Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Art de vivre…

vendredi 20 septembre 2013

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« … Vivre à fond tient de la dégustation plus que de la dévoration. J’ai toutes les

peines à vivre le moment présent sans désirer qu’il perdure et je ne jette encore

les mille et un tracas qui me traversent chaque jour. Les exercices spirituels me

sont certes d’une belle utilité mais le saut essentiel, je le diffère sans cesse. Dans

la tristesse, par exemple, je pourrais me laisser couler au fond, abandonner la

surface, car, là où règne de l’agitation, là se développent aussi les vagues. Sur ce

terrain, mon corps a une longueur d’avance sur l’esprit : j’ai appris il y a quelques

mois, à nager. J’ai découvert que pour flotter il n’y avait rien à faire. Sans

résistances, sans tensions, le nageur qui excelle dans l’art de flotter, n’a rien à

faire. Cette non-activité sportive pourrait inspirer un art de vivre : ne rien faire, ne

pas lutter, ne pas s’opposer, ne pas discuter le réel mais se laisser flotter en lui.


Le détachement, au milieu de la vague des passions, c’est l’art de flotter allègrement…

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… La vie est mouvement, et l’équilibre s’acquiert, se découvre et se réinvente constamment au cœur du quotidien… »

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Extraits de : « Le philosophe nu » 2010 Alexandre Jollien.

Illustrations : 1/« Le suprême Bon-Ton – Planche n°15- Les Nageurs » Anonyme XIXème  2/ « Nuages d’orage en Juillet dans le Val d’Aoste » John Ruskin 1819-1900.

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Déguster la vie avec simplicité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Calme intime…

mercredi 18 septembre 2013

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« … Seules les petites églises de campagne, dans les vignes, m’attirent. Parfois je reste assis au fond de l’une d’elles, tout seul, des heures durant, le soleil entre et, dans sa lumière, toute la cour d’un de ses saints campagnards qui vit là  dans sa « retraite » devrait sembler bien médiocre comme la scène d’un théâtre ambulant. Pourtant il n’en est rien, le soleil est « d’accord » et le vieux rose devient simplement pâle d’une manière tellement touchante, et les boiseries portent partout leurs vieilles dorures avec dignité – cependant ce n’est pas ça qui me retient là-bas, c’est le calme, ce calme intime, doux, dense, lorsqu’au dehors un petit coq de campagne enroué lance son cri, c’est seulement ainsi qu’on s’aperçoit à quel point il est doux, comme intensifié, comme sanctifié – et pourtant simultanément campagnard, modeste, simple, « une douceur champêtre » qui naïvement se confond avec le calme de la sainteté. Ce calme me faisait parfois venir des larmes de bonheur, en lui je pourrais me retrouver et me recueillir… »

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Extrait de : « Lettres à  Yvonne von Wattenwyl »  – le 16 janvier 1920 à Locarno – Rainer Maria Rilke 1875-1926.

Tableaux : 1/« Paysage du Rhin »  Hugo Mühlig 1854-1929  2/« Chapelle Morave »  Hugo Darnaut 1851-1937.

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Rechercher les lieux de calme intime, pour se retrouver…

BVJ – Plumes d’Anges.

Hautes profondeurs…

vendredi 6 septembre 2013

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« … Je suis entrée dans le plaisir intense d’accéder à ma propre vérité. Je sais désormais à quel point la vérité rend heureux et que chercher la sienne c’est aussi dévoiler celle des autres…

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… Ce que l’on ne peut modifier, il faut l’accepter. Accepter. Car c’est d’avoir renoncé à tout sans se résigner à rien que la Vie nous est donnée par surcroît…

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… Himalaya : J’ai connu la joie des grands départs, le sac entre les jambes, assise, les bras croisés sur mon bagage, portant les habits du voyage avec un plaisir éclatant. J’ai vécu la fête de se voir partir seule, le corps planté dans cette décision de chercher plus loin la réponse à une question en soi toute proche, à peine formulée. De tout son être étreindre la question, c’est absolument y répondre.

Je suis allée dans l’Himalaya pour me rendre libre de l’Himalaya.

La difficulté ce n’est pas d’apprivoiser la montagne mais d’en supporter l’effarante bonté. Comment supporter l’amour de la montagne ?

