Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Harmonie…

mercredi 12 septembre 2012

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… »Emmanuel Kant, en effet, a eu raison de le rappeler : on confond souvent l’agréable et le beau. Si un vin de Bordeaux qui flatte nos papilles peut être dit « agréable », une symphonie de Beethoven n’est pas agréable mais belle. Pourquoi ? Parce qu’elle ne s’adresse pas à nos papilles mais à notre pensée. Elle ne vise pas nos sens mais du sens.

Qu’est-ce que le sens ? Le sens est lié au symbole, et le symbole à la représentation. Ainsi une symphonie de Beethoven est belle parce qu’elle symbolise quelque chose. Quoi ? Un monde. On écoutait des sons, et soudain voilà que ce ne sont plus des sons, mais ici la grâce d’un chant d’oiseau un matin de printemps, là le tonnerre un soir d’orage. Le son s’est fait vision. Nous voyons des paysages et, à travers ces paysages, nous voyons tous les sentiments de l’homme défiler afin de nous parler de la condition humaine, qui doute, qui espère, qui lutte et qui aime. Si, dès lors, le son peut se faire image et n’être pas un simple son, n’est-ce pas là le signe que la condition humaine peut échapper à la banalité parce qu’il y a plus dans un son qu’un simple son ? N’est-ce pas dans cette capacité qu’a une œuvre de transfigurer le réel, afin de l’élever à la dignité d’un sens, que réside la beauté ? Le beau n’est-il pas cette alchimie faisant découvrir du sens là où il n’y aurait pu avoir que du banal ou de l’agréable pour les sens ?

Revenons à la séduction. Quand une femme se fait belle, est-ce si superficiel ou si rusé que cela ? N’est-ce pas aussi transformer le monde des apparences afin d’élever celui-ci ? Une femme qui est belle parce qu’elle a su se faire belle ne devient-elle pas une apparition révélant les possibilités insoupçonnées de la féminité ? Où est la ruse quand la séduction devient ainsi un art, et l’art une élévation de ce que l’on touche ?

La beauté est harmonie. Promesse également. Est beau le fait de passer du désordre à l’ordre, de surmonter le chaos. La beauté en ce sens, vient de loin… »

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Extrait de : « Petit précis de philosophie – Vivre » 2005  Bertrand Vergely.

Tableaux : 1/« Pianiste » 2/« Demoiselle du château »  Albert von Keller 1844-1920.

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Entendre la musique de la beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Expériences…

dimanche 9 septembre 2012

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« … La clef de la patience réside dans la prise de conscience que tout est comme il devrait être, que chaque évènement fait partie d’un plan d’ensemble…

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… Le plus important, c’est de trouver notre propre pouvoir. Si l’on est agressé, il faut réagir et dire : « Non, là ça ne va plus ! » Mais quand c’est la vie qui dicte le scénario, il faut trouver le moyen d’accepter paisiblement la situation telle qu’elle est. La vie est une série d’expériences auxquelles nul n’échappe.. Chacune a sa raison d’être, même si nous n’en avons pas conscience et délivre un enseignement nécessaire à notre évolution. Mais l’impatience rend difficile l’assimilation de ces leçons. Il faut simplement vivre l’expérience, et non la rejeter, se plaindre ou s’efforcer de la modifier…

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… Tous les évènements de votre vie, bons ou mauvais, se produisent pour que l’être parfait que vous êtes puisse naître au monde… Détendez-vous et laissez le cours de la vie se dérouler…

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… À tout moment, chacun peut trouver une merveilleuse paix intérieure grâce à sa capacité à lâcher prise…

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… Il faut lâcher prise quand on est épuisé, quand on n’a plus la force de maitriser une situation. Il faut abandonner afin de se libérer de ce désir illusoire et mortel de contrôler les évènements et afin de mettre un terme à cette lutte incessante aux effets si destructeurs. Ce combat nous éloigne de l’instant présent, nous empêche de vivre des relations heureuses, détruit notre créativité et mine notre aptitude au bonheur. La lutte engendre la peur, laquelle nous pousse à vouloir contrôler à tout moment chaque aspect de notre vie. C’est une voie sans issue : il est temps de renoncer à tout contrôle, de se laisser porter par sa monture là où elle va, de nager avec le courant et non contre lui…

