Chaleur…

12 juillet 2015

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« Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

Le jour est brûlant comme un fruit

Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude

Et miroite dans l’air où rôde

Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l’eau pleut

Sur tout le pays jaune et bleu

Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre

S’élance de la forêt ivre,

Des blés roses comme du cuivre. »

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« Chaleur » – Extrait de : « L’ombre des jours »  Anna de Noailles 1876-1903.

Illustrations : 1/« Fleur de soleil » 2/« Vague féminine »    Katsushika Hokusaï 1760-1849.

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De l’eau pour apaiser le feu…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rêves d’eau…

8 juillet 2015

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« … Devant l’eau profonde, tu choisis ta vision ; tu peux voir à ton gré le fond immobile ou le courant, la rive ou l’infini ; tu as le droit ambigu de voir ou de ne pas voir ; tu as le droit de vivre avec le batelier ou de vivre avec « une race nouvelle de fées laborieuses, douées d’un goût parfait, magnifiques et minutieuses ». La fée des eaux, gardienne du mirage, tient tous les oiseaux du ciel dans sa main. Une flaque contient un univers. Un instant de rêve contient une âme entière… »

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Extrait de : « L’eau et les rêves-Essai sur l’imagination de la matière »- »   Gaston Bachelard 1884-1962.

Tableaux : 1/« La cascade de Tivoli »  Jean-Charles Joseph Rémond 1795-1875  2/« Vue ouest de la cascade de Tivoli »  Johann Martin von Rohden 1778-1868.

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Bien choisir sa vision du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.



Sublime rafraîchissement…

3 juillet 2015

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« Pour vous remercier de m’avoir fait connaître cette poésie Tsu-Kia-Lang,

je vous envoie ces quelques feuilles de thé,

elles proviennent du monastère de la Montagne Ou-ï.

C’est le plus illustre thé de l’Empire

comme vous en êtes le plus illustre lettré.

Prenez délicatement un vase bleu de Ni-tting.

Remplissez-le d’eau de neige recueillie au lever du soleil

sur le versant oriental de la montagne Sou-chan.

Placez ce vase sur un feu de brindilles d’érable

ramassées sur de la mousse très ancienne,

et  laissez-l’y jusqu’à ce que l’eau commence à rire.

Alors, versez-la dans une tasse de Thuen-tcha

où vous aurez mis quelques feuilles de ce thé,

recouvrez la tasse d’un morceau de soie blanche tissée à Houa-chan,

et attendez que se répande dans votre chambre

un parfum comparable à celui d’un jardin de Foun-lo.

Portez la tasse à vos lèvres, puis fermez les yeux.

Vous serez dans le Paradis. »

Extrait de : « La Flûte de Jade »  Ouang-Tsi 723-757 – Traduction de Franz Toussaint.

Tableau : « Femme en blanc » Jan Theodoor Toorop 1858-1928.

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Se rafraîchir…

BVJ – Plumes d’Anges.


Ressources naturelles…

28 juin 2015

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Quand l’actualité se fait terrifiante,

il faut se ressourcer auprès de la Nature,

respirer profondément,

ouvrir grand les yeux,

marcher joyeusement,

toucher les arbres,

écouter les oiseaux,

se recentrer,

laisser monter l’inspiration, la force,

pour apaiser le cœur de la Terre…

même un citadin peut aller vers un jardin public et se nourrir de ses vibrations.

Tableau : « Les Dômes de Yosémite » Albert Bierstadt 1830-1902.

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Puiser à une source naturelle…

BVJ – Plumes d’Anges.

Choeur de l’aube…

24 juin 2015

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« L’oiseau du matin chante.

Comment sait-il que l’aurore va poindre, alors que le dragon de la nuit enlace encore le ciel de ses replis glacés et noir ?

Dis-moi, oiseau du matin comment, au travers de la double nuit du ciel et des arbres, il trouva son chemin jusque dans tes rêves, le messager qui surgit de l’Orient ?