Je marche en silence. La marche pose le corps à sa place. Elle le tresse à la montagne et le hisse jusqu’à l’horizon. Les bêtes montent mieux que les hommes. Certains jours, je me sens presque indigne d’être en présence d’une telle qualité de silence.

Sous la tente, le soir, je pleure. Des larmes de joie parce que je comprends ce que je suis incapable de nommer. Rien ne se passe, et pourtant quelque chose d’indéfinissable a lieu.

J’apprends ici qu’il n’existe aucune réponse en dehors de soi..

Un homme qui croit être arrivé est un homme égaré. Toujours il faut recoudre les habits du voyage et repartir en soi-même. Ce n’est pas s’élever dont il s’agit mais s’enfoncer. La véritable ascension relève, en réalité, d’une descente dans les profondeurs… »

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Extraits de : « L’usure des jours » 2009  Lorette Nobécourt.

Illustrations : 1/« Vallée de Kangra, Himachal Pradesh »  Charlotte Canning 1817-1861  2/« Paysage rocheux »  Karoly Telepy 1828-1906.

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Marcher vers ses hautes profondeurs…

BVJ – Plumes d’Anges.

Grand rêve…

lundi 2 septembre 2013

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« … Le rêve du Vieux*

Les hommes découvrent et ils inventent. Quand ils découvrent, les unes après les autres, les lois cachées de la nature et ce qu’ils appellent la vérité, ils font de la science. Quand ils se livrent à leur imagination et qu’ils inventent ce qu’ils appellent la beauté, ils font de l’art. La vérité est contraignante comme la nature. La beauté est libre comme l’imagination.

Copernic découvre. Galilée découvre. Newton découvre. Einstein découvre. Et chacun d’eux détruit le système qui le précède. Homère invente. Virgile invente. Dante invente. Michel-Ange, Titien, Rembrandt, Shakespeare, Racine, Bach et Mozart, Baudelaire, Proust inventent. Et aucun d’entre eux ne détruit les œuvres qui le précède…

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… Le rêve du Vieux

« Hier, je me suis endormi dans l’herbe et je me suis réveillé avec un chœur d’oiseaux qui chantaient autour de moi, avec des écureuils qui grimpaient aux arbres, avec un pivert qui riait, et c’était une scène ravissante, et je me moquais comme d’une guigne de l’origine de ces oiseaux et de ces animaux. » Qui a écrit ces lignes ? C’est Darwin. Le même Darwin parle quelque part de « l’infinité des formes les plus belles et les plus merveilleuses ». Et il ajoute que là est « la question la plus intéressante, la véritable âme de l’histoire naturelle ».

Le monde n’est pas un chaos. Il y a de l’ordre dans l’univers. Il y a de la beauté dans l’univers. D’où vient l’ordre ? D’où vient la beauté ? Personne n’ôtera de la tête de beaucoup d’êtres humains l’idée que le monde est un projet en œuvre et qu’en dépit de tant de mal et de tant de souffrances il garde un sens caché.

La science d’aujourd’hui détruit l’ignorance d’hier et elle fera figure d’ignorance au regard de la science de demain. Dans le cœur des hommes il y a un élan vers autre chose qu’un savoir qui ne suffira jamais à expliquer un monde dont la clé secrète est ailleurs…

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… Le rêve du Vieux

Leurs peintres, leurs sculpteurs, leurs écrivains, leurs philosophes m’imaginent souvent irrité, accablé, vindicatif, en colère. Je ne suis bien sûr rien de tout cela. Si j’étais quelque chose d’humain, de trop humain, je serais plutôt enchanté de mon œuvre et léger comme ces anges que leurs ailes empêchent de tomber dans les abîmes des pensées et des sentiments qui vous agitent, vous autres, les hommes, emportés par l’orgueil.

Il arrive au monde de me causer du chagrin. Mais le plus souvent il m’amuse. Il est plein de surprises. Ce qui m’est ôté par Darwin m’est rendu par Einstein…

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… Nous sommes sur Terre pour aimer, pour être heureux, pour nager dans la mer, pour nous promener dans les bois. Peut-être même pour faire de grandes choses ou pour jouir de la beauté. Peut-être…

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… Admiration…

… Gaieté…

… Gratitude…

… Tout est bien. »

* Vieux : terme employé par Einstein pour désigner Dieu, dans une lettre adressée au physicien Max Born le 4 décembre 1936.

