Moment de grâce…

2 mai 2021

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« … Oui, il y a un bonheur plus haut où le bonheur paraît futile. À Florence, je montais tout en haut du jardin Boboli, jusqu’à une terrasse d’où on découvrait le Monte Oliveto et les hauteurs de la ville jusqu’à l’horizon. Sur chacune de ces collines, les oliviers étaient pâles comme de petites fumées et dans le brouillard léger qu’ils faisaient se détachaient les jets plus durs des cyprès, les plus proches verts et ceux du lointain noirs. Dans le ciel dont on voyait le bleu profond, de gros nuages mettaient des taches. Avec la fin de l’après-midi, tombait une lumière argentée où tout devenait silence. Le sommet des collines était d’abord dans les nuages. Mais une brise s’était levée dont je sentais le souffle sur mon visage. Avec elle, et derrière les collines, les nuages se séparèrent comme un rideau qui s’ouvre. Du même coup, les cyprès du sommet semblèrent grandir d’un seul jet dans le bleu soudain découvert. Avec eux, toute la colline et le paysage d’oliviers et de pierres remontèrent avec lenteur. D’autres nuages vinrent. Le rideau se ferma. Et la colline redescendit avec ses cyprès et ses maisons. Puis à nouveau – et dans le lointain sur d’autres collines de plus en plus effacées – la même brise qui ouvrait ici les plis épais des nuages les refermait là-bas. Dans cette grande respiration du monde, le même souffle s’accomplissait à quelques secondes de distance et reprenait de loin en loin le thème de pierre et d’air d’une fugue à l’échelle du monde. Chaque fois, le thème diminuait d’un ton : à le suivre un peu plus loin, je me calmais un peu plus. Et parvenu au terme de cette perspective sensible au cœur, j’embrassais d’un coup d’œil cette fuite de collines toutes ensemble respirant et avec elle comme le chant de la terre entière.

Des millions d’yeux, je le savais, ont contemplé ce paysage et, pour moi, il était comme le premier sourire du ciel. Il me mettait hors de moi au sens profond du terme. Il m’assurait que sans mon amour et ce beau cri de pierre, tout était inutile… »

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Un voyage en pays de lumière, l’Algérie, l’Italie… lieux sublimes et éblouissants.

Voyager au fil de ces pages fut pour moi un moment de grâce.

Ce livre est un ensemble de textes, de réflexions,

de méditations, écrits par Albert Camus dans sa jeunesse.

L’Homme et la nature ne font plus qu’un, la sensualité ruisselle à chaque phrase.

Nul ne peut rester insensible à cet art de la description,

à cette ferveur omniprésente, à ces mots qui nous enveloppent,

nous réchauffent et nous transportent au sein de la beauté,

c’est un hymne à la vie.

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Extrait de : « Noces  suivi de l’été »  Albert Camus 1913-1960.

Illustrations : 1/« Cité de Florence »  Jan van der Straet  1523-1605

2/ « Autel de Gand »  – détail –  œuvre commencée par Hubert van Eyck

et terminée par son frère Jan van Eyck 1390-1441.

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Prendre de la hauteur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Mondes…

25 avril 2021

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Flaque géante, horizon lointain, transparences ou illusions ? Rêve ou réalité ?

La mer touche le ciel, il ne semble l’entendre,

peut-être espère-t-il le réveil de l’Homme ?

Parfois il montre sa patience, il n’est que douceur,

 certains jours il s’obscurcit, montre sa colère ou plutôt son chagrin…

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Le petit arbre s’adapte, il se sent bien seul, se désespère,

il voit la vie du fond de son âme,

il écoute le bruit du monde mais ne retiendra que le chant de l’oiseau,

peu d’Hommes cherchent à écouter ce chant là,

le petit arbre se remplit de tristesse, il ne veut se désespérer…

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Tout près, dans les grandes terres, des arbres se déploient,

les feuillages d’humeur printanière rosissent de plaisir,

certains semblent même fleurir, « tout n’est qu’illusion » disait un écrivain-poète.

