Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Don…

lundi 14 janvier 2013

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« … Ce compagnon de ma jeunesse indépendante me fut profitable, et la vie, avec ses hasards, ses duretés, ses offenses à nos goûts par les dures obligations de la nécessité, l’éloigna plus tard de la peinture. Combien d’autres, encore pleins de dons naturels, vont se perdre et se fondre à la suite d’hommes quelconques ! Nous naissons tous avec un autre homme en nous, en puissance, que la volonté maintient, cultive et sauve – ou ne sauve pas. On ne sait point, on ne saura jamais, ce qui fait que celui-ci sera un artiste, cet autre un financier, ou un fonctionnaire, bien que partis ensemble, auréolés des mêmes virtualités. C’est là un point insondable, irréductible. La fortune ou la pauvreté n’y sont pas un obstacle : on a son âme partout ; on dispose d’une matière partout. C’est affaire de conduite intérieure, hors des faiblesses de la vanité ou des égarements de l’orgueil. Il y a des artistes de génie dans la misère, il y en a d’autres dans l’opulence. La fin d’une destinée est en soi-même ; elle suit des chemins cachés que le monde ne sait pas : ils sont remplis de fleurs ou d’épines…

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La musique façonne notre âme dans la jeunesse, et l’on reste fidèle, plus tard, aux premières émotions ; la musique les renouvelle comme une sorte de résurrection…

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… C’est en hiver que la musique a son plus grand prestige, elle plait surtout le soir, d’accord avec le silence pour plaire à l’imagination qu’elle éveille ; c’est l’art nocturne, l’art du rêve, mais le tableau vient du soleil. Il naît avec le jour et la lumière…

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… L’artiste vient à la vie pour un accomplissement qui est mystérieux. Il est un accident. Rien ne l’attend dans le monde social. Il naît tout nu sur la paille sans qu’une mère ait préparé ses langes. Dès qu’il donne, jeune ou vieux, la fleur rare de l’originalité – qui est et doit être une fleur unique – le parfum de cette fleur inconnue troublera les têtes et tout le monde s’en écartera. De là, pour l’artiste, un isolement fatal, tragique même ; de là, l’irrémédiable et triste inquiétude qui enveloppe sa jeunesse et même son enfance et qui le rend farouche quelquefois jusqu’au jour où il trouvera par affinité des êtres qui le comprendront.

Il vaudrait mieux ne point parler de ces douloureuses origines : les connaître ne changerait rien. Quelque chose du destin ou de la nécessité assigne à chacun sa route, au cours de laquelle des difficultés plus ou moins grandes se rencontrent pour nous, comme pour tout le monde. Ce n’est pas la justice qui nous importe, c’est l’amour… »

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Extraits de : « À soi-même »  Odilon Redon.

Illustrations : 1/« Cellule d’or »  2/ »Panneau floral » 3/Béatrice » Odilon Redon 1840-1916 .

Vous trouverez la biographie d’ Odilon Redon : ICI

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Se révéler à soi-même…

BVJ – Plumes d’Anges.

Beau jour…

vendredi 11 janvier 2013

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« Tu vois.

Un jour est passé

Quel beau jour c’était !

Mais tu l’ignorais.

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Tu vois.

Bien qu’à ta portée,

Tu l’as laissé là

Car tu ne savais.

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Tu vois,

Ce jour là s’offrait.

Fallait lui parler.

Et qu’en as-tu fait ?

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Tu vois.

Il resta muet

Et terne d’aspect

Comme tant de journées.

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Tu vois.

Fallait l’inviter.

Fallait le bercer

Et t’y réchauffer.

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Tu vois.

Fallait t’y lover

Et t’en imprégner.

Il t’appartenait.

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Tu vois.

Il s’en est allé

Et trop tard tu sais

Qu’il t’ensoleillait.

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Tu vois.

Un jour est passé.

Et tu regrettas.

Quel beau jour c’était !… »

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« Regrets » Poème extrait de : « Ballades et réflexions à ma façon » 1978  Esther Granek.

