Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Vivante vérité…

mercredi 5 décembre 2012

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« … Soit on adore le monde (l’argent, la gloire, le bruit), soit on adore la vie (la pensée errante, la sauvagerie des âmes, la bravoure des rouges-gorges). Juste une question de goût…

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… Il n’y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu’un qui voit le même monde que nous. C’est comme apprendre que l’on n’était pas fou. « Sur les sujets dont au fond nous ignorons tout, tous les deux nous croyons et doutons cent fois par heure – ce qui laisse à notre foi toute sa souplesse. » Parler sans fin de ce qui se dérobe sans fin est une jouissance en regard de laquelle toutes les autres ne sont rien. Rencontrer quelqu’un, le rencontrer vraiment – et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare. La substance inaltérable de l’amour est l’intelligence partagée de la vie… »

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Extrait de : « La dame blanche » 2007  Christian Bobin.

Illustrations : 1/« La mariée »  Anders Zorn 1860-1920  2/« Pigeons dans un arbre »  Watanabe Shotei 1851-1918

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Rencontrer le monde de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Tout est bien…

mardi 27 novembre 2012

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« Un vieillard vivait avec son fils dans un fort abandonné, au sommet d’une colline, et un jour il perdit un cheval. Les voisins vinrent lui exprimer leur sympathie pour ce malheur et le vieillard demanda :

« Comment savez-vous que c’est un malheur ? »

Quelques jours plus tard, le cheval revint, suivi de plusieurs chevaux sauvages, et les voisins revinrent le féliciter de cette chance, et le vieillard répliqua :

« Comment savez-vous que c’est une chance ? »

Entouré de tant de chevaux, le fils se mit à les monter et un jour il se cassa la jambe. De nouveau, les voisins s’approchèrent pour exprimer leur sympathie et le vieillard répondit :

« Comment savez-vous que c’est de la malchance ? »

L’année suivante il y eu une guerre et, parce que le fils du vieillard était boiteux, il évita d’aller au front…

RIEN NE COMPTE POUR UN HOMME QUI PRÉTEND QUE RIEN NE COMPTE. »

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Parabole de Li Yukao 450-375 av.J.C. citée par Lin Yutang dans « L’importance de vivre » 1938.

Illustrations : 1/« Portrait de Ota Nampo »  Chobunsai Eishi 1756-1829  2/« Un homme noble »  Qian Xuan 1235-1305.

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Tout a un sens…

BVJ – Plumes d’Anges.

Dire…

jeudi 22 novembre 2012

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« Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;

Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse.

Surtout ne dites point, elle est malheur sans fin ;

C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

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Riez comme au printemps s’agitent les rameaux

Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,

Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;

Et dites : c’est beaucoup et c’est l’ombre d’un rêve. »

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Extrait de : « Les Stances – Livre 1 – XI »  Jean Moreas 1856-1910.

Illustrations : 3 planches de l’album « Oiseaux et paysages »  Yoshizawa Setsuan 1809-1889.

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Vivre le cadeau qu’est la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Se révéler…

lundi 19 novembre 2012

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« … Nos conclusions erronées nous enferment dans une vision étroite du monde. Sans nous en rendre compte nous nous imposons des limites, décidant à l’avance de ce qui est possible ou de ce qui ne l’est pas, prévoyant les conséquences avant même d’avoir pu en être témoins…

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… Parce que nous avons appris à reconnaître et à aimer tout ce que nous sommes, nous devenons capables de respecter et d’aimer tout ce que les autres sont. Plus nous nous serons réconciliés avec les différentes parties de nous-mêmes, plus il nous sera facile de nous réconcilier avec les autres…

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… Nous sommes les miroirs les uns des autres. C’est la beauté des relations humaines. C’est la magie de notre travail collectif de conscience. Comme si dans cette dimension de la vie, où l’espace et le temps nous permettent de discerner le contenu de notre conscience, les êtres humains n’étaient que l’expression  de certains aspects de celle-ci, se contemplant tous les uns et les autres afin de reconnaître certains aspects de soi non encore exprimés…

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… La vie est comme de l’eau qui nous passe entre les mains. Si on la laisse filer sans la boire, on n’étanche jamais sa soif…

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… Pourquoi pensons-nous que certaines expériences de nos vies sont des échecs ? Simplement parce que nous avions une attente à laquelle nous comparons le résultat de notre expérience. Or si nous avions une attente, c’est que, déjà, nous n’étions plus dans la réalité du présent, mais dans celle du futur, donc dans l’illusion.