Des centaines d’oiseaux dansent sur les branches,

chantent, dialoguent, s’effleurent joyeusement,

ils savourent leur liberté…

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Là est leur volonté, ils désirent créer, échanger,

ils tiennent des conseils publics et invitent le monde à réfléchir avec eux,

ils veulent témoigner de la lumière de la nature,

de l’impermanence des éléments,

des jours qui se succèdent et ne se ressemblent pas,

ils nous offrent un chant de joie pour honorer la vie !

Quels oiseaux avons-nous envie de suivre ?

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« Matin de printemps

mon ombre aussi

déborde de vie »

Kobayashi Issa

Photos BVJ – Vers Le Pradet dans le Var – Avril 2021.

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Entendre le chant mélodieux de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Passages…

18 avril 2021

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« … SI JE FERME LES YEUX, je peux revoir Baba avec sa pipe, le soir, auprès du feu. Elle attendait que je sois couchée pour sortir la boîte en épicéa pleine de karja. Apa la lui avait fabriquée avant qu’il ne se transforme en tas de feuilles mortes. Elle remplissait le foyer d’un mélange de tabac et de graines pilées au mortier. Avec un long bâton dont elle gardait le bout enflammé, elle allumait la pipe. La cabane se peuplait alors de nuages bleus et d’odeurs de falaise. Baba était assise dans son fauteuil à bascule , la tête en arrière, cela durait des heures. J’aimais la regarder depuis mon petit lit fabriquer ces volutes, telle une cheminée de chair un peu passée.

Les mots sortaient de sa bouche doucement. Les histoires d’un autre temps s’égrainaient en ronds de fumée. (…)

Un soir, Baba m’avait parlé de l’ancien monde. D’habitude, ceux qui l’avaient connu se taisaient… Un soir pourtant, Baba avait parlé. Ses mots étaient pleins d’épines et s’épuisaient à sortir de sa bouche. À cette époque elle était proche du Grand-Sommeil. Je m’occupais d’elle comme on s’occupe d’un enfant, car elle avait commencé à se dérégler – sans cela, elle serait sans doute partie avec son secret. Les mots étaient tombés dans mon oreille avec la douleur du poison…

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… Les jours se répétaient, les gestes aussi. Mais le soleil levait chaque matin son rideau sur une nature différente. La lumière ruisselait dans les branches cristallisées par la glace. Les myriades de teintes allaient du rose au bleu pâle, projetant des flaques colorées sur la surface du lac en banquise. L’hiver révélait des grâces de jeune fille. Le ramage des branches, prisonnières de leur robe de cristal, devenait dentelle, piquetée par endroits de boutons vernis là où les corneilles arrêtaient leur vol. On crissait à chaque pas et c’était délicat, un froissement de tissus précieux…

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… Nous sommes tous de passage. Simplement de passage… »

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La traversée à bord de ce livre est sombre mais le voyageur-lecteur est le témoin oculaire de l’émergence de lumières d’une rare puissance. Les images sont très fortes, la nature omniprésente s’étire dans ses extrêmes.

Les personnages rencontrés au fil des lignes sont singuliers, l’animal est humain, l’humain est animal. On sent qu’un grand chaos a pulvérisé bien des choses et bien des êtres, mais des cœurs battent encore à l’unisson et se battent pour témoigner de la force de la vie. Chacun accepte ce que lui offre ou lui impose l’existence.

C’est une histoire intense, un retour en arrière dans le temps, un mélange de réalités et de légendes, de couleurs, d’eau, de roches, de froid brûlant, de mots rares échangés, d’entraide, d’amour, de trahison… c’est un sillon creusé dans la terre-mère qui témoigne de la tragédie et de l’espérance, c’est un magnifique premier roman !

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Extraits de : « Une immense sensation de calme »  2018  Laurine Roux.

Illustrations : 1/« Chutes d’eau (Geltenbach dans la vallée de de Lauenen) »  Caspar Wolf  1735-1783   2/« Mer »  Volodymyr Orlovsky  1842-1914.