Photos BVJ (presqu’île de Giens et Carqueiranne)

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Chaque jour a sa beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Secret de la vie…

lundi 7 janvier 2013

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« … Nous passons toute notre vie à côté des miracles sans les reconnaître tant ils semblent être naturels…

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… Le secret de la vie est partout, dans le brin d’herbe qui tremble sous le vent et dans le scintillement de l’étoile lointaine…

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… Ne perdons pas notre force en luttes inutiles, ne nous débattons pas comme un animal pris au piège, dégageons-nous doucement, silencieusement des remous… C’est cela que j’appelle travailler intérieurement…

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… Si nous acceptons de lutter avec persévérance et patience contre l’inconscience qui nous maintient dans un demi-sommeil éveillé, peu à peu la lumière se fera en nous…

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… Ce qui m’indignait naguère ne m’affecte plus ou peu. Je vois les méchancetés, les mesquineries, les sottises comme je vois les flaques d’eau boueuse ou les buissons de ronces. Je les contourne sans porter de jugement de valeur. Ce sont désormais les incidents de la route…

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… Découvrir les chemins des métamorphoses : la bonté, le désintéressement, l’amour qui nous font croître, grandir, et ne pas s’engager dans l’autre chemin, celui de l’ambition personnelle, de la rancune, de l’égoïsme qui dessèchent et sclérosent la sensibilité. L’un conduit à la perception originelle de la Vie dans la lumière, l’autre à la dispersion dans les ténèbres de l’inconscient…

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… L’impossible s’est accompli : Être le pont enjambant l’abîme entre les deux dimensions de l’Être. Gagner le ciel sans abandonner la terre. Ni l’un ni l’autre exclusivement. Vivre simultanément les deux, et… ainsi réaliser le TROIS qui demeure encore UN…

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… L’Homme est le pont entre deux mondes, l’enfant de la terre et du ciel…

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… Il n’y a pas méchanceté. Il y a manque de bonté. Il n’y a pas intolérance. Il y a manque de tolérance. Lorsque je vois mon manque, je vois le vide que le mot méchanceté, intolérance, etc… me masquait. De la même manière, il n’y a pas inattention. Il y a manque d’attention. Lorsque je reconnais mon manque, il disparaît. Il est aussitôt comblé. La prise de conscience est la clef de tout changement…

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… Respirer avec et dans ce Vivant vous ouvre à la merveilleuse floraison d’une puissance créatrice intarissable…

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… Nous devons travailler sur nous-même, à contre courant de notre mécanicité habituelle, jusqu’à n’être plus qu’un espace « ouvert », accueillant l’autre… tous les autres.

Cet espace porte un nom. Il s’appelle : AMOUR.

Il est la fleur semée dans le jardin de notre cœur. En lui seul il peut fleurir et rayonner sur le monde. La transformation du monde passe par la transformation de chaque homme en lui-même… »

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Extraits de : « Le 7ème sens ou le corps spirituel »  Jeanne Guesné 1910-2010.

Tableaux : 1/« Fillette à la couronne de coquelicots »  Orest Adamovitch Kiprensky 1782-1836  2/« Femme nue à la rose »  Alfred Hirv 1880-1918  3/« Ils arrivent »  Thomas Cooper Gotch 1854-1931.

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Semer des fleurs dans notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rose de la vie…

lundi 31 décembre 2012

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« J’ai une telle conscience

de ton être, rose complète,

que mon consentement te confond

avec mon cœur en fête.

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Je te respire comme si tu étais,

rose, toute la vie,

et je me sens l’ami parfait

d’une telle amie. »

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Extrait de : « Les roses »

Rainer Maria Rilke 1875-1926.

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MERCI POUR VOS PLUMES DÉPOSÉES ICI,

ELLES HABITENT MON CŒUR,

RECEVEZ

TOUTES ET TOUS,

MES MEILLEURS VŒUX POUR L’ANNÉE 2013.

AYONS LE CŒUR EN FÊTE,

QUE NOTRE ROSE FLEURISSE ET PARFUME LA VIE !

Illustrations :1/ et 2/ « Ange en adoration » Moretto da Brescia 1498-1554.

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Tendre à la beauté de la rose…

BVJ – Plumes d’Anges.

Céleste lumière …

dimanche 23 décembre 2012

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« Douce nuit, sainte nuit

Dans les cieux l’astre luit

Le mystère annoncé s’accomplit

Cet enfant sur la paille endormi

C’est l’amour infini…

C’est vers nous qu’il accourt,

En un don sans retour

De ce monde ignorant de l’amour,

Où commence aujourd’hui son séjour

Qu’il soit Roi pour toujours. »

Extrait de : « Douce nuit, sainte nuit » chant autrichien XIXème.

Tableau : « L’adoration des Mages » (détails)  Gentile da Fabriano 1370-1427.