Cela voudrait-il dire qu’il ne faut pas construire de projets ? Certainement pas. Cela signifie simplement que lorsque nous avons un projet il nous faut veiller à l’accompagner plutôt qu’à le diriger. L’accompagnement de notre projet nécessite la capacité de nous interroger tout au long de son déroulement afin de savoir si la direction que celui-ci a prise correspond toujours à ce que nous sommes profondément…

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… Curieusement, en acceptant de travailler sur soi, sans se soucier des autres et en assumant notre responsabilité unique dans la création de nos vies, nous permettons aux autres de changer. Sans les forcer, par simple effet de diapason…

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… En disant notre vérité, nous permettons à l’autre d’exprimer la sienne. En étant vrai, nous offrons à l’autre la possibilité d’être vrai à son tour…

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… Il est évident qu’un individu ne peut réformer une société à lui tout seul, cependant, puisque nous sommes tous en interaction permanente, nous pouvons, en tant qu’individus, rien qu’en adoptant une attitude unificatrice dans nos relations de proximité, influencer considérablement l’évolution spirituelle de la planète sur laquelle nous vivons. Adopter une attitude unificatrice implique d’aligner notre intention, notre psychisme et finalement les expressions de notre corps physique dans cet effort. C’est un travail qui demande une attention constante, une honnêteté totale et une acceptation entière de la réalité. Cette tâche ne peut être réalisée ni en nous apitoyant sur le passé ni en priant pour le futur. Cette entreprise ne devient une réalité que dans le présent, instant après instant, sur le chemin de notre projet. C’est notre responsabilité… « 

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Extraits de : « Le travail d’une vie » 2001  Thierry Janssen.

Illustrations : 1/ »Grand canyon-Yellowstone river-Wyomming »  William-Louis Sonntag 1822-1900  2/ »Chutes d’eau » Anton Romako 1832-1889.

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Vivre chaque instant…

BVJ – Plumes d’Anges.



Passion…

vendredi 16 novembre 2012

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« … Un adolescent atteint d’une maladie très particulière et nouvelle, jamais décrite dans les manuels de médecine : la maladie des escaliers. Une passion qui lui était venue très tôt. Déjà vers trois ou quatre ans, il répétait : « Que c’est beau un chemin qui monte ! Plus tard, je construirai des chemins qui montent…

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… À quel instant précis l’idée lui était-elle venue ? Les idées sont comme les arbres. Pour les comprendre, il faut commencer par l’origine : la graine. Celui qui ne garde pas à l’esprit le souvenir de la graine ne saura rien de l’arbre…

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… La passion est une armure… »

Extraits de : « Dernières nouvelles des oiseaux » 2005  Erik Orsenna.

Illustrations : 1/« Jeunes japonaises »  Lilla Cabot Perry 1848-1933  2/« Azalées et fleurs de pommiers »  Charles Caryl Coleman 1840-1928.

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Se laisser guider par nos passions…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ardent désir…

mercredi 14 novembre 2012

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« La chute des corps. Tout corps lâché dans l’espace chute en se rapprochant du centre de la terre en vertu de la loi de la pesanteur. Tu n’eus pas l’occasion de chuter, bien-sûr, jusqu’au centre de la terre. La mer Égée t’arrêta, t’adopta et te garda. Tu y chutas dans une éclaboussure d’écume et de plumes qui aujourd’hui encore irise ta légende. Pourtant beaucoup de ceux qui ont écrit sur toi éprouvèrent une sombre jubilation devant ta chute, comme s’ils l’avaient souhaitée au fond d’eux-mêmes. Il fallait s’y attendre, disaient-ils. Il fallait écouter le Père. Tout Fils, surtout s’il prétend à de grands exploits, doit d’abord écouter le Père. Mais qu’as-tu fait au fond de toi de si impardonnable ? Vouloir voler de ses propres ailes, est-ce donc un crime ?