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Extraits de : « C’est une chose étrange à la fin que le monde » 2010  Jean D’Ormesson.

Illustrations : 1/« l’enfant Jésus »  Melchior Paul von Deschwanden 1811-1881 2/« Allégorie d’Avril : le triomphe de Vénus (détail) Francesco del Cossa 1436-1487  3/« Monts Triglav en Slovénie »  Anton Karinger 1829-1870.

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Prendre conscience de la Grandeur du Monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lumière vivante…

lundi 26 août 2013

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« … Il n’y a, en effet, d’engagement politique véritable qu’à défendre la beauté. Celle qui rend la vie plus large, plus profonde. Pour aller jusqu’à la liberté…

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… Que chacun agisse selon son aptitude, selon son rythme et du mieux qu’il le peut. Que chacun tende vers la perfection qui est la sienne…

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… « L’homme se reconnaît à son visage, voit par ses yeux, entend par ses oreilles, ouvre la bouche pour parler, touche avec ses mains, marche avec ses pieds et voilà pourquoi les sens sont en l’homme comme des pierres précieuses et comme un précieux trésor scellé dans un coffre. Tout comme la vue du coffre fait que l’on devine le trésor, de même, par l’intermédiaire d’un sens, on comprend les facultés de l’âme. L’âme est la maîtresse tandis que la chair est la servante. L’âme est liée au sens à qui sont assujettis ceux du corps… »

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… « Bien que je sois une toute petite pauvresse » dit son âme, « j’ai pourtant une fonction importante. Que suis-je ? Quel est l’objet de ma clameur ? Je suis un souffle vivant dans l’homme, placé dans la demeure de ses moelles, de ses veines, de ses os et de sa chair, de sorte que j’apporte à cette demeure sa viridité* et que je l’accompagne partout dans ses mouvements… ».

* viridité : mot « inventé » par Hildegarde de Bingen au Moyen age pour parler de la force germinative et créatrice de la vie, sans cesse renaissante.

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Extraits de : « La clôture des merveilles – Une vie d’Hildegarde de Bingen » 2013 Lorette Nobécourt.

Tableaux : 1/« Fête de fleurs et de fruits (détail) » Jan Davidszoon de Heem 1606-1683  2/« L’Orfèvre (détail) »  Gérard David 1450-1523.

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Faire vibrer notre lumière intérieure…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rappelle-toi…

vendredi 23 août 2013

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« … Parfois tu doutes, moi-aussi. Alors nous respirons le calme et la sérénité inscrits dans nos profondeurs et chassons ainsi nos peurs…

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… « Vois-tu, Santi, si tu travailles pour la maîtrise de ton corps et de ton esprit, tu dois en premier lieu comprendre que, si tu peux les différencier, les observer l’un et l’autre, les nommer, tu n’es en fait ni l’un, ni l’autre. Ce sont là deux outils à ton service.

Toi, Santi, tu es plus que cela !

Quand ton esprit est dispersé, il est comme ce torrent qui affronte la roche. Il s’éparpille en mille morceaux, n’a plus de force et devient vulnérable.

Soigne ton corps car il est le reflet fidèle, dans la matière, de ce que tu es dans le subtil. »…

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… « Rappelle-toi Santi, l’arbre pousse grâce à ses racines et la rivière coule grâce à sa source. »…

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… Tous les êtres humains sont sur un même chemin d’éveil. Néanmoins certains sont plus en avance que d’autres sur le parcours. L’existence, qui ne semble pas toujours facile, est ponctuée de nombreuses expériences qui permettent de progresser. Ces expériences offertes par la vie sont toutes semblables aux étapes d’un pèlerinage. Chacun à sa convenance, avance à son rythme tout en conservant l’entier contrôle de la progression de son parcours grâce à la maîtrise de son libre arbitre. Bien-sûr il revient à chacun l’entière et totale responsabilité des conséquences de ses actes…

