Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Aventure intérieure…

jeudi 19 janvier 2017

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« … L’écriture fait partie intégrante de mon aventure intérieure. Au point qu’elles sont en moi confondues. Mon journal m’a permis de réaliser une autoanalyse, de résigner mon moi et de m’engager dans la recherche du soi – un soi si difficile à atteindre.

J’ai longtemps commis l’erreur de croire que tout artiste, tout intellectuel, toute personne ayant eu accès à la culture, vivait obligatoirement l’aventure de la quête de soi. Je me trompais grandement. On peut être un philosophe, un psychanalyste, un prêtre, un écrivain estimé, un professeur de médecine renommé, on peut brasser d’importantes affaires, assumer de hautes responsabilités, on peut être un éminent savant dans telle ou telle discipline, on peut même avoir amassé maintes connaissances sur la quête de soi, mais tant qu’on n’est pas passé par cette expérience, on ne sait en quoi elle consiste. À l’opposé, on peut la vivre avec beaucoup de rigueur en n’ayant aucune culture, aucune capacité intellectuelle particulière. L’important est d’avoir accès à son intériorité. Seul vit cette expérience celui qui en éprouve l’exhorbitante nécessité.

« Connais-toi toi-même » ont gravé les Grecs sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes. C’est uniquement de cela dont il s’agit. La vérité dont nous avons faim n’est autre que celle de nous-même qu’il nous faut acquérir. Elle n’est pas à chercher hors de nous, dans une quelconque philosophie ou une quelconque religion. Elle apparaît quand nous parvenons à être lucide sur nous-même, à exister par nous-même, à penser par nous-même, et lorsque nous lui avons donné une assise ferme, elle détermine notre manière de penser et de vivre. De toutes les aventures possibles, celle-ci est la plus passionnante, celle qui ménage les plus étonnantes et les plus fécondes découvertes. C’est elle qui donne sens à une vie… »

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Extrait de : « Apaisement »  (Journal VII 1997-2003 – 19 janvier) 2013  Charles Juliet.

Dessins anonymes  : 1/Carte du ciel avec signes du zodiaque et constellations – XVIII ème  2/Etude d’angelots – Espagne 1689.

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Chercher notre vérité en nous…

BVJ – Plumes d’Anges.

Situations extrêmes…

lundi 16 janvier 2017

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« … Chaque année, la chaleur risque de me tuer. La ville se vide et nous, les chiens, nous finissons dans la rue. La première année fut la plus dure. Je ne savais que faire, j’étais perdu. J’errais dans les rues vides, rien à manger.(…) J’ai résisté, j’ai pleuré, j’ai dormi, puis j’ai regardé le ciel et j’ai vu descendre un ange, avec de grandes ailes blanches. Je l’appelle comme ça, mais je ne suis pas sûr, je l’avais déjà vu d’autres fois de loin, je ne fais pas très attention au ciel. J’ai pensé que c’était un ange parce qu’il s’était adressé à moi.

Quand une créature descend du ciel et te veut justement toi, ce doit être un ange. Il est venu au devant de moi et m’a fait une caresse blanche de son aile. Je l’ai regardé et il m’a dit : « Suis-moi. » Sa voix était celle de l’eau de pluie, « Suis-moi », il a dû me le dire encore, parce que je ne réponds pas la première fois. Je pense que j’ai rêvé un ordre, une invitation, et j’attends donc une confirmation. Je me suis dressé sur mes pattes, j’avais la tête qui tournait. Il faisait la chaleur volcanique de ces terres jaunes du sud, tuf et soufre. L’ange m’a conduit hors du territoire connu. Je suis paresseux, sans curiosité pour le grand monde, j’aime les habitudes. Mais je me sentais en danger. L’ange m’a ouvert les routes, il y avait partout des chiens perdus qui traînaient en quête d’une occasion. Il m’a trouvé un coin et m’a apporté à manger, j’ai demandé pourquoi il m’aidait, il a répondu que c’était sa mission. Il avait des ailes pour ça, pour attirer le regard des créatures vers le ciel. Il apprenait à s’adresser en haut quand le bas nous abandonne.

