Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Des miracles…

mardi 11 août 2015

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« Eh quoi – fait-on si grande affaire d’un miracle ?

Quant à moi, je ne connais rien d’autre que des miracles,

Quand je me promène dans les rues de Manhattan,

Ou que je darde mon regard par-dessus les toits dans le ciel,

Ou que je patauge pieds nus le long de la plage dans la marge même de l’eau,

Ou que je me tiens sous les arbres dans les bois,

Ou que je parle le jour avec n’importe qui que j’aime,

Ou que je dorme la nuit avec n’importe qui que j’aime,

Ou que je suis à table en train de dîner avec les autres,

Ou que je regarde les étrangers assis en face de moi dans l’omnibus,

Ou que j’observe les abeilles qui s’affairent autour de la ruche un matin d’été,

Ou les bêtes qui paissent dans les champs,

Ou les oiseaux ou la merveille des insectes dans l’air,

Ou la merveille du couchant ou celle des étoiles qui brillent si tranquilles, si lumineuses,

Ou l’exquise, la mince et délicate courbure de la lune au printemps,

Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour moi des miracles,

Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place.

Pour moi, chaque heure de lumière et d’obscurité est un miracle,

Chaque pouce cubique de l’espace est un miracle,

Chaque yard carré de la surface de la terre est jonché de miracles,

Chaque pied de l’intérieur pullule de miracles.

Pour moi la mer est un continuel miracle,

Les poissons qui nagent – les rochers – les mouvements des vagues – les navires avec les hommes qu’ils portent,

Y a-t-il plus étrange miracle ? »

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« Miracles » Poème de Walt Whitman 1819-1892.

Illustrations : 1/« Visage de femme paupières baissées »   Federico Barocci 1535-1612  2/« Coucher de soleil en baie de New York »  Gifford Sanford Robinson 1823-1880.

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Ouvrir son cœur aux miracles…

BVJ – Plumes d’Anges.

Joies de vivre…

jeudi 23 juillet 2015

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« … J’aimerais te redonner ce conseil encore une fois : je pense que tu devrais changer radicalement ton style de vie et te mettre à faire courageusement des choses que tu n’aurais jamais pensé faire, ou que tu as trop hésité à essayer. Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme et le conservatisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un horizon éternellement changeant, qu’un soleil chaque jour nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie Ron, il faut perdre ton inclination à la sécurité monotone et adopter un mode de vie désordonné qui dans un premier temps te paraitra insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté. (…) Tu avais la chance merveilleuse pendant ton voyage de retour de voir l’un des plus beaux sites du monde, le Grand Canyon, que chaque Américain devrait avoir vu une fois dans sa vie. Mais, pour quelque raison qui m’est incompréhensible, tu ne désirais qu’une chose : te précipiter chez toi aussi vite que possible et retrouver la même situation que tu vois quotidiennement, jour après jour. J’ai bien peur qu’à l’avenir tu suives cette même tendance et qu’ainsi tu ne découvres pas les choses merveilleuses que Dieu a disposées à notre intention autour de nous. Ne t’établis pas à un seul endroit. Déplace-toi, sois un nomade, que chaque jour t’offre un nouvel horizon. Tu as encore beaucoup de temps à vivre, Ron, et ce serait une honte de ne pas saisir l’occasion de révolutionner ta vie pour entrer dans un champ d’expérience entièrement nouveau… »

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À bientôt, le doux air des montagnes alpines m’appelle et chante dans ma tête.

Prenez soin de vous, la vie est précieuse...

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Extrait de : « Into the wild »  –  1996  – Jon Krakauer.

Illustration : 1/ »Pic de Zoroastre-Grand Canyon Arizona »  Thomas Moran 1837-1926  2/ Aquarelle d’Embrun en 1824 trouvée –> ICI

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Emprunter des chemins nouveaux…

BVJ – Plumes d’Anges.


La belle histoire…

lundi 20 juillet 2015

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« AUTOUR d’un berceau où repose une petite fille

à l’ombre d’un arbuste

des abeilles en quantité, qui ne lui font aucun mal.