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SOUHAITONS-NOUS DE TRÈS BELLES FÊTES DE FIN D’ANNÉE,

QUE LA JUSTICE CONDUISE LE MONDE,

QUE LA PAIX SOIT PRÉSENTE À CHAQUE SECONDE,

QUE L’ÉTOILE ÉCLAIRE NOTRE CHEMIN,

QUE LA SAGESSE GUIDE NOS PAS,

QUE LA LUMIÈRE ET LA JOIE NOUS ACCOMPAGNENT,

QUE L’AMOUR INFINI INONDE NOS CŒURS

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Envoyer des vœux d’amour…

BVJ – Plumes d’Anges.

Patience d’ange…

jeudi 20 décembre 2012

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À ceux qui ont gardé leur âme d’enfant et aux autres…

je pose une simple question :

VOUS SOUVENEZ-VOUS DE CETTE SI DÉLICIEUSE ATTENTE DU GRAND JOUR ?

Nous attendions, fébriles et joyeux…

Ne trouvez-vous pas que les étoiles brillent dans nos cœurs à cette seule évocation ?

C’EST LA MAGIE DE NOËL !!!

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« Il est des esprits puissants

Qui dirigent les planètes,

Qui font voler les tempêtes

Et s’allumer les volcans,

Qui règnent sur l’air et l’onde,

Qui creusent le lit des mers,

Qui règlent le cours du monde

Et prennent soin des déserts,

Qui sèment l’or et le sable,

Lis et rose dans les champs.

Et dans le nombre innombrable

De ces esprits bienfaisants,

Il est un ange adorable

Que Dieu fit pour les enfants,

Un ange à l’aile vermeille,

Une céleste merveille,

Du paradis le bijou,

Le petit ange Joujou,

De l’ange gardien le frère… »


« L »Ange Joujou » Eugénie de Guérin 1805-1848.

Tableaux : 1/« Le conte de fée »  James Sant 1820-1916  2/« La vitrine du magasin de jouets »  Timoléon M. Lobrichon 1831-1914  

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Apprendre la patience…

BVJ – Plumes d’Anges.



Jardins de mots…

mardi 18 décembre 2012

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« … Accomplir un acte remarquable, vaut mieux que d’être remarqué…

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… C’est l’imagination qui singularise, l’imagination qui arrache à la banalité, à la répétition, à l’uniformité… Parfois le sort cogne de manière si abrupte qu’il suffit d’une pointe de fantaisie pour l’attendrir…

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… Dès l’adolescence, Wang s’enthousiasma pour les plus splendides jardins de Chine, ceux qui sont consignés dans notre littérature. À force de lire et de relire les textes, il les connaissait intimement, ces jardins qui avaient fané depuis des siècles, voire des millénaires ; par la pensée, il musardait en leurs allées, il savourait leurs parfums, il cajolait les pétales, il admirait l’épanouissement successif des arbustes, le jaunissement des feuilles, la tristesse de l’hiver… Il a révolutionné l’art horticole en proposant aux gens des jardins imaginaires. En fonction de leurs goûts – pivoines, camélias, lotus ou fleurs de prunier -, des saisons qu’ils chérissent, Wang leur conçoit le parc idéal. Pour une somme correcte, à l’issue d’une longue préparation, il leur raconte sa disposition, ses dominantes colorées, ses étagements d’éclosions, ses diverses perspectives, le chant des oiseaux, le miroitement des eaux vives, la tranquillité de l’étang où reposent les nénuphars, le déplacement des ombres, les dorures du crépuscule, les masses argentées sous la lune ; et, pour quelques yuans de plus, il couche le résultat par écrit.

– Un jardin de mots…

– Quel trait de génie ! Wang, constatant que les sublimes jardins du passé ont disparu et ne subsistent que par les textes, a décidé de franchir une étape : il saute instantanément au texte. Pourquoi un jardin devrait-il être réel ? Surtout que sa réalité dure peu tandis que son souvenir se perpétue. Grâce à Wang, un indigent peut posséder un terrain à son goût. À celui qui loge dans un endroit étriqué, Wang fournit un domaine gigantesque. À celle qui souffre d’une allergie au pollen, Wang rend des printemps sans danger. Au vieillard qui ne marche plus, Wang restitue des promenades infinies sous les cerisiers poudrés. Et puis, quelle diminution de frais : nul sol, aucun achat de plantes, chaque réalisation est conservée et embellie par une armée d’ouvriers qui ne coûtent rien ! Aux snobs qui dédaignent le décor traditionnel, Wang, parce qu’il a beaucoup lu et étudié, procure un jardin anglais, un jardin français, un jardin italien – même si, entre nous, rien ne surpasse un jardin chinois… »

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Extraits de : « Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus » 2012  Eric-Emmanuel Schmitt.

