Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

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lundi 25 avril 2016

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« … Un jour, posséder les mots, savoir dire ce que tu éprouves, savoir parler aussi bien qu’il parle. Semaine après semaine, tu t’éloignes de l’enfant que tu fus, de ce temps où vivre n’était qu’insouciance, crédulité, confiance, bonheur d’appartenir sans réserve à l’instant…

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… Toujours en toi cette nostalgie de tu ne sais quoi, ce besoin incoercible d’une vie dégagée de toute entrave, une vie libre et riche, vaste, intense, une vie où ne règneraient que bonté, compréhension et lumière.

Ce que balbutie ta voix intérieure et qui, dans ce profond silence, prend un tel relief et une telle autorité, tu le consignes dans un cahier, et ainsi passes-tu des heures à aligner des phrases, réfléchir sur un mot, sonder ces énigmes que sont la vie et la mort. En fin d’après-midi, quand tu as écrit une ou deux pages, tu te sens pacifiée, et ce qui initialement te paraissait placé sous le signe du négatif se présente sous un tout autre aspect… »

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Extraits de : « Lambeaux » 1995 Charles Juliet.

Tableaux : 1/« Nocturne en bleu et or-Southampton »  James Abott Whistler 1834-1903  2/« Scène de ballet »  Ernst Oppler 1867-1929.

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Tempérer l’extérieur, épurer l’intérieur de notre être…

BVJ – Plumes d’Anges.

Semaisons…

jeudi 21 avril 2016

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« … Elle lève les yeux vers les branches au-dessus d’elles. Elle se lève tout à coup. Elle tend les mains vers les branches. Elle secoue une branche. Elle fait tomber les vieux fruits et les graines. Elle sort son mouchoir de la poche de sa veste, le déplie, y dépose les graines. Elle les rapportera chez madame Ladon, dans le jardin de Saint-Enogat. Elle les enterrera à son retour dans le jardin. Quand le printemps reviendra elles germeront.

Puis elle en plante en secret sur la lande. C’est ainsi qu’elle se passionne pour les fleurs et les buissons et que toute la lande devient son jardin. Toutes ses randonnées poussent  autour d’elle. « Je passerai par ici. Je passerai par là. Je penserai à ici. Je penserai à là. Je possèderai un peu de la beauté d’ici. Je possèderai aussi un peu de la beauté de là. » Toutes ces beautés seront vivantes. Toutes les choses belles vivent. Elle se disait : « Les choses vivantes sont toujours des souvenirs. Nous sommes tous des souvenirs vivants de choses qui étaient belles. La vie est le souvenir le plus touchant du temps qui a produit ce monde. »… »

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Extrait de : « Les solidarités mystérieuses » 2011 Pascal Quignard.

Illustrations : 1/« Jeune femme et buisson fleuri » 2/« Jeune fille et marguerites » Winslow Homer 1836-1910.

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Ensemencer notre quotidien de belles graines de vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Drôle de monde……

jeudi 14 avril 2016

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« … Partons de l’équation du nénuphar telle que l’expose Albert : « On plante un nénuphar dans un grand lac. Ce nénuphar a la propriété héréditaire de produire chaque jour un autre nénuphar. Il se trouve qu’au bout de trente jours, la totalité du lac est recouverte par les descendants du premier nénuphar et que l’espèce entière meurt étouffée, privée d’espace et de nourriture.

Question : Après combien de jours les nénuphars ne couvraient-ils que la moitié du lac ?

Réponse : Non pas quinze jours, comme pourraient le penser un peu hâtivement l’élève distrait et l’énarque arrogant, mais bien vingt-neuf jours, c’est-à-dire la veille de l’échéance fatale, puisque la surface envahie double à chaque jour. Ce qui veut dire que l’apocalypse peut être plus proche qu’on ne l’imagine. »

Cette petite fable illustre le phénomène de la croissance dans un milieu fermé et a pour objet de bien mettre en évidence qu’une croissance de la production et de la consommation, souvent souhaitée par nos gouvernants, si elle venait à se perpétuer, constituerait un danger pour nous compte tenu de la limitation des ressources de la planète et de sa capacité à absorber nos déchets.