Elle, souriante, bouche entrouverte


Une abeille l’aura aperçue


Halte enchanteresse sur la route des fleurs


Nombreuses, tumultueuses, qui sont autour à voltiger.

D’autres sont posées sur le petit visage sans peur

Ressentant avec leur sens à elles la bonté d’un corps sans colère,

la paix parfaite de l’enfant en harmonie avec tous les êtres

rayonnement que jusque-là elles ne rencontraient.

Avant tout le monde, ce seront les abeilles

les premières créatures à reconnaître

la merveilleuse « nature » de la fille

plus tard vantée pour ses « vertus »…




Un homme aux champs, qui avec la faux s’était blessé,

regagnait le village cet après-midi-là

afin de se faire panser le pied.

Un bourdonnement l’arrête

il a peur pour l’enfant sans défense. Mais aucun mal n’arrive.


Un miracle ! j’ai vu un miracle, pensa-t-il,

oubliant pourquoi il est là sur le chemin.

De son pied qu’il découvre, où il ne sent plus aucun mal,

le sang ne coule plus, les lèvres de la blessure se sont rejointes.


Pendant qu’il contemplait le « miracle »,

se représentant cette harmonie supérieure,

il l’accueillait, sans le savoir, l’étendait à son propre corps,

à son pied blessé qui guérit en silence.

Telle fut

la première guérison de la femme prédestinée

encore enfant, petit enfant. »

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Hommage à Sainte Rita « L’enfant guérisseur » dans « Écrits en instances » (Revue Caravanes – Éditions Phébus) – Henri Michaux 1899-1984.

Illustrations : 1/« Petite Princesse de deux ans » et  3/« Jeune fille »  Friedrich von Amerling 1803-1887  2/« Abeilles » Planche extraite du « De Animalium Proprietate » manuscrit grec de 1566 (Poèmes de Manuel Philé, illustrations de la fille du copiste Ange Vergece) conservé à —>la Bibliothèque Sainte Geneviève.

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Lire, écouter, raconter de belles histoires…

BVJ – Plumes d’Anges.

Artisans de paix ?…

mardi 14 juillet 2015

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« … Nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures. On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas… Et la Terre non plus ne le supporte pas, la sœur Mère Terre comme disait saint François.

Nous voulons un changement dans nos vies, dans nos quartiers, dans le terroir, dans notre réalité la plus proche ; également un changement qui touche le monde entier parce qu’aujourd’hui l’interdépendance planétaire requiert des réponses globales aux problèmes locaux. La globalisation de l’espérance, qui naît des peuples et s’accroît parmi les pauvres, doit substituer cette globalisation de l’exclusion et de l’indifférence ! Je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous sur le changement que nous voulons et dont nous avons besoin. Vous savez que récemment j’ai écrit sur les problèmes de changement climatique. Mais, cette fois-ci, je veux parler d’un changement dans l’autre sens. Un changement positif, un changement qui nous fasse du bien – nous pourrions dire – rédempteur. Car nous en avons besoin. Je sais que vous cherchez un changement et pas vous uniquement : au cours de nos diverses rencontres, au cours de différents voyages, j’ai constaté qu’il existe une attente, une intense recherche, un ardent désir de changement de la part des peuples du monde. Même dans cette minorité toujours plus réduite qui croit bénéficier de ce système règnent l’insatisfaction et spécialement la tristesse. Beaucoup espèrent un changement qui les libère de cette tristesse individualiste asservissante.

