Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Quand viendra le moment…

mercredi 2 novembre 2011

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« Ne verse pas de larmes ! Oh n’en verse pas !

La fleur s’épanouira une autre année.

Ne pleure pas ! Oh ne pleure pas d’avantage !

Les bourgeons naissants sommeillent dans le cœur blanchissant de la racine.

Sèche tes yeux ! Oh sèche tes yeux !

On m’a appris en Paradis

À calmer mon cœur avec des mélodies… Ne verse pas de larmes.

Au dessus de ta tête, regarde au dessus

Parmi les fleurs blanches et roses –

Regarde en haut, en haut. Voilà que je voltige

Sur cette branche de rougissante grenade !

Vois-moi ! C’est ce croissant d’argent

Qui guérit toujours la souffrance de l’homme bon.

Ne verse pas de larme ! Oh n’en verse pas !

La fleur s’épanouira une autre année. »

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« Chansons de Fées »  John Keats 1795 – 1821.

Tableaux : 1/ »Évocation » 2/ »Hommage à Léonard de Vinci »  Odilon Redon 1840 – 1916.

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Un temps pour tout…

BVJ – Plumes d’Anges.

Germes de vie…

lundi 31 octobre 2011

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… » Ne sommes-nous pas bouleversés chaque fois que quelqu’un nous manifeste son attachement ?…

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… Ne pas dramatiser une situation, aussi tragique soit-elle dans l’instant. Mais au contraire croire aux ressources jamais sollicitées jusqu’alors… Oui, il s’agit de ne pas entretenir le goût du malheur, mais de délivrer les sources, d’accompagner le chant profond de la vie toujours la plus forte…

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… Ne sommes-nous pas tous pareils ? Plus inquiets des appels que nous ne recevons pas que des messages que nous n’adressons pas : prêts à nous sentir négligés plutôt que négligents…

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… Oui, ne pas laisser s’effilocher le tissu des liens entre les êtres. Être des tisseurs plutôt que des lâcheurs…

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… « À moins qu’elle ne voie rien justement, qu’elle se livre au vide initial, initiatique. Elle laisserait monter en elle ce qu’on appelle l’inspiration, le souffle qui vient de très loin. État de veille sans urgence…

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… Pour être à tous, il nous faut d’abord ÊTRE. Proche des « sources ombreuses » de notre vie. Suffisamment robuste pour supporter l’émiettement, tout en demeurant entier ! Attaché et détaché afin d’inciter les nôtres à s’affranchir de nous…

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… Tendue vers l’ailleurs et le demain, tu oublies de vivre ici et maintenant…

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… La détresse que conduit une vie désordonnée au bord de la délinquance s’apaise sous l’effet de l’amour matérialisé, manifesté, alors qu’une surenchère de prescriptions aggrave la solitude…

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… Aimons-nous ceux que nous aimons ? …

… « Je te l’avais bien dit ! » … Dieu nous garde d’être d’affreux décourageurs ! …

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… Accompagner celui qui se perd sans nous détruire nous-même. Nourrir ce feu vacillant de l’espérance…

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… Ma vie, petite, précaire et magnifique, je l’arpente et je l’explore ; je tente de l’accomplir. Sans jamais renier l’échange avec les autres existences proches et lointaines, avec l’univers fascinant, inquiétant et changeant. Métamorphoses perpétuelles…

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… Au lieu de thésauriser, vivons que diable ! Le beau est une graine en attente d’un regard qui le fera surgir, fleurir. Les êtres et l’univers patientent en l’espérant…

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… Tel ce voisin que je surprends devant chez lui, penché sur ses fleurs. Il vient de terminer sa journée de travail et reprend force dans ce parterre entretenu avec un soin jaloux et des doigts verts… Est-ce là qu’il puise une sérénité qui le distingue de bien des hommes de son âge ? Qu’à chacun soit accordé son jardin quotidien pour essuyer grains et tempêtes ! …

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… Naïve résolution de premier de l’an : écoute et patiente, infinie bienveillance. Tendre l’oreille, vraiment ; tolérer mes errements aussi bien que ceux d’autrui ; ne jamais céder à la peur. La vie germe sans qu’on puisse la forcer en aucune manière… »

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« Secrète présence » 2009  Colette Nys-Mazure.

Illustrations : détails de fresques ornant les appartements du Cardinal Bibbiena au Vatican –  Giovanni da Udine 1487 – 1564.

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Tisser des liens aimants…

BVJ – Plumes d’Anges.

