Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Plumes…

dimanche 27 septembre 2015

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« … J’ai semé des mots sur la page.

En jaillit un arbre moussu…

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J’obture le vide

Avec un brin de lune, des poèmes

Ou des baisers…

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La solitude m’a rapproché des oiseaux.

Et appris à voler…

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La statue et moi

Avons emprunté les ailes

Du moineau pour accéder

Au ciel inexplicable…

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Les mots de mes poèmes

Je les ai appris des astres,

Des oiseaux, des feuillages

Et des marchands errants…

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L’oiseau est bleu dans le ciel

Vert quand il est dans l’arbre

Et rouge dans ton cœur.

Dans la cage ?

Dans la cage, il est sans couleurs…

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À chaque halte obscure

Entre les mots,

Tu déposes une étoile…

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Un rouge-gorge a déposé

Son chant à ma fenêtre

Et s’est envolé

Silencieux…

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Je me tais.

Mais les mots bruissent en moi.

Sur la table un oiseau en papier

Se met à gazouiller… »

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Poèmes extraits de :  » Ciel sans passeport »  Fereydoun Faryad – Traduction de Jacques Lacarrrière – Revue Caravanes n°7.

Illustrations : 1/« Trois oiseaux sur une branche »  Watanabe Shotei 1851-1918  2/« Archange Gabriel-Annonciation »  Filippino Lippi 1457-1504  3/« African Marigold » textile dessiné en 1876  – William Morris 1834-1896.

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Déployer nos magnifiques ailes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Au-delà…

jeudi 24 septembre 2015

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« … Par-dessus mon épaule, sa voix résonna à mon oreille : « Ne sois pas accablé par la tristesse. Songe que cette lumière née de la nuit est dispensée partout et à tous. Elle ne cloisonne pas, elle élève ; elle ne sépare pas, elle réunit. » Et de m’inviter à voir plus loin que le ciel étoilé, à déceler la Présence des présences qui nous donne à boire un lait autre que celui versé par la Voie-lactée, le lait de compassion et de tendresse… »

Extrait d’« Assise » 2014 François Cheng.

Illustration : « Signe zodiacale du Capricorne »  Mikalojus Konstantinas Ciurlionis 1875-1911.

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Voir plus haut, plus loin…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lumière de brume…

lundi 21 septembre 2015

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 » Monsieur Pou était un homme riche et heureux. Il passait des journées sereines à contempler ses trésors, à caresser ses vases, à déguster à petites gorgées le thé parfumé dans une tasse à la transparence de glacier.

Monsieur Pou était aussi généreux qu’il était riche : ses amis lui rendaient souvent visite et repartaient, qui avec une gravure, qui avec un bijou… Il avait coutume de dire : « Les objets ne nous appartiennent vraiment qu’au moment  où nous les donnons ; nous en séparer nous en rend vraiment propriétaire. »

C’était un homme paisible ; aussi bien au début ne s’émut-il pas lorsqu’il entendit parler de collections brisées et de livres brûlés. « Nul ne peut vivre sans beauté », c’était là une autre de ses phrases favorites. Il se sentait protégé par cette certitude jusqu’au soir où, porte défoncée à coups de bottes, ils entrèrent chez lui, le tirèrent de son fauteuil par les cheveux et mirent à sac la maison. Piétiné le tendre jade, écrasé le céladon couleur de nuage, déchirés les paysages de brume et d’eau ; tout fut consciencieusement réduit en miettes ou en échardes. Pour finir, la maison brûla et monsieur Pou trouva refuge dans la bicoque du gardien.

Allongé sur le plancher rugueux, il regrettait ses biens disparus ; mais c’était la haine dans les regards de ses tortionnaires qui faisait le plus souffrir Monsieur Pou.

Puisqu’il était devenu impossible de ne rien acheter d’autre en ville que des bols de terre mal façonnés ou des vêtements rapiécés, il décida de créer lui-même la beauté.

Retrouvant pinceaux et encre grâce à ses amis, il prit goût à tracer des signes, des nuages d’encre, des lignes dansantes. Il se mit à dire en souriant à nouveau : « La joie naît du contentement. Le contentement naît du peu  » – réconfort qu’il n’avait eu que peu, il faut le dire, l’occasion de mettre en pratique jusque-là. Jusqu’au soir où ils revinrent, traînèrent Monsieur Pou par les oreilles avant de faire disparaître dans le feu papiers, encre, murs grossiers et toit fuyant.