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… Pour lâcher prise, il suffit simplement de se dire le matin en se levant : « Que ta volonté soit faite » et non « Que ma volonté soit faite »…

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… Le bonheur ne dépend pas des évènements de notre vie, mais de la manière dont nous les percevons et interprétons, ce qui est déterminé par notre engagement. C’est là que l’équilibre se fait. Préférons-nous voir le pire ou le meilleur chez autrui ou dans la vie ? Nos choix déterminent notre devenir. En considérant notre passé sous un mauvais jour, en le croyant dépourvu de sens, nous semons les graines d’un avenir qui lui ressemblera comme deux gouttes d’eau. C’est pour cela que nous assimilons le passé à un fardeau, parce que c’est quelque chose qui est lourd à porter. C’est cette partie de nous-même qui continue à nous peser et qui ralentit notre progression vers la félicité…

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… Le bonheur est tout aussi possible dans les circonstances actuelles qu’il le sera demain…

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… La vie est traversée d’orages mais ceux-ci passent…

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… Si l’on avait protégé des ouragans les terrains où se sont creusés les canyons, on ne pourrait pas contempler ces paysages fantastiques que l’érosion a sculpté au fil des siècles… »

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Extraits de : « Leçons de vie »  Élizabeth Kübler-Ross et David Kessler.

Tableaux : 1/ »Ève après sa chute » 2/« Ève et la grenade » Johann Köler 1826-1899.

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Croire en notre immense pouvoir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Amplitude…

jeudi 6 septembre 2012

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… » La conscience claire est un état d’esprit qui peut tout embrasser – le vol des corbeaux à travers le ciel, les fleurs sur les arbres, les gens assis là aux premiers rangs et les couleurs qu’ils portent -, il nous faut avoir cette amplitude de conscience qui exige que l’on examine, que l’on observe, que l’on remarque la forme de la feuille, la forme du tronc, la forme qu’a la tête du voisin, ce qu’il est en train de faire. Avoir cette amplitude de conscience, et agir sur ces bases – c’est cela, avoir conscience de la totalité de son être. Ne disposer que d’une capacité partielle, d’un fragment de capacité ou d’une capacité morcelée, cultiver celle-ci et fonder notre expérience sur la base de cette capacité qui est limitée – cela donne un esprit de qualité médiocre, limitée, étroite. Mais avoir conscience de la totalité de notre être – compris grâce à la perception de chaque pensée, de chaque sentiment, sans qu’on oppose de limites à cette perception, mais en laissant fleurir toutes les pensées, tous les sentiments -, être par conséquent pleinement conscient, voilà qui est tout autre chose qu’une action ou une concentration qui ne sont qu’une simple capacité, et qui sont de ce fait limitées.

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Laisser fleurir une pensée ou un sentiment demande de l’attention – pas de la concentration. J’entends par laisser fleurir une pensée le fait de lui permettre de se déployer en toute liberté, et observer le résultat, voir ce qui se passe dans votre pensée, dans vos sentiments. Tout ce qui fleurit a besoin de liberté, de lumière, et ne peut être assujetti à aucune restriction. On ne peut pas l’évaluer, on ne peut pas dire : « C’est bien, c’est mal ; ceci est acceptable, cela na l’est pas » – car c’est ainsi qu’on limite la floraison de la pensée. Or la floraison ne peut avoir lieu qu’à la lumière de cette conscience-là. Donc, si vous allez au fond des choses, vous découvrirez que la floraison de toute pensée en est aussi la fin ultime. »…

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Extrait de : « Le livre de la Méditation et de la Vie » 19 juin  Jiddu Krishnamurti 1895-1986.

Illustrations : 1/et 3/Artiste chinois anonyme – XIXème – Collection William Farquhar 2/« Trochilus falcatus »  William Swaison 1789-1855.