Le temps, frères et sœurs, il semble que le temps soit sur le point de s’épuiser ; nous quereller entre nous ne nous a pas suffi, et nous nous acharnons contre notre maison. Aujourd’hui la communauté scientifique accepte ce que depuis longtemps de simples gens dénonçaient déjà : on est en train de causer des dommages peut-être irréversibles à l’écosystème. On est entrain de châtier la terre, les peuples et les personnes de façon presque sauvage. Et derrière tant de douleur, tant de mort et de destruction, se sent l’odeur de ce qu’un des premiers théologien de l’Église, Basile de Césarée appelait « le fumier du diable » ; l’ambition sans retenue de l’argent qui commande. Voilà le fumier du diable. Le service du bien commun est relégué à l’arrière-plan. Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met même en danger notre maison commune. Notre sœur et mère la Terre…

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… La première tâche est de mettre l’économie au service des peuples : les êtres humains et la nature ne doivent pas être au service de l’argent. Disons NON à une économie d’exclusion et d’injustice où l’argent règne au lieu de servir. Cette économie tue. Cette économie exclut. Cette économie détruit la Mère Terre…

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… La deuxième tâche est d’unir nos peuples sur le chemin de la paix et de la justice…

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… La troisième tâche , peut-être la plus importante que nous devons assumer aujourd’hui est de défendre la Mère Terre. La maison commune de nous tous est pillée, dévastée, bafouée impunément. La lâcheté dans sa défense est un péché grave. Nous voyons avec une déception croissante comment des sommets internationaux se succèdent les uns après les autres sans aucun résultat important. Il y a un impératif éthique clair, définitif et urgent d’agir, qui n’est pas accompli. On ne peut pas permettre que certains intérêts – qui sont globaux mais non universels – s’imposent, soumettent les États ainsi que les organisations internationales, et continuent de détruire la création. Les peuples et leurs mouvements sont appelés à interpeler, à se mobiliser, à exiger – pacifiquement mais tenacement – l’adoption urgente de mesures appropriés… »

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Extraits du Discours du Pape François (trouvé sur le net) pour un changement de système mondial – Jeudi 9 juillet 2015 en Bolivie.

Illustrations : détails de la Fresque de la Tour de la Lanterne – Abbaye de Clairvaux à Milan – Stefano Fiorentino 1301-1350.

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Se donner la main…

BVJ – Plumes d’Anges.


Chaleur…

dimanche 12 juillet 2015

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« Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

Le jour est brûlant comme un fruit

Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude

Et miroite dans l’air où rôde

Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l’eau pleut

Sur tout le pays jaune et bleu

Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre

S’élance de la forêt ivre,

Des blés roses comme du cuivre. »

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« Chaleur » – Extrait de : « L’ombre des jours »  Anna de Noailles 1876-1903.

Illustrations : 1/« Fleur de soleil » 2/« Vague féminine »    Katsushika Hokusaï 1760-1849.

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De l’eau pour apaiser le feu…

BVJ – Plumes d’Anges.

Choeur de l’aube…

mercredi 24 juin 2015

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« L’oiseau du matin chante.

Comment sait-il que l’aurore va poindre, alors que le dragon de la nuit enlace encore le ciel de ses replis glacés et noir ?

Dis-moi, oiseau du matin comment, au travers de la double nuit du ciel et des arbres, il trouva son chemin jusque dans tes rêves, le messager qui surgit de l’Orient ?

Le monde ne pouvait te croire lorsque tu t’es écrié : « Il vient, le soleil, et la nuit n’est plus. »

Ô dormeur, éveille-toi !

Découvre ton front, dans l’attente du premier rayon béni de lumière, et chante avec l’oiseau du matin en joyeuse ferveur. »

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Extrait 25 de « La Corbeille de fruits »  Rabîndranath Tagore 1861 – 1941.

Illustrations : 1/« Portrait d’un musicien (détail) » Il Pordenone 1484-1539  2/« Trois oiseaux verts sur un Erable » Watanabe Shotei 1851-1918.

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« Ô dormeur, éveille-toi ! »…

BVJ – Plumes d’Anges.


« Quelque chose »…

lundi 22 juin 2015

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« … Heidegger qui parlait par symboles, m’avait montré sur sa table de travail, à côté de l’image de sa mère, un vase effilé, transparent, d’où émergeait une rose. À ses yeux, cette rose exprimait le mystère de l’étant, l’énigme de l’Être.