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… « Tu vois Santi, cet homme que nous venons de rencontrer ne sait ni lire ni écrire. Cependant ses connaissances sont bien supérieures à celles d’un bon nombre d’érudits dont le cœur est fermé. Cet homme est sans doute l’un des nôtres. La culture, l’éloignement, l’apparence, sont des notions trompeuses. Une sorte d’illusion qui masque pour l’homme ordinaire le lien avec sa véritable famille. »…

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… « Vivre un amour, tout comme accomplir une réalisation, comporte toujours un risque, Santi. Pour aimer, pour aimer vraiment, il faut savoir pardonner. Amour et pardon sont les deux faces d’une même pièce ; l’un ne va pas sans l’autre. Vouloir l’un en écartant l’autre, c’est créer un espace, un vide entre eux. C’est dans ce vide que s’installe la jalousie, la brûlure, l’aigreur, la peine, la colère, la tristesse et la souffrance. »…

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… « L’homme en général se pense unique et indépendant de tout ce qui l’entoure…

C’est sa faiblesse !

Regarde encore ici cet arbre Santi, regarde ces deux branches et observe sur chacune d’elles, bien séparées en apparence, une feuille distincte. On pourrait les croire indépendantes. Pourtant ce qui arrive à une feuille, l’autre feuille le connaît. Qu’une chenille en entame une et toutes les autres auront l’information. Elles sont reliées aux mêmes racines, élaborées à partir d’une seule et même graine et, à cause de cela, elles ne sont jamais réellement séparées. Comprends-tu qu’il en est de même pour tout ? Si tu t’ouvres à cette réalité, tu pourras atteindre des sommets de connaissances et de compréhension exceptionnels. »… »

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Extraits de : « Himalaya-2000 ans pour apprendre » 2007  Stéphane Salnave.

Tableaux : 1/« Chutes d’eau-Yosémite »  Thomas Moran 1837-1926  2/« L’invention de l’art du dessin »  Joseph-Benoit Suvée 1743-1807  3/« L’entretien de la forêt »  Adolf Kaufmann 1848-1916.

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Tout est un…

BVJ – Plumes d’Anges.

Souvenirs de pérégrination…

mercredi 21 août 2013

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« Partir vers l’appel de l’inconnu

Sans peur pousser le pas sur le mystère

À la fraicheur de la Vérité

Humble espérance de l’avenir

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Se laisser transformer

Par les temps nouveaux

Incessante naissance

Inondée de joie
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C’est un désir immense

De dépasser le prévu

L’indéchiffrable

Et le prouvé

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Tout n’est pas que matière

La raison a-t-elle raison

Quand elle dit

Au delà du raisonnable il n’y a rien… »

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Merci à la vie pour ces forts moments qui illumineront un éventuel froid hivernal…

La nature est une source inépuisable de bonheur, que l’inconnu est beau et riche !

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Si cette balade vous inspire… un petit clic –>ICI

Extrait d’un poème d’Isidore Dalla Nora – « Partir » – 1932-2009.

À la source de Font-Sancte -Val des Escreins –

Photos PJ et BVJ.

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Pérégriner dans l’incroyable diversité de la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Créer…

vendredi 16 août 2013

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« … Si, bien souvent, il est permis de s’étonner de la lenteur d’un projet, quelquefois aussi, une tâche considérable sera rapidement conçue. Le plus long, en ce qui me concerne, est l’attente, ensuite tout mon temps de réflexion. Ces délais passés, le parti de l’œuvre arrêté, l’étape définitive peut être réglée en quelques jours. Pourquoi ? Cette question met en cause tout ce qui, dans la création, fait partie de l’accumulation des connaissances. Tout artiste agissant, a, dans sa mine de plomb, son pinceau, son burin, non seulement ce qui rattache son geste à son esprit, mais à sa mémoire. Le mouvement qui paraît spontané est vieux de dix ans ! de trente ans ! Dans l’art, tout est connaissance, labeur, patience, et ce qui peut surgir en un instant, a mis des années à cheminer…