Monsieur Pou passa plusieurs jours sur le ciment de la cour, hagard, sans la moindre maxime à se mettre sous la dent. Inquiets, ses amis l’emmenèrent hors de la ville.

Monsieur Pou s’assit au bord d’un ruisseau le regard rêveur : il ne connaissait les arbres et les fleurs qu’à travers les peintures délicates et les rouleaux de soie.

Mais après quelques semaines, œil vif, mine éclatante, Monsieur Pou remerciait tous les dieux : il avait découvert la brume au parfum plus léger que l’encens, l’éclat du soleil plus brillant que l’or, la caresse du vent qui fait onduler les herbes, mieux que les traits du plus subtil des calligraphes…

Oh, il n’avait pas perdu tous ses réflexes de collectionneur : il essayait de décrocher la toile d’araignée plus fine que la soie, il cueillait les fleurs bleues et s’étonnait de les voir dépérir, il voulait garder la rivière dans ses mains closes. Mais il apprenait, et petit à petit, le vert de la prairie emplissait son corps et il n’était nul besoin de musique puisque le vent dans les pins chantait dans sa tête.

Lorsqu’ils revinrent, ils eurent beau chercher partout, ils furent incapables de voir Monsieur Pou : il n’y avait plus que le grand ciel bleu et toute la beauté du monde. »

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« La vraie vie de Monsieur Pou » extrait de « Journal de mon jardin zen » 2009  Joshin Luce Bachoux.

Tableaux : 1/« Paravent argenté » Frank Weston Benson 1862-1951  2/« Ruisseau »  François-Louis Français 1814-1897.

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Aller vers l’essentiel…

BVJ – Plumes d’Anges.

Trésor des choses simples…

mardi 15 septembre 2015

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« … Ils tiennent les rênes – ou tout au moins le croient-ils – de la culture, de la politique, de l’industrie, de la finance, de je ne sais trop quoi. Ils ont propension à s’afficher, à pérorer, à trahir, à commander, à soumettre. Mais le plus important, ils l’ont oublié. La mort rôde autour d’eux comme une guêpe.

À leur conversation monstrueuse, je préfère celle des bois, des nuages, des enfants. J’y vois plus de clarté et, surtout, plus de bonté. Ce monde est mort car ils ont piétiné tout amour. Je préfère de loin l’amour de ma grand-mère pour ce Dieu auquel je ne crois pas, que toutes les paroles des hommes qui suscitent les guerres, la haine et le combat. La parole de la lumière sur le mur de la grange est chargée d’amour, cela suffit à la vie invisible que je mène. Mon esprit ne réclame aucune autre nourriture que celle des choses simples, bienfaisantes. C’est une leçon de cette femme du bout du monde.

Combien les Grandes choses ont raison de se tenir aux lisières, dans la belle lumière des sous-bois. Ce qui est grand ne se montre pas. Ce qui ne se montre pas est éternel…

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… Comme tout un chacun, j’aurai passé ma vie à chasser la souffrance. La souffrance est une sotte chose qui vous prend à la gorge et ne vous lâche pas. Si j’ai écrit des livres, quelques poèmes, c’est pour qu’elle s’en aille très loin de moi, qu’elle laisse enfin la place à cette vie paisible que nous n’atteignons jamais. La vie paisible n’est pas la monotonie. Elle est la très haute clairvoyance…

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… Une passante me visite chaque jour, frappant doucement à la fenêtre sans s’arrêter jamais. Elle ne cesse d’être là, de s’absenter aussi, d’aller infiniment. Son nom est lumière. Elle est une mendiante qui ne réclame rien mais donne tout. Je lui suis redevable des trésors que la vie m’apporte. Mon bien est maigre : un étroit jardin sous un pan de ciel, quelques arbres, des essaims d’oiseaux, une solitude inépuisable. Il conviendrait de jouir de plusieurs vies pour venir à bout de cette immense chose qui ne s’attarde pas : la grâce, la grâce est une épée de lumière.

Souvent, je m’en vais très loin, emportant son visage avec moi… »

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Extraits de : « Rumeurs du silence » 2012  Joël Vernet.

Tableaux : 1/ « Nuit d’été »  Kitty Lange Kielland 1843-1914   2/ »Portrait d’enfant »  Lilla Cabot Perry 1848-1933.