Aucune parole ne pouvait dire ce que disait cette rose : elle était là, simple, pure, sereine, silencieuse, sûre d’elle-même, en un mot : naturelle, comme une chose entre les choses, exprimant la présence de l’esprit invisible sous la matière trop visible…

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Pourquoi l’univers a-t-il été créé ? qu’est-ce qui a poussé le Créateur à engendrer l’univers tel que nous le connaissons ? Essayons de comprendre : avant le Temps de Planck, rien n’existe. Ou plutôt c’est le règne de la Totalité intemporelle, de l’intégrité parfaite, de la symétrie absolue : seul le Principe Originel est là, dans le néant, force infinie, illimitée, sans commencement ni fin. À ce « moment » primordial, cette force hallucinante de puissance et de solitude, d’harmonie et de perfection, n’a peut-être pas l’intention de créer quoi que ce soit. Elle se suffit à elle-même.

Et puis, « quelque chose » va se produire. Quoi ? je ne sais pas. Un soupir de Rien. Peut-être une sorte d’accident du néant, une fluctuation du vide : en un instant fantastique, le Créateur, conscient d’être celui qui Est dans la Totalité du néant, va décider de créer un miroir à sa propre existence. La matière, l’univers : reflets de sa conscience, rupture définitive avec la belle harmonie du néant originel : Dieu vient, en quelque sorte, de créer une image de lui-même.

Est-ce comme cela que tout a commencé ? Peut-être que la science ne le dira jamais directement ; mais dans son silence, elle peut servir de guide à nos intuitions…

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… En somme, le monde se détermine au tout dernier moment, à l’instant de l’observation. Avant, rien n’est réel, au sens strict…

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… Et nous voici ramenés vers l’esprit : aux extrémités du monde, au-dessous et au-dessus de notre réalité, se tient l’esprit. Et c’est peut-être là-bas, au cœur de l’étrangeté quantique, que nos esprits humains et celui de cet être transcendant que nous appelons Dieu sont amenés à se rencontrer. (…) Nous ne vivons pas dans un monde déterminé : au contraire, nous sommes libres et avons le pouvoir de tout changer à chaque instant… »

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Extraits de : « Dieu et la science » Jean Guitton 1901-1999 –  Grichka et Igor Bogdanov.

Illustrations : Détails du papier reliure d’un livre de 1880.

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Créer à chaque instant l’être unique que nous sommes…

BVJ – Plumes d’Anges.


Nouvel Homme…

lundi 15 juin 2015

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« … J’espère en un nouvel homme, je ne dis pas un homme du futur. « Nouvel homme » implique pour moi une renaissance, un être affranchi de beaucoup d’inutilités. Nous compliquons trop nos existences. Mon père disait : « Nous sommes possédés par nos possessions. » Le désert nous apprend à nous soustraire des futilités et inutilités. Dans son espace, nous sommes à la limite de la survie. Les grandes cités nous submergent de superflu dans tous les domaines. Ces boutiques de gadgets, cette marée de nourriture, de vêtements. Ces maisons envahis par quantité de meubles et de bibelots. Tout cela incite les gens à posséder, acheter tout à crédit, y compris leurs vacances. Placés dans une spirale infernale, ils sont dépendants de la société de consommation. Alors que la source du bonheur est en nous-même…

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… Mes recherches scientifiques sont doublées d’une quête religieuse, d’une exploration intérieure très forte qui s’accomplit d’elle-même, sans le secours d’une méthode. L’immersion dans le désert approfondit l’être, le délie de toute responsabilité, l’affranchit des choses accessoires. Ce lieu contient en lui-même une nourriture mentale, car avec un peu d’aliments j’y fais des trajets importants en me portant bien. C’est le hic et nunc, l’Ici et Maintenant où nous trouvons dérisoire et sans sagesse d’avoir compliqué notre existence, accumulé tant de fatras, d’inutilités. Les peuples du désert, qu’ils soient nomades ou sédentaires, me donnent toujours des leçons de par leurs dons d’émerveillement, d’imagination, de volonté et d’adaptation…