« Tu as regardé en haut, c’est pour ça que je suis descendu. Si tu avais gardé les yeux à terre, je n’aurais pas pu. Je viens seulement chez ceux qui ont besoin du ciel. »

Je ne savais pas que j’en avais besoin, mais il est vrai que j’avais levé les yeux en quête d’un nuage de pluie. Les hommes s’abritent, nous non, pour nous c’est la plus belle des caresses.

Je n’avais pas mangé de poisson avant cet été-là, j’ai découvert que c’était très bon, il me l’apportait tout frais de la mer. Il me disait que la mer aide quand la terre se ferme. Je n’avais pas pensé à la mer, au ciel, la terre me suffisait. Les anges aident à penser.

« Ange, dis-je, tu connais le monde, tu le surveilles depuis les airs, dis-moi quelle est ma faute.

– Je vois les montagnes, mais je ne distingue pas les prises, je vois la grandeur mais je ne reconnais pas les détails. Je suis en exil quand je descends sur terre, je vis au ciel. J’ai vu de loin des chiens lécher la main de l’employé de la fourrière et d’autres mordre celle de leur maître. Les torts et le mérites sont répandus pêle-mêle sur la terre. La faute d’un autre retombe sur toi et à un autre revient le mérite d’une de tes bonnes actions. Ce n’est qu’à le fin qu’on fait les comptes et qu’on répond de chaque chose.

– Même de l’abandon ? ai-je demandé.

– Oui »

Les jours passaient, bouillants, dans la rue les marginaux s’organisaient en meutes. La nécessité rend dangereux. La police est intervenue et elle a arrêté un grand nombre d’entre nous. Je m’enfuyais en suivant par terre l’ombre des ailes devant ma course. La ville était sans protection, mais moi j’étais sous celle de l’ange… »

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Extrait de : « Le plus et le moins » 2015  Erri De Luca.

Illustrations : 1/« L’Annonciation » – détail – Jacopo Pontormo 1494-1557  2/Etude –  Sir Edwin Henry Landseer 1802-1873.

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Se sentir sous la protection de l’Ange…

BVJ – Plumes d’Anges.

Oeuvres humaines…

jeudi 12 janvier 2017

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« … Tous les lieux habités sont faits de manques et de trop pleins…

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… Un jour, vous aussi vous mourrez. Quand viendra l’heure, posez-vous la question qui compte : « Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde ? » Si la réponse est non, ce sera trop tard, pour vous plaindre comme pour changer. Alors n’attendez pas…

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… La plupart des gens s’accommodent d’une géographie réduite et se contentent de passer leur vie à marcher ou dormir dans une toute petite part de nuit. Quelques-uns s’efforcent d’aller vers des coins ou de grands espaces qu’ils n’avaient jamais visités auparavant..

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… Elle a aussi dit à mon oncle que jamais, même en joignant leurs forces, ils ne parviendraient à réparer l’irréparable, à redonner vie au passé. À défaut, ils avaient commencé une œuvre qui valait la peine. Je ne comprenais pas le sens de ses mots. Puis ils m’ont expliqué. Et j’ai vu. Cette nuit-là, j’ai compris que, puisque le bon Dieu n’existe pas, il est des hommes qui, sans se prendre pour lui, essayent de faire des choses bien, à leur mesure, en fouillant dans le peu que la nature leur a donné pour accompagner les rêves des autres. C’est mon oncle qui a inventé ce mot d' »aide bonheur »…

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Elle ne sera jamais finie, la beauté c’est continuel, et il faut lui courir après, la découvrir au jour le jour… »

Extraits de : « La belle amour humaine » 2011  Lyonel Trouillot.

Illustration : « Les quatre parties du monde »  Jean-Jacques Bachelier 1724-1806.

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Peindre sa vie le cœur ouvert…

BVJ – Plumes d’Anges.

Doux liens…

lundi 9 janvier 2017

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« Sumire adore les oiseaux…

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… Quel beaux yeux elle avait ! Chaque fois que je les regardais, je tombais en admiration. Pareils à un lac mystérieux que les explorateurs et les aventuriers du monde entier auraient enfin découvert après avoir parcouru toute la Terre, ils viraient au bleu pâle, au vert mousse ou au bleu outremer en fonction des reflets de la lumière…

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… – Ton âme ?