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Emprunter des chemins de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’unifier…

mercredi 9 septembre 2015

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« … Je ne m’étais pas trompé. Il se passe quelque chose d’énorme dans le ciel, dans ces petits cerveaux de quelques grammes qui traversent l’espace comme des flèches, dans tout ce grouillement d’ailes qui ébouriffent l’atmosphère.

Les hirondelles se préparent à migrer.

En apparence, elles continuent à mener leur vie habituelle. (…) C’est encore l’été. Mais, le jour suivant, tout cet incroyable affolement reprend de plus belle. De nouveaux vols, plus grands, se recomposent, en formations effilochées dans le ciel, pour attirer les autres hirondelles encore isolées. Mais aussitôt après ils se disloquent à nouveau, en quelques instants chacune prend une direction différente. Mais plus haut, encore plus haut, d’autres vols se forment. Et puis d’autres encore. Jusqu’à ce que l’on voie soudainement les premiers grands nuages démesurés grouillant d’hirondelles trissantes qui se lancent dans ce voyage fou dont elles ne connaissent même pas la destination.

Elles l’ont compris bien avant tout le monde, là-haut, que quelque chose avait changé sur la terre, qu’il se passe quelque chose d’énorme, que l’été se termine, que d’ici peu le ciel et la terre ne seront plus les mêmes, que commenceront l’automne, l’hiver…

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… « Comment savoir si au-dessus du ciel il y a un autre ciel ? je suis en train de me demander, assis devant le précipice. Du moins celui qu’on voit d’ici, de cette gorge, au dessus de cet agglomérat de maisons et de ruines abandonnées. Comment savoir si la lumière n’est pas elle-aussi à l’intérieur d’une autre lumière ? Et quelle lumière ça peut bien être, si c’est une lumière qu’on ne peut pas voir ? Si on ne peut même pas voir la lumière, qu’est-ce qu’on peut voir d’autre ? Comment savoir si la matière dont se compose l’univers, tout du moins le peu qu’on réussit à percevoir dans l’océan de la matière et de l’énergie noire, n’est pas à l’intérieur d’une autre matière infiniment plus grande, et si la matière et l’énergie noire ne sont pas à leur tour à l’intérieur d’une obscurité infiniment plus grande ? Comment savoir si la courbure de l’espace et du temps, si courbure il y a, si espace il y a, si temps il y a, ne sont pas eux-aussi à l’intérieur d’une courbure plus grande, un espace plus grand, un temps plus grand, qui vient avant, qui n’est pas encore venu ? Comment savoir pourquoi ça s’est arrangé comme ça, dans ce monde ? (…) Parfois je pense qu’il y n’a plus de vivants dans le reste du monde. Mais il y en a. Parce que, aujourd’hui après midi, quand il faisait encore jour, levant tout à coup les yeux, j’ai vu que le bleu limpide était traversé de bout en bout par une bande blanche parfaitement droite qui s’étendait dans le ciel, que traçait un avion si loin qu’on ne l’entendait même pas vrombir dans la vastitude de l’espace…

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… »Et puis un jour une autre petite lumière s’allumera juste à côté… », je me surprends à penser. « Il y aura alors deux petites lumières et non plus une seule. Et je les regarderai d’ici et je me dirai : voilà, cette terrible solitude est terminée. L’expiation est terminée! »… « 

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Extraits de : « La petite lumière » 2009  Antonio Moresco.

Illustrations : 1/ et 3/  d’un Conte d’Hans Andersen 2/ du conte « Bill the Minder » William Heath Robinson 1872-1944.

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Retrouver et laisser briller toutes nos facettes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Secrète splendeur…

vendredi 4 septembre 2015

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« … Là le ciel s’emplit de musique.

Là il pleut du nectar.

Là les cordes de la harpe vibrent et les tambours battent.

Quelle secrète splendeur est là dans ce château du Ciel.

Là il n’est plus question ni du lever ni du coucher du soleil.

Dans l’océan des révélations qu’est la lumière de l’amour, le jour et la nuit ne font qu’un.

Joie à jamais : ni douleurs, ni luttes.

Là j’ai bu, remplie jusqu’au bord, la coupe de la joie, de la joie parfaite… »


Extrait de : « Poèmes de Kabir »  Rabîndranâth Tagore 1861-1941.