Projet poétique…

mercredi 19 octobre 2011

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… »Les étoiles sont les sommets de quels merveilleux triangles ! Quels êtres distants et différents dans les demeures variées de l’univers contemplent la même au même moment ! La nature et la vie humaine sont aussi variées que nos divers tempéraments. Qui dira l’aspect sous lequel se présente la vie à autrui ? Pourrait-il se produire miracle plus grand que pour nous de regarder un instant par les yeux les uns des autres ? Nous vivrions dans tous les âges du monde sur l’heure ; que dis-je ! dans tous les mondes des âges…

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… Tout changement est un miracle à contempler ; mais c’est un miracle renouvelé à tout instant…

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… En n’importe quelle saison, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, je me suis inquiété d’utiliser l’encoche du temps, et d’en ébrécher en outre mon bâton ; de me tenir à la rencontre de deux éternités, le passé et l’avenir, lequel n’est autre que le moment présent, de me tenir de l’orteil sur cette ligne…

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… Oui, prenez-garde à toute entreprise qui réclame des habits neufs, et non pas plutôt un porteur d’habits neuf. Si l’homme n’est pas neuf, comment faire aller les habits neufs ? Si vous avez en vue quelque entreprise, faîtes-en l’essai sous vos vieux habits. Ce qu’il faut aux hommes, ce n’est pas quelque chose avec quoi faire , mais quelque chose à faire , ou plutôt à être

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… Il y a chez l’homme qui construit sa propre maison un peu de cet esprit d’à-propos que l’on trouve chez l’oiseau qui construit son propre nid. Si les hommes construisaient de leurs propres mains leurs demeures, et se procuraient la nourriture pour eux-même comme pour leur famille, simplement et honnêtement, qui sait si la faculté poétique ne se développerait pas universellement, tout comme les oiseaux universellement chantent lorsqu’ils s’y trouvent invités ?…

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… Les nations sont possédées de la démente ambition de perpétuer leur mémoire par l’amas de pierre travaillée qu’elles laissent. Que serait-ce si d’égales peines étaient prises pour adoucir et polir leurs mœurs ? Un seul acte de bon sens devrait être plus mémorable qu’un monument aussi haut que la lune…

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… Ce que je voudrais voir, c’est chacun attentif à découvrir et à suivre sa propre voie, et non pas à la place, celle de son père ou celle de sa mère ou celle de son voisin…

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… Être éveillé, c’est être vivant. Je n’ai jamais encore rencontré d’homme complètement éveillé. Comment eussè-je pu le regarder en face ?

Il nous faut apprendre à nous réveiller et à nous tenir éveillés, non grâce à des secours mécaniques, mais à une attente sans fin de l’aube, qui ne nous abandonne pas dans notre plus profond sommeil. Je ne sais rien de plus encourageant que l’aptitude incontestable de l’homme à élever sa vie grâce à un constant effort…

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… Tout homme est le bâtisseur d’un temple, appelé son corps, au dieu qu’il révère, suivant un style purement à lui, et il ne peut s’en tirer en se contentant de marteler du marbre. Nous sommes tous sculpteurs et peintres, et nos matériaux sont notre chair, notre sang, nos os. Toutes pensée élevée commence sur-le-champ à affiner les traits d’un homme…

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… Dirige ton œil droit en toi, et vois

Mille régions en ton âme

Encore à découvrir. Parcours-les et sois

Expert en cosmographie-du-chez-soi. »…

Extraits de : « Walden ou La vie dans les bois »  Henry David Thoreau 1817 – 1862.

Tableaux : 1/« La rivière de la forêt »  Nikolay Nikanorovitch Dubovskoy 1859 – 1918  2/« Blyths Tragopan » William Beebe 1877 – 1962  3/« Enfant écrivant »  Henriette Browne 1829 – 1901.

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Suivre sa propre voie…

BVJ – Plumes d’Anges.


Rencontre…

lundi 17 octobre 2011

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« J’ai lu quelque part :

« Dieu existe, je l’ai rencontré ! »

Ça alors ! Ça m’étonne !

Que Dieu existe, la question ne se pose pas !

Mais que quelqu’un l’ait rencontré

avant moi, voilà qui me surprend !

Parce que j’ai eu le privilège

de rencontrer Dieu juste à un moment

où je doutais de lui !

Dans un petit village de Lozère

abandonné des hommes,

il n’y avait plus personne.

Et en passant devant la vieille église,

poussé par je ne sais quel instinct,

je suis entré…

Et, là, j’ai été ébloui… par une lumière

intense… insoutenable !