Bien entendu je connaissais le mot, mais j’ignorais sa signification exacte.

– L’âme, c’est ce que nous avons de plus précieux. Si nous la souillons, nous perdons tout.

– C’est différent du cœur ?

– Bonne question, Hibari. Oui, c’est différent du cœur.

Sumire m’avait répondu sans hésiter. Puis elle a continué d’un air pénétré :

– L’âme est protégée par le cœur, qui est lui-même protégé par le corps.

Pendant quelques minutes, j’ai tenté de visualiser cela dans mon esprit. Le corps protège le cœur, qui protège l’âme, donc, en gros…

– C’est comme un daifuku* à la fraise ?

J’avais eu une illumination.

– Voilà, c’est exactement cela.

Sumire a écarquillé les yeux. Ils brillaient comme deux beaux lacs à la lumière du soleil.

– L’enveloppe de pâte de riz est le corps, la pâte de haricots rouges, c’est le cœur, et la fraise au milieu est l’âme, c’est tout à fait ça. Hibari, à votre avis, quel est l’essentiel dans le daifuku à la fraise ?

– La fraise !…

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… Parce que dans ce monde, pour construire son propre univers sans appartenir à un groupe, il faut une volonté inflexible…

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… Vous savez Hibari…

C’était ainsi qu’elle commençait quand elle s’apprêtait à me dire quelque chose d’important. Elle a continué doucement, le regard toujours tourné vers le ciel :

Quand il pleut, il faut se laisser mouiller par la pluie, et quand il vente, il faut se laisser fouetter par le vent. Faites comme vous l’entendez, Hibari. Mais…

Sumire s’est tue. Puis en me scrutant au fond des yeux, elle a repris :

Il n’y a que vous pour savoir ce que vous voulez vraiment. N’est-ce-pas ?… »

*daifuku —> ICI

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Extraits de : « Le Ruban » 2014  Ogawa Ito.

Illustrations : 1/« Perruches » Planche issue de  « Le livre des Canaries et oiseaux de cage » 1878   2/« Fraises sauvages »  Johann Adam Schlesinger 1759-1829.

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Chouchouter ce qui est précieux en nous…

BVJ – Plumes d’Anges.

Traits de plume…

dimanche 1 janvier 2017

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« … Trois balles de fourrures de zibeline et de martre, cent douze panni de laine, neuf rouleaux de satin de Bergame, autant de velours florentin doré, cinq barils de nitre, deux caisses de miroirs et un petit coffre à bijoux : voilà ce qui débarque après Michelangelo Buonarroti dans le port de Constantinople le jeudi 13 mai 1506…

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… Cela commence par des proportions. L’architecture est l’art de l’équilibre ; tout comme le corps est régi par des lois précises, longueur des bras, des jambes, position des muscles, un édifice obéit à des règles qui en garantissent l’harmonie. L’ordonnancement est la clé d’une façade, la beauté d’un temple provient de l’ordre, de l’articulation des éléments entre eux. Un pont, ce sera la cadence des arches, leur courbe, l’élégance des piles, des ailes, du tablier. Des niches, des gorges, des ornements pour les transitions, certes, mais déjà, dans le rapport entre voûtes et piliers, tout sera dit…

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… Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d’éléphants et d’êtres merveilleux ; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété. Parle-leur de tout cela, et ils t’aimeront ; ils feront de toi l’égal d’un dieu…

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… En retraversant la Corne d’Or, Michel Ange a la vision de son pont, flottant dans le soleil du matin, si vrai qu’il en a les larmes aux yeux. L’édifice sera colossal sans être imposant, fin et puissant. Comme si la soirée lui avait décillé les paupières et transmis sa certitude, le dessin lui apparait enfin.

Il rentre presqu’en courant poser cette idée sur le papier, traits de plume, ombre au blanc, rehauts de rouge.

