Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Certitudes…

jeudi 15 janvier 2015

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« … Celui qui regardait le ciel nocturne, dit Humboldt, ne se faisait pas une idée exacte de l’étendue de cette voûte. Le brouillard lumineux des nuages de Magellan au-dessus de l’hémisphère sud n’était pas une substance amorphe, pas une brume ni un gaz, mais il se composait de soleils que seul l’éloignement, par un effet d’optique, faisait s’amalgamer. Une section de Voie lactée ayant deux degrés de latitude et quinze de longitude telle que la détectait l’oculaire d’une lunette astronomique, contenait plus de cinquante mille étoiles dénombrables et sans doute près de cent mille que l’on n’arrivait plus à distinguer en raison de leur faible intensité lumineuse. Ainsi, la Voie lactée se composait de vingt millions de soleils qu’un œil situé à une distance correspondant au diamètre de sa surface percevrait cependant davantage comme une lueur pâle, comme l’une de ces nébuleuses dont les astronomes avaient recensé plus de trois mille.On pouvait donc se demander pourquoi, les étoiles étant si nombreuses, le ciel tout entier n’était pas inondé de lumière, pourquoi il y avait tant d’obscurité dans l’univers, et il fallait nécessairement admettre l’existence d’un principe opposé à la clarté, un élément inhibant dans les espaces intermédiaires, un éther qui effaçait la lumière. Cela prouvait une fois de plus la structure rationnelle de la nature, car en fin de compte toute civilisation humaine commençait par observer la trajectoire des corps célestes.

Humboldt avait maintenant les yeux grands ouverts. L’un de ces corps qui flottait dans l’éther noir était la Terre, dit-il. Un noyau de feu, entouré de trois enveloppes, une rigide, une liquide et une élastique, toutes trois offrant une demeure à la vie. Même dans les profondeurs souterraines, il avait trouvé de la végétation qui proliférait sans lumière. Les volcans servaient de soupapes à ce noyau de feu qu’était la Terre, la croûte rocheuse quant à elle était recouverte de deux mers, l’une faite d’eau et l’autre d’air. Toutes deux étaient traversées par un flux permanent… »

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Comment l’homme,

si petit au milieu du vaste univers,

peut-il avoir des certitudes ?

Extrait de : « Les arpenteurs du monde » 2005   Daniel Kehlmann.

Illustrations : « Le Livre des Miracles – Feuillets 23 et 169 » Anonyme – Augsburg 1550.

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Douter pour avancer…


BVJ – Plumes d’Anges.

Observer…

lundi 12 janvier 2015

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« … Si tu fais un petit trou à un papier et que tu l’approches de l’œil et regardes une étoile, une petite partie de la pupille seulement opère et perçoit l’étoile avec un grand espace de ciel au loin. Si tu fais un autre trou au papier, tu verras la même étoile avec l’autre œil, et elle te paraîtra grande. Ainsi, tu vois avec tes deux yeux la même étoile deux fois, et l’une en grand, l’autre en petit.

De là viennent que les grandes prunelles voient peu de jour, la surabondance de lumière empêchant la vue.

La nature protège l’œil de la lumière excessive en resserrant la pupille, et dans les diverses obscurités, elle élargit la prunelle. La nature fait comme quelqu’un qui ferme un volet pour trop de lumière et qui la nuit, ouvre… »

Extrait de : « 14 Manuscrits de l’Institut de France – Carnet « Traité sur l’œil »- Léonard de Vinci 1452-1519  (Wiki-source).

Illustration : Planche extraite du « Livre des Heures de Louis de Laval » – Jean Colombe 1435-1498  (Source Gallica).

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Observer le monde et ses changements, avec amour, sans peur…

BVJ – Plumes d Anges.

Rien ne vient de rien…

samedi 10 janvier 2015

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 » Rien

ne vient

de rien, comme quand un ruisseau

devient


une rivière

qui

se jette

dans l’océan, d’où


l’eau

monte

en vapeur, tombe

en flocons


de neige et redevient

ruisseau

rivière

océan, tu sais – de


rien

en

rien, comme si rien

ne s’était passé. »

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On aimerait tant que rien ne se soit passé, que tout soit beau et lumineux !

Tant de mots viennent à l’esprit : que penser, que dire, que faire,

comment notre société peut-elle créer et vivre une telle souffrance ?

Nul n’a malheureusement de réponse,

il nous faut nous donner la main avec amour,

défendre la liberté et la laïcité,

il nous faut croire en la lumière,

il nous faut accepter l’obscurité pour accéder à cette lumière…

Poème : « Le flocon de neige » extrait de : « La Norvège est plus petite qu’on ne le pense » 1991 Jan Erik Vold.

Illustration : « Jour d’hiver ensoleillé »  Walter Moras 1856-1925 .

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Accepter l’obscurité pour accéder à la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant cosmique…

mercredi 7 janvier 2015

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« … Lever les yeux vers le ciel.
Et tenter de déchiffrer ses mystères.

