Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

S’accomplir…

lundi 27 mai 2013

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« … Réunir, ce n’est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C’est plus subtil. Il faut qu’entre eux se tisse quelque chose de fort…

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… Que le chant vide sa tête des images. Qu’il redevienne l’homme qu’il est aujourd’hui. Qu’il se laisse à nouveau, peu à peu, gagner par la beauté. Un arbre, la façon dont la ramure dessine contre le ciel un entrelacs très fin, aléatoire. C’est beau parce que c’est. Voilà. C’est tout. Contempler ces branches-là, ces feuilles-là, rien d’autre. Juste ce qui s’offre. Il n’y a aucune intention dans un paysage. Il n’y a aucune intention dans la ramure d’un arbre et ça, c’est un repos. S’absorber totalement à regarder. Se rendre. Sa façon de retrouver la paix…

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… Il se rend compte qu’il a toujours aimé voir quelqu’un à l’étude, que c’est une vision reposante de l’humanité. Il trouve le monde si paresseux. Il se dit que lui non plus n’a pas échappé à cette grande paresse. Quand on laisse la souffrance vous prendre trop longtemps, on finit par être paresseux de sa propre vie. Oui, il l’a été. Revisiter les splendeurs du jardin lui fait mesurer comme il s’en est privé longtemps…

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… Il se dit qu’œuvrer sauve de tout. Se concentrer totalement. Évacuer de sa tête de son cœur tout ce qui gène. Être entièrement à ce qu’on fait. Et c’est tout. La belle expression. Oui, c’est vraiment « tout ». Alors quelque chose s’ouvre. Une joie dans cette solitude. Et c’est ça qu’il a connu : cette joie-là, à nulle autre pareille, profonde, indicible.

Il se dit que les miracles c’est de là qu’ils viennent. Pas d’un dieu tout-puissant hors de chaque être humain. Les miracles prennent leur source dans la capacité à être totalement présent, il en est sûr…

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… Elle murmure J’avais lu les livres de poèmes dans votre cabinet, en bas, le jour de notre premier entretien. Il sourit. Ainsi chacun observe l’autre et l’on ne sait jamais ce qui de nous sera retenu, à notre insu. Elle ajoute Ça m’a rassurée. Le vieil homme poursuit Moi aussi ça me rassure. Quand je n’ai plus de refuge, je vais dans les mots. J’ai toujours trouvé un abri, là. Un abri creusé par d’autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont œuvré pour d’autres qu’ils ne connaîtront jamais. C’est rassurant, de penser ça…

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… Elle a toujours pensé que les mots détenaient une puissance qu’on ne voulait pas connaître vraiment. Les mots peuvent tout changer. Elle, elle s’est mise du côté muet de la parole, avec la peinture. Elle sait que c’est sa place. Mais elle n’ignore rien de la puissance des mots. Tout au fond d’elle..

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… Il a dit Votre manque d’attention a permis à la mienne de se ressaisir, en la regardant droit dans les yeux. Cet homme qui a passé sa vie à observer les autres, tenter de comprendre ce qu’eux-mêmes ne savaient pas de leurs corps, tenter de les aider. C’est cela la confiance avec lui. C’est tous ces moments passé à s’occuper des autres qui ont donné à son regard cette acuité, cette bienveillance infinie, comme si tout était excusable d’avance chez les humains. Pas de jugement. L’attention seule.

C’est si rare… »

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Extraits de : « Profanes » 2013 Jeanne Benameur.

Photos BVJ.

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Des liens, visibles ou invisibles, nous réunissent et nous aident à fleurir…

BVJ – Plumes d’Anges.


Être…

mercredi 22 mai 2013

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« … Qu’est-ce-que la vie ?

Pourquoi sommes-nous sur terre ? Pour jouir de la vie, en nous occupant de nous ?

Ou pour autre chose de plus vaste, de plus profond ?….

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… On a tendance à l’oublier, dans la vie il y a la vie. Il y a les hommes. Et puis il y a l’homme.


L’homme est la capacité extraordinaire de la vie, en étant capable de faire vivre la vie autrement. Par sa conscience. Par son cœur. Par son humanité.


On devrait toujours avoir à l’esprit que c’est l’homme qui confère un sens à la vie.