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Simplement observer avec attention…

BVJ – Plumes d’Anges.

Voie d’or…

lundi 27 août 2012

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« Soyons comme le soleil ! Oublions

Qui nous mène sur la voie d’or.

Souvenons-nous seulement qu’éternellement, vers autre chose,

Vers le Nouveau, le Fort, le Bien, le Mal,

De geste éclatant nous nous emportons en un songe somptueux.

Toujours implorons le non-terrestre

Dans notre vouloir terrestre !


Comme le Soleil toujours jeune

Caressons les fleurs, les fleurs qui flamboient,

L’air transparent, et tout ce qui est d’or !


Es-tu heureux ?… Sois deux fois plus heureux,

Et sois l’incarnation du rêve soudain !

Ah ! Ne pas s’attarder dans l’immobile !

Plus loin, encore plus loin, jusqu’à la limite sacrée,

Plus loin nous attire le terme fatidique :

Dans l’Éternité, où de nouvelles fleurs s’allumeront…


Soyons comme le Soleil, il est jeune

Et en cela s’atteste le vœu de la Beauté ! »

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Extrait de : « Quelques poèmes » Constantin Dimitrievitch Balmont 1867-1942.

Tableaux : 1/« Petit frère » 2/« Jeune fille »  Norah Neilson Gray 1882-1931.

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Sans cesse, aller vers la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Vivre…

jeudi 23 août 2012

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… »Faisons vœu d’être heureux…

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… Chacun doit faire ce qu’il peut. Et se laisser guider par le plaisir et non le devoir…

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… Tout dépend du regard que l’on pose sur la vie…

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… Essayons de changer de point de vue sur les choses. La vieillesse est peut-être ce temps où l’on peut à la fois se dire je suis jeune, j’ai comme un cœur d’enfant prêt à découvrir la nouveauté, prêt à créer, à inventer, et en même temps, je me sens vieille, c’est à dire j’ai vécu, je suis chargée de toute une expérience de vie et je vais trouver ma place…

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… À nous de transformer le sens de la vie donné en un sens construit. À nous de vivre ce que la vie nous offre. Elle nous offre de devenir. Devenons. Devenons ce que nous sommes, à savoir des vivants.

C’est ce que veut dire le terme « accepter », qui est l’accomplissement du mûrissement. On pense qu’accepter consiste à se résigner. C’est une erreur. Qui accepte dit oui à la vie, parce qu’il le veut. Qui se résigne dit oui à la vie malgré lui en ne cessant de la refuser…

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… Vivre ne consiste pas à perpétuer son corps mais à faire vivre ce qui a de l’âme. Qu’est-ce-que le monde qui est le nôtre fait de l’âme ? Vieillir, mûrir, c’est s’ouvrir au temps de l’âme. Quand le corps est moins vigoureux, quand il répond moins à nos désirs, il ne reste pas rien. Il reste l’âme. L’âme, c’est ce qui vit en nous. C’est ce qui vit à l’intérieur de chaque chose. C’est la vie active, cachée de nous-mêmes et de ce qui nous entoure. On découvre l’âme quand on s’arrête et que l’on écoute. Alors, dans l’immobile et le silence on entend monter la musique de la vie… Tout désormais vient de l’intérieur…

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… Cette vie commence par un geste simple. Ce geste consiste à tenter de vivre et pas simplement de survivre. Survivre c’est ce que nous faisons quand nous accomplissons tout ce qu’il faut pour ne pas périr. Pour ne pas mourir de faim, de soif, de froid… Vivre, c’est quelque chose qui commence quand, étant capable de survivre, on se rend compte que survivre ne suffit pas. Il faut quelque chose en plus. On a besoin de se sentir exister et sentir que tout existe. On sent que tout existe,  quand on est en mesure de donner du sens à ce que l’on est et à ce qui est…

