Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Mystère…

lundi 2 juillet 2012

.

.

« La Terre enseigne à regarder profondément, profondément.

Les yeux corporels sommeillent. Brille et veille un Oeil invisible.

S’effrayant, il regarde

Le mystère terrestre.

Cependant que la Terre dit :

– Sois allègre, je suis dans l’allégresse !

Regarde devant toi :

Il est une voix dans le saltant aujourd’hui ainsi qu’une voix dans l’obscur hier.

Dans le lit, cave du lac, le sous-sol est argile, marne et terreau,

Mais ce n’est là que la couche première :

Là est le fond, et au-dessus de la profondeur la vague, après la vague

Écoute, il est temps.

Sois jeune !

Tout sur Terre est changement, trait par trait, ajoute-toi… »

.

Extrait de : « La Terre »  Constantin D.Balmont 1867-1942.

Tableaux :1/ »Vue d’un grotte dans le Golfe de Naples » 1830 Anonyme allemand  2/Joseph Sacco « Oeil de jeune femme », détrempe sur ivoire datant de 1844 – Collection Menil – Houston.

…..

Plonger au plus profond de soi…

BVJ – Plumes d’Anges.


Esprit des lieux…

mercredi 27 juin 2012

.

.

… »Le tourisme est une forme de pèlerinage sécularisée ou inconsciente. En fait, de nombreuses attractions touristiques étaient autrefois des lieux de pèlerinage et le sont toujours. Mais alors que les pèlerins visitaient un lieu saint par dévotion religieuse, les touristes le visitent en spectateurs plus ou moins indifférents. Les pèlerins participaient aux qualités sacrées du lieu et aux dévotions qui y étaient pratiquées ; les touristes, non. Les pèlerins enrichissaient la puissance d’un lieu sacré ; les touristes l’appauvrissent.

Le facteur principal d’un pèlerinage est l’intention. Si nous nous rendons en pèlerins dans un lieu sacré, nous le faisons dans l’espoir d’être inspirés ou bénis, ou pour y rendre une action de grâces. Nous pouvons nourrir nos intentions en apprenant l’histoire du lieu et de son esprit et en nous intéressant aux expériences d’autrui. Le voyage en soi fait autant partie du pèlerinage que l’arrivée à destination, et la recherche du confort n’est pas l’objectif premier ; s’en souvenir nous permet de mieux affronter les difficultés que nous risquons de rencontrer.

.

.

Il est préférable de terminer le voyage à pied, pour mieux percevoir l’humeur du lieu et s’adapter au rythme ancien de la marche. Il est courant de tourner, pour commencer autour du lieu sacré ; c’est une façon de reconnaître sa centralité. Dans la plupart des traditions, cette marche s’effectue dans le sens de la course du soleil ou des aiguilles d’une montre…

… Je crois que nous aurions beaucoup à gagner à voir les touristes devenir des pèlerins. Se rendre dans un lieu sacré en touriste, c’est appauvrir la charge du lieu, mais s’y rendre en pèlerin, c’est l’enrichir. La transformation du tourisme en pèlerinage jouera, dans nos existences tant personnelles que collectives, un rôle majeur dans le processus de resacralisation de la Terre. »…

.

Extrait de : »L’âme de la nature » 1991  Rupert Sheldrake.

Tableaux : 1/ »La Mer de glace à Chamonix » 2/ »Fenêtre gothique dans les ruines du Monastère d’Oybin » 3/ »Voyageur au sommet de la montagne »  Carl Gustav Carus 1789-1869.

…..

« Pèleriner » pour enrichir l’âme du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nature aimante…

lundi 25 juin 2012

.

LA PIERRE…

.

.

« Du pied à la pierre

il n’y a qu’un pas

Mais que d’abîmes à franchir


Nous sommes soumis au temps

Elle, immobile

au cœur du temps

Nous sommes astreints aux dits

Elle, immuable

au cœur du dire


Elle, informe

capable de toutes les formes

.

.

Piétinée

porteuse des peines du monde


Bruissante de mousses, de grillons

de brumes transmuées en nuages

Elle est voie de transfiguration


Du pied à la pierre

il n’y a qu’un pas

Vers la promesse

Vers la présence »

.

L’ARBRE…

.

.

« Entre ardeur et pénombre

Le fût

Par où monte la saveur de sève

de l’originel désir

Jusqu’à la futaie

Jusqu’aux frondaisons

foisonnante profondeur

Propulsant fleurs et fruits

de la suprême saison

.

.

Entre élan

vers la cime

Et retour

vers l’abîme

Toute branche est brise

Toute ramure rosée

Arborant l’équilibre de l’instant

Au nom désormais fidèle

Arbre »

.

ENTRE…

.

.