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… Le désert nous réapprend les gestes naturellement rituels, inscrits, voire dirigés par le cosmos. Un homme soumis à la modernité et au béton est démuni dans un tel monde, s’il ne se régénère pas  aux deux nivaux essentiels qui le structurent verticalement et horizontalement : la Terre et le ciel. Le citadin n’est plus le fils spirituel de ces deux éléments nourriciers. Cette éternelle division entre Matière et Esprit doit cesser, comme cette idée trop répandue que le scientifique est le premier adepte de cette césure. La Matière est animée par l’Esprit. La montée de la vie et celle de l’esprit sont liées. Certains individus sont porteurs d’espoir. Quelques consciences sont capables de résister à la tradition guerrière. Une poignée de résistants ne se laissent pas domestiquer par la mise en condition générale. Les contestataires, même s’ils sont une goutte d’eau dans la mer, touchent les gens, ouvrent des esprits. Il est bon de réveiller un peu nos contemporains…

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… Je ne suis pas pessimiste, mais clairvoyant. Beaucoup me parent du qualificatif d’illuminé. Je les en remercie. Il est vrai que je suis ébloui, éclairé, rempli de lumière ; car je suis fasciné, émerveillé par la Vie, la Supervie. Le fait de découvrir, d’ouvrir les yeux chaque jour avec la fraîcheur d’un enfant me comble d’immensité et de lumière.

Heureusement, il y a ces résistants, cette poignée de veilleurs qui en éveillent d’autres. Le grain semé est multiplié… »

Extraits de : « Le chercheur d’absolu »  Théodore Monod 1902-2000.

Illustration : 1/« Musa Regina » Henry Oliver Walker 1843-1929.

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Veiller…

BVJ – Plumes d’Anges.

Quête éternelle…

jeudi 11 juin 2015

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« … Le monde n’est pas une mosaïque de hasards, Steinn. Tout se tient…

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… J’aimerais que tu me remémores l’enchantement que nous ressentions à être en vie, sans faire ni toi, ni moi le moindre plan sur la comète.

C’est quoi le monde, Steinn ? C’est quoi un être humain ? Quelle est cette aventure des étoiles où nous flottons tels des fragments de conscience, de psyché, d’esprit, d’âme apparus comme par enchantement ? Peux-tu entrevoir la moindre lueur d’espoir pour des âmes comme les nôtres ?…

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… Imagine que tu te promènes en forêt. Tu empruntes un sentier que tu as pris il y a quelques semaines, et soudain tu tombes sur un chalet tout neuf que tu n’as encore jamais vu. Tu t’étonnes qu’on ait construit tout à coup un chalet ici, et, pendant que tu t’interroges, une porte s’ouvre et un homme aux yeux bleu clair sort en souriant sur le pas de la porte. Il donne l’impression d’avoir toujours été là. Et il te salue.

– Hé, bonjour ! te lance-t-il.

La scène t’apparait surréaliste, pleine de mystère.

Et maintenant se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce-que le chalet s’est dressé de lui-même à partir de quelques arbres dans la forêt, puis a créé l’homme pour qu’il puisse venir l’habiter et lui donner une âme ? Ou est-ce le contraire, à savoir que l’homme a d’abord construit le chalet avant d’y emménager ?

En d’autres termes, je te demande ce qui te semble le plus plausible : est-ce l’esprit ou la matière qui est venu en premier ?  Dans ton récit de voyage, tu conclus en disant que tu pressens un lien entre la conscience et ce qui s’est produit dans « la première fraction d’une microseconde » de l’univers. Donc, à ton avis, qu’est-ce qui est venu en premier : la conscience ou l’énorme explosion d’énergie qui s’est matérialisée lors de la première seconde ?

N’as-tu pas d’ailleurs donné des arguments pour dire que quelque chose peut avoir existé « derrière ou à l’extérieur du temps et de l’espace produits par le big-bang » ? Ce sont tes propres mots. N’y a-t-il pas un peu de mauvaise fois à parler du big-bang comme du commencement de toute chose ? Ce que nous considérons comme le plus grand tour de prestidigitation du monde peut fort bien n’avoir été qu’une étape d’une continuité d’un état à un autre…

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… Nous pouvons nous placer dans un miroir et nous regarder dans les yeux, et les yeux sont le miroir de l’âme. Nous sommes ainsi les témoins de notre propre énigme. Un sage indien l’a exprimé en disant que l’athéisme est de ne pas croire en la splendeur de son âme.