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… Le secret de la liberté selon les stoïciens, un secret qui se résume ainsi : « Veuille que ce qui arrive arrive comme il arrive et non comme tu désires que cela arrive et tu seras libre. Rien ni personne ne pourra quelque chose contre toi. » Quand on veut ce qui arrive, on n’est plus dans l’évènement qui arrive, mais dans le oui à l’évènement. On passe sur un autre plan. On se libère de l’évènement. Ce n’est dès lors plus l’évènement qui nous détermine, c’est nous qui le déterminons. Il change de sens. Il devient possible d’en tirer un bon usage en se l’appropriant…

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… Rien ne nous est contraire quand on n’alimente pas le conflit. On gagne de précieuses forces en agissant ainsi… »

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Extraits de : « Une vie pour se mettre au monde » 2010  Marie de Hennezel et Bertrand Vergely.

Tableaux : 1/« Enfant endormi » Bernardo Strozzi 1581-1644  2/« Peintre à son chevalet »  Luigi Busi 1838-1884  3/« Soirée d’adieu »  Alexei Ivanovitch Korzukhin 1835-1894.

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À chacun, sa belle partition…

BVJ – Plumes d’Anges.


Rafraîchissement…

dimanche 19 août 2012

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« Les gouttes de rosée tombent

une par une.

Ce monde est parfait. »

Issa (Kobayashi) 1763-1828.

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« Le miroir sacré,

clair et brillant,

reflète des fleurs de neige. »

Bashô 1644-1694.

Tableaux : 1/« Lac de Côme »  Myles Birket Foster 1825-1899   2/« Villa Cipressi- Lac de Côme »  Émilie Mediz-Pelikan 1861-1908.

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Se rafraîchir dans l’eau des belles mémoires…

BVJ – Plumes d’Anges.

Autre chose…

samedi 11 août 2012

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… » Nous savons bien, dans la mémoire consciente, le mal que nous avons parfois à nous rappeler un souvenir dont nous avons besoin, et pour lequel notre pensée tâtonne, cherchant des repaires inattendus et des ressemblances complices…

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… Et je m’émerveille de penser que ces révélations du passé sont là, quelque part et que nous avons tant de peine à les accueillir et à les identifier. Tout se passe comme si un souvenir riche et lumineux s’accrochait ainsi à n’importe quoi de connu pour arriver enfin, si nous en avons assez de loisir et de liberté intérieure pour en accueillir le don, à notre perception consciente.

Les souvenirs seraient donc là, réels, capables de se présenter un jour, au moment favorable, et cette certitude était aussi précieuse que la révélation elle-même…

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… Le résultat est là : encore aujourd’hui, dans ma chambre parisienne, je sens, physiquement, à n’en pas douter, la caresse de cette eau immobile et transparente. Cette fraîcheur revit en moi, et cette transparence autour de moi, si étrangement irréelle. J’étais dans un monde de rêve, mais on ne peut plus concret, sensuel et proche.

J’accepte donc, en théorie, l’idée qu’il y a là une grande part d’imagination, mais, spontanément, mon être s’y refuse : la caresse de l’eau dans la grotte bleue est une sensation que je ne puis renier.

En tout cas, l’important n’est pas là : il est dans le fait que cette sensation et cette perception si particulière soient restées en moi tout ce temps ; le trésor était demeuré là, bien caché, enfoui depuis si longtemps ! Et, tout à coup, tout m’était rendu, tout m’était offert, peut-être embelli par l’imagination, mais en tout cas plus lumineux que ce qui m’entourait et m’occupait dans la vie. C’était comme si on entrouvrait un grand voile, me livrant, un instant, une lumière céleste…

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… En effet, tout le monde en conviendra, il y a autre chose que les journées qui se suivent les unes après les autres, du lever au coucher, du travail à la fatigue, des protestations aux révoltes. Il y a autre chose que ces buts d’enrichissement immédiat ou de survie sans projet particulier, qui font que nos vies s’usent sans jamais viser vers quoi que ce soit de bon, de noble et d’important. Il y a autre chose que cette façon de marcher, les yeux au sol, avec un regard mauvais pour son voisin, sans rien entreprendre, sans rien espérer. Il y a autre chose que le sexe et l’argent, et même la prétendue gloire de jouer un rôle à coups d’intrigues plus ou moins sordides. À partir de toutes petites surprises que vous ménage parfois l’attention au réel, on découvre qu’il y a autre chose que de vivre pour rien : il y a cette possibilité d’obéir à cet élan intérieur tourné vers un monde entrevu, lumineux, durable, qui est peut-être à portée de main pour chacun de nous… ».