Un pont surgit de la nuit, pétri de la matière de la ville…

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Le seul objet qu’il a emporté, c’est son carnet sur lequel il note quelques derniers mots, alors que le navire passe la pointe du Sérail.

Apparaître, poindre, briller.

Consteller, scintiller, s’éteindre… »

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Apparaître, poindre, briller, consteller, scintiller

dans la joie et la légèreté,

c’est ce que je vous souhaite au seuil de 2017.

BELLE NOUVELLE ANNÉE  À TOUTES ET À TOUS !

Extraits de : « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. » 2010 Mathias Enard.

Illustrations : 1/« Constantinople la mosquée de Top-Kahné »  Yvan Aïvazovski 1817-1900  2/« Phare d’Ahirkapi à la pointe du Sérail »  Michael Zeno Diemer 1867-1939.

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Lancer des ponts avec légèreté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Des rêves, ayons !…

mardi 20 décembre 2016

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« Un jour, tandis que je guettais, debout, à la première lueur de l’aurore, que le soleil envoyât ses rayons de derrière les arbres, il me sembla soudain qu’une ancienne brume se dissipait devant mes yeux, en un instant, et que la lumière du matin révélait sur la face du monde une splendeur de joie. »

Extrait de « La religion du poète » Rabindranath Tagore. Passage cité par Erik Sablé dans « Petit traité de la joie ».

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CRÉONS DEVANT NOUS, UN TEMPS DE RENAISSANCE !

De petits RÊVES et de grands rêves,

en nous,

pour nous,

pour le monde,

pour la Terre…

qu’ils soient JOYEUX et LUMINEUX !

Plumes d’Anges se met en PAUSE,

belles FÊTES de fin d’année à toutes et à tous,

des fêtes pleines pleines d’AMOUR…

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Photos BVJ

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Faire le choix de la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.


Blanche neige…

jeudi 15 décembre 2016

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« … Ce que nous cherchons en vain

depuis des siècles de quêtes

c’est une autre humanité

ayant connu nos problèmes

et les ayant résolus

mais la narquoise Nature

veut que nous trouvions tout seuls. »

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Extrait de : « D’infinis paysages »  Michel Butor pour Anne Walker – 2011 – Printemps des Poètes.

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C’est bien connu, nos pensées sont créatrices.

Ayant admiré le monde polaire de Lorenzo Papace,

mes yeux sont attirés par une autre merveille :

un univers enchanteur et enchanté,

et du talent, encore du talent…

Un monde parfait ?

pour le découvrir, il suffit d’un clic

—> ICI

et pour mieux connaître l’univers de ces créateurs, c’est

—>

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Dans cette cruelle actualité,

il y a aussi le chemin de la beauté et la poésie,

il peut nous aider à vivifier la vie…


Estampe  « Paysage enneigé »  de  Kawase Hasui  (1883-1957)

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S’exercer à distinguer la présence de la lumière…


BVJ – Plumes d’Anges.

Questions ouvertes…

jeudi 1 décembre 2016

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« … Tu sais, ce qui m’intéresse, ai-je poursuivi, c’est de comprendre de quoi nous sommes constitués, fabriqués. Par quelle opération nous parvenons à assimiler certains évènements, certains souvenirs, qui se mélangent à notre propre salive, se diffusent dans notre chair, quand d’autres restent comme des cailloux coupants au fond de nos chaussures. Comment déchiffrer les traces de l’enfant sur la peau des adultes que nous prétendons être devenus ? Qui peut lire ces tatouages invisibles ? Dans quelle langue sont-ils écrits ? Qui est capable de comprendre les cicatrices que nous avons appris à dissimuler ?… »


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Extrait de : « D’après une histoire vraie » 2015 Delphine de Vigan.

Illustrations : 1/« Cachemire » 2/« Chardons »  John Singer Sargent 1856-1925.

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Tenter de comprendre pour mieux accepter…

BVJ – Plumes d’Anges.