Que n’a-t-on pas tenté pour salir ta mémoire ou ridiculiser tes désirs et ton acte ! Jusqu’à faire de toi un fantasme, un elfe égaré dans le ciel de Crête,  un mannequin grimé en aigle ou en perdrix et précipité dans le vide, une vapeur subtile prisonnière d’une cornue, que sais-je encore, tout était bon pour refuser ou dévaluer ta tentative. Mais moi, je sais que tu n’es pas un rêve, que tu as vraiment désiré le ciel, connu l’ivresse de l’envol et de l’azur et que… tu n’as pas eu de chance. Nul alors – et nul encore aujourd’hui – ne semble avoir compris que tu n’étais ni un rêveur ni un fantasque mais un prophète. Un prophète sans désert, sans cris, sans sauterelles et sans imprécations, mais un prophète. Un prophète qui sut accomplir l’impensable et atteindre l’inaccessible. Et si tu es tombé, c’est que ton rêve était prématuré, et ton cœur immature et tes ailes fragiles. Tu as chuté victime de ta précocité. Tu as voulu voler alors même que le monde n’était pas préparé à recevoir ton acte et encore moins à le comprendre. Tu as chu incompris mais tu n’as pas chu oublié. Ta chute a servi d’exemple non à ceux qui rêvaient de voler mais à ceux qui vivent sans rêve. Tu nous as dit avec tes ailes : mieux vaut chuter libre dans le ciel infini que de vivre enchainé dans le renoncement. Tous ceux qui t’ont jugé et qui t’ont condamné ont eu bien tort de se réjouir. L’avenir t’a amplement donné raison puisqu’aujourd’hui ton rêve se réalise, que des milliers de gens peuvent enfin voler, seuls dans le ciel, avec des ailes. Sans toi, rien de tout cela ne serait. Non, tu n’es ni un esprit subtil, ni un aigle-émissaire, ni un oiseau manqué ni un ange novice, mais le premier de tous les hommes à être monté vivant jusqu’au ciel. À avoir approché les nuages et entrevu de près la splendeur du vrai. Ébloui. Tu fus ébloui. C’est pour cela que tu as chu. »

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« Lettre à Icare » Extrait de : « L’envol d’Icare » Jacques Lacarrière 1925-2005.

Tableaux : 1/ »Illusions » 3/« Le sens de la Vue » Annie-Louisa Swynnerton 1844-1933.

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Oser croire en notre magnificence…

BVJ – Plumes d’Anges.

Songes…

lundi 12 novembre 2012

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« … S’interdire d’être heureux est le moins véniel de tous les péchés, même si aucune religion ne nous met en garde…

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… Ni les humains ni les chiens ne viennent nous hanter : ce qui nous poursuit c’est le temps qu’on ne leur a pas donné, les occasions perdues, le souvenir des attentes auxquelles on n’a pas su répondre…

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… J’ai l’air d’un bon vivant, mon petit, mais je suis si souvent fatigué des hommes, de cette terre sans amour… Ce sont les scientifiques qui m’ont rendu la joie d’aimer mon prochain, que j’avais perdue en fréquentant trop de gens d’Église. Je ne suis qu’un curé de bureau, moi, vous savez ; je ne comprends pas toutes vos découvertes ni vos langages techniques, mais auprès de vous, je me sens un peu de la famille… Je vous écoute, je m’émerveille, j’essaie de vous suivre et de vous emprunter un peu de votre intelligence. Même les illuminés comme ce Guido Ponzo, avec leurs théories fumeuses et partisanes, je les aime ; ils sont en quête d’une vérité, même s’ils se trompent. C’est si rare les chercheurs de vérité… Je vous regrette déjà…

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… Il y a un seul Dieu auquel je suis tenté de croire, parfois. Une sorte de voix intérieure qui s’adresserait à nous dans notre tombe, en nous engueulant pour toutes les occasions de bonheur qu’on n’a pas su saisir…

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… On devrait toujours se méfier de ce qu’on désire, même inconsciemment : la vie épouse parfois nos rêves secrets pour le meilleur ou pour le pire…

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… C’est à nous d’agir, pas au ciel… »

Extraits de : « L’apparition » 2001  Didier van Cauwelaert.