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Extraits de : « Les révélations de la mémoire »  Jacqueline de Romilly 1913-2010.

Tableaux : 1/ »Soir d’été » 2/« Crique sur les îles de Schoals » 3/ « Chez la fleuriste » 4/ « Celia Thaxter dans son jardin »  Frédéric Childe Hassam 1859-1935.

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Percevoir autre chose, s’attacher à le faire éclore…

BVJ – Plumes d’Anges.



Cadeau des cieux…

mercredi 8 août 2012

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« … Ma soif de savoir est intermittente, mais mon envie de baigner ma tête dans des atmosphères inconnues à mes pieds est pérenne et constante. Le plus haut point que nous puissions atteindre n’est pas le savoir, mais la sympathie avec l’Intelligence… Vis libre, enfant de la brume, et, en ce qui concerne le savoir, nous sommes tous des enfants de la brume…

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… Nous étreignons la terre, mais nous la parcourons rarement ! M’est avis que nous pourrions nous élever un peu plus. Nous pourrions au moins grimper à un arbre. J’ai trouvé mon compte en grimpant à un arbre une fois. C’était un grand pin blanc au sommet d’une colline, et bien que mes habits furent salis par la résine, je fus bien dédommagé car je découvris de nouvelles montagnes à l’horizon que je n’avais jamais vues auparavant, et tant de choses en plus de la terre et des cieux. J’aurais pu marcher au pied de l’arbre pendant soixante-dix ans, et pourtant je ne les aurais sans doute jamais vus. Mais, par-dessus tout, j’ai découvert autour de moi, c’était vers la fin du mois de juin, au bout des plus hautes branches uniquement, de minuscules et délicates fleurs rouges en forme de cônes, la fleur fertile du pin blanc tournée vers le ciel. J’ai emporté sur-le-champ le bourgeon le plus haut… La Nature a, dès le commencement, déployé les minuscules fleurs de la forêt uniquement vers les cieux, au-dessus de la tête des hommes et dissimulées à leur regard… ».

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Extraits de : « De la marche »  Henry David Thoreau 1817-1862.

Tableaux : 1/ L’agneau »  Jacobus Simon Kever 1854-1922  2/ « Paysanne se reposant »  Hélène Marie Stromeyer 1834-1924.

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S’élever et découvrir le cadeau des cieux…

BVJ – Plumes d’Anges.



Lumineuse ouverture…

dimanche 5 août 2012

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« … Le thème de l’amitié nourrit toutes nos littératures… Ici les

personnages de Mr Rat et Mr Taupe s’échangent des vues inédites sur

eux-mêmes et sur le monde. Chacun d’eux essaie de mettre en avant la

meilleure part de l’autre, chacun veut permettre à l’autre de se

montrer sous son jour le plus délicat, le plus brillant. Certes, Mr Taupe

serait perdu sans Mr Rat qui lui sert de guide, mais sans l’esprit

aventureux dont son ami sait faire preuve, Mr Rat n’aurait aucune

chance de sortir de sa réserve devant le monde : il resterait dans son

trou…

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… Ensemble ils transforment en royaume d’Arcadie l’univers banal

qui les environne… ».

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« Le vent dans les saules »  Kenneth Graham (1859-1932) – Extrait de la préface d’Alberto Manguel.

Tableaux : 1/ « Chatons » 2/ « La balle rouge » 3/ « Deux chats »  Sophie Sperlich 1863-1906.