Le monde ne pouvait te croire lorsque tu t’es écrié : « Il vient, le soleil, et la nuit n’est plus. »

Ô dormeur, éveille-toi !

Découvre ton front, dans l’attente du premier rayon béni de lumière, et chante avec l’oiseau du matin en joyeuse ferveur. »

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Extrait 25 de « La Corbeille de fruits »  Rabîndranath Tagore 1861 – 1941.

Illustrations : 1/« Portrait d’un musicien (détail) » Il Pordenone 1484-1539  2/« Trois oiseaux verts sur un Erable » Watanabe Shotei 1851-1918.

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« Ô dormeur, éveille-toi ! »…

BVJ – Plumes d’Anges.


« Quelque chose »…

22 juin 2015

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« … Heidegger qui parlait par symboles, m’avait montré sur sa table de travail, à côté de l’image de sa mère, un vase effilé, transparent, d’où émergeait une rose. À ses yeux, cette rose exprimait le mystère de l’étant, l’énigme de l’Être.

Aucune parole ne pouvait dire ce que disait cette rose : elle était là, simple, pure, sereine, silencieuse, sûre d’elle-même, en un mot : naturelle, comme une chose entre les choses, exprimant la présence de l’esprit invisible sous la matière trop visible…

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Pourquoi l’univers a-t-il été créé ? qu’est-ce qui a poussé le Créateur à engendrer l’univers tel que nous le connaissons ? Essayons de comprendre : avant le Temps de Planck, rien n’existe. Ou plutôt c’est le règne de la Totalité intemporelle, de l’intégrité parfaite, de la symétrie absolue : seul le Principe Originel est là, dans le néant, force infinie, illimitée, sans commencement ni fin. À ce « moment » primordial, cette force hallucinante de puissance et de solitude, d’harmonie et de perfection, n’a peut-être pas l’intention de créer quoi que ce soit. Elle se suffit à elle-même.

Et puis, « quelque chose » va se produire. Quoi ? je ne sais pas. Un soupir de Rien. Peut-être une sorte d’accident du néant, une fluctuation du vide : en un instant fantastique, le Créateur, conscient d’être celui qui Est dans la Totalité du néant, va décider de créer un miroir à sa propre existence. La matière, l’univers : reflets de sa conscience, rupture définitive avec la belle harmonie du néant originel : Dieu vient, en quelque sorte, de créer une image de lui-même.

Est-ce comme cela que tout a commencé ? Peut-être que la science ne le dira jamais directement ; mais dans son silence, elle peut servir de guide à nos intuitions…

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… En somme, le monde se détermine au tout dernier moment, à l’instant de l’observation. Avant, rien n’est réel, au sens strict…

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… Et nous voici ramenés vers l’esprit : aux extrémités du monde, au-dessous et au-dessus de notre réalité, se tient l’esprit. Et c’est peut-être là-bas, au cœur de l’étrangeté quantique, que nos esprits humains et celui de cet être transcendant que nous appelons Dieu sont amenés à se rencontrer. (…) Nous ne vivons pas dans un monde déterminé : au contraire, nous sommes libres et avons le pouvoir de tout changer à chaque instant… »

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Extraits de : « Dieu et la science » Jean Guitton 1901-1999 –  Grichka et Igor Bogdanov.

Illustrations : Détails du papier reliure d’un livre de 1880.

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Créer à chaque instant l’être unique que nous sommes…

BVJ – Plumes d’Anges.


Pensées aimantes…

18 juin 2015

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« J’ai su pourtant donner des ailes à mes paroles,

je les voyais tourner en scintillant dans l’air,

elles me conduisaient vers l’espace éclairé… »

Extrait de : « L’hiver » Philippe Jaccottet.

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Envoyer des pensées  aimantes vers le monde,

vers l’invisible, vers les inconnus, vers les absents,

vers le passé, vers le présent, vers l’avenir,

vers le visible, vers les proches,

vers la nature, vers la vie…

Nous en serons tous riches,

là est le seul trésor.