C’était Dieu… Dieu en personne,

Dieu qui priait !

Je me suis dit :

« Qui prie-t-il ?

Il ne se prie pas lui-même ?

Pas lui ?

Pas Dieu ! »

Non ! Il priait l’homme !

Il me priait moi !

Il doutait de moi

comme j’avais douté de lui !

Il disait :

Ô homme !

si tu existes,

un signe de toi !

J’ai dit :

– Mon Dieu, je suis là !

Il a dit :

– Miracle !

Une humaine apparition !

Je lui au dit :

– Mais, mon Dieu…

comment pouvez-vous douter

de l’existence de l’homme,

puisque c’est vous qui

l’avez créé ?

Il m’a dit :

– Oui… mais il y a si

longtemps que je n’en ai

pas vu dans mon église…

que je me demandais si ce n’était

pas une vue de l’esprit !

Je lui ai dit :

– Vous voilà rassuré,

mon Dieu !

Il m’a dit :

– Oui !

Je vais pouvoir leur

dire là-haut :

 » l’homme existe,

je l’ai rencontré ! »

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Extrait de : « Matière à rire »  Raymond Devos 1922 – 2006.

Tableaux : 1/ »Polyptyque de St Vincent Ferrier » (détail)  Giovanni Bellini 1430 – 1516  2/ »Portrait d’un gentilhomme » (détail)  Bartolomeo Veneto 1470 – 1531.

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Partir à notre rencontre…

BVJ – Plumes d’Anges.


Lettres d’Amour…

vendredi 14 octobre 2011

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À vivre, à lire, à écrire… sans modération…

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TRÈS BON WEEK-END À TOUTES ET À TOUS,

MILLE FOIS MERCI DE VOS PASSAGES SUR PLUMES D’ANGES.

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« Le monde

est devenu

un cerisier en fleurs »

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Ryokan 1758 – 1831.

Lettres Capitales (colorisées) de James Joseph Jacques Tissot 1836 – 1902.

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Aimer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Leçons de vie…

mercredi 12 octobre 2011

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… » Mon cher petit, me répondit-elle, ma vie a été pleine et

épanouissante. C’est vrai, pour moi c’est la fin, mais je peux t’assurer

que j’ai eu une existence riche et active.

Nous sommes semblables à un gâteau : nous en donnons une part à nos

parents, une part à nos enfants, une part à notre carrière…  Au terme

de l’existence, certains n’ont pas gardé de morceau pour eux-mêmes et

ne savent même pas quel genre de gâteau ils étaient. Moi je le sais.

C’est quelque chose que chacun doit trouver par lui-même.

Maintenant, je peux quitter cette vie en sachant qui je suis. »…

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Extrait de « Leçons de vie » 2002  Élisabeth Kübler-Ross (1926 – 2004)  et David Kessler.

Tableaux : 1/« Nature morte à la brioche »  Jean-Baptiste Siméon Chardin 1699 – 1779  2/« Fleurs »  Gottfried Wilhelm Völcker 1775 – 1849.

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Être gourmand de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Illusion ?…

lundi 10 octobre 2011

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… » Regarde bien cet arc-en-ciel. Il est présent, avec ses couleurs riches

et somptueuses, et pourtant il est insaisissable. Il brille dans l’espace,

mais il n’est pas différent de l’espace. Il semble exister de lui-même

mais si, derrière toi, le soleil cesse de briller, il s’évanouit sans laisser

la moindre trace. En vérité, il résulte de la réunion éphémère de

nombreuses causes et conditions. Comme lui, le monde est un réseau

infini de relations qui apparaissent de multiples façons. Il en est de

même de ton esprit. Tes pensées semblent concrètes et contraignantes

mais, si tu les examines bien, elles n’ont pas plus de consistance que cet

arc-en-ciel. Il est aussi vain de s’attacher à nos sensations que de

courir après l’arc-en-ciel pour s’en faire un manteau. Considère que

tout ce que tu vois, entends, sens, goûtes ou touches est semblable à un

arc-en-ciel, au reflet de la lune sur l’eau ou à une image dans un

miroir. »…

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Extrait de « La citadelle des neiges » 2005  Matthieu Ricard.

Tableaux : 1/ »Jupiter, Mercure et la Vertu »  Dosso Dossi 1490 – 1542  2/« Pensées et papillons »  Olga Wisinger-Florian 1844 – 1926.

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Nous sommes des Magiciens, ne l’oublions pas…

BVJ – Plumes d’Anges.