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… Ne devons-nous pas toujours recommencer ?… dis-toi bien, Bernard, que jamais les éléments ou les faits ne se présentent de la même façon. Revenons à la pierre : crois-moi ! je n’en ai jamais employé de semblable, je ne pensais pas, avant d’arriver ici que je devrais un jour construire avec ces matériaux. Cependant, j’ai su, peu après mon arrivée, que ces pierres seraient traitées grossièrement et posées finement. Comment t’expliquer que la beauté des murs va dépendre de cette sensation, si je ne fais pas appel à ce composé inconscient et complexe ? Tu me veux sage, expérimenté ; tu te refuses à admettre tout ce qui ne te paraît pas venir de l’essence de ces qualités…

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… Le jour venu, penché sur ma table, je dessine l’essentiel de ce monde imaginaire. Il semble certain que les musiciens agissent ainsi : pour écrire, ils doivent attendre sans doute que la composition chante en eux…

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… Je sais que le moment est là. Je feins encore et me dis : « ne t’inquiète pas, attends, tout arrive puisque tu as tout réfléchi ; tu sais ce que tu veux, tu connais la forme. Donc attends la sensation, tu vas l’atteindre. » Au milieu de détails infimes qui reviennent, des cheveux pareils à des écheveaux de soie aux apparences translucides, de reflets d’eau déformés par des ondes concentriques qui tendent vers le calme du miroir parfait : je me vois arriver. Une joie sauvage me parcourt des pieds à la tête, joie du félin qui bondit sur une proie certaine. Je m’attendais et je viens. Le miracle dans mes embarras de chaque jour. Soumis à ma nouvelle vigueur j’oublie mon mal, je tombe sur mon dos dans le retournement du concret. Je vais à la rencontre vers la table : nous nous rejoignons et vivons notre joie commune… »

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Extraits de : « Les pierres sauvages »  Fernand Pouillon 1912-1986.

Illustrations : 1/ à 5/ Dessins d’études  et  6/« Vierge aux rochers »  (détail)  Léonard de Vinci 1452-1519.

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Que souhaitons-nous construire ?…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de soi…

mercredi 14 août 2013

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« … Si le plain-chant m’a donné de la joie, c’est parce que les chants sont faits pour les voûtes, que les nefs les reçoivent comme les mains d’une mère tiennent la tête de son enfant. Je ne regrette rien, c’est ainsi que Dieu l’a voulu.

« Quelle que soit l’étendue de ton savoir, il te manquerait toujours, pour atteindre à la plénitude de la sagesse, de te connaître toi-même. Une telle lacune serait-elle vraiment si importante ? Elle serait capitale, à mon avis. Connaîtrais-tu tous les secrets de l’univers ? Et les contrées les plus lointaines de la terre, et les hauteurs du firmament, et les abîmes marins si, dans le même temps, tu t’ignorais ? Tu me ferais penser à un constructeur qui voudrait bâtir sans fondations ; ce n’est pas un édifice qu’il obtiendrait, mais une ruine. Quoi que tu puisses accumuler hors de toi-même, cela ne résistera pas mieux qu’un tas de poussière exposé à tous les vents. Non, il ne mérite pas le nom de savant, celui qui ne l’est pas de soi. Un vrai savant devra d’abord connaître ce qu’il est, et boira le premier de l’eau de son propre puits… »

« La considération » Bernard de Clairvaux 1090-1153.

Et si cette eau est amère, faut-il continuer à la boire ? Faut-il aimer telle qu’elle est l’eau de son propre puits ?… »

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(à suivre…)


Extrait de : « Les pierres sauvages »  Fernand Pouillon 1912-1986.

Tableaux : 1/« Voutes-Codex Vallardi » et 2/« Madone à la caille »  Pisanello 1365-1455.

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Se connaître…

BVJ – Plumes d’Anges.

Autre regard…

mercredi 7 août 2013

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« … Regardez le mouvement de la main tenant le levier qui cherche un caractère sur la casse, ne trouvez-vous pas qu’il ressemble à celui d’un papillon volant à la recherche du nectar des fleurs ? disait le directeur du bureau en désignant le travail de mes ainées… »

Extrait de : « Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly » 2006 « La mer » Recueil de nouvelles de Yoko Ogawa.

Illustration : « Papilio podalirius » John Curtis 1791-1862.

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Voir la beauté dans chaque geste de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.