Illustration : « Glacier des Alpes autrichiennes » 1900 Alois Hans Hubner.

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Communier avec la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Réaliser…

vendredi 28 août 2015

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« … Je n’aime pas Fouquet du début de son existence jusqu’à son emprisonnement. Cet « honnête homme malhonnête » me déplaît dans ses outrances, ses manigances, ses orgueils, ses mondanités et son désir de paraître. Mais le ciel avait un plan pour lui et Fouquet l’a compris : il a dû faire tout cela, le château de Vaux-le-Vicomte, les intrigues à déjouer, les après-dîners secrets, les pots-de-vin à toute heure, les jets d’eau et les feux d’artifice nocturnes, les tapis de Turquie, les cuirs de Cordoue et les lits de brocart parsementés d’or, pour aller tout droit vers sa fin. Il a dû traverser les splendeurs illusoires pour toucher à la vérité profonde. Il a dû vouloir les plaisirs corsetés pour connaître la souffrance qui libère. Il a dû être un géant pour n’être plus rien. D’autres que lui font ce chemin à l’envers et perdent ce qu’ils avaient gagné au début…

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… Ceux qui se sentent étrangers sur terre en sont les vrais habitants…

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… L’étrangeté de la vie est pour moi un moins grand mystère que le mystère de ceux qui ne s’étonnent pas de l’étrangeté de la vie…

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… Soudain, papa s’agenouille devant un landau dans lequel s’est redressé un bébé joyeux. La maman n’est pas étonnée de voir papa, le visage rempli de bonheur, babiller quelques mots à l’enfant qu’il interroge d’un sourire de lumière. Le poupon lui répond d’un sourire plus lumineux encore. La maman dit merci, comme si le bon Dieu en personne la visitait. Et moi, je regarde cela furieux, piétinant sur place comme un diable authentique, tellement en colère de voir ce que je n’ai pas eu de ma vie, ce que je n’ai jamais vécu, ce que mon père ne m’a jamais donné. L’enfant s’en va et ses petits yeux soyeux dardent des rayons multicolores. Papa se retourne vers moi. Il lui reste sur le visage un peu de son sourire de lumière et je comprends soudain. Sans rien me dire, il m’a montré devant ce bébé joyeux comment il m’a aimé, avant, au début, et comment il regardait le petit garçon que je fus et qui ne peut s’en souvenir. Je me dis alors qu’il m’offre du passé perdu, papa. Je me dis qu’il ouvre une fenêtre du temps pour que j’inspire tout l’oxygène dont la suite de ma vie aura besoin. Mon père irréversible m’offre le plus beau des cadeaux et je me souviens qu’à cet instant-là, quand je comprends cela, l’émotion me coupe l’âme en deux parties égales, nuit noire et éblouissement.

Montreurs d’exemples, faiseurs de miracles, retournez vite au ras de mon enfance, allez me le chercher tout en bas, ce petit papa que je n’ai pas fini de serrer contre moi… »

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Extraits de : « Devance tous les adieux » 2015 Ivy Edelstein.

Illustrations : 1/« Le triomphe de la Loyauté – Chambre des Muses – Château de Vaux-le-Vicomte »  Charles Le Brun 1619-1690  2/« L’artiste danois Pietro Krohn et son fils Mario »  Albert Edelfelt 1854-1905.

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Nous sommes tous « accompagnés »…

BVJ – Plumes d’Anges.

Grand Jeu…

mercredi 26 août 2015

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« Tout est là. Tout commence avec la Nuit étoilée. Ce que tu cherches au plus obscur, ce que tu cherches sans chercher. Ce qui te traverse. Un abandon au monde. Et peut-être même un abandon de l’abandon. Tout est là. La nébuleuse spirale, les onze étoiles centrifuges et le croissant de soleil-lune, vestige d’éclipse, bouche de blessure-joie. Tout est là. Avec cette formidable force de réenchantement. Écoute. C’est la vie même, qui veut la nuit comme le jour. C’est la vie comme une naissance continue. Combien de naissances dans une vie ?…