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Faire de notre passage un moment de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Murmurement…

11 avril 2021

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Une route sinueuse, une forêt de chênes à la ramure tourmentée,

c’était juste avant le confinement…

Notre œil, soudain,  est attiré par une construction en pierre,

ici est la Chapelle Saint Donat de Monfort.

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Il faut pour la rejoindre, emprunter une courte calade,

dépasser les petits cairns baliseurs,

écouter les roucoulements des pigeons qui ont arrêté là leur voyage…

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Du lieu émane une onde sereine,

les oiseaux curieux perchés sur le toit en lauze

baissent la tête pour surveiller le visiteur,

ils semblent être les gardiens du lieu.

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Les portes de l’édifice ont disparu,

de robustes grilles cadenassées empêchent toute entrée

mais on peut admirer l’intérieur à travers les barreaux.

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Le style est dit  » roman provençal »,

il règne une atmosphère étrange, impressionnante,

 d’énormes colonnes se dressent, jaillissantes,

tels des piliers de connaissances.

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Les oiseaux voltigent, sont-ils la mémoire d’êtres disparus ?

Ils semblent veiller sur un trésor,

  être détenteurs d’un secret :

« Le trésor est en toi, il te faut le découvrir », nous murmurent certains.

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« … Il n’est pas vrai que quoi que ce soit puisse progresser en allant de beauté en laideur. Il n’est pas vrai que nous n’ayons besoin que d’acier trempé, d’automobiles, de tracteurs, de frigidaires, d’éclairage électrique, d’autoroutes, de confort scientifique. Je sais que tous ces robots facilitent la vie, je m’en sers moi-même abondamment, comme tout le monde. Mais l’homme a besoin de confort spirituel. La beauté est la charpente de son âme. Sans elle, il se suicidera dans les palais de sa vie automatique… »

Extrait de « La chasse au bonheur » de Jean Giono.

Photos BVJ – Alpes de Haute Provence – Chapelle Saint Donat

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Être riche de nos belles mémoires…

BVJ – Plumes d’Anges.

Viaggio, viaggio…

3 avril 2021

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« … Léonard de Vinci et la table…

1495 – LA CÈNE – 1498

Sur cette célèbre fresque (réalisée pour le réfectoire de l’église Santa Maria delle Grazie, à Milan), où l’on peine à distinguer certains détails, Léonard a choisi de ne pas mettre d’agneau (pascal) au menu, mais beaucoup de pain, des poissons et des grenades. Plus remarquable, des anguilles grillées avec des quartiers d’orange sont également servies ; il s’agissait d’une association alors en vogue en Italie… »

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« … Le zucchine a scapece

Fleuron de la cuisine napolitaine,

la courgette en escabèche est peut-être la version

la plus pratiquée de cette marinade.

Couper six courgettes en tranches épaisses et les faire frire dans l’huile d’olive,

puis assaisonner avec quatre cuillerées à soupe de vinaigre de vin blanc,

un filet d’huile d’olive, trois gousses d’ail frais,

du sel et beaucoup de menthe fraîche.

Bien mélanger. Réserver 2 heures avant de déguster.

On peut préparer des aubergines de la même manière… »

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Prêtes et prêts pour un décollage en fanfare ?

Nous partons en voyage, plus de « confinamento », ni de « mascherina »,

juste les parfums du plaisir et de la liberté,

juste l’imagination, la créativité et la connaissance,

juste la convivialité et le partage,

juste la fête dont nous sommes privés depuis si longtemps,

il faut savoir dire STOP avant que toute la vie ne s’écroule !

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Soufflons sur les brumes enténébrées,

soyons désireux d’une belle existence joyeuse et responsable,

nous avons le droit d’être intelligents,

d’échanger, de parler, de savourer,

de nous extraire des débats stériles entre les « pros » et les « anti »,

la vraie vie est faite de nuances subtiles,

la palette des couleurs et des parfums est infinie…

Je vous invite sur les terres d’Italie, à travers un livre magique,

vous y croiserez des recettes bien-sûr mais aussi

des personnages, des lieux, des produits,

mille et un secrets vous seront révélés sur la cucina italiana

À vous Guiseppe Verdi, le Panettonne, le Minestrone, la Commedia Dell’Arte…

BELLE RÉSURRECTION ET BUON VIAGGIO A TUTTI !