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Permettre à l’autre de déployer sa plus belle lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Épanouissement de l’être…

lundi 30 juillet 2012

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… »L’esprit de la Vérité souffle quand il veut, non au commandement de l’homme. Mais celui-ci peut dans un entraînement constant, lutter envers tout obstacle à cet épanouissement de l’être ; il peut apprendre à dominer son égoïste volonté de durée, à surmonter la crainte face à la douleur et à prendre sur lui la douloureuse réalité de l’existence. Il s’exerce à se rendre perméable à l’Être, à affiner l’œil et l’oreille intérieurs. Touché par l’Être, il parviendra à se purifier dans le silence…

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…L’homme moderne souffre d’un manque de calme – de calme extérieur et, plus encore, de calme intérieur, il manque de sérénité.

Du monde extérieur nous parviennent les innombrables bruits qui, conséquence de la technique, troublent le rythme naturel ; bruits de l’étroitesse du monde d’aujourd’hui dans lequel nous devons vivre. Rares sont les lieux préservés du bruit et de l’exigu. Il nous faut y fuir afin d’y trouver le silence et les espaces libres. Le calme extérieur est lié aux vastes horizons ; rien ne doit y troubler l’atmosphère, l’âme et l’esprit doivent pouvoir s’y épanouir librement…

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… Il y a beaucoup d’hommes qui inspirent le respect par leur savoir, leurs capacités, leur caractère exemplaire, et auquel pourtant il manque quelque chose : le rayonnement humain. Ils ne sont pas en harmonie et en paix avec eux-mêmes ; ils sont incapables d’établir un vrai contact humain. Ils sont privés et de bénédiction et de chaleur communicative, parce qu’ils ne font pas un avec eux-mêmes, parce qu’ils ne sont pas heureux.

La mesure principale d’un homme n’est-elle pas dans la réponse à la question : Est-il en harmonie, est-il en paix ?… N’est-il pas par conséquent, une source naturelle de ce rayonnement grâce auquel autrui se sent accessible en tant qu’être humain, c’est à dire, reconnu, compris et aimé en tant qu’homme ? …

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… Celui qui se contente de soulager la souffrance d’un homme, par exemple avec des drogues, tout en le maintenant enfermé dans le monde de la conscience naturelle, ne travaille pas en faveur du salut mais agit plutôt en tricheur. Le sens des souffrances humaines, en particulier, est de permettre l’accession à un ordre spirituel et à des forces supérieures qui vous libèrent de celles qui ont provoqué ces souffrances…

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… Celui qui est parfois capable de laisser pénétrer la lumière surnaturelle en lui se trouve au seuil de sa métamorphose. Celui qui sait déjà y demeurer de temps en temps, grâce à ses rayons a déjà ouvert une porte sur la vérité. Ici guette le danger suprême : va-t-il s’emparer de la flamme et l’emporter, ou va-t-il se laisser consumer par elle ? La chance de naître à nouveau n’est donnée qu’à celui qui a qui a le courage de se fondre à la flamme de la lumière surnaturelle…

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… Plus on avance dans l’art de demeurer dans l’être, plus on découvre combien les rayons de la lumière surnaturelle mettent de l’ordre à l’intérieur de soi, combien ils purifient, dénouent les crispations et fertilisent, – non de manière analytique, en décomposant – mais positivement, en vivifiant les forces créatrices. Or tout dépend de cela ! Après avoir appris à regarder la lumière et à demeurer en elle, nous apprenons à connaître le sens de la souffrance, et tout ce que l’on a vécu jusque là s’ordonne dans un tout, nouveau et plus profond…

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… Celui qui se libère de sa coquille pénètre dans la splendeur de l’Être. Son dépouillement, sa nudité lui permettent de vivre le mystère de la plénitude. Là où d’autres sont dévorés par la vie, il se sent porté par elle… »

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« L’âme doit se briser avec violence dans sa propre Lumière. De la nuit et de la lumière jaillit un feu, un amour. Ainsi l’âme doit percer vers l’ordre divin. »

Maître Eckart  (1260-1328)

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Extraits de : « La percée de l’Être »  Karlfried Graf Dürckheim 1896-1988.

Photos BVJ – Jardin de Baudouvin dans le Var.

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Rechercher les lieux de silence…

BVJ – Plumes d’Anges.