« Si nous étions l’un de ces nénuphars, à quel moment aurions-nous conscience que l’on s’apprête à manquer d’espace, sachant qu’au bout du vingt-cinquième jour le nénuphar ne couvre que 3,12% de la surface de l’étang ? » demande encore Albert Jacquard. « Pourquoi nous inquiéter, alors que nous avons ce comportement depuis plus de trois semaines et que 97% de la surface du lac est encore disponible ? » répondent en chœur les élèves de CM2 et les princes qui nous gouvernent. Nous n’imaginons probablement pas la catastrophe qui se prépare et pourtant nous sommes à moins d’une semaine de l’extinction de l’espèce… Si l’on s’en inquiète le matin du trentième jour, on s’entendra sans doute répondre par le destin, comme le met en scène Dario Fo dans une pièce sur le changement climatique* : « Trop tard, bande d’imbéciles ! » Et même si un nénuphar particulièrement vigilant commençait à s’en préoccuper le vingt-septième jour et lançait un programme de recherche de nouveaux espaces, et que le vingt-neuvième jour, trois nouveaux lacs étaient découverts, quadruplant ainsi l’espace disponible ? Eh bien, l’espèce disparaîtrait au bout du… trente-deuxième jour ! On aurait fait que du développement durable alors qu’il fallait faire de la décroissance !… »

* L’Apocalisse rimandata, overro Benvenuta catastrofe, Guanta, 2008.

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Extrait de : « Réinventons l’humanité » 2013  Albert Jacquard (1925-2013) -Hélène Amblard- Postface de Serge Latouche.

Illustrations : 1/« Nymphéa tetragona »  Kawahara Keiga 1786-1860  2/« Planche des nénuphars-La plante et ses applications ornementales » (détail)  Maurice Pillard Verneuil 1869-1912.

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Réfléchir et vivre le monde autrement…

BVJ – Plumes d’Anges.

Félicité…

jeudi 7 avril 2016

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« Je sais par avance qu’il se moque de ce que je vais écrire. Ces choses ne le concernent pas : l’encre, sa fourrure en est imprégnée ; le papier, il le froisse en marchant ; quant à la plume d’or, sa double lame étincelle dans ses yeux. Les mots, il les connaît par cœur, son ronronnement les récite. Sa mémoire est vaste et ténébreuse, et son regard parfois devient insoutenable à force de fixité et de précision : il sait voir l’infini de face. Tandis que nous autres, intelligents bipèdes tourmentés, allons maladroitement sur la terre, en nous demandant ce que nous sommes venus y faire, en étudiant le mouvement des astres et en nous inquiétant de quelque souterraine patrie perdue, lui trouve sa place tout de suite : il se met en boule près de la cuisinière, s’allonge sur le lit, ou prend ses aises entre les fleurs dans le jardin. Il sait des choses et se tient là, tranquille, impénétrable : il a compris, sans doute, au cours d’une autre vie plus vaine, que ce monde-ci vaut la peine d’être vécu, avec ses papillons, ses souris, ses petites filles qui rentrent de l’école et ses pelotes de ficelle ; rien ne sert de se casser la tête ni de se plaindre. Cette conviction lui est si intime que sa personne entière la répète ; de la griffe à l’oreille, il ne dit qu’une seule chose : le mystère chatoyant d’être là. »

« Le mystère d’être là »   Jean-Michel Maulpoix – Texte inédit extrait de « Chat Plume » 1985  Marcel Bidiaux et Catherine Jajolet.

Illustration : « Chat »  Kishida Ryusei 1891-1929.