Illustrations : 1/« Le jardin chinois » (détail) François Boucher 1703-1770 2/« Jardin de Eaton Hall » dans « Les jardins d’Angleterre »  E.Adveno Brooke XIXème.

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Cultiver notre bienheureuse imagination…

BVJ – Plumes d’Anges.

Générosité…

samedi 15 décembre 2012

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L’actualité me laisse parfois songeuse et comme vous certainement, j’essaie de réfléchir, de prendre du recul.

Et puis… et puis… je suis tentée de dire : « Décidément, je ne saisis pas ce monde ! »

Alors, comme vous certainement, je me tourne vers les autres pour m’enquérir de leur avis, pour comprendre…

Aujourd’hui, je relisais un billet de Matthieu Ricard,

sur son magnifique blog (vous pouvez le découvrir —> ICI).

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« Mardi 23 octobre 2012

Extrait d’un entretien de Vadivu Govind avec Matthieu Ricard à Singapour en septembre 2012, au cours duquel elle s’est mise dans la peau d’un dirigeant fortuné et a interrogé Matthieu Ricard sur des questions qu’un tel dirigeant pourrait se poser.

En tant que patron ma première responsabilité est de m’assurer que mes actionnaires fassent un profit, et non pas de m’occuper de choses telles que la compassion ou le bonheur de mes employés. Ces choses-là les concernent eux, uniquement.

Ça c’est une recette pour transformer toute votre société en un enfer. Personne ne sera heureux. Certaines personnes vous craindront, d’autres vous haïront.

J’ai rencontré quelqu’un à Hong Kong il y a quelques années qui me dit : « Vous savez, quand j’ai commencé, je voulais gagner un million de dollars US ; maintenant 15 ans plus tard j’ai quinze millions, et j’ai l’impression d’avoir gâché 15 années de ma vie. »

Le lauréat du Prix Nobel Muhammad Yunnus a également souligné lors du Forum économique de Davos que si le seul objet de vos efforts et de votre vie est de faire un profit, et ne comprend aucune dimension humaine, vous asséchez votre vie.

C’est une recette pour le chagrin, l’égoïsme, et la misère. Et comme il n’y a aucune dimension humaine, le jour où les choses vont mal et que financièrement vos affaires péricliteront, vous serez abandonné par tous. En revanche, s’il existe dans votre organisation un esprit de communauté et un sentiment de partage de valeurs humaines, et si en plus de cela vous avez un composant social selon lequel vous dédiez une partie de vos efforts, ressources, et compétences, au bénéfice d’un secteur de la société auquel le PDG et tous les employés participent, alors votre société se débrouillera mieux pendant les moments difficiles.

C’est comme aller quelque part en suivant un chemin cahoteux. Si la destination est un endroit où les gens souhaitent réellement aller, et si le voyage a un but et un sens, les gens accepteront les cahots. Mais si le but est uniquement de vous faire faire des tours sans but, les gens ne voudront pas accepter les difficultés.

Interview mené par: Vadivu Govind, Directeur, Joy Works (joyworks.sg) le 13 septembre 2012, Poh Ming Tse Temple, Singapour. L’on peut la retrouver sur son blog à happiness.sg. »

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Après quoi courent les hommes, après quoi courons-nous ?

Le changement passe par nos propres choix, il nous faut y croire, le monde est généreux, il y a de quoi partager…

BON WEEK END À TOUS ET À TOUTES !

Tableau : « Dieu de la générosité » 14×26

BVJ –  Collection particulière.

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Choisir, ne pas avoir de regrets…

BVJ – Plumes d’Anges.

Délicieuses fragilités…

jeudi 13 décembre 2012

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« … Apprenez à accueillir et à aimer vos fragilités. La faille de l’être, c’est la béance par laquelle la vie nous relie les uns aux autres par l’amour. Ne nous relions pas seulement aux autres par la synergie de nos forces et de nos dons, mais aussi, et surtout, par la complémentarité de nos manques et de nos faiblesses. La vie veut que nous ayons besoin les uns des autres et que nous puissions nous soutenir dans l’amour. L’Âme du monde a fait ainsi : chaque être est doté d’un don qui lui permet d’être un soutien, une consolation ou une lumière pour les autres ; mais aussi d’une faille, d’une fêlure, d’une fragilité, qui réclame l’aide d’autrui. »…

