Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Tort ou raison…

lundi 13 janvier 2014

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« On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort.

C’est difficile de juger. Moi, j’ai longtemps donné raison à tout le monde.

Jusqu’au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort !

Donc, j’avais raison !

Par conséquent, j’avais tort !

Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu’ils avaient raison.

C’est à dire que moi qui n’avais pas tort,

je n’avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison,

alors qu’ils avaient tort !

J’ai raison, non ? Puisqu’ils avaient tort !

Et sans raison, encore ! là, j’insiste, parce que…

moi-aussi, il arrive que j’aie tort.

Mais quand j’ai tort, j’ai mes raisons, que je ne donne pas.

Ce serait reconnaître mes torts !!!

J’ai raison, non ? Remarquez, il m’arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison.

Mais là aussi, c’est un tort.

C’est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort.

Il n’y a pas de raison !

En résumé,

je crois qu’on a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort ! »

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« À tort ou à raison » Sketch de Raymond Devos 1922-2006.

Illustrations : 1/« Colombe diamant-Geopelia cuneata » Aquarelle non signée – XVIIIème siècle (musée de la Hague)  2/« Le retour de la colombe dans l’Arche de Noé »  Aegidius de Roya 1415-1478.

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Emprunter les chemins de tolérance et de paix…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de mer…

jeudi 9 janvier 2014

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SE RESSOURCER…

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« … Et c’est un chant de mer comme n’en fut jamais chanté,

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et c’est la Mer en nous qui le chantera :

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la Mer, en nous portée, jusqu’à la satiété du souffle et la péroraison du souffle,

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la Mer, en nous, portant son bruit soyeux du large et toute sa grande fraîcheur d’aubaine par le monde… »

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Extrait de : « Amers – Invocation 3 »  Saint-John Perse 1887-1975.

Photos BVJ – Cap Garonne.

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Vibrer au chant de la Mer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Est-il possible ?…

lundi 6 janvier 2014

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« … Est-il possible, pense-t-il, qu’on n’ait encore rien vu, reconnu et dit de vivant ? Est-il possible qu’on ait eu des millénaires pour observer, réfléchir et écrire, et qu’on ait laissé passer ces millénaires comme une récréation pendant laquelle on mange sa tartine et une pomme ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que, malgré inventions et progrès, malgré la culture, la religion et la connaissance de l’univers, l’on soit resté à la surface de la vie ? Est-il possible que l’on ait même recouvert cette surface, qui après tout eût encore été quelque chose – qu’on l’ait recouverte d’une étoffe indiciblement ennuyeuse, qui la fait ressembler à des meubles de salon pendant les vacances d’été ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que toute l’histoire de l’univers ait été mal comprise ? Est-il possible que l’image du passé soit fausse, parce qu’on a toujours parlé de ses foules comme si l’on ne racontait jamais que des réunions d’hommes, au lieu de parler de celui autour de qui ils s’assemblaient, parce qu’il était étranger et mourant ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que nous croyions devoir rattraper ce qui est arrivé avant que nous soyons nés ? Est-il possible qu’il faille rappeler à tous, l’un après l’autre, qu’ils sont nés des anciens, qu’ils contiennent par conséquent ce passé, et qu’ils n’ont rien à apprendre d’autres hommes qui prétendent posséder une connaissance meilleure ou différente ?

Oui, c’est possible.

Est-il possible que tous ces gens connaissent parfaitement un passé qui n’a jamais existé ? Est-il possible que toutes les réalités ne soient rien pour eux – que leur vie se déroule et ne soit attachée à rien, comme une montre oubliée dans une chambre vide ?