Et non la vie qui confère un sens à l’homme.


On a tendance à le perdre de vue.


Par passivité.


Parce que nous attendons que la vie extérieure donne du sens à notre vie au lieu de nous-mêmes donner un sens à la vie extérieure.


Si bien que c’est notre absence dans la vie que nous finissons par prendre pour une absence de vie dans la vie.


La vie humaine n’a pas de sens sans l’homme. Elle n’a de sens que par l’homme.


Elle est donc pleine de sens, pour peu qu’on s’y engage.


En toute conscience.


Avec cœur.


En toute humanité… »


Extraits de « Petit précis de philosophie – Être »  2005  Bertrand Vergely.

Photos BVJ – Abbaye du Thoronet.

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L’homme est un joyau…

BVJ – Plumes d’Anges.


Univers moussu…

vendredi 3 mai 2013

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« Mousses d’un vert profond

la poussière du monde est loin »

Sen no Rikyû

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 »  … Il faut avoir parcouru les allées de ces jardins, dans un monde où l’omniprésence du vert vous plonge dans un état de rêve et de silence, pour sentir à quel point la mousse y semble un souffle exhalé du sol, posé telle une brume, et dont on sent bien, sans rien connaître de son écologie, qu’aucun lien ne l’attache à la terre dans la profondeur d’un enracinement…

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… Comme si l’omniprésence du vert qui nimbe le sol et emporte le regard, dans le fondu miraculeux d’une somptuosité et d’un dépouillement, transformait l’espace tout entier par l’effet de quelque rémanence ; les sons eux-mêmes, comme atténués ou disparus, font apparaître plus dessinés et transparents qu’à l’habitude, les chants d’oiseaux, les filets d’eau glissant vers l’étang et « l’île au brouillard » qui en forme le centre…

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« Pluie d’averse

sans un bruit sur la mousse

me reviennent les choses du passé »

Yosa Buson

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… Ce n’est pas tant que le tapis de mousse assourdisse effectivement les sons environnants ou que, faute de fleurs, les insectes soient moins présents. On dirait que dans ce caractère étale de la mousse recouvrant tout le sol et montant le long des troncs des cèdres, des camphriers, quelque chose d’une marée se suspend, arrêtant le mouvement du monde, refluant vers les racines sculptées des arbres comme un drapé de pierre vers les mains jointes d’un gisant. Ombreuse et douce, la mousse épouse la terre, la couvre d’un manteau comme on le dit de la neige, et pas davantage on n’en peut isoler les brins que les flocons. Elle est le printemps perpétuel comme la neige est l’hiver, et comme elle, restitue le monde à son silence…

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… Accepter ce que la nature nous donne dans l’ombre, jardiner « avec » et non « contre »…

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… En toute saison, et l’été plus encore, on répand de l’eau sur le chemin afin de donner aux mousses, aux pierres, l’éclat fugace d’une ondée, en un geste d’hospitalité nommé uchimizu ; et en toute saison vient la lumière qui tombe des arbres, dont la taille tout exprès irrégulière n’a d’autre but que de laisser filtrer un miroitement d’ocelles qui vibrent sur le chemin comme depuis les fenêtres hautes d’une cathédrale de feuilles…

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… Les mousses naissent du temps, du temps et de l’ombre – par quoi elles se lient au sommeil et au songe. Quand on les croit dépéries, elles ne sont qu’endormies… »

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Extraits de : « Louanges des mousses » 2012 Véronique Brindeau.

Photos BVJ

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Emprunter les chemins de la délicatesse…

BVJ – Plumes d’Anges.

Charmes…

mercredi 1 mai 2013

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« Je marchais à travers la forêt. La forêt était sombre

Et étrangement enchantée.


Et moi, j’aimais je ne sais qui,

Et moi, j’étais ému.


Qui a rendu si tendres les nuages

Qu’ils sont tous en douceur de perles ?

Et pourquoi le fleuve au ruisseau

Chante-t-il : serons-nous amis ?

Et pourquoi tout soudain le muguet

A-t-il soupiré, tandis qu’il pâlit dans l’herbe ?

Et pourquoi si suave, le gazon ?

Oh, je sais : c’est la Fée… »

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Extrait de « Quelques poèmes » : « Les charmes de la Fée »  Constantin D.Balmont 1867-1942.