Singularité…

lundi 28 novembre 2016

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« … Que fera de sa vie celui à qui nul n’a appris à demeurer seul avec soi ? Quelle sorte de son rendra-t-elle, si la musique n’éveille en lui qu’un vague tressaillement ? Quelle intelligence, si nulle question ne lui est plus posée ? Quel signe saura-t-il tracer, s’il n’aime ni la langue ni la terre ? Quelle parole s’il ne connait rien du silence ? Quelle clef s’il n’a aucune porte à ouvrir ?…


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… Il fut un temps où je poussais dans mes racines de par ici, ne connaissant des lointains que la rêverie et de la langue des mots les plus approximatifs. Mais j’ai quitté l’allée de buis et le petit jardin. Je ne m’alimente plus en eau par les racines mais par le ciel… »

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Extraits de : « Une histoire de bleu » suivi de « L’instinct du ciel » 2005  Jean-Michel Maulpoix.

Illustrations : 1/« Forêt à l’automne »  2/ »Hortensias »  Hishida Shunso 1874-1911.

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Faire fleurir notre singularité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Souplesse…

jeudi 24 novembre 2016

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« …  pour jouir d’une vie heureuse et accomplie, la clé est l’état d’esprit. C’est là l’essentiel…

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… Si la compassion, la gentillesse et l’affection vous animent, du même coup cela vous donne la clé de votre serrure intérieure et vous communiquez bien plus facilement avec les autres. La chaleur humaine permet l’ouverture. Vous découvrez que tous les êtres humains sont comme vous, tout simplement. Et il vous est bien plus facile d’instaurer une relation. Tout cela vous met dans des dispositions amicales. Vous avez moins besoin de vous cacher. Spontanément, la peur, le doute et l’insécurité se dissipent…

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… La compassion se définit sommairement comme un état d’esprit non violent, non offensif, non agressif. C’est une posture mentale fondée sur le souhait de voir les autres se libérer de leur souffrance, et qui va de pair avec le sens de l’engagement, de la responsabilité et du respect d’autrui…

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… L’essentiel, c’est que chacun consente un effort sincère pour développer sa capacité compassionnelle. Jusqu’à quel point en est-on réellement capable ? Qui peut le dire ? Cela dépend de tant de choses. Mais si chacun déploie tous ses efforts de bonté, si chacun cultive la compassion pour aller vers un monde meilleur, alors il pourra se dire : « Au moins, j’ai fait de mon mieux. »…

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… C’est la souplesse d’esprit qui nourrit la faculté de changer de perspective, de « varier les angles ». Le suprême avantage de cette souplesse d’esprit, c’est qu’elle permet d’embrasser toute l’existence – de se montrer pleinement humain, d’être pleinement en vie…

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… Être souple, malléable, savoir s’adapter ne signifie pas qu’il nous faille tous devenir des caméléons, nous imprégner du premier système de pensée qui se présente, changer d’identité, absorber passivement toutes les nouvelles idées auxquelles nous sommes exposés. Les étapes supérieures de la maturité et du développement dépendent du système de valeurs qui nous guide, qui confère à l’existence sa continuité et sa cohérence, et permet de prendre l’exacte mesure de ce que l’on vit. Ce système de valeurs aide à décider quels objectifs en valent vraiment la peine et si ce que l’on cherche a un sens ou n’en a pas. Toute la question est de savoir si nous sommes capables de nous y tenir avec constance et fermeté, sans rien perdre de notre souplesse.

Le dalaï-lama semble y être parvenu en ramenant son système de pensée à quelques données fondamentales : 1/ Je suis un être humain. 2/ Je veux être heureux et je refuse de souffrir. 3/ D’autres êtres humains, tout comme moi, veulent aussi être heureux et refusent de souffrir. En mettant l’accent sur les points communs plutôt que sur les différences, il finit par se sentir lié avec tous les êtres humains et cela le conduit à croire fondamentalement en la valeur de la compassion et de l’altruisme… »

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Extraits de : « L’art du bonheur » 1999  Sa Sainteté le DALAÏ-LAMA et Howard Cutler.

Illustrations : 1/« Fleurs et boutons de tulipes » Anonyme indien du XVIIIème   2/« Fleurs et scarabées »  Hans Hofmann 1530-1591.

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S’assouplir…

BVJ – Plumes d’Anges.