S’interroger sur l’alternance quotidienne de lumière et de pénombre, sur la succession régulière du jour et de la nuit, dont la durée respective varie au fil de l’année.

Guetter le retour régulier des saisons.

Suivre, de l’aube au crépuscule, la course du soleil à travers notre ciel, en demi-cercle, d’est en ouest, d’orient en occident.

L’Orient – du verbe oriri, naître.

L’Occident – du verbe occidere, tomber à terre, périr.

La naissance et la mort quotidiennes du soleil, laissant place à l’obscurité et à la fraîcheur de la nuit et au scintillement des étoiles dans l’obscurité.

La naissance et la mort quotidiennes de la lumière. Son éternel départ et son éternel retour.

Et, durant la nuit, d’orient en occident, le voyage de l’ensemble des étoiles, qui tourne autour d’un axe vertical par rapport à la surface du sol, un axe qui passe par un point, au nord, qu’occupe aujourd’hui l’étoile polaire.

Révolution complète des étoiles autour de nous, en vingt quatre heures, mais dont nous ne pouvons percevoir les déplacements que dans l’obscurité de la nuit.

« Il leva la tête » écrit Pascal Quignard, « et vit les étoiles s’effacer dans le jour.

Les étoiles ne se retirent pas devant la lumière du jour. Elles demeurent, indifférentes, dans le ciel, à leur place.

Seul l’excès de lumière les engloutit. »

Et il y a aussi, dans la nuit, la succession des quartiers de Lune…

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… Voir au-delà des apparences.

Voir, dans l’invisible, les relations de causalité – les lois de la nature… »

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Extraits de : « Je t’offrirai des spectacles admirables – Tome 2 de Sur les épaules de Darwin » 2013  Jean-Claude Ameisen.

Illustrations : 1/« Muse Polymnie »  Guiseppe Fagnani 1819-1873  2/« Étude d’un paysage nuageux au clair de lune »  Johan Christian Dahl 1788-1857.

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Chant du cosmos, chant de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.


Fais voeu !…

dimanche 4 janvier 2015

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 » Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,

et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.

Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,

et d’oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions.

Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil,

et des rires d’enfants.

Je vous souhaite de respecter les différences des autres,

parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.

Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence,

aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure,

à la vie, à l’amour,

car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable

ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.

Je vous souhaite surtout d’être vous,

fier de l’être et heureux,

car le bonheur est notre destin véritable. »

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– Vœux adressés par Jacques Brel le 1° janvier 1968 sur Europe 1 –

(Texte trouvé sur le Net)

Illustrations : Fèves en porcelaine- Créations exclusives Amélie Jackowski 2014.

Photos P.J.

JE VOUS SOUHAITE

UNE

TRÈS BELLE ANNÉE

2015 ,

REMERCIONS ENSEMBLE LA VIE !

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Je fais vœu de lumière et de lumière encore…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ah ! Bétises…

lundi 15 décembre 2014

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 » Après celle de l’abbé Bête, voici l’histoire de l’abbé du Mont Saint-Michel…


Au père Spicace,

Un grand malheur est arrivé à l’abbaye et j’ai la pénible mission de vous en faire part.

Mardi soir, pendant que l’abbé Nédictine donnait les dernières grâces, l’abbé Quille perdit l’équilibre dans l’escalier et tomba inanimé dans les bras du père Iscope. Les révérends pères, en perdant l’abbé Quille, perdaient leur seul soutien.

Un seul restait joyeux : le père Fide.

Quant à l’abbé Tise, il n’y comprenait rien. Il aurait bien voulu que le saint Plé l’aide à comprendre ce qui s’était passé mais rien n’y fit. Après l’accident de l’abbé Quille, on alla chercher le père Manganate et le père Itoine, les deux médecins de l’abbaye. Ils pensaient ranimer le malheureux mais leurs efforts furent vains et celui-ci décéda peu après.

Le lendemain fut donc célébré son enterrement. Chacun fut appelé à l’abbaye par les célèbres cloches du père Sonnage. La messe fut dite sur une musique de l’abbé Thoven.

Le père Ocquet fut chargé du sermon et comme il n’y avait pas de chaire, il monta sur les épaules du père Choir.

À la fin de l’homélie, le père Cepteur fit la quête et remit les dons ainsi recueillis à notre frère africain, l’abbé N’Pé.

Après la messe une grande discussion s’engagea pour le transport de la bière : l’abbé Canne et l’abbé Trave voulaient passer par les champs. Le père Clus s’y opposa.

L’abbé Casse en fut enchanté.

Le père San avec sa tête de turc ne voulait rien entendre.

Le père Vers et le père Nicieux semaient le doute dans les esprits.

Finalement on décida que, comme à l’accoutumée, l’abbé Taillière serait chargé du transport du corps du défunt.

Devant la tombe creusée par le père Forateur et en l’absence du père Missionnaire, l’abbé Nédiction donna l’absolution.

L’abbé Casse en fut enchanté.