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Extraits de : « On va déguster l’ITALIE«   2020  François Régis Gaudry et ses amis.

Illustrations : 1/ « Le dernier souper »  Léonard de Vinci  1452-1519  2/ « Baie de Naples »  Edward Gennys Fanshawe  1814-1906  3/ « Nature morte avec légumes et œuf »  George Washington Lambert  1873-1930.

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Libérer notre esprit pour qu’il revienne à la vie…

BVJ – Plumes d Anges.

Vœux nouveaux…

27 mars 2021

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Qu’écrire en ce printemps nouveau,

que dire et souhaiter en dehors du sujet

qui inonde la terre et semble parfois l’engloutir ?

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Faisons vœu de lumière dans le cœur des Hommes, vœu d’inspiration.

Bourgeonnons tous, ne nous laissons pas enfermer

derrière les barreaux de la pensée unique et de la peur.

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J’ai la chance de rentrer de voyage en pays de France,

j’ai vu l’hiver livrer ses derniers assauts…

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Un petit veau immaculé offert au monde

par une mère tout à son œuvre…

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Des brumes galopantes…

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Des oiseaux très bavards..

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Des arbres aux somptueux bouquets…

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J’ai senti, une fois encore,  l’invisible qui œuvrait en silence…

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La vibration des lieux me rappelait un lointain passé où la terre

avait expulsé de ses profondeurs extrêmes

des roches liquides et des braises incandescentes.

 Cherchait-elle à se dépasser ?

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Le paysage aujourd’hui y est doux, il invite à réfléchir,on y sent des mémoires,

nous faut-il inexorablement passer par des crises ?

Cette beauté là est notre bien commun, nous devons la servir,

la porter haut pour redonner au monde une âme,

l’intelligence humaine doit, il me semble, l’emporter sur l’intelligence artificielle…

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Qu’aimeriez-vous écrire sur sur les lignes vierges de ce cahier printanier ?

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« C’est en descendant dans le cœur le plus secret, le plus profond de soi et en faisant partager aux autres sa descente que l’on perçoit, que l’on transmet le mieux le chant du collectif.

– Jacques Lacarrière –

Photos PJ et BVJ – Sur les Puys d’Auvergne – Mars 2021.

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Se mettre au monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Poètes, votre printemps…

15 mars 2021

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« Ô, combien perméables sont les frontières humaines !

Voyez tous ces nuages qui passent, impunément,

ces sables du désert filant d’un pays à l’autre,

ces cailloux des montagnes pénétrant chez l’ennemi

en d’insolents sursauts !

 

Est-il besoin de prendre un à un les oiseaux

qui volent ou qui se posent sur la barrière baissée ?

Ne serait-ce qu’un moineau, et voilà que déjà

sa queue est limitrophe, et son bec indigène.

Et puis, qu’est-ce qu’il gigote !

 

Parmi les innombrables insectes je m’en tiendrai à la fourmi

qui, entre le pied droit et le pied gauche du douanier,

ne se sent pas tenue d’avouer ses vadrouilles.

 

Oh, saisir d’un regard cette immense confusion,

sur tous les continents !

N’est-ce pas là le troène qui, de l’autre côté du fleuve

infiltre illégalement sa cent millième feuille ?

Et qui d’autre, pensez-vous, que la pieuvre aux longs bras

viole les sacro-saintes eaux territoriales ?

 

Comment peut-on parler de l’ordre dans tout cela,

s’il n’est même pas possible d’écarter les étoiles

pour que l’on sache enfin laquelle brille pour qui ?

Et que dire de l’insubordination du brouillard !

Et des poussières des steppes sur toute leur étendue,

comme si l’on n’avait pas tracé une ligne en son milieu !

 

Et ces voix qui résonnent sur les ondes serviables :

pépiements séducteurs et allusifs glouglous !