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– PETIT MESSAGE  PERSONNEL À LA FÉE –

Dis, Princesse des Fées,

si tu pouvais en ce premier jour du mois de mai,

te souvenir et dire aux Princes de ce vaste monde

qu’on ne peut continuer à faire des promesses et à ne pas les tenir…

Rappelle-leur, s’il te plaît, qu’il est inscrit dans notre constitution

« Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi »…

Allez, au travail Princesse des Fées et fleuris-nous le bon muguet,

celui qui porte bonheur !

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Illustrations : 1/« Le Prince Grenouille »  Marianne Stokes 1855-1927  2/« Muguet » Janos Pentelei Molnar 1878-1924.

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Porter bonheur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Guérir…

vendredi 26 avril 2013

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« … Notre monde est malade. Mais la crise économique  et financière actuelle n’est qu’un symptôme de déséquilibres beaucoup plus profonds…

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… Sans une transformation de soi, aucun changement du monde ne sera possible… Comme Gandhi l’a si bien exprimé : « Soyez le changement que vous voulez dans le monde. »…

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… La civilisation occidentale n’est pas en train de mourir, mais elle se métamorphose à l’échelle du monde en intégrant d’autres schèmes culturels qui lui étaient étrangers…

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… Impossible fuite en avant… Illusoire retour en arrière…

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… Aujourd’hui, la médecine occidentale prend en charge les symptômes et s’interdit de remonter aux causes premières. L’homme se guérit comme l’automobile se répare, mais l’homme n’est pas une machine – c’est tout le problème…

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… À quel niveau agir pour que le monde change ? … La réponse se situe évidemment à plusieurs niveaux. Mais je suis convaincu que c’est l’individu – chaque individu, vous, moi – qui détient aujourd’hui la principale clé de la résolution des problèmes…

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… Voilà qui me semble d’une limpide évidence : c’est quand la pensée, le cœur, les attitudes de la majorité auront changé que le monde changera. Ce constat va bien au delà des réponses techniques, du savoir intellectuel ou scientifique qui peuvent ponctuellement résoudre l’un ou l’autre des problèmes que nous affrontons, mais qui ne peuvent suffirent à mener à la guérison globale et en profondeur de nos maux. La solution doit venir de chacun de nous, appelé à un travail sur soi, à une conversion du regard, à un changement de mode de vie. C’est la somme des individualités qui créera une collectivité nouvelle. Il s’agit donc pour chacun, d’examiner ce qui, en lui et dans sa vie, contribue à empoisonner le monde, de revoir ce qui, dans sa manière d’être ou de vivre, concourt aux dysfonctionnements et aux malheurs du monde…

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… Diogène  d’Œnanda, disciple d’Épicure, qui vécut en Anatolie à la fin du IIème siècle de notre ère, faisait déjà remarquer que « la richesse anormale ne sert pas plus que l’eau à un vase qui déborde »(Fragment 108)

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… La réussite et l’harmonie d’une vie ne dépendent pas uniquement des conditions extérieures, mais aussi, et sans doute davantage encore, des liens que nous tissons avec les autres ; de la capacité que nous avons à regarder la beauté partout présente dans le monde et à expérimenter le sacré ; de la possibilité de nous réaliser dans ce pour quoi nous sommes faits… »

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Extraits de : « La guérison du monde » 2012 Frédéric Lenoir.

Tableaux : 1/« Intérieur avec femme »  Carl Holsoe 1863-1935  2/« Scène de plage »  Winslow Homer 1836-1910.

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Mettre en lumière une autre voie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Compassion…

lundi 22 avril 2013

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« … L’amour est un état d’esprit qui apporte paix, joie et bonheur. La compassion est un état d’esprit qui ôte à l’autre sa souffrance. Chacun de nous porte en soi les graines d’amour et de compassion et peut développer les merveilleuses sources de leur énergie. Nous pouvons nourrir l’amour inconditionnel, qui n’attend rien en retour et donc ne génère ni anxiété ni souffrance.