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… On sait que l’on aime à la profondeur du souffle. La même demande, le même besoin du souffle de l’autre. La nuit étoilée, la lune, l’éclipse, une trinité d’amour. Avec cette émotion de la nuit en plein jour. Écoute. Tu entres dans la nuit en plein jour. Tu entres dans la mort en pleine vie. Le labyrinthe t’interroge à tout instant. C’est le mystère d’une apparition qui est une disparition. Le mystère d’un affleurement. Tu tires la leçon de vie de ce qui te bouleverse. Il y a avant, il y a après. Tu sais quelque chose que tu ne savais pas avant. Tu repars de zéro, tu décantes. C’est une éclipse interne, le moment d’une éclipse interne, la fêlure qui peut devenir gouffre mais qui permet de s’ouvrir au monde. Dans une souffrance bien tempérée. Pourquoi, au fond, la souffrance serait-elle dramatique ? Pas de clé à l’énigme, là, on retourne à ce que l’on est. C’est-à-dire rien. Pulvérisé à nouveau. Poussière d’anges ou d’étoiles, ou d’asphalte. Le Grand Jeu. Le Grand Tourbillon. Nourri de ne plus rien savoir, de ne plus penser à soi. La clé, alors, ce serait de remercier. Dire merci à tout, même à l’épouvantable, dans une fulgurante attention…

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… Écoute, l’aube n’a plus de mémoire, et le soleil a oublié ses souvenirs. C’est un monde absolument neuf… »

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Extraits de : « Le battement du monde » (à propos de l’œuvre de Van Gogh « La Nuit étoilée ») 2002  Zeno Bianu.

Illustrations : 1/« Vues de phénomènes atmosphériques » Josef Gabriel Frey 1791-1884  2/« Arc en ciel-La chronique de Nuremberg »  Michael Wolgemut 1434-1519.

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Naître et renaître à soi-même…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin de lumières…

jeudi 20 août 2015

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 » … C’est certainement parce que l’écriture est un art léger que les hommes ont eu l’idée d’utiliser la plume de l’oiseau pour tracer les lettres sur le papier ou sur le parchemin. La « plume » du stylo en garde le souvenir. Lorsque j’entends déclarer que ceux qui boudent l’ordinateur en sont à « l’âge de pierre », modernisme oblige, je me dis que je préfère rester à « l’âge de plume » et écrire d’une main ailée…

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… La page blanche ne me fait pas peur, elle m’invite plutôt à une extrême délicatesse : l’art d’écrire ne consiste pas à « noircir » des pages, mais à y déposer des signes, des lueurs, telles les traces que les oiseaux laissent sur la neige…

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… Tout réside dans l’intention et dans l’orientation de celui qui écrit, peint, danse ou joue d’un instrument de musique…

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… Face à cet idéal, à cette utopie de fraternité sociale, de fraternisation des peuples que dément en permanence la réalité des guerres, je crois à la fraternité spirituelle parce qu’elle se réfère à une origine divine, à une Lumière ou à un Amour qui est notre véritable parenté. Quels que soient leur pays, leur langue ou leur religion, les personnes qui ont l’expérience de l’intériorité se comprennent et s’accordent sans même avoir besoin de parler, parce qu’elles sont reliées par le Haut…

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… Ce qui demeure précieux, dans toute relation, dans toute rencontre, c’est l’altérité : il ne peut y avoir dialogue véritable si on reste entre soi, si on ne fait pas la place à l’autre. L’accord et l’harmonie sont à ce prix…

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… Consoler un ami lors d’une épreuve, ce n’est pas le plaindre et l’enfermer dans son chagrin, ni le rassurer en lui donnant de bonnes raisons d’aller mieux. C’est d’abord faire acte de présence, être là auprès de lui, avec ou sans paroles, mais d’une présence totalement aimante. Et lorsque le moment vient, c’est le relier à une force qui le dépasse et qui vient de l’Esprit. Il y a un temps pour prendre l’ami affligé dans ses bras , et il y a un temps pour le relever et le consolider. J’aime bien l’adage qui énonce que « l’ami, c’est celui  qui te rappelle ta lumière lorsque tu l’as perdue ». Cette lumière, c’est d’abord celle de l’espérance… « 

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Extrait de : « Sois comme un Roi dans ton cœur » 2015   Jacqueline Kelen.

Illustrations : 1/« Oiseaux et balustrade »  Melchior de Hondecoeter 1636-1695   2/« Madonne du Magnificat » (détail) Sandro Boticelli 1445-1510.

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Voler plus haut…

BVJ – Plumes d’Anges.

