège

Je descendais quelques arpèges

Par un après-midi pluvieux


Je descendais quelques arpèges

Par un après-midi pluvieux. »

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« Le Chêne liège » Chanson de Francis Cabrel.

Illustrations : 1/ « Arbre » Karl Ludwig Frommel 1789-1863  2/ « Quercus macrocarpa » Pierre-Joseph Redouté 1759-1840.

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Trouver et exprimer le mieux de soi…

BVJ – Plumes d’Anges.







Harmonisation…

samedi 14 novembre 2015

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« … Je passe mon temps, du matin au soir, à lever les yeux pour admirer les montagnes,

à baisser le chef pour écouter les sources, à tourner mes regards en tous sens, vers les

bambous, les arbres, les nuages et les rochers : de l’aube au crépuscule, je n’y puis

suffire et n’ai pas un moment de libre ! Puis soudain, la magie du paysage opérant sur

nos souffles vitaux, le corps se met au diapason et le cœur à l’unisson : après une nuit,

j’ai le corps tout dispos, après deux nuits, j’ai le cœur en paix ; après trois nuits, j’ignore

par quel mystère, je me sens comme flottant sans attache… »

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Extrait de : « Ma cabane de chaume sur le mont Lu »  Bai Juyi 772-886.

Illustrations : 1 « Éruption d’un geyser en Islande en 1834 » Frederik Theodor Kloss 1802-1876   2/« Chaine de montagnes »  Albrecht Altdorfer 1488-1538.

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Harmoniser notre univers…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’habiter…

samedi 31 octobre 2015

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« … Depuis le travail jusqu’à la consommation, ce n’est qu’une fuite en avant perpétuelle, où le bonheur est toujours pour demain. Il faut aller de l’avant, comme on dit, anticiper, se préparer à l’avenir… Et chacun court ainsi après sa propre mort. Être présent à la présence, ce serait plutôt apprendre à s’arrêter parfois, à regarder le temps passer, à contempler ce qui est plutôt qu’à imaginer ce qui sera… C’est pourquoi il est urgent de revenir à la présence : parce qu’il est urgent de revenir à l’être, au réel, à ce que j’appellerais « le présent du monde » – au double sens du mot « présent », qui désigne à la fois ce qui est actuel et ce qui est donné, la présence et le cadeau. Eh bien voilà : le plus beau cadeau, c’est la présence elle-même… »

Extrait de : « Le présent du monde » – Propos d’André Comte-Sponville recueillis par Sophie Pierron-Rigal.

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« … Partout où l’énergie est suramplifiée, où elle est intentionnellement manifestée dans le but d’être remarquable – et remarquée – il y a dysharmonie naturelle. La véritable présence, celle qui existe de tout temps et en tout, ne crée d’excès en rien. Elle reste invisible et cela seul peut générer l’harmonie. Une présence qui n’est pas parfaitement intégrée à la vie courante, et produit des effets remarquables, ne représente pas la vraie sagesse de la vie. Elle n’est pas non plus, ce me semble, ce que la vie nous demande. Nous n’avons pas à suivre la voie du saint, mais à savoir être présent, tout simplement. Et c’est si rare !… »

Extrait de : « Le point focal » – Propos de Richard Moos recueillis et traduits par Claire Lévi.

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« … Vivre l’instant présent ne peut se réduire à la mise en œuvre d’un procédé pratique consistant à limiter l’attention à ce qui se fait sur le moment. Il est certes important de ne pas se laisser encombrer par le poids du passé ou les soucis de l’avenir, mais cette démarche ne permet un véritable épanouissement que si elle ne se limite pas  à des préceptes négatifs (ne pas penser au passé, au futur). Pour s’épanouir, l’homme a besoin de trouver le sens de ce qu’il fait, un sens positif qui met en valeur une raison profonde. Sinon, le risque est grand d’une application volontariste (et donc superficielle) de stratagèmes qui n’apportent pas de réelle paix en profondeur.

La paix intérieure est une paix intériorisée ; elle est la conséquence d’un regard sur l’essentiel ; vivre l’instant présent, c’est ouvrir les yeux du cœur à une autre dimension ; à chaque instant, heureux ou triste, quelle qu’en soit l’efficacité apparente et les remous ou les envolées, il est toujours possible de regarder, plus en profondeur, une Présence qui murmure « amour ». C’est cet amour, lumière sur le vécu, qui apporte la paix, la joie, l’émerveillement… »

Extrait de : « Le présent est présence » Propos de Jean-François et Liliane Vézin.

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Ouvrage collectif 2001 -« L’art de vivre au présent » sous la direction d’Eric Le Nouvel.

Illustrations : 1/« L’esprit de la rose » 2/« La nymphe Écho » (étude)  John William Waterhouse 1849-1917.

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S’habiter véritablement…

BVJ – Plumes d’Anges.


Vrai visage…

mardi 27 octobre 2015

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« … Quelque part, mon vrai visage m’attend…

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… Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés…

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… Qu’est-ce qui importait dans une prière, dire ou se faire écouter ?…

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… « Tout a un sens. Tout est justifié. »

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… Ma conception du voyage avait changé : la destination importe moins que l’abandon. Partir, ce n’est pas chercher, c’est tout quitter, proches, voisins, habitudes, désirs, opinions, soi-même. Partir n’a d’autre but que de se livrer à l’inconnu, à l’imprévu, à l’infinité des possibles, voire même à l’impossible. Partir consiste à perdre ses repères, la maîtrise, l’illusion de savoir et à creuser en soi une disposition hospitalière qui permet à l’exceptionnel de surgir. Le véritable voyageur reste sans bagage et sans but…

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… -Y a-t-il un désert dans ton pays ?

– Non.

Choqué Abayghur me dévisagea.

– Vraiment ?

Comme je secouais la tête en signe de confirmation, il soupira.

– Alors comment fais-tu ?

Je saisis sa question, elle signifiait : comment fais-tu pour réfléchir ? La vie intérieure se fortifie du vide extérieur. Là-bas, parviens-tu à te sentir libre ? La nature t’impressionne-t-elle par sa puissance ? La contemples-tu ? L’admires-tu ? À quel endroit vénères-tu sa pureté ? Trouves-tu ta place dans un univers exclusivement humain ? N’étouffes-tu pas parmi ces millions de gens et d’objets ? Où te réfugies-tu lorsque tu veux te retirer, te réjouir d’exister ?

En réponse, je lui désignai le ciel…

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… Parce qu’il n’avait pu s’empêcher de vilipender les religieux, elle lui avait voler dans les plumes. J’avais assisté à leur dispute sans intervenir… Depuis ma nuit pourtant, j’aurais du me sentir proche de la croyante et m’opposer à l’athée militant. En fait, je ne me retrouvais en aucun des deux : ils se cramponnaient à des solutions simples, croire, ne pas croire, montrant un appétit suspect d’opinions catégoriques. Ni l’un ni l’autre ne supportaient le cheminement, le doute, l’interrogation. En affirmant leur choix, ils ne voulaient pas penser, mais en finir avec la pensée. Ils ne désiraient qu’une chose : se délivrer du questionnement. Un souffle de mort figeait leur esprit… »

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Extraits de : « La nuit de feu » 2015 Eric-Emmanuel Schmitt.

Illustrations : 1/« Nébuleuse de la Lyre » (détail)  2/« Nébuleuse de la Carène » (détail)   Images Hubble.

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S’abandonner pour se découvrir…

BVJ – Plumes d’Anges.