L’essence de l’amour et de la compassion est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance. L’observation extérieure creuse, faite en étranger, ne suffit pas à la déceler. Nous devons ne faire qu’un avec l’objet de notre observation. Étant en contact avec la souffrance d’autrui il naît en nous un sentiment de compassion. Être compatissant veut littéralement dire souffrir avec…

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… L’esprit d’amour apporte paix, joie et bonheur à nous-mêmes et à autrui ; l’observation attentive est l’élément qui nourrit l’arbre de la compréhension dont les plus belles fleurs sont l’amour et la compassion. Pour réaliser l’esprit d’amour nous devons aller vers la personne qui a fait l’objet de notre observation, de sorte qu’il ne reste pas seulement un fruit de notre imagination mais devienne source d’énergie capable d’abreuver le monde. Méditer sur l’amour ce n’est pas se contenter de rester assis sans bouger à visualiser notre amour qui se répand dans l’espace, comme des ondes sonores et lumineuses. De même que le son et la lumière pénètrent partout, ainsi le font l’amour et la compassion. Mais si notre amour est purement imaginaire, il y a peu de chance qu’il ait quelque réel pouvoir. C’est dans la vie quotidienne même et le contact réel avec autrui que nous pouvons tester l’esprit d’amour, savoir s’il existe vraiment et évaluer son degré de stabilité. L’amour réel est visible dans notre vie courante, dans notre comportement vis-à-vis d’autrui et du monde. L’amour prend sa source profondément en nous et nous pouvons aider autrui à être très heureux. Une parole, un acte ou une pensée ont le pouvoir de réduire la souffrance de quelqu’un et lui donner la joie. Une parole peut apporter réconfort et confiance, détruire le doute, éviter à quelqu’un de commettre une erreur, résoudre un conflit ou ouvrir la porte de la libération. Un geste peut sauver la vie de quelqu’un ou lui permettre de saisir une occasion rare. Et il en est de même d’une seule pensée, car toute pensée conduit à parler et à agir. Si l’amour est dans notre cœur, chaque pensée, parole ou acte peut opérer un prodige. La compréhension étant le fondement même de l’amour, les paroles et les actions qui en procèdent sont toujours d’une grande aide… »

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Le saviez-vous ?

Mardi 23 avril 2013 a lieu la

JOURNÉE DE LA COMPASSION

Si vous voulez des informations à ce sujet, c’est —> ICI

Extraits de : « La sérénité de l’instant » 1992  Thich Nhat Hanh.

Tableaux : 1/ »Poupées japonaises et éventails »  Paul Peel 1860-1892  2/« Fleurs »  Victoria Dubourg 1840-1926.

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Cultiver des graines d’amour et de compassion…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ensemble…

vendredi 19 avril 2013

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« Un jour tous les oiseaux du monde, ceux qui sont connus et ceux qui sont inconnus, se réunirent en une grande conférence.

Quand ils furent réunis, la Huppe, tout émue et pleine d’espérance, arriva et se plaça au milieu d’eux.

Huppe : Chers oiseaux, je passe mes jours dans l’anxiété. Je ne vois parmi nous que querelles et batailles, pour une parcelle de territoire, pour quelques grains de blé. Cet état de choses ne peut pas durer. Pendant des années j’ai traversé le ciel et la terre. J’ai parcouru un espace immense et je sais beaucoup de secrets. Écoutez-moi. Nous avons un roi. Il nous faut partir à sa recherche. Sinon nous sommes perdus.

Oiseaux : – Un roi ! Nous avons eu beaucoup de rois ! Qu’avons-nous à faire d’un autre roi ?

Huppe : – Oiseaux négligents, attendez ! Celui dont je parle est notre roi légitime. Il réside derrière le mont Câf. Son nom est Simorgh. Il est le vrai roi des oiseaux. Il est près de nous, et nous en sommes éloignés. Le chemin pour parvenir jusqu’à lui est inconnu. Il faut un cœur de lion pour le suivre. Toute seule, je ne peux pas. Mais ce serait pour moi une honte que de vivre sans y parvenir.

Héron : – Est-on bien sûr que le Simorgh existe ?

Huppe : – Oui. Une de ses plumes tomba en Chine au milieu de la nuit et sa réputation emplit le monde entier. Cette trace de son existence est un gage de sa gloire. On a fait un dessin de cette plume. Tous les cœurs portent la trace de ce dessin. Regardez.