Oui, c’est possible…

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… Dehors beaucoup de choses se sont transformées. Je ne sais pas comment. Mais en dedans, et devant toi, mon Dieu, en dedans, devant toi, spectateur, ne sommes-nous pas sans action ? Nous sentons bien que nous ne savons pas le rôle, nous cherchons un miroir, nous voudrions nous défarder, renoncer à toute feinte et être véritables. Mais quelque part est encore sur nous un morceau de travestissement, que nous oublions. Une trace d’exagération demeure dans nos sourcils, nous ne remarquons pas que les commissures de nos lèvres sont repliées. Et nous allons et venons ainsi, railleurs et moitié de nous-mêmes, ni réels, ni acteurs…

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… Mais, à présent que tout devient différent, notre tour n’est-il pas venu de nous transformer ? Ne pourrions-nous pas essayer de nous développer un peu et de prendre peu à peu sur nous notre part d’effort dans l’amour ? On nous a épargné toute sa peine, et c’est ainsi qu’il a glissé à nos yeux parmi les distractions, comme tombe parfois dans le tiroir d’un enfant un morceau de dentelle véritable, et lui plaît, et cesse de lui plaire, et reste là parmi des choses brisées et défaites, plus mauvais que tout. Nous sommes corrompus par la jouissance superficielle, comme tous les dilettantes, et nous sommes censés posséder la maîtrise. Mais qu’arriverait-il si nous méprisions nos succès ? Quoi, si nous recommencions depuis l’origine à apprendre le travail de l’amour qui a toujours été fait pour nous ? Quoi, si nous allions et si nous étions des débutants, à présent que tant de choses se prennent à changer ?… »

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Extraits de : « Les carnets de Malte Laurids Brigge »  Rainer Maria Rilke 1875-1926.

Tableaux : 1/« Songeuse » 2/« Studio parisien » 3/« Japonaise »  Olga Boznanska 1865-1940.

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Écrire la meilleure page du livre de la vie, tout est possible !…

BVJ – Plumes d’Anges.

Fil de soi…

dimanche 22 décembre 2013

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« … Toute prière est comme un premier envol.

Toute prière est un fil suspendu sur l’abîme.

Il suffit d’y oser un premier pas pour que le contact s’élargisse aux dimensions du monde, à la démesure des cieux, comme si toute leur transparence se déversait dans notre cœur abouché, comme si tout l’esprit dispersé se cristallisait sur nos lèvres muettes. Nous sommes soudain reliés. L’abîme qui d’abord nous effrayait maintenant nous soulève.

Il n’est que de renoncer à nos évidences, mais avec vérité, pour que s’ouvrent des espaces nouveaux, qui n’effacent pas les paysages anciens, mais leur rendent leur âme, leur respiration. Prier, c’est accepter cette séparation pour renaître de plus loin, en se dilatant, car il ne sert à rien d’ouvrir les bras, de desserrer les mains et les lèvres si, à l’intérieur l’on demeure tout recroquevillé, dur, obscur.

Prier, ce n’est pas se cacher ; prier, c’est nous dénouer, laisser le souffle d’infini nous traverser, nous grandir. C’est nous faire une âme ample, mobile, élastique, légère et transparente… »

Philippe Mac Léod.

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Que ces fêtes de fin d’année soient belles, sereines et lumineuses,

que les étoiles brillent dans nos cœurs et dans nos yeux…

JOYEUX NOËL À TOUTES ET À TOUS !

Illustrations : 1/ »Samuel enfant »  Joshua Reynolds 1723-1792  2/« Allégorie de l’Éternité »  Lorenzo Pasinelli 1629-1700.

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Unir nos fils de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.


Evolution…

lundi 16 décembre 2013

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« … « En essence, l’altruisme réside dans la motivation qui anime un comportement. Il peut être considéré comme authentique tant que le désir du bien d’autrui constitue notre préoccupation principale, même si cette préoccupation ne s’est pas encore concrétisée en actes.