Ici et maintenant, nous sommes à la fois corps et âme, en même temps… »

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Extraits de : « Le château dans les Pyrénées » 2008  Jostein Gaarder.

Illustration : 1/« Angelot à la pancarte » Raffaello Sanzio 1483-1520  2/« Etude d’arbres »  John Ruskin  1813-1900  3/ »Portrait réfléchi dans un oeil »  British Library – 1908.

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Questionner la vie avec ferveur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Autres voies…

mercredi 3 juin 2015

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« … Clara vint à côté de lui et, lui montrant la partition du doigt , lui fit signe d’en tourner les pages (…)  Les mains de la petite étaient fines et gracieuses, plutôt larges pour une enfant qui n’avait fêté ses dix ans qu’en novembre, et extrêmement déliées. Elle les tint au-dessus des touches comme il fallait pour entamer le morceau mais les laissa en suspens pendant un instant où les deux hommes eurent le sentiment qu’un vent ineffable soufflait dans l’espace de la nef. Puis elle les posa. Alors une tempête balaya l’église, une vraie tempête qui fit s’envoler les feuilles et rugit comme une vague qui monte et qui retombe sur l’amer des rochers. Enfin, l’onde passa et la petite joua.

Elle joua lentement, sans regarder ses mains et sans se tromper une seule fois. Alessandro tourna pour elle les pages de la partition et elle continua de jouer avec la même inexorable perfection, à la même vitesse et avec la même justesse, jusqu’à ce que le silence se fasse dans l’église transfigurée.

– Tu lis ce que tu joues ? demanda Alessandro après un long moment.

Elle répondit :

– Je regarde.

– Tu peux jouer sans regarder ?

Elle hocha la tête.

– Tu regardes seulement pour apprendre ?

Elle hocha encore la tête et ils se regardèrent avec indécision, comme si on leur avait donné du cristal si délicat qu’ils ne savaient de quelle manière le déposer dans leur paume…

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… La vraie foi, on le sait, se soucie peu des chapelles, elle croit en la collusion des mystères et broie de son syncrétisme candide les tentations trop sectaires…

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… La religion de la poésie, Maria la côtoyait pourtant chaque jour lorsqu’elle montait aux arbres et qu’elle écoutait le chant des rameaux et des feuilles. Elle avait compris très tôt que les autres se mouvaient dans la campagne comme des aveugles et des sourds auxquelles les symphonies qu’elle écoutait et les tableaux qu’elle embrassait n’étaient que bruits de la nature et paysages muets. Quand elle parcourait ses champs et ses bois, elle était en contact permanent avec des flux matériels sous la forme de tracés impalpables mais visibles qui lui faisaient connaître les mouvements et les radiations des choses, et si elle aimait aller en hiver aux chênes de la combe du champs voisin, c’est que les trois arbres aimaient l’hiver aussi et y esquissaient des estampes vibrantes dont elle voyait et sentait les touches et courbes à la manière d’une gravure de maître incarnée dans les airs. De plus, Maria ne dialoguait pas seulement avec la matière mais échangeait aussi avec les animaux de ces terres…

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… Savez-vous ce que c’est qu’un rêve ? Ce n’est pas une chimère engendrée de notre désir mais une autre voie par où nous absorbons la substance du monde et accédons à la même vérité que celle qui dévoilent les brumes, en celant le visible et en dévoilant l’invisible…

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… Qu’est-ce que guérir, au fond, si ce n’est faire la paix ? Et qu’est-ce que vivre si ce n’est pour aimer ? … »

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Extraits de : « La vie des Elfes » 2015  Muriel Barbery.

Illustrations : 1/« Forêts » 2/« Fugues et préludes-Ange » 3/« Silence » Mikalojus Konstantinas Ciurlionis 1875-1911.

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Percevoir autrement…

BVJ – Plumes d’Anges.