Illustration : « Voyage autour du monde de la Frégate autrichienne Novara- Papillons de Californie, Nevada et Colorado »  Alois Rogenhofer 1831-1897.

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Mettre en lumière notre propre vérité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Contemplations…

mercredi 7 novembre 2012

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« … Les demeures humaines et leurs habitants rivalisent d’impermanence, disparaissent, et nous font penser à la rosée sur le liseron du matin. Tantôt la goutte de rosée tombe et la fleur demeure ; la fleur demeure sans doute, mais bientôt se fane elle aussi aux rayons du soleil levant. Tantôt la fleur se replie sur elle-même, tandis que la rosée demeure ; la rosée a beau demeurer, elle ne dure jamais jusqu’au soir…

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… le monde entier n’est, en somme, que la conscience que nous en avons. Si le cœur n’est pas en paix, les plus belles écuries ou étables, les trésors les plus rares ne signifient rien, ni les palais, ni les riches demeures ne sont désirables. En ce moment j’aime ma pauvre demeure, l’unique chambre de mon ermitage. Quand je dois me rendre à la capitale j’éprouve l’humiliation de n’être qu’un moine mendiant, mais une fois rentré chez moi, je plains tous ceux qui sont esclaves des choses terrestres.

Si quelqu’un doutait de ce que je dis ici, qu’il contemple l’allure des oiseaux et des poissons. Les poissons ne s’ennuient jamais d’être dans l’eau. Il faudrait être poisson pour comprendre ce sentiment. Les oiseaux ne demandent qu’à vivre dans les bois. Il n’y a que les oiseaux à comprendre cela. Il en est de même de la joie de la solitude ; on ne peut l’apprécier qu’en la vivant…

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… La lune brille, mais il est triste de la voir disparaître derrière les monts.
Puissions-nous voir la lumière éternelle !… ».

Extraits de : « Note de ma cabane de moine »  Karho No Chômei 1155-1216.

Illustrations : 1/« Liseron des garrigues »  Ferdinand Bauer 1760-1826 2/« Chelictinia ricourii » Louis Agassiz Fuertes 1874-1927.

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Avoir le cœur en paix…

BVJ – Plumes d’Anges.

Douces fleurs…

lundi 5 novembre 2012

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… » Si l’on veut aujourd’hui savoir à quoi ressemble l’âme, il faut

chercher dans les images anciennes, celles des mineurs aux yeux de

porcelaine blanche roulant dans la chair noire, ou celle des

nouveaux-nés sidérés aux berceaux enflammés de dentelles. Les livres

sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de

l’éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des

êtres invisibles. J’ai la faculté de voir à travers le mur de fer : nous

allons vers de très belles choses, une fois passé l’enfer. Ma mère m’a

appris que j’étais né entre deux éclats de rire, ce qui sans doute

explique le grain de cette phrase : nous allons par le pire à des choses

très fleuries et très douces, accordées au secret de nos âmes…

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DE DOUCES FLEURS POUR ÉLISABETH BAYSSET

ARTISTE PEINTRE DE GRAND TALENT

MERVEILLEUSE RENCONTRE DU NET

JE GARDE EN MÉMOIRE SON  REGARD

D’UN MAGNIFIQUE BLEU

JE SAIS QUE SON ÂME

« EST ALLÉE PAR LE PIRE VERS DES CHOSES FLEURIES »

AU ROYAUME DES ANGES

LÀ OÙ SON CŒUR EST EN PAIX.