Par contraste, l’égoïsme, non content d’être centré sur lui-même, considère les autres comme des instruments au service de ses intérêts. Il n’hésite pas à négliger, voire à sacrifier le bien d’autrui lorsque cela s’avère utile pour parvenir à ses fins. » *…

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… Dans la bulle de l’ego, la moindre contrariété prend des proportions démesurées. L’étroitesse de notre monde intérieur fait qu’en rebondissant sans cesse sur les parois de cette bulle, nos états d’esprit et nos émotions s’amplifient de manière disproportionnée et envahissante. La moindre joie devient euphorie, le succès nourrit la vanité, l’affection se fige en attachement, l’échec nous plonge dans la dépression, le déplaisir nous irrite et nous rend agressifs. Nous manquons des ressources intérieures nécessaires pour gérer sainement les hauts et les bas de l’existence. Ce monde de l’ego est comme un petit verre d’eau : quelques pincées de sel suffisent à le rendre imbuvable. À l’inverse, celui qui a fait éclater la bulle de l’ego est comparable à un grand lac : une poignée de sel ne change rien à sa saveur. Par essence, l’égoïsme ne fait que des perdants : i nous rend malheureux et nous faisons, à notre tour, le malheur de ceux qui nous entourent…

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… Le père Ceyrac qui, pendant soixante ans, s’est occupé de trente mille enfants défavorisés dans le sud de l’Inde, me dit un jour : « Malgré tout, je suis frappé par l’immense bonté des gens, même de ceux qui semblent avoir le coeur et l’œil fermés. Ce sont les autres, tous les autres, qui fondent la trame de nos vies et forment la matière de nos existences. Chacun est une note dans « le grand concert de l’univers », comme le disait le poète Tagore. Personne ne peut résister à l’appel de l’amour. On craque toujours au bout d’un certain temps. Je pense réellement que l’homme est intrinsèquement bon. Il faut toujours voir le bon, le beau d’une personne, ne jamais détruire, toujours chercher la grandeur de l’homme, sans distinction de religion, de caste, de pensée…

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… L’altruisme, la coopération et l’entraide sont beaucoup plus présents dans la vie quotidienne que ne le suggèrent les médias et les préjugés en vigueur. Au cours des cinquante dernières années, nous avons vu se développer l’aversion pour la guerre, ou encore assisté à la prise de conscience que la terre n’est qu’un « grand village ». Le rôle grandissant des ONG, le fait que de nombreux citoyens soient concernés par ce qui se passe ailleurs dans le monde, notamment lorsqu’une assistance est nécessaire, tout cela indique un changement des mentalités, de nos cultures donc, davantage tournées vers un sentiment de « responsabilité universelle », pour reprendre une expression chère au Dalaï-lama. Cette évolution est donc en marche. Peut-être suffit-il d’y participer, en ajoutant notre pierre à l’édifice, notre goutte à l’océan. Mais on peut aussi imaginer que nous puissions la faciliter et l’amplifier à la manière d’un catalyseur qui accélère une réaction chimique… »

* Daniel Batson dans « L’Altruisme chez l’être humain »

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Extraits  (à suivre)  de : « Plaidoyer pour l’altruisme » 2013 Matthieu Ricard.

Tableaux : 1/« Le garçon bulle »  Paul Peel 1860-1892  2/« Le lac »  Konstantin Yakovlevich Kryzhitsky 1858-1911.

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Souffler sur la bulle de notre ego…

BVJ – Plumes d’Anges.


Croire…

vendredi 13 décembre 2013

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« Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance,

j’affirme ma foi dans l’avenir de l’humanité.

Je refuse de croire que les circonstances actuelles

rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.

Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent

que l’homme est à ce point captif de la nuit,

que l’aurore de la paix et de la fraternité

ne pourra jamais devenir une réalité.

Je crois que la vérité et l’amour sans conditions

auront le dernier mot effectivement.

La vie, même vaincue provisoirement,

demeure toujours plus forte que la mort.

Je crois fermement qu’il reste l’espoir d’un matin radieux.

Je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.

Chaque homme pourra s’assoir sous son figuier, dans sa vigne,

et plus personne n’aura de raison d’avoir peur. »

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COMME MANDELA OU GANDHI, IL A MONTRÉ UN CHEMIN, SOUHAITONS QUE BEAUCOUP D’HOMMES EMPRUNTENT CELUI-CI…

« Je crois » (texte trouvé sur le net, mais où ?…)  Martin Luther King 1929-1968.

Tableau : « Sainte en prière »  Joachim Sorolla 1863-1923.

