Trésor des choses simples…

15 septembre 2015

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« … Ils tiennent les rênes – ou tout au moins le croient-ils – de la culture, de la politique, de l’industrie, de la finance, de je ne sais trop quoi. Ils ont propension à s’afficher, à pérorer, à trahir, à commander, à soumettre. Mais le plus important, ils l’ont oublié. La mort rôde autour d’eux comme une guêpe.

À leur conversation monstrueuse, je préfère celle des bois, des nuages, des enfants. J’y vois plus de clarté et, surtout, plus de bonté. Ce monde est mort car ils ont piétiné tout amour. Je préfère de loin l’amour de ma grand-mère pour ce Dieu auquel je ne crois pas, que toutes les paroles des hommes qui suscitent les guerres, la haine et le combat. La parole de la lumière sur le mur de la grange est chargée d’amour, cela suffit à la vie invisible que je mène. Mon esprit ne réclame aucune autre nourriture que celle des choses simples, bienfaisantes. C’est une leçon de cette femme du bout du monde.

Combien les Grandes choses ont raison de se tenir aux lisières, dans la belle lumière des sous-bois. Ce qui est grand ne se montre pas. Ce qui ne se montre pas est éternel…

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… Comme tout un chacun, j’aurai passé ma vie à chasser la souffrance. La souffrance est une sotte chose qui vous prend à la gorge et ne vous lâche pas. Si j’ai écrit des livres, quelques poèmes, c’est pour qu’elle s’en aille très loin de moi, qu’elle laisse enfin la place à cette vie paisible que nous n’atteignons jamais. La vie paisible n’est pas la monotonie. Elle est la très haute clairvoyance…

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… Une passante me visite chaque jour, frappant doucement à la fenêtre sans s’arrêter jamais. Elle ne cesse d’être là, de s’absenter aussi, d’aller infiniment. Son nom est lumière. Elle est une mendiante qui ne réclame rien mais donne tout. Je lui suis redevable des trésors que la vie m’apporte. Mon bien est maigre : un étroit jardin sous un pan de ciel, quelques arbres, des essaims d’oiseaux, une solitude inépuisable. Il conviendrait de jouir de plusieurs vies pour venir à bout de cette immense chose qui ne s’attarde pas : la grâce, la grâce est une épée de lumière.

Souvent, je m’en vais très loin, emportant son visage avec moi… »

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Extraits de : « Rumeurs du silence » 2012  Joël Vernet.

Tableaux : 1/ « Nuit d’été »  Kitty Lange Kielland 1843-1914   2/ »Portrait d’enfant »  Lilla Cabot Perry 1848-1933.

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Emprunter des chemins de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lumière intérieure…

13 septembre 2015

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Dans le brouhaha ambiant,

faire le calme à l’intérieur de soi,

cultiver cette vibration comme une fleur rare…

Être de plus en plus nombreux à désirer vivre cet état,

ainsi cette onde bénéfique opèrera un changement de monde…

Laisser tomber les vieilles querelles et les vieilles chimères,

regarder plus loin, plus haut,

être vivant,

se souvenir,

créer en nous une lumière nouvelle qui illuminera,

une source nouvelle qui abreuvera…

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Illustrations : 1/« Éclipse totale de soleil observée au Wyoming le 29 juillet 1878 » dessin d’ Etienne Léopold Trouvelot 1827-1895   2/« La jeune fille aux cygnes » conte d’Elena Nyblom illustré par John Bauer 1882-1918.

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Calmer l’esprit, créer une nouvelle résonance…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’unifier…

9 septembre 2015

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« … Je ne m’étais pas trompé. Il se passe quelque chose d’énorme dans le ciel, dans ces petits cerveaux de quelques grammes qui traversent l’espace comme des flèches, dans tout ce grouillement d’ailes qui ébouriffent l’atmosphère.

Les hirondelles se préparent à migrer.

En apparence, elles continuent à mener leur vie habituelle. (…) C’est encore l’été. Mais, le jour suivant, tout cet incroyable affolement reprend de plus belle. De nouveaux vols, plus grands, se recomposent, en formations effilochées dans le ciel, pour attirer les autres hirondelles encore isolées. Mais aussitôt après ils se disloquent à nouveau, en quelques instants chacune prend une direction différente. Mais plus haut, encore plus haut, d’autres vols se forment. Et puis d’autres encore. Jusqu’à ce que l’on voie soudainement les premiers grands nuages démesurés grouillant d’hirondelles trissantes qui se lancent dans ce voyage fou dont elles ne connaissent même pas la destination.