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Être soi…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cosmos…

lundi 4 avril 2016

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« … Une géorgique de l’être contemporaine, autrement dit une culture de soi qui emprunte ses modèles à l’agriculture, permettrait d’envisager un genre de construction de soi tel un beau jardin – Francis Bacon raconte dans l’un de ses Essais combien il tient le jardin en haute estime philosophique. Un genre de jardin épicurien où l’on trouve nourriture spirituelle, matérielle, corporelle, esthétique, où le potager, le coin des simples, celui des fleurs, offrent de quoi manger, se soigner, prévenir la maladie et se réjouir l’âme du spectacle et du parfum des roses ou des œillets. (…) Un rapport sain, apaisé, joyeux, courtois avec soi, les autres et le monde. Voilà vers quoi devrait tendre toute culture. Autrement dit : sortir de la nature qui nous arraisonne à la brutalité, à l’instinct, aux pulsions, mais toutefois conserver autant que possible la vitalité, la santé, le mouvement de toute nature en nous. Dompter l’animal sauvage sans le détruire, le conduire vers la sublimation de ses forces primitives. Sortir du monde des puissances aveugles de la bête et entrer dans l’univers policé des humains sans oublier notre fond commun avec le primate…

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… On jardine l’âme comme on nettoie son jardin et ce qui se remarque dans l’un comme dans l’autre s’y trouvera volontairement ou par défaut. Si l’on n’y prend garde, et qu’on ne travaille pas, les mauvaises herbes poussent, puis envahissent la parcelle – de terre ou d’âme…

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…  Nous sommes dans un temps qui nous fait être ce que nous sommes et contre lequel nous ne pouvons donc rien. Il faut en faire son deuil et vivre avec – il faut, comme le dit la sagesse populaire, être philosophe. En revanche, ce sur quoi on a du pouvoir, il faut le vouloir. Il existe donc ds possibilités de construire un contre-temps comme antidote au temps mort dans lequel beaucoup survivent. Un temps où il faut être philosophe, mais au second sens du terme, autrement dit, non pas en supposant avec dignité ce qui advient et contre lequel on ne peut rien, mais en voulant ce qu’on fait advenir et qui nous crée. Obéir au cosmos quand on ne peut lui désobéir ; et agir sans lui, mais pas contre, quand on peut, selon les mots de Nietsche, se créer liberté

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… La vérité du monde se trouve moins dans le livre* qui dit le monde que dans le monde – qui peut dire dieu, certes, mais un dieu qui est soit l’autre nom de la nature, soit la force qui la rend possible…

* la Bible

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… La vraie religion est celle qui nous ramène aux éléments, la véritable prière, celle qui nous restitue notre liaison à la nature, la véritable expérience mystique , celle qui, païenne, nous remet à notre place authentique : non pas le centre, mais le fragment, non pas l’axe du monde, mais la partie infime, non pas l’ego, mais le cosmos. Cette toile fonctionne comme un manifeste pour cette religion païenne qui fait de la nature non pas une création de Dieu, mais la divinité elle-même, une divinité immanente, matérielle, concrète…

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… Se remettre au centre de soi pour y trouver la puissance d’exister afin de la sublimer… »

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Extraits de : « Cosmos » 2015  Michel Onfray.

Illustrations : 1/Fleurs et eau”  Sakai Hoitsu 1761 – 1828  2/« Panier de fleurs » Peinture anonyme de la période Edo.

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Rechercher sa vraie place en harmonie avec le cosmos…

BVJ – Plumes d’Anges.

Renouveau…

samedi 26 mars 2016

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« … Comme cela pouvait être merveilleux, une surprise ! D’abord, c’est quelque chose comme un miracle : tout ce que l’on prévoit est aboli, tout devient possible. Et puis, c’est aussi un cadeau, quelque chose qu’un autre a préparé pour vous, en pensant à vous, en se cachant de vous…

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… Les vieilles habitudes sont comme une rigole creusée par l’eau, et qui, ensuite, en dirige le cours ; et l’on répète les mêmes erreurs…

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… Quand on veut changer, il faut changer sans retard, et trancher dans le vif…« 

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Extrait de : « Rencontre »  Jacqueline de Romilly 1913-2010.

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Du nouveau, du renouveau, de la lumière, du partage, des surprises…

C’est le souhait que j’envoie vers toutes et tous…

Illustrations : 1/« Construction de la Lettre E  »  Joris Hoefnagel 1542-1601  2/« Le souper à Emmaüs » (détail)  Jacopo Bassano 1510-1592.

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Inviter les œufs du renouveau à notre table…

BVJ – Plumes d’Anges.