« Entre


Le nuage

et l’éclair


Rien

.

.

Sinon le trait

de l’oie sauvage

.

.

Sinon le passage

Du corps foudroyé

au royaume des échos


Entre »

Extraits de : « Le Dialogue » 2002  François Cheng.

Photos BVJ (Mars 2012… merci Mr B.)

…..

L’amour aimante l’amour…

BVJ – Plumes d’Anges.

Miracle de l’instant…

mercredi 20 juin 2012

.

.

… »Joue quelque chose ! »

… »Les deux conditions pour un miracle sont réunies : un virtuose qui

s’écarte pour laisser passer la musique et les auditeurs qui font une

haie d’honneur et ne respirent plus. Il n’y a plus personne dans la

pièce… Il n’y a plus qu’un vide haletant et brûlant qui tient toute la

place…

Et la main qui manie l’archet emplit la pièce de toute une

envolée de colombes.

Et de ma vie, dit mon père, je n’ai jamais été aussi

heureux qu’en écoutant jouer Gottesbart.

« C’est pour que les hommes accomplissent leur destin que le violon

joue. »

Et si on avait demandé à Gottesbart ce que signifiait « accomplir

son destin » pour un homme, il aurait dit : « Toucher Dieu du doigt. « Et

c’est ce que fait son violon, « toucher Dieu du doigt. »…

.

Extrait de « Rastenberg »  Christiane Singer 1941-2007.

Tableaux : 1/« Hins Anders » Anders Zorn 1860-1920 2/ »Rouge et Or – Mrs Pearson »  Joseph DeCamp 1858-1923.

…..

Se laisser envahir par le flamboiement de la musique…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rêves…

lundi 18 juin 2012

.

.

« Sur une petite table ronde, à côté de mon lit,

Ma Grand-mère posa une bougie.

Trois baisers elle me donna,

Les appelant trois rêves,

Et me borda comme j’aimais être bordée.

Puis elle quitta la chambre et referma la porte.

Je ne bougeai pas, attendant que mes trois rêves parlent,

Mais ils restèrent silencieux.

Soudain je me rappelai lui avoir rendu ses trois baisers.

Peut-être par mégarde lui avais-je donné mes rêves…

Je m’assis toute droite dans le lit.

La chambre s’agrandit, devint plus vaste qu’une église ;

L’armoire à elle seule était plus haute qu’une maison

Et la cruche sur le lavabo m’adressa un sourire :

Un sourire peu amical.

Je regardai la chaise d’osier sur laquelle

Mes vêtements reposaient pliés.

Elle craqua comme si elle se tenait aux aguets.

Peut-être allait-elle s’animer, s’habiller de mes vêtements.

Mais le pire c’était la fenêtre :

Impossible d’imaginer ce qu’il y avait dehors.

Pas d’arbre en vue, de cela j’étais sûre,

Pas de plante familière ni d’allée de gravier rassurante.

Pourquoi baissait-on le store chaque nuit ?

Il fallait que je sache.

Serrant les dents, je sortis du lit ;

À travers une fente du store je jetai un coup d’œil :

Il n’y avait rien à voir

Que des centaines de bougies clignotant dans le ciel

À la mémoire d’enfants apeurés.

Je me recouchai.

C’est alors que les trois rêves se mirent à chanter. »

.


« Poèmes – La bougie »  Katherine Mansfield 1888-1923.

Tableaux : 1/ »Un voile »  Louis Welden Hawkings 1849-1910  2/ »Madone Stuppacher » – détail – Matthias Grünewald XVIème siècle.

…..

Ne pas avoir peur, et nos rêves chanteront…

BVJ – Plumes d’Anges.

Paix de l’âme…

vendredi 15 juin 2012

.

.

« Allez

tranquillement parmi le vacarme, sans hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ont eux-aussi leur histoire.

Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit.

Ne vous comparez avec personne, vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux, il y a toujours plus grand et plus petit que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements, intéressez-vous toujours à votre activité, si modeste soit-elle, c’est un véritable patrimoine dans les prospérités changeantes du temps.

Soyez prudent dans vos affaires car le monde est plein de fourberies, mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Certains individus recherchent les grands idéaux et partout la vie est remplie d’héroïsme, soyez vous-même.

Surtout ne négligez pas l’amitié, non plus ne soyez cynique en amour, il serait stérilité et désenchantement comme l’herbe sèche.

Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères, de nombreuses appréhensions naissent de la fatigue et de la solitude.

Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même, vous êtes enfant de l’univers, mais pas moins que les arbres et les étoiles vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il devrait.

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves gardez, dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »

.

Texte découvert par ? dans une église de Baltimore- 1692 – Auteur inconnu.

(Merci à Maryse V-M.)