Fresque anonyme du XIXème siècle – Allemagne.

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Faire circuler les vraies richesses…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nouvel Homme…

15 juin 2015

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« … J’espère en un nouvel homme, je ne dis pas un homme du futur. « Nouvel homme » implique pour moi une renaissance, un être affranchi de beaucoup d’inutilités. Nous compliquons trop nos existences. Mon père disait : « Nous sommes possédés par nos possessions. » Le désert nous apprend à nous soustraire des futilités et inutilités. Dans son espace, nous sommes à la limite de la survie. Les grandes cités nous submergent de superflu dans tous les domaines. Ces boutiques de gadgets, cette marée de nourriture, de vêtements. Ces maisons envahis par quantité de meubles et de bibelots. Tout cela incite les gens à posséder, acheter tout à crédit, y compris leurs vacances. Placés dans une spirale infernale, ils sont dépendants de la société de consommation. Alors que la source du bonheur est en nous-même…

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… Mes recherches scientifiques sont doublées d’une quête religieuse, d’une exploration intérieure très forte qui s’accomplit d’elle-même, sans le secours d’une méthode. L’immersion dans le désert approfondit l’être, le délie de toute responsabilité, l’affranchit des choses accessoires. Ce lieu contient en lui-même une nourriture mentale, car avec un peu d’aliments j’y fais des trajets importants en me portant bien. C’est le hic et nunc, l’Ici et Maintenant où nous trouvons dérisoire et sans sagesse d’avoir compliqué notre existence, accumulé tant de fatras, d’inutilités. Les peuples du désert, qu’ils soient nomades ou sédentaires, me donnent toujours des leçons de par leurs dons d’émerveillement, d’imagination, de volonté et d’adaptation…

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… Le désert nous réapprend les gestes naturellement rituels, inscrits, voire dirigés par le cosmos. Un homme soumis à la modernité et au béton est démuni dans un tel monde, s’il ne se régénère pas  aux deux nivaux essentiels qui le structurent verticalement et horizontalement : la Terre et le ciel. Le citadin n’est plus le fils spirituel de ces deux éléments nourriciers. Cette éternelle division entre Matière et Esprit doit cesser, comme cette idée trop répandue que le scientifique est le premier adepte de cette césure. La Matière est animée par l’Esprit. La montée de la vie et celle de l’esprit sont liées. Certains individus sont porteurs d’espoir. Quelques consciences sont capables de résister à la tradition guerrière. Une poignée de résistants ne se laissent pas domestiquer par la mise en condition générale. Les contestataires, même s’ils sont une goutte d’eau dans la mer, touchent les gens, ouvrent des esprits. Il est bon de réveiller un peu nos contemporains…

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… Je ne suis pas pessimiste, mais clairvoyant. Beaucoup me parent du qualificatif d’illuminé. Je les en remercie. Il est vrai que je suis ébloui, éclairé, rempli de lumière ; car je suis fasciné, émerveillé par la Vie, la Supervie. Le fait de découvrir, d’ouvrir les yeux chaque jour avec la fraîcheur d’un enfant me comble d’immensité et de lumière.

Heureusement, il y a ces résistants, cette poignée de veilleurs qui en éveillent d’autres. Le grain semé est multiplié… »

Extraits de : « Le chercheur d’absolu »  Théodore Monod 1902-2000.

Illustration : 1/« Musa Regina » Henry Oliver Walker 1843-1929.

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Veiller…

BVJ – Plumes d’Anges.

Quête éternelle…

11 juin 2015

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« … Le monde n’est pas une mosaïque de hasards, Steinn. Tout se tient…

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… J’aimerais que tu me remémores l’enchantement que nous ressentions à être en vie, sans faire ni toi, ni moi le moindre plan sur la comète.