 

Seul ce qui est humain peut nous être étranger

Le reste c’est forêts mixtes, travail de sape et de vent. »

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Tout bouge, tout circule, tout se transforme,

c’est la vie, sous toutes ses facettes, qui s’exprime,

depuis la nuit des temps jusqu’à la nuit des temps.

Alors pourquoi et de quel droit

certains Hommes veulent-ils s’ériger en maîtres, blessant les uns ou les autres ?

La vie est belle de par sa respiration,

il nous faut nous abreuver auprès de sources claires et limpides,

celles qui chantent harmonieusement dans le cœur du monde…

Rien n’est plus doux que de suivre les méandres de l’existence,

l’observation du poète est là, c’est une parole libre,

une pensée inspirée, un flot irrépressible qui se fait lumière,

il vient à lui comme une évidence, il ne le cherche pas, il le trouve…

Suivons les poètes pour vivre ce printemps, vous venez ?

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Poème « Psaume » extrait de « De la mort Sans Exagérer » 

–  Wislawa  Szymborska  1923-2012  –

Prix Nobel de littérature 1996.

Illustrations : 1/ « Ancien aqueduc romain »  Ettore Roesler-Franz  1845-1907   2/ « Bol chinois, oiseau, figues et cerises »  Giovanna Garzonni  1600-1670.

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Suivre les doux chemins de la poétique nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ondes…

11 mars 2021

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« Tout est un,

La vague et la perle,

La mer et la pierre.

Rien de ce qui existe en ce monde,

N’est en dehors de toi,

Cherche bien en toi-même

Ce que tu veux être,

Puisque tu es tout.

L’histoire entière du monde

Sommeille en chacun de nous. »

Rûmî

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« J’ai appris que le courage,

ce n’est pas l’absence de peur,

mais la capacité de la vaincre. »

Nelson Mandela

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« Tout groupe humain prend sa richesse

dans la communication, l’entraide et la solidarité. »

Françoise Dolto

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Les évènements se succèdent,

de l’ombre à la lumière, de la lumière à l’ombre.

Aujourd’hui 11 mars 2021,

dix années se sont écoulées depuis le drame de Fukushima…

Des pensées vers ces femmes, ces enfants et ces hommes,

des ondes positives vers le monde pour que les consciences s’élèvent,

et une question toujours présente :

« Jusqu’où peut-on prendre des risques ? »…

Illustrations : 1/« Paysage »  2/« Oiseaux sur branches fleuries »  Hiroshige Utagawa  1797-1858.

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Envoyer de bonnes ondes…

BVJ – Plumes d’Anges.

D’hier à demain…

6 mars 2021

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« … Hier

Tu tenais ma main bien serrée dans la tienne

Pour traverser les rues de mon enfance

Qui conduisaient joyeusement et en toute confiance

Vers des chemins cent fois parcourus.

Ah ! La complicité de nos fous rires contagieux…

 

Aujourd’hui

C’est moi qui tiens doucement ta main

Pour t’accompagner sur cette route inconnue

Qui s’ouvre

Telle la bouche d’un géant sur un gouffre-paysage

Semé de mystérieuses confusions

 

Tu souris faiblement pour ne pas nous faire de chagrin…

 .

Elle est toujours là

La lumière

Qui illumine à travers le voile de nos faiblesses

Les purs jours de l’enfance.

Ici,

Vivante,

Elle irradie en réveillant des souvenirs flous et mouvants.

Ta peine s’embrasera

Peu à peu.

Ne restera que la part intime de nos feux de joie,

Préservée,

Sauvegardée,

Sublimée…

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Un faible frémissement

Fait imperceptiblement frissonner

Les ors délicats de ton visage.

Tu dors

Et ton rêve te renvoie

Ailleurs

Vers l’alchimie d’un souvenir ancien

Qu’à ton réveil en sursaut

Tu ne saurais dévoiler.

 

Dans ton sommeil de plomb, tu as appelé

« Maman ! »…

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Que n’aurais-je donné

Pendant l’ultime bataille

Pour alléger le brûlant fardeau

Qui pesait sur tes épaules ?

 

Que n’aurais-je donné

Pour étancher cette soif infinie

Qui mordait ta langue ?