Elles l’ont compris bien avant tout le monde, là-haut, que quelque chose avait changé sur la terre, qu’il se passe quelque chose d’énorme, que l’été se termine, que d’ici peu le ciel et la terre ne seront plus les mêmes, que commenceront l’automne, l’hiver…

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… « Comment savoir si au-dessus du ciel il y a un autre ciel ? je suis en train de me demander, assis devant le précipice. Du moins celui qu’on voit d’ici, de cette gorge, au dessus de cet agglomérat de maisons et de ruines abandonnées. Comment savoir si la lumière n’est pas elle-aussi à l’intérieur d’une autre lumière ? Et quelle lumière ça peut bien être, si c’est une lumière qu’on ne peut pas voir ? Si on ne peut même pas voir la lumière, qu’est-ce qu’on peut voir d’autre ? Comment savoir si la matière dont se compose l’univers, tout du moins le peu qu’on réussit à percevoir dans l’océan de la matière et de l’énergie noire, n’est pas à l’intérieur d’une autre matière infiniment plus grande, et si la matière et l’énergie noire ne sont pas à leur tour à l’intérieur d’une obscurité infiniment plus grande ? Comment savoir si la courbure de l’espace et du temps, si courbure il y a, si espace il y a, si temps il y a, ne sont pas eux-aussi à l’intérieur d’une courbure plus grande, un espace plus grand, un temps plus grand, qui vient avant, qui n’est pas encore venu ? Comment savoir pourquoi ça s’est arrangé comme ça, dans ce monde ? (…) Parfois je pense qu’il y n’a plus de vivants dans le reste du monde. Mais il y en a. Parce que, aujourd’hui après midi, quand il faisait encore jour, levant tout à coup les yeux, j’ai vu que le bleu limpide était traversé de bout en bout par une bande blanche parfaitement droite qui s’étendait dans le ciel, que traçait un avion si loin qu’on ne l’entendait même pas vrombir dans la vastitude de l’espace…

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… »Et puis un jour une autre petite lumière s’allumera juste à côté… », je me surprends à penser. « Il y aura alors deux petites lumières et non plus une seule. Et je les regarderai d’ici et je me dirai : voilà, cette terrible solitude est terminée. L’expiation est terminée! »… « 

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Extraits de : « La petite lumière » 2009  Antonio Moresco.

Illustrations : 1/ et 3/  d’un Conte d’Hans Andersen 2/ du conte « Bill the Minder » William Heath Robinson 1872-1944.

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Retrouver et laisser briller toutes nos facettes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Derniers instants…

7 septembre 2015

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Princes et princesses baillent et s’étirent…

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D’autres expositions se préparent…

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Les rideaux vont se fermer…

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La musique fut fort belle…

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L’artiste tire sa révérence…

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Derniers instants… MAIS  bonne nouvelle :

l’exposition Canaletto  à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence

joue les prolongations jusqu’au 20 septembre,

si vous passez par là, précipitez-vous vers ce lieu magique,

je vous l’avais présenté —> ICI !!!

Photos BVJ

Tableau : « Le retour du Bucentaure à la jetée du Palais Ducal » (détail)  Giovanni Antonio Canal dit Canaletto 1697-1768.

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Profiter de chaque instant…

BVJ – Plumes d’Anges.


Secrète splendeur…

4 septembre 2015

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« … Là le ciel s’emplit de musique.

Là il pleut du nectar.

Là les cordes de la harpe vibrent et les tambours battent.

Quelle secrète splendeur est là dans ce château du Ciel.

Là il n’est plus question ni du lever ni du coucher du soleil.

Dans l’océan des révélations qu’est la lumière de l’amour, le jour et la nuit ne font qu’un.

Joie à jamais : ni douleurs, ni luttes.

Là j’ai bu, remplie jusqu’au bord, la coupe de la joie, de la joie parfaite… »


Extrait de : « Poèmes de Kabir »  Rabîndranâth Tagore 1861-1941.

Illustration : « Glacier des Alpes autrichiennes » 1900 Alois Hans Hubner.

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Communier avec la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Etrangetés…

1 septembre 2015

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Quand deux cerveaux se rencontrent…

– « Ce que j’admire le plus dans votre art » dit Albert Einstein, « c’est votre universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant, le monde entier vous comprend. »

– « C’est vrai », réplique Chaplin, « mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend ! »

Illustration : « Figure des corps célestes » Enluminure extraite du livre « Cosmographia »  Bartolomeu Velho XVIème.