Plumes de vie…

dimanche 20 mars 2016

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« De l’Être il est un Oiseau

Tout pareil au Duvet

Qu’un Vent Léger met à flot

Sur – les Cieux Universels –


Il monte – et vire – et tournoie –

Rivalise avec les Nuages

Par son vol fluide – égal – éblouissant –

Les Oiseaux n’en diffèrent pas –


Sinon qu’un Sillage de Musique

Accompagnent leurs ailes –

Comme si le Duvet émettait un Chant –

Pour l’Extase – même »

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Poème 653 – Emily Dickinson 1830-1886.

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C’est une lumineuse et incroyable semaine qui s’annonce :

aujourd’hui est le PRINTEMPS (qui ponctue celui des poètes ), l’ÉQUINOXE de printemps,

suivront une pleine LUNE avec ÉCLIPSE pénombrale,

puis la fête de PÂQUES, fête de la RENAISSANCE,

le CHANGEMENT d’heure…

Quel BEAU temps, que de magnifiques PROMESSES,

sentez-vous cette ÉNERGIE nouvelle qui nous inonde ?

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Illustrations : 1/« Coucou bleu, Cardinal, Dominicain huppé et Manackins à tête d’or et à tête blanche »  Carlo Antonio Taineri 1765-1826  2/« Branche de fleurs de pommier » (détail)  Zhao Chang XIIème siècle.

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Renaître à la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

La vie, l’amour…

lundi 14 mars 2016

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« … Guy coiffe les cheveux de Gaby. Ils sont si fins, si fragiles, il a peur de les abîmer, les effleure à peine avec la brosse, juste assez pour les lisser. Quand ils sont bien en place, il demande si elle veut mettre une barrette pour retenir sa mèche. Elle veut bien. Il cherche sa préférée, celle avec la grande fleur blanche. Un camélia, c’est ça ? Elle rouspète. Mille fois qu’elle lui répète : gar-dé-nia. Il n’arrive pas à s’en rappeler. Voilà, elle est prête. Il lui sourit. Elle voit dans ses yeux qu’il la trouve belle. Depuis son retour, il ne lui apporte plus son miroir, prend un air vague, dit qu’il l’a égaré à chaque fois qu’elle le réclame. Elle pense qu’il l’a cassé et ne veut pas l’avouer. Comme un petit garçon qui a peur de se faire gronder, il ment. Un peu. Pas trop. Enfin, juste assez. Pour le miroir, ça ne la gênerait pas d’apprendre qu’il est en mille morceaux, au contraire. Depuis quelque temps, ça ne lui plaît plus de se regarder dedans. Il a dû prendre l’eau, ou le fond s’est gondolé, en tout cas, elle ne se reconnaît pas dans son reflet. Dans les yeux de Guy, au moins, elle est toujours Gaby. Il ne s’arrête pas à la surface. Comme ce miroir de pacotille. Il plonge la chercher là où elle se cache, l’éclaire de son amour…

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… Et puis, il y a eu le moment magique. Celui où il s’est assis dans le fauteuil et où il s’est rendu compte que c’était la première fois de sa vie qu’il donnait le biberon à un bébé d’un jour. Qu’il pouvait le regarder, lui parler tout bas sans personne autour. Juste lui et l’enfant… Bonsoir, petite demoiselle… tu te rends compte, déjà ton anniversaire… un jour tout rond… mais dis donc, tu écoutes bien, toi… ah mais oui, c’est nouveau tous ces sons, ça t’intéresse… tu es drôlement mignonne, tu sais… mais oui… et voyez-vous ces p’tites mains… qu’est-ce-qu’elles sont fines, tes p’tites mains… ces longs doigts de pianiste… et ces p’tits pieds, mais comment c’est possible, d’avoir des pieds si petits, si parfaits, si mignons, dis-moi voir, comment c’est possible, ça, ma princesse…« 

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Extraits de : « Et puis, Paulette… » 2012  Barbara Constantine.

Illustrations : 1/« Femme âgée dans un châle fleuri »  Luigi Gainotti 1859-1940   2/« Vierge au Lys » – détail – William Adolphe Bouguereau 1825-1905.