Tout passe mais…

samedi 15 août 2015

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« … Je cherchais dans mes souvenirs ce que j’avais aimé.

– Peut-être le monde lui-même, lui dis-je. La vie, bien sûr. Mais plus encore le monde. Le monde et son spectacle. Il y a dans la vie une prétention, une violence, un côté content de soi et vaguement conquérant qui ne me plaisait qu’à moitié. Les imbéciles répètent que la vie est un combat, qu’il faut lutter pour vivre. Ces sonneries de clairon, ces appels aux armes me fatiguaient plutôt. J’aimais regarder le monde d’un peu loin,comme nous le faisons aujourd’hui, comme Lucrèce sur sa falaise – « Suave mari magno… » – , comme si j’étais de passage. Et je l’étais en effet. Une sorte de touriste en vacances sur les plages de cette planète, dans ses collines, dans ses campagnes. « Et vous restez combien de temps ? »  » Oh ! Sauf accident, un peu moins d’un petit siècle. » Visitez le monde au printemps ! Visitez le monde en automne ! Vous ne le regretterez pas : soixante quinze ans de souffrances et de plaisirs mêlés et d’émerveillement garanti ! All the world’s a stage : le monde est un théâtre. Nous y bâclons tous notre numéro sous les projecteurs de l’histoire, nous récitons notre texte, on nous applaudit, on nous siffle et, après avoir fait de la figuration à peine intelligente dans la plus belle des pièces – un succès universel, un triomphe, un chef d’œuvre : l’histoire des hommes sur la Terre -, nous rentrons à jamais dans les loges de l’oubli et de l’éternité…

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… – Mais alors, demanda A, si ce n’est ni pour le chagrin, ni pour le bonheur, pourquoi êtes-vous sur la Terre ?

-Çà, mon petit bonhomme…

– Mon petit bonhomme ?… dit A en levant un sourcil.

– Excuse-moi, bredouillais-je, c’est l’enthousiasme, c’est la crainte, c’est l’angoisse d’être un homme – ou de l’avoir été… personne ne peut te le dire. Beaucoup pensent que c’est comme ça et que nous sommes ici par hasard. D’autres soutiennent qu’il y a un Dieu – ou peut-être plusieurs, un Père, un Fils, un Olympe, toute une famille de dieux – qui a tout arrangé et qui nous laisse croire, à tort ou, on ne sait pas, à raison, que nous agissons par nous-mêmes. Et ce qu’il y a d’épatant, c’est que le piège est si bien tendu et la machine montée avec tant de rigueur et de précision que personne n’a aucun moyen de décider avec certitude si nous sommes nos propres maîtres ou les jouets de quelqu’un d’autre. Les génies, à cet égard, en savent aussi peu que les idiots du village et tout le monde, sur cette Terre, est logé à la même enseigne. Je crois que je t’ai déjà parlé de toutes ces choses qui agitent les philosophes et les théologiens et dont le reste des hommes ne s’occupent pas beaucoup.

– Comment expliques-tu que les hommes s’inquiètent si peu de leur origine et de leur destin à venir au seul bénéfice des quelques mois qu’ils ont à passer sur cette Terre ? C’est comme si un voyageur dans un train oubliait tout à coup d’où il vient et où il va.

– C’est qu’ils ont autre chose à faire, lui dis-je.

– Et quoi donc ? demanda-t-il.

– Du jardinage, lui dis-je.

– Du jardinage ?

– Et il tendit la main vers son carnet de notes.

Je l’arrêtai d’un geste.

– Du jardinage. Des courses à pied. Des opéras bouffes. Des terrines de canard. Des rectifications de frontière. Des statues de marbre. Des jeux de mots. Tout cela s’enchaîne sans fin dans de subtils engrenages qu’on appelle le destin…

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… Tout passe à fond de train. Tout s’oublie. Les gens crient tous en même temps. Et personne n’a plus le temps de voir le monde et sa beauté. Il n’est pas impossible que le silence devienne la seule issue dans un monde pressé et bruyant… »

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Extraits de : « La douane de mer » 1993 Jean d’Ormesson.

Illustrations : 1/« Beate Maria »  Julius Gari Melchers 1860-1932   2/« Le concert des oiseaux » (détail)  Melchior de Hondecoeter 1636-1695  3/« Roses » Giovanni Boldini 1842-1931.

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Percevoir un doux chant du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.