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S’interroger…

BVJ – Plumes d’Anges.



Réaliser…

28 août 2015

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« … Je n’aime pas Fouquet du début de son existence jusqu’à son emprisonnement. Cet « honnête homme malhonnête » me déplaît dans ses outrances, ses manigances, ses orgueils, ses mondanités et son désir de paraître. Mais le ciel avait un plan pour lui et Fouquet l’a compris : il a dû faire tout cela, le château de Vaux-le-Vicomte, les intrigues à déjouer, les après-dîners secrets, les pots-de-vin à toute heure, les jets d’eau et les feux d’artifice nocturnes, les tapis de Turquie, les cuirs de Cordoue et les lits de brocart parsementés d’or, pour aller tout droit vers sa fin. Il a dû traverser les splendeurs illusoires pour toucher à la vérité profonde. Il a dû vouloir les plaisirs corsetés pour connaître la souffrance qui libère. Il a dû être un géant pour n’être plus rien. D’autres que lui font ce chemin à l’envers et perdent ce qu’ils avaient gagné au début…

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… Ceux qui se sentent étrangers sur terre en sont les vrais habitants…

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… L’étrangeté de la vie est pour moi un moins grand mystère que le mystère de ceux qui ne s’étonnent pas de l’étrangeté de la vie…

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… Soudain, papa s’agenouille devant un landau dans lequel s’est redressé un bébé joyeux. La maman n’est pas étonnée de voir papa, le visage rempli de bonheur, babiller quelques mots à l’enfant qu’il interroge d’un sourire de lumière. Le poupon lui répond d’un sourire plus lumineux encore. La maman dit merci, comme si le bon Dieu en personne la visitait. Et moi, je regarde cela furieux, piétinant sur place comme un diable authentique, tellement en colère de voir ce que je n’ai pas eu de ma vie, ce que je n’ai jamais vécu, ce que mon père ne m’a jamais donné. L’enfant s’en va et ses petits yeux soyeux dardent des rayons multicolores. Papa se retourne vers moi. Il lui reste sur le visage un peu de son sourire de lumière et je comprends soudain. Sans rien me dire, il m’a montré devant ce bébé joyeux comment il m’a aimé, avant, au début, et comment il regardait le petit garçon que je fus et qui ne peut s’en souvenir. Je me dis alors qu’il m’offre du passé perdu, papa. Je me dis qu’il ouvre une fenêtre du temps pour que j’inspire tout l’oxygène dont la suite de ma vie aura besoin. Mon père irréversible m’offre le plus beau des cadeaux et je me souviens qu’à cet instant-là, quand je comprends cela, l’émotion me coupe l’âme en deux parties égales, nuit noire et éblouissement.

Montreurs d’exemples, faiseurs de miracles, retournez vite au ras de mon enfance, allez me le chercher tout en bas, ce petit papa que je n’ai pas fini de serrer contre moi… »

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Extraits de : « Devance tous les adieux » 2015 Ivy Edelstein.

Illustrations : 1/« Le triomphe de la Loyauté – Chambre des Muses – Château de Vaux-le-Vicomte »  Charles Le Brun 1619-1690  2/« L’artiste danois Pietro Krohn et son fils Mario »  Albert Edelfelt 1854-1905.

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Nous sommes tous « accompagnés »…

BVJ – Plumes d’Anges.

Grand Jeu…

26 août 2015

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« Tout est là. Tout commence avec la Nuit étoilée. Ce que tu cherches au plus obscur, ce que tu cherches sans chercher. Ce qui te traverse. Un abandon au monde. Et peut-être même un abandon de l’abandon. Tout est là. La nébuleuse spirale, les onze étoiles centrifuges et le croissant de soleil-lune, vestige d’éclipse, bouche de blessure-joie. Tout est là. Avec cette formidable force de réenchantement. Écoute. C’est la vie même, qui veut la nuit comme le jour. C’est la vie comme une naissance continue. Combien de naissances dans une vie ?…