C’est quoi le monde, Steinn ? C’est quoi un être humain ? Quelle est cette aventure des étoiles où nous flottons tels des fragments de conscience, de psyché, d’esprit, d’âme apparus comme par enchantement ? Peux-tu entrevoir la moindre lueur d’espoir pour des âmes comme les nôtres ?…

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… Imagine que tu te promènes en forêt. Tu empruntes un sentier que tu as pris il y a quelques semaines, et soudain tu tombes sur un chalet tout neuf que tu n’as encore jamais vu. Tu t’étonnes qu’on ait construit tout à coup un chalet ici, et, pendant que tu t’interroges, une porte s’ouvre et un homme aux yeux bleu clair sort en souriant sur le pas de la porte. Il donne l’impression d’avoir toujours été là. Et il te salue.

– Hé, bonjour ! te lance-t-il.

La scène t’apparait surréaliste, pleine de mystère.

Et maintenant se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce-que le chalet s’est dressé de lui-même à partir de quelques arbres dans la forêt, puis a créé l’homme pour qu’il puisse venir l’habiter et lui donner une âme ? Ou est-ce le contraire, à savoir que l’homme a d’abord construit le chalet avant d’y emménager ?

En d’autres termes, je te demande ce qui te semble le plus plausible : est-ce l’esprit ou la matière qui est venu en premier ?  Dans ton récit de voyage, tu conclus en disant que tu pressens un lien entre la conscience et ce qui s’est produit dans « la première fraction d’une microseconde » de l’univers. Donc, à ton avis, qu’est-ce qui est venu en premier : la conscience ou l’énorme explosion d’énergie qui s’est matérialisée lors de la première seconde ?

N’as-tu pas d’ailleurs donné des arguments pour dire que quelque chose peut avoir existé « derrière ou à l’extérieur du temps et de l’espace produits par le big-bang » ? Ce sont tes propres mots. N’y a-t-il pas un peu de mauvaise fois à parler du big-bang comme du commencement de toute chose ? Ce que nous considérons comme le plus grand tour de prestidigitation du monde peut fort bien n’avoir été qu’une étape d’une continuité d’un état à un autre…

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… Nous pouvons nous placer dans un miroir et nous regarder dans les yeux, et les yeux sont le miroir de l’âme. Nous sommes ainsi les témoins de notre propre énigme. Un sage indien l’a exprimé en disant que l’athéisme est de ne pas croire en la splendeur de son âme.

Ici et maintenant, nous sommes à la fois corps et âme, en même temps… »

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Extraits de : « Le château dans les Pyrénées » 2008  Jostein Gaarder.

Illustration : 1/« Angelot à la pancarte » Raffaello Sanzio 1483-1520  2/« Etude d’arbres »  John Ruskin  1813-1900  3/ »Portrait réfléchi dans un oeil »  British Library – 1908.

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Questionner la vie avec ferveur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ecrin…

8 juin 2015

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Nourrir sa curiosité au sein d’un lieu nouveau est une expérience fort agréable…

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Amis voyageurs, si vos pas vous mènent vers la ville d’Aix-en-Provence,

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faites donc une halte en ce doux endroit,

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il vaut le détour, tout y est pur enchantement…

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Mille et un détails guettent le visiteur,

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l’écrin XVIIIème est somptueux, les couleurs parlent aux matières, les miroirs reflètent les bois patinés,

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les artisans d’art qui ont œuvré dans cette extraordinaire restauration sont à mettre à l’honneur,

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la musique du lieu fait vibrer tout l’espace.

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Et le contenu du moment

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vous offre un voyage qui  transporte

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au delà des frontières, au delà du réel…

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POUR TOUT SAVOIR SUR CE CENTRE D’ART DE L’HÔTEL DE CAUMONT,

VOUS POUVEZ ALLER —> ICI

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« Toute beauté est joie qui demeure »

John Keats

Illustrations des expositions en cours : 1/ « Notre Dame de la Salute »  Giovanni Antonio Canal dit Canaletto – 1697-1768  2/ « Flying Houses » Photo de Laurent Chéhère.

Photos E.P. et BVJ.

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Se nourrir de talent et de beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.