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… « Une vieille femme possède deux grands pots, chacun suspendu au bout d’une perche qu’elle transporte sur son épaule pour aller chercher de l’eau. À la fin de sa longue marche, du puits vers la maison, l’un des deux pots, fêlé, n’est plus qu’à moitié rempli d’eau. Le pot intact est très fier de lui. Mais le pauvre pot fêlé, lui, a honte de son imperfection, triste de ne pouvoir faire que la moitié de son travail. Au bout de deux années, il s’adresse à la vieille dame, alors qu’ils sont très près du puits. « J’ai honte, car ma fêlure laisse l’eau goutter tout le long du chemin vers la maison. » La vieille dame sourit : « As-tu remarqué qu’il y a des fleurs sur ton côté du chemin, alors qu’il n’y en a pas de l’autre côté ? Comme j’ai toujours su ta fêlure, j’ai semé des graines de ton côté du chemin. Chaque jour, sur le chemin du retour, tu les as arrosées. Pendant deux ans, grâce à toi, j’ai cueilli de superbes fleurs pour décorer ma table… »

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Extraits de : « L’Âme du monde » 2012  Frédéric Lenoir.

Tableaux : 1/« Conversation »  Victor Borissov-Moussatov 1870-1905  2/« Roses »  Johan Laurentz Jensen 1800-1856.

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Reconnaître et apprivoiser nos fragilités…

BVJ – Plumes d’Anges.

Couleurs de la vie…

lundi 10 décembre 2012

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« … Un exercice de joie.

Y-a-t-il plus beau fondement à l’optimisme ? Aujourd’hui, l’optimisme pâtit d’une mauvaise presse ;  lorsqu’il ne passe pas pour de la bêtise, on le croit provoqué par l’absence de lucidité. Dans certains milieux, on va jusqu’à décerner une prime d’intelligence au nihiliste, à celui qui crache sur l’existence, au clown sinistre qui expire « bof » d’une manière profonde, au boudeur qui radote : « De toute façon, ça va mal et ça finira mal. »

On néglige que l’optimiste et le pessimiste partent d’un constat identique : la douleur, le mal, la précarité de notre vigueur, la brièveté de nos jours. Tandis que le pessimiste consent à la mollesse, se rend complice du négatif, se noie sans résister, l’optimiste, par un coup de reins énergique, tente d’émerger, cherchant le chemin du salut. Revenir à la surface, ce n’est pas se révéler « superficiel », mais remonter de profondeurs sombres pour se maintenir sous le soleil de midi, d’une façon qui permet de respirer.

Non seulement je ne perçois pas l’intérêt pratique de la tristesse, mais je n’ai jamais compris l’avantage philosophique du pessimisme. Pourquoi soupirer si l’on a la force de savourer ? Quel bénéfice à communiquer son découragement, refiler sa lâcheté, oui, quel gain pour soi ou pour les autres ? Alors que nos corps transmettent la vie, faut-il que nos esprits procurent le contraire ? Si notre jouissance génère des enfants, pourquoi notre intellect, lui, engendrerait-il du néant ?…

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… Toi, tu témoignes d’une sagesse autre : celle qui admet la souffrance sans pour autant tuer l’émerveillement, celle qui, pleurant les morts, célèbre néanmoins la vie.

Cette nuit, grâce à toi, je remontais vers cette source qui me faisait du bien, cette raison humble, cette sagesse qui consiste en l’amour du vrai, l’amour de la réalité telle qu’elle est…

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… Dire « j’aime Mozart », c’est se mettre nu et avouer qu’au fond de son âme les autres peuvent encore apercevoir un enfant, une joie, une allégresse. Dire « j’aime Mozart », c’est crier qu’on veut rire, jouer, courir, rouler dans l’herbe, embrasser le ciel, caresser les roses. Mozart, c’est la vitalité, les jambes rapides, le cœur qui bat, les oreilles qui bourdonnent, le soleil qui pose son étreinte chaude sur notre épaule, le lin de la chemise qui frôle le sein, la merveille de vivre.

Tu donnes des cours de bonheur en rendant leurs saveurs aux choses, en extrayant du moindre moment un goût de fraise ou de mandarine. Petite Musique de Nuit ? Non, Grande Musique de Lumière. Avec allégresse, tu renouvelles notre existence en un chant jubilant, où même la douleur et le malheur se rangent à leur place car, être heureux, ce n’est pas se protéger du malheur mais l’accepter… »

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Extraits de : « Ma vie avec Mozart » 2005  Eric-Emmanuel Schmitt.

Tableaux : 1/« La diseuse de bonne aventure » 2/ »Été »  Colin Campbell Cooper 1856-1937.

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Composer lumineusement la partition de notre vie…

BVJ – Plumes d’Anges.