Profondeur de la beauté…

jeudi 6 octobre 2011

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… » – D’où parlez-vous, de quelle position partez-vous ? De quelle légitimité vous réclamez-vous ?

À ces questions, je réponds en toute simplicité que je n’ai pas de qualification particulière. Une seule règle me guide : ne rien négliger de ce que la vie comporte ; ne jamais se dispenser d’écouter les autres et de penser par soi-même…

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… La beauté est quelque chose de virtuellement là, depuis toujours là, un désir qui jaillit de l’intérieur des êtres ou de l’Être, telle une fontaine inépuisable qui, plus que figure anonyme et isolée, se manifeste comme présence rayonnante et reliante, laquelle incite à l’acquiescement, à l’interaction, à la transfiguration…

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… La vraie beauté est élan de l’Être vers la beauté et le renouvellement de cet élan ; la vraie vie est élan de l’Être vers la vie et le renouvellement de cet élan…

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… « A thing of beauty is a joy for ever » (« Toute beauté est cause de joie pour toujours » John Keats – Endymion – Livre 1). Car on prend conscience que la beauté peut être un don durable, si l’on se rappelle qu’elle est une promesse tenue dès l’origine. C’est pourquoi le désir de beauté ne se limite plus à un objet de beauté ; il aspire à rejoindre le désir originel de beauté qui a présidé à l’avènement de l’univers, à l’aventure de la vie. Chaque expérience de beauté si brève dans le temps, tout en transcendant le temps, nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde…

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… En bon Chinois, je crois au souffle… Je lui sais gré d’avoir suscité cette chose merveilleuse qu’est la montagne qui porte haut la vie et où peuvent mieux s’échanger les souffles de la terre et ceux du ciel. Du sein de la montagne jaillit la source, laquelle, coulant vers le bas et s’élargissant, devient le fleuve. Depuis lors, montagnes et fleuves incarnent par excellence les deux principes vitaux Yang et Yin. Le fleuve coule, féconde les plaines fertiles ; il symbolise aussi l’écoulement du temps, apparemment en ligne droite et sans retour. Apparemment seulement, car le vrai temps en réalité, est circulaire et non linéaire : l’eau du fleuve, tout en coulant, s’évapore à mesure ; ses vapeurs montent dans le ciel, se transforment en nuages et retombent en pluie sur la montagne pour réalimenter le fleuve à la source. Ainsi, au dessus de l’écoulement « terre à terre » et en sens unique, s’effectue ce mouvement circulaire entre terre et ciel. La montagne lance son appel vers la mer, la mer répond à la montagne, il y a là une beauté dans cette loi de la vie… »… »

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Extraits de « Cinq méditations sur la beauté » 2006  François Cheng.

Illustrations : 1/ »Angelo »  Roberto Bompiani 1821 – 1908  2/ »Les chutes de Terni »  Jakob Philipp Hackert 1737 – 1807.

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S’abreuver à la source de la beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.


L’étoffe des mots…

jeudi 29 septembre 2011

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Brocart,

Tarlatane,

Mousseline,

Damas,

Popeline,

Organdi,

Velours…

Des mots de rêves, des mots voyageurs, des mots doux, des mots d’amour…

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… »Les mots : écrins qui recueillent une réalité esseulée et la métamorphosent en un moment d’anthologie, magiciens qui changent la face de la réalité en l’embellissant du droit de devenir mémorable, rangée dans la bibliothèque du souvenir. »…

Extrait de : « Une gourmandise » 2002  Muriel Barbery.

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Tableaux : 1/ « Le manteau bleu de mandarin » 2/ « Le store »  Joseph Rodefer DeCamp 1858 – 1923.

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Les mots ont du pouvoir, il nous faut bien les choisir…

BVJ – Plumes d’Anges.


Vers les cieux…

mercredi 28 septembre 2011

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« Au-dessus des étangs, au dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par delà le soleil, par delà les éthers,

Par delà les confins des sphères étoilées,

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Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,

Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

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Envole-toi loin de ces miasmes morbides ;

Va te purifier dans l’air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

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Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

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Celui dont les pensées, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes ! »

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« Élévation »  -Les Fleurs du mal-  Charles Baudelaire 1821 – 1867.

Illustrations : détails de fresques de la Villa Farnèse Raffaello Sanzio 1483 – 1520 et « Rosier d’Amour »  Pierre Joseph Redouté 1759 – 1840.

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Cueillir les fleurs du ciel…

BVJ – Plumes d’Anges.