UN SOIR, ELLE M’AVAIT ENVOYÉ CETTE PHRASE

« Nous sommes tous des étoiles
avec le potentiel de briller dans le ciel infini de l’éternité. »

Shanti

MERCI ÉLISABETH,

MERCI DE NOUS AVOIR PEINT UN MONDE ENCHANTÉ

AUJOURD’HUI

TON ÉTOILE BRILLE DANS LA NUIT DE MON CŒUR,

DOUX, DOUX VOYAGE À TOI…

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Si vous voulez feuilleter les pages de son blog,

un petit clic —>  ICI

Extrait de : « Un assassin blanc comme neige »  2011  Christian Bobin.

Illustrations : 1/« Fleurs de pommier avec insectes » 2/« Jacinthe blanche avec insectes »  Margaretha Barbara Dietzsch 1727-1795.

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Cueillir la douceur du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Sage souhait…

mercredi 31 octobre 2012

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« Il est au Mogol des follets

Qui font office de valets,

Tiennent la maison propre, ont soin de l’équipage,

Et quelquefois du jardinage.

Si vous touchez à leur ouvrage,

Vous gâtez tout. Un d’eux près du Gange autrefois

Cultivait le jardin d’un assez bon bourgeois,

Il travaillait sans bruit, avait beaucoup d’adresse,

Aimait le maître et la maîtresse,

Et le jardin surtout. Dieu sait si les zéphirs,

Peuple ami du démon, l’assistaient dans sa tâche !

Le follet de sa part travaillant sans relâche

Comblait ses hôtes de plaisirs.

Pour plus de marques de son zèle,

Chez ces gens pour toujours il se fut arrêté,

Nonobstant la légèreté

À ses pareils si naturelle ;

Mais ses confrères les esprits

Firent tant que le chef de cette république,

Par caprice ou par politique,

Le changea bientôt de logis.

Ordre lui vient d’aller au fond de la Norvège,

Prendre le soin d’une maison

En tout temps couverte de neige ;

Et d’Indou qu’il était on vous le fait Lapon.

Avant que de partir l’esprit dit à ses hôtes :

« On m’oblige de vous quitter :

Je ne sais pour quelles fautes ;

Mais enfin il le faut, je ne puis arrêter

Qu’un temps fort court, un mois, peut-être une semaine.

Employez-la ; Formez trois souhaits, car je puis

Rendre trois souhaits accomplis,

Trois sans plus. » Souhaiter, ce n’est pas une peine

Étrange et nouvelle aux humains.

Ceux-ci pour premier vœu demandent l’abondance ;

Et l’Abondance, à pleines mains,

Verse en leurs coffres la finance,

En leurs greniers le blé, dans leurs caves les vins ;

Tout en crève. Comment ranger cette chevance ?

Quels registres, quels soins, quel temps il leur fallut !

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Tous deux sont empêchés si jamais on le fut.

Les voleurs contre eux complotèrent ;

Les grands seigneurs leur empruntèrent ;

Le prince les taxa. Voilà les pauvres gens

Malheureux par trop de fortune.

« Ôtez-nous de ces biens l’affluence importune,

Dirent-ils l’un et l’autre : heureux les indigents !

La pauvreté vaut mieux qu’une telle richesse.

Retirez-vous, trésors, fuyez ; et toi déesse,

Mère du bon esprit, compagne du repos,

Ô Médiocrité, reviens vite. » À ces mots

La Médiocrité revient ; on lui fait une place,

Avec elle ils rentrent en grâce,

Au bout de deux souhaits étant aussi chanceux

Qu’ils étaient, et que sont tous ceux

Qui souhaitent toujours et perdent en chimères

Le temps qu’ils feraient mieux de mettre à leurs affaires.

Le follet en rit avec eux.

Pour profiter de sa largesse,

Quand il voulut partir et qu’il fut sur le point,

Ils demandèrent la sagesse ;

C’est un trésor qui n’embarrasse point. »

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« Les souhaits » Fable de Jean de la Fontaine 1621-1695.

Illustrations : 1/ Anges en adoration – Oiseaux (détail) »  Benozzo Gozzoli 1421-1497  2/« Réunion d’oiseaux étrangers placés dans différentes caisses » et  3/ »Oiseaux exotiques (détail) » Alexandre-Isidore Leroy De Barde 1777-1828.

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Un souhait pour le monde, la sagesse…

BVJ – Plumes d’Anges.