Tableaux : 1/« Profil d’une jeune Fiancée » œuvre attribuée à Léonard de Vinci 1452-1519  2/ »Vue sur le château Braunfels »  Johannes Christian Deiker 1822-1895.

…..

Rechercher nos propres « secrets » de mieux-être et de mieux-vivre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Sourire encore…

mercredi 13 juin 2012

.

.

… » Le sourire est la perfection du rire. Car il y a toujours de

l’inquiétude dans le rire, quoique aussitôt calmée ; mais dans le

sourire tout se détend, sans aucune inquiétude ni défense. On peut

donc dire que l’enfant sourit mieux à sa mère que sa mère ne lui sourit;

ainsi l’enfance est toujours la plus belle. Mais dans tout sourire il y a

de l’enfance ; c’est un oubli et un recommencement. Tous les muscles

prennent leur repos et leur aisance, principalement ces muscles

puissants des joues et des mâchoires, si naturellement contractés dans

la colère, et déjà dans l’attention. Le sourire ne fait pas attention ; les

yeux embrassent tout autour de leur centre. En même temps la

respiration et le cœur travaillent largement et sans gêne, d’où cette

couleur de vie et cet air de santé. Comme la défiance appelle la

défiance, ainsi le sourire appelle le sourire ; il rassure l’autre sur soi et

toutes choses autour. C’est pourquoi ceux qui sont heureux disent bien

que tout leur sourit. Et l’on peut, d’un sourire, guérir les peines de

quelqu’un qu’on ne connaît pas. »…

.

Extrait de : « Éléments de philosophie » – Chapitre XIII : « Du rire » Émile Chartier dit Alain 1868-1951.

Tableaux : 1/Copie de « La Joconde » XVIème siècle – Musée du Prado  2/« Raisins sucrés »  Carl Fröschl 1848-1934.

…..

Sourire et sourire encore…

BVJ – Plumes d’Anges.

Sourire…

lundi 11 juin 2012

.

.

… »Imaginez la vie comme un fleuve qui vous emporte dans ses flots.

Certains d’entre nous ont peur, ils s’agrippent aux berges et luttent

désespérément pour résister à la force du courant. Leurs doigts

saignent et leurs muscles souffrent, mais ils persistent dans leur effort

car leur peur est plus forte que leur douleur. Parfois, ils sont obligés de

lâcher prise et sont emportés par le courant. Affolés, ils se débattent et,

dans un soubresaut d’énergie, ils se cramponnent une nouvelle fois aux

rochers de la rive. Transis, ils n’osent plus bouger et décident de rester,

là, le nez face à la paroi aride, à attendre. Ils sont tristes. D’autres,

après avoir connu la peur et s’être accrochés, eux aussi, aux berges du

fleuve, apprennent qu’il n’est pas risqué de se laisser porter par le

courant. C’est même agréable. Ils n’ont presque plus d’effort à fournir

et, au fil de leur voyage, leurs yeux découvrent des paysages

merveilleux. Si d’aventure ils repèrent un arbre chargé de fruits, sur

l’une des rives, ils tendent la main et cueillent l’objet de leur convoitise.

Si, au milieu des flots, se dresse un rocher, il leur suffit de nager un peu

pour éviter l’obstacle menaçant. Ils rient et crient à ceux qui, le nez

face aux rochers, ne les voient pas : « Venez, ce n’est pas dangereux ! »

Mais les autres ne les croient pas. C’est normal, ils n’ont pas vu les

sourires sur leurs visages. »

.

Extrait de : « Le travail d’une vie  » (Métaphore née au bord du Nil) 2001  Thierry Janssen.

Tableaux : 1/ »La Joconde »  Léonard de Vinci 1452-1519   2/ »Bonne chance pour votre pêche » George Frédéric Watts 1817-1904.

…..

Se nourrir de ce que la vie nous offre…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lux…

samedi 26 mai 2012

.

.

« Ami,

où que tu sois,

ne t’arrête pas là.

Il faut sans cesse aller de lumière en lumière. »


Johannes Scheffler dit Angelus Silesius 1624-1677.

Tableau : « Le bocal aux poissons rouges »  Charles Edward Perugini 1839-1918.

…..

Suivre le courant de la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.


Mots…

dimanche 20 mai 2012

.

.

« Un mot est mort quand il est dit

Disent certains –

Moi je dis qu’il commence à vivre

De ce jour-là »

.

.

« Lettre à Louise et Frances Norcross »  Emily Dickinson 1830-1886.

Illustrations : 1/« Contes de la jungle »  James Jebusa Shannon 1862-1923  2/ »Portrait d’Helen Gow »  Alexander Mann 1853-1908.

…..

Les mots que nous utilisons ont du pouvoir…

BVJ – Plumes d’Anges.