 

Que n’aurais-je donné

Pour nourrir de douceur et de miel

Ta faim dévorante

De nourritures célestes ?… »

 .

Accompagner, aimer, se tenir la main jusqu’au dernier jour, et au-delà…

Entrer dans le bleu de la nuit, bleu encre de la voûte céleste

où se reposent les étoiles dans une paix bien méritée.

Bleus à l’âme dissouts dans l’océan du passé, on ne garde que la lumière

des beaux souvenirs qui se fait bleu saphir, elle est si précieuse !

Réminiscences d’instants révolus, l’avant est un pré où de sauvages fleurettes

resplendissent pendant que d’autres fanent et tombent dans l’oubli.

On se surprend à sourire, comme autrefois.

Et puis une date se grave à jamais sur la pierre, le papier, au cœur d’un cœur battant,

date du passage d’un monde à un autre,

du visible à l’invisible mais on se tient la main éternellement,

on s’aime et on s’aimera,

on sème et on sèmera, se disent-elles en silence

Ce livre est un très bel hommage rendu par l’auteure à sa mère,

elle l’a accompagnée deux années durant, jusqu’à son dernier souffle.

Mots, collages, encres et aquarelles nous montrent la lumière radieuse

d’une relation cultivée avec tendresse, courage, patience et grâce,

elles seront riches à jamais de cet amour partagé.

C’est lumineux, c’est un cadeau d’humanité qui donne envie

de se dépasser soi-même tant qu’il est encore temps…

Je leur dis MERCI !

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Extraits de : « Transpositions hasardeuses »  2020  eMmA MessanA.

Illustrations : 1/« Constellation de la Balance »  2/« Couronne Boréale »   Johann Bayer  1572-1625.

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Se tenir la main, éternellement…

BVJ – Plumes d Anges.

Variant cacaoté…

28 février 2021

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« Aujourd’hui un oiseau m’a montré le chemin,

M’a conduit hors de la forêt

Jusqu’aux rives de l’océan de joie.

Tout à coup j’ai vu le soleil,

Tout à coup j’ai entendu les chansons,

Tout à coup j’ai surpris le parfum des fleurs,

Tout à coup mon âme s’est ouverte. »

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Un brin de poésie…

Un brin de gourmandise…

Voyage en pays de douceur…

Des brassées de joie en retour !

Succomberez-vous à la tentation ?

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– FONDANT AUX POIRES ET AU GINGEMBRE –

Ingrédients : 3 poires bien mûres, 2 œufs, 115 g. de beurre mou, 115 g. de sucre en poudre, 115 g. de farine, 1 c.à soupe de levure chimique, 3 cuillères à soupe de cacao amer, 1 c. à soupe de gingembre râpé, sucre glace pour le décor.

Réalisation : Éplucher les poires, en ôter le cœur, les couper en lamelles un peu épaisses, les disposer en étoile dans un moule beurré de 17 cm de diamètre.

Mélanger farine, cacao et levure tamisés, ajouter le gingembre. Dans une autre terrine, battre en crème le beurre et le sucre, incorporer les œufs l’un après l’autre puis la farine cacaotée et épicée.

Verser cette pâte sur les poires, enfourner une trentaine de minutes à 170° (200° sur mon petit four), vérifier la cuisson. Laisser dans le four éteint, porte ouverte pendant 10 minutes.

Démouler, saupoudrer de sucre place et déguster froid.

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Les notes de cacao et de gingembre sont très présentes, ce gâteau change de l’habituel gâteau au chocolat et se marrie très bien lui aussi avec une boule de glace à la vanille…

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Extrait de : « Les chants du matin » Rabindranath Tagore.

(Passage cité par Erik Sablé dans « Petit traité de la joie »  2015 )

Recette issue du livre « Chocolat »  Camille et Nathalie Le Foll.

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Illustrations : « Perroquet et poirier en fleurs »  Huang Jucai  933-993 – Chine

Photos BVJ.

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Sortir de nos habitudes pour varier les plaisirs…

BVJ – Plumes d’Anges.