Le père Venche et l’abbé Gonia avaient joliment fleuri la tombe. Celle-ci fut recouverte d’une belle pierre tombale préparée par l’abbé Tonneuse. Sur le chemin du retour, le spectacle fut déchirant.

Le père Pendiculaire était plié en deux de douleur et de chagrin. L’abbé Vitré était lui aussi plein de larmes. La mère Cédés, invitée pour l’occasion, fermait la marche en compagnie du frère du Père Igord.

À l’arrivée, le père Sil et l’abbé Chamelle préparèrent le repas tout en consultant les livres culinaires du saint Doux. Le père Nod et le père Collateur servirent à boire et chacun put se remettre de ses émotions.

Signé : l’abbé BICI »

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Jeux de mots et petites divagations…

Juste un peu de légèreté, à consommer sans modération !

(Histoire trouvée sur le Net ? Merci R.T.)

Tableaux : 1/« Paysage côtier italien avec monastère »  Franz Xaver Hoch 1869-1916  2/« Cuisine populaire » Peinture anonyme Musée de Mexico.

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Entretenir de joyeuses pensées…

BVJ – Plumes d’Anges.

Merveilleux étranger…

vendredi 12 décembre 2014

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« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?

ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.

– Tes amis ?

– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.

– Ta patrie ?

– J’ignore sous quelle latitude elle est située.

– La beauté ?

– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.

– L’or ?

– Je le hais, comme vous haïssez Dieu.

– Eh ! Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »


Extrait : « Le spleen de Paris – L’étranger » – Charles Baudelaire – 1821-1867.

Illustrations : « Étude de nuages » Caspar David Friedrich 1774-1840

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Se réjouir de l’essentiel…

BVJ – Plumes d’Anges.


Se connaître…

jeudi 4 décembre 2014

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« Qui connaît les autres est avisé.

Qui se connaît lui-même est éclairé. »


Lao Tseu

Tableau : « La boule de cristal »  Robert Anning Bell 1863-1933.

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S’éclairer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Accomplissement…

lundi 1 décembre 2014

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« … L’homme n’était pas si froid qu’on l’a décrit ; il était gauche dans l’expression de ses émotions ; il ne savait pas faire les gestes caressants dont les enfants sont gloutons…

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… – Monsieur, vous vivez dans la ruine et le silence. On vous envie cette sauvagerie. On vous envie ces forêts vertes qui vous surplombent…

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… – Je crois que vous vous égarez, dit le peintre en riant. J’aime l’or. Personnellement je cherche la route qui mène jusqu’aux feux mystérieux…

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… – Peut-être la véritable musique est-elle liée au silence ?…

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… – À mon avis peut importe qu’on exerce son art dans un grand palais de pierre à cent chambres ou dans une cabane qui branle dans un mûrier. Pour moi il y a quelque chose de plus que l’art, de plus que les doigts, de plus que l’oreille, de plus que l’invention : c’est la vie passionnée que je mène…

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… Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie où aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin…

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… – Croyez-vous qu’il n’y ait pas de souffrance à être du vent ? Quelquefois ce vent porte jusqu’à nous des bribes de musique. Quelquefois la lumière porte jusqu’à vos regards des morceaux de nos apparences. »…

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… – Cela est difficile, Monsieur. La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine… »

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Extraits de : « Tous les matins du monde » 1991 Pascal Quignard.

Tableaux : 1/« Musicien dans son ermitage »  Carl Spitzweg 1808-1885  2/« Trompe l’oeil »  William Michael Harnett 1848-1892.

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Accomplir son destin…

BVJ – Plumes d’Anges.

Eclat…

jeudi 27 novembre 2014

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« Quand vous serez au milieu de la grande vie paysanne,

Au milieu d’un champs dans les loins

Ou au cœur d’une forêt en automne,

Vous comprendrez qu’il y a loin de vous

Au cœur du monde,

Qu’il y a loin de votre coupe

Aux lèvres de l’éternel,

Et vous écouterez bruire l’automne

Et vous entendrez les feuilles

Tomber de vos arbres intérieurs,

Vous entendrez la voix de la terre,

Et le présent vous sautera aux yeux

Comme un écureuil qui plonge

Sur l’arbre de la vie.

Croyez en l’extase des nuages

Qui traversent les grands horizons,

Au petit vent du soir,

Au cœur de l’été chaud.

Croyez en la douceur

D’une amitié, d’un amour,

À la main qui serre votre main.

Car demain,

Mais n’y pensez pas,

Demain éclateront peut-être

Les nuages

Et l’orage emportera vos amours.

Tenez-vous serrés,

Ne vous endormez pas sur un reproche non formulé,

Endormez-vous réconciliés.

Vivez le peu que vous vivez dans la clarté. »

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Extrait de : « Mon terroir, c’est les galaxies » 1978   Julos Beaucarne.

Illustrations : 1/« Lac Sevan au coucher du soleil »  2/ »Bosquet de bouleaux »  Gevork Bashindzhagian 1857- 1925.

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Faire que la lumière dissolve l’ombre…

BVJ – Plumes d’Anges.