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… On sait que l’on aime à la profondeur du souffle. La même demande, le même besoin du souffle de l’autre. La nuit étoilée, la lune, l’éclipse, une trinité d’amour. Avec cette émotion de la nuit en plein jour. Écoute. Tu entres dans la nuit en plein jour. Tu entres dans la mort en pleine vie. Le labyrinthe t’interroge à tout instant. C’est le mystère d’une apparition qui est une disparition. Le mystère d’un affleurement. Tu tires la leçon de vie de ce qui te bouleverse. Il y a avant, il y a après. Tu sais quelque chose que tu ne savais pas avant. Tu repars de zéro, tu décantes. C’est une éclipse interne, le moment d’une éclipse interne, la fêlure qui peut devenir gouffre mais qui permet de s’ouvrir au monde. Dans une souffrance bien tempérée. Pourquoi, au fond, la souffrance serait-elle dramatique ? Pas de clé à l’énigme, là, on retourne à ce que l’on est. C’est-à-dire rien. Pulvérisé à nouveau. Poussière d’anges ou d’étoiles, ou d’asphalte. Le Grand Jeu. Le Grand Tourbillon. Nourri de ne plus rien savoir, de ne plus penser à soi. La clé, alors, ce serait de remercier. Dire merci à tout, même à l’épouvantable, dans une fulgurante attention…

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… Écoute, l’aube n’a plus de mémoire, et le soleil a oublié ses souvenirs. C’est un monde absolument neuf… »

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Extraits de : « Le battement du monde » (à propos de l’œuvre de Van Gogh « La Nuit étoilée ») 2002  Zeno Bianu.

Illustrations : 1/« Vues de phénomènes atmosphériques » Josef Gabriel Frey 1791-1884  2/« Arc en ciel-La chronique de Nuremberg »  Michael Wolgemut 1434-1519.

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Naître et renaître à soi-même…

BVJ – Plumes d’Anges.

Interrogation…

23 août 2015

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« … « Il faut épouser son temps », avait un jour lancé le peintre Daumier à Ingres.

« Et si le temps a tort ? » lui avait répliqué le néo-classique… »

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Citation extraite de : « Les quatre saisons de l’été » 2015  Grégoire Delacourt.

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Tableaux : 1/« La baigneuse »  Jean-Dominique Ingres 1780-1867  2/« La nuit, sur un pont »  Honoré Daumier 1808-1879. 

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Prendre du recul…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin de lumières…

20 août 2015

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 » … C’est certainement parce que l’écriture est un art léger que les hommes ont eu l’idée d’utiliser la plume de l’oiseau pour tracer les lettres sur le papier ou sur le parchemin. La « plume » du stylo en garde le souvenir. Lorsque j’entends déclarer que ceux qui boudent l’ordinateur en sont à « l’âge de pierre », modernisme oblige, je me dis que je préfère rester à « l’âge de plume » et écrire d’une main ailée…

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… La page blanche ne me fait pas peur, elle m’invite plutôt à une extrême délicatesse : l’art d’écrire ne consiste pas à « noircir » des pages, mais à y déposer des signes, des lueurs, telles les traces que les oiseaux laissent sur la neige…

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… Tout réside dans l’intention et dans l’orientation de celui qui écrit, peint, danse ou joue d’un instrument de musique…

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… Face à cet idéal, à cette utopie de fraternité sociale, de fraternisation des peuples que dément en permanence la réalité des guerres, je crois à la fraternité spirituelle parce qu’elle se réfère à une origine divine, à une Lumière ou à un Amour qui est notre véritable parenté. Quels que soient leur pays, leur langue ou leur religion, les personnes qui ont l’expérience de l’intériorité se comprennent et s’accordent sans même avoir besoin de parler, parce qu’elles sont reliées par le Haut…

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… Ce qui demeure précieux, dans toute relation, dans toute rencontre, c’est l’altérité : il ne peut y avoir dialogue véritable si on reste entre soi, si on ne fait pas la place à l’autre. L’accord et l’harmonie sont à ce prix…

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… Consoler un ami lors d’une épreuve, ce n’est pas le plaindre et l’enfermer dans son chagrin, ni le rassurer en lui donnant de bonnes raisons d’aller mieux. C’est d’abord faire acte de présence, être là auprès de lui, avec ou sans paroles, mais d’une présence totalement aimante. Et lorsque le moment vient, c’est le relier à une force qui le dépasse et qui vient de l’Esprit. Il y a un temps pour prendre l’ami affligé dans ses bras , et il y a un temps pour le relever et le consolider. J’aime bien l’adage qui énonce que « l’ami, c’est celui  qui te rappelle ta lumière lorsque tu l’as perdue ». Cette lumière, c’est d’abord celle de l’espérance… « 

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Extrait de : « Sois comme un Roi dans ton cœur » 2015   Jacqueline Kelen.

Illustrations : 1/« Oiseaux et balustrade »  Melchior de Hondecoeter 1636-1695   2/« Madonne du Magnificat » (détail) Sandro Boticelli 1445-1510.

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Voler plus haut…

BVJ – Plumes d’Anges.