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Vivre, les yeux du cœur grands ouverts…

BVJ – Plumes d’Anges.

Souffle…

jeudi 3 mars 2016

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« … Un adage tibétain dit : »Vous qui avez la chance de prendre forme humaine, ne perdez pas votre temps. » Cette formule choc peut nous faire intimement méditer sur notre destinée avec de très anciennes questions qui se révèleront d’actualité tout au long de notre vie : qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Pour quelle tâche ? C’est là un mystère permanent. Nous avons endossé un vêtement de chair qui, sans le souffle qui l’anime en permanence, n’existerait pas : privés du va-et-vient d’air en nous, nous mourrons en peu de minutes. Respirer est le fondement de l’existence.

La méditation sur le souffle devrait donc être centrale dans nos vies. (…) Les sagesses orientales, qu’elles soient hindoues, bouddhistes ou taoïstes, ont remarqué par leur expérience multi-millénaire de la pratique de la méditation, que l’acte même de discipliner et rythmer sa respiration, permet de discipliner et de calmer le chaos présent en nous.

Il suffit de faire un exercice simple pour s’en rendre compte : s’asseoir sur une chaise, le dos droit, les pieds bien à plat sur le sol, les mains posées sur les cuisses. Fermer les yeux, observer et sentir sa respiration : la plupart du temps elle se trouve réduite à un fil ténu, une sorte de respiration de survie. Doucement, agrandir alors chaque inspiration et surtout, chaque expiration ; on nous a appris à gonfler nos poumons, mais pas du tout à expirer lentement tout l’air qu’ils peuvent contenir. On continue ainsi cet exercice plusieurs minutes durant. Et là, après un bref moment de calme initial, on s’aperçoit que notre mental reprend son agitation : préoccupations diverses, conversations eues ou rêvées, images multiformes… envahissent à nouveau notre cerveau et tout notre champs de conscience. Au point que nous en oublions que nous respirons ! Dès que nous reprenons en revanche, conscience de l’acte de respirer et que nous le poursuivons volontairement, cette agitation psychique obnubilante et tournoyante, se calme. Les maîtres du zen comparent d’ailleurs cette posture de méditant (car c’en est une, même s’il vaudrait mieux être assis sur un coussin le dos droit, les jambes croisées par terre), à une montagne environnée de nuages épais qui sont nos pensées, et la respiration au vent puissant qui va permettre de disloquer ce tissu nuageux et faire, petit à petit, réapparaître le ciel bleu… de la conscience… »

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Extrait d’un article de Marc de Smedt dans le numéro 3 du magazine Canopée – 2005.

Illustrations : 1/« Étude de nuages (détail) » John Constable 1776-1837 2/« Jungfrau » Albert Bierstadt 1830-1902.

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Avoir conscience du souffle de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Pensées magiques…

lundi 29 février 2016

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« … Je me plais à croire qu’il y a entre les livres et leurs lecteurs, entre les livres et les voyages qu’ils accompagnent, certaines affinités, une forme d’élection à laquelle il n’est pas superflu de se rendre sensible. Il m’a toujours semblé que ces livres-là, ceux qu’en fait on ne choisit pas, savaient venir d’eux-mêmes, qu’ils savaient choisir le moment où ils seraient le mieux lus et qu’on y trouvait le plus souvent, non pas une inspiration, ni même une nouveauté mais bien plutôt une confirmation qui devient un peu comme, à travers les lignes et selon un sens qui échappe, une exhortation à aller de l’avant… »

Extrait de : « L’écriture de l’ailleurs » – 2009 Albéric d’Harvilliers.

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Je me plais à croire qu’il y a,

dans tous les domaines de la vie,

des évènements qui viennent à nous d’eux-mêmes,

juste au meilleur moment,

ils nous donnent la foi nécessaire pour suivre notre route…

Le monde est si beau, ne nous faut-il pas être simplement observateurs et confiants ?

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Illustrations : 1/« Pauvre poète »  Carl Spitzweg 1808-1885  2/« Carte du monde (détail) »  Fra Mauro XVème siècle.

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Croire en une magie de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.