La Huppe déplie un morceau de soie sur lequel est dessinée une plume.

Les oiseaux s’approchent pour regarder le dessin. À côté de la plume, il y a quelques caractères chinois. Un des oiseaux demande :

Colombe : – Qu’y a-t-il d’écrit ?

Huppe : – « Partez à ma recherche – serait-ce en Chine. »… »

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Extrait de : « La conférence des oiseaux » Farid Al-din Attar XIIème siècle – adaptation de Jean-Claude Carrière- 1979.

Illustrations : 1/« Huppe sur bambou »  Zhao Mengfu 1254-1322  2/« Volées d’oiseaux sur fleurs et bambous »  Bian Jingzhao 1356-1428.

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Partir ensemble à la recherche des bonnes nouvelles…

BVJ – Plumes d’Anges.

Attente…

mercredi 17 avril 2013

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« Dis donc ce qui vient de toi.

Dis  tout ce qui te soulève

Au dessus des contingences.

Le monde attend d’être dit,

Et tu ne viens que pour dire.

Ce qui est dit t’est donné :


Le monde et son mot de passe.

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Poème extrait de : « Cantos toscans » 1999  François Cheng.

Tableaux : 1/« Sommets enneigés » 2/« Campagne dans le Massachusetts »  John Williamson 1826-1885.

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Qu’attendons-nous ?…

BVJ – Plumes d’Anges.

Bonheur…

lundi 15 avril 2013

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« … Le bonheur est une rencontre. Une rencontre réussie entre nous et la vie. Grâce à nous. À notre capacité de bonheur. Une telle rencontre porte un nom. Elle s’appelle la douceur.

Car la douceur, qui est absence de dureté et de violence, est l’état même de tout ce qui ne rencontre pas d’obstacle.

La vie peut s’écouler en moi ?

Moi-même je puis me dilater dans la vie ?

Tout est devenu doux. La douceur règne. Plus rien ne fait obstacle. Ni la vie. Ni moi. Beauté de cet instant. Bonheur de cet instant.

Bonheur de sentir que la vie s’écoule en nous. Bonheur de couler des jours heureux et de voir s’ouvrir la vie à travers ces jours heureux. Car d’où viennent-ils ces jours heureux ? D’où vient le fait que la vie puisse être ainsi si douce ? L’amour est dans la vie. Mais pour être si douce , la vie n’est-elle pas dans l’amour ? Quand il est profond, notre bonheur d’exister finit toujours par rencontrer le bonheur même qu’a l’existence d’exister. Et c’est peut-être cela le vrai bonheur.

Le grand bonheur. Être si heureux que non seulement notre vie est heureuse, mais que la vie même est heureuse.

Et donc pouvoir dire, sans que cela soit une parole en l’air : au commencement était le bonheur !… »

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Extrait de : « Petite philosophie du bonheur »  Bertrand Vergely.

Tableaux : 1/« Madone de la rue » Roberto Ferruzzi 1853-1934   2/« Cours supérieur du Mississippi »  John Frederick Kensett 1816-1872.

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Rien n’est obstacle…

BVJ – Plumes d’Anges.

Semences d’étoiles…

vendredi 12 avril 2013

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« Un jeune homme dans son rêve entre dans un magasin.

Derrière le comptoir, se tient un Ange qui fait office de vendeuse.

« Que vendez-vous » ? lui demande le jeune homme.

– « Tout ce que vous désirez. » lui répond l’Ange avec courtoisie.

Alors le jeune homme se met à énumérer :

-« Dans ce cas, je voudrais bien la fin des guerres dans le monde,

plus de justice,

la tolérance,

la générosité envers les étrangers,

davantage d’amour dans les familles,

du travail pour les sans-emploi… »

L’Ange lui coupe la parole :

-« Excusez-moi Monsieur, vous m’avez mal compris,

ici on ne vend pas les fruits,

seulement les graines. »

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Parabole extraite de : « Parole de Dieu, paroles de fête : Des mots pour aujourd’hui » 2006  Jean Corbineau.

Illustrations : 1/Planche XX  2/Planche XXIX « Le livre des Fleurs » -Edward Burne-Jones 1833-1898.

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Prendre soin des précieuses graines…

BVJ – Plumes d’Anges.