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Croire de toutes nos forces en un monde meilleur, pour qu’il en soit ainsi…

BVJ – Plumes d’Anges.

Arbre de Lumière…

lundi 9 décembre 2013

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« … Quand les hommes vivaient avec la nature, au moment de l’année où le soleil recommençait à monter dans le ciel, ils se sentaient le devoir de fêter le grand évènement en décorant un sapin de la forêt et, dans la clairière baignée de lumière, ils manifestaient leur joie par des danses et des chants. Puis un jour, du pays où la mer ne gelait jamais, des hommes arrivèrent pour annoncer la grande nouvelle : quelqu’un était né qui apportait la lumière. La lumière en nous, pas hors de nous. Et, pour fêter cet homme, ils unirent la fête de sa naissance à celle du soleil. C’est depuis que s’est diffusée cette tradition de l’arbre de Noël… »

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Si vous vouliez, au soir de Noël, HONORER cet arbre joyeusement et pousser la chansonnette, il est encore temps de réviser un classique –> 

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Il me vient à l’idée qu’en ces fins d’années nous nous égarons au milieu des temples de la consommation…

Extrait de : « Arbres en liberté – Le sapin »  Mario Rigoni Stern 1921-2008.

Illustration : Planche botanique Abies Nordmanniana (sapin cueilli sur le net –> ICI )

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Retrouver le sens…

BVJ – Plumes d’Anges.

Petite phrase magique…

vendredi 22 novembre 2013

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« …  « Ce n’est pas compliqué. » Un mien ami a coutume de répéter cette phrase qui m’apaise et m’enseigne durablement. Je le vois serein au milieu du plus grand pétrin, dans mille difficultés, toujours calme et paisible. « Ce n’est pas compliqué » : cette expression n’est pas une invitation à la résignation, à baisser les bras. Au contraire, cet ami si serein est toujours dans le réel, à poser des actes pour aller mieux. J’y trouve assurément une nouvelle ascèse. Ne pas compliquer les choses. Ne rien surajouter quand les difficultés apparaissent. Sans les nier, il s’agit de retourner au réel, de voir que l’imaginaire, comme un cheval, s’emballe et empire la situation.

« Ce n’est pas compliqué », c’est finalement revenir à l’immédiat, au réel. Qu’est-ce-qui se passe ? Qu’est-ce-que j’ai sous les yeux pour passer à l’action et calmer le mental ? Je me rends à la banque, je mets ma carte de crédit dans l’appareil et l’appareil me l’avale. « Ce n’est pas compliqué. » Au lieu de me perdre en de vaines critiques qui me conduiront inévitablement à remettre en cause le système bancaire tout entier, je pose un acte, je passe à l’action. « Ce n’est pas compliqué » : j’appelle le préposé aux cartes. « Ce n’est pas compliqué » : je me détends, je respire un moment.

Souvent ce qui passe pour les calamités de mon quotidien, le « ce n’est pas compliqué » vient le nuancer. Je rate mon train. « Ce n’est pas compliqué », j’attends le train suivant. Et pourquoi dire « mon » train ? Nous sommes trois cent cinquante passagers, et ce serait le mien, je le posséderais ? Le « ce n’est pas compliqué » m’aide à revenir à l’instant présent, à trouver la réponse adéquate à ce que dictent les circonstances. Je suis installé à une terrasse en train de boire un verre d’eau, et l’on se moque de moi. « Ce n’est pas compliqué », soit je change de terrasse, soit je profite de l’occasion pour pratiquer le « oui ». Non pas le oui qui n’est que le fruit du mental mais le « oui » qui embrasse tout l’être. « Ce n’est pas compliqué. »

De plus en plus, je m’aperçois que ce qui pèse dans ma vie, ce ne sont pas les épreuves lourdes ni le handicap, mais les petits « trucs » du quotidien. Ou, pour le dire dans les mots de Montaigne : « la tourbe des menus maux* ».

Le « ce n’est pas compliqué »m’aide à m’abandonner à la vie en trouvant une solution. Voilà le génie de cette petite phrase que j’aime et qui est ma nouvelle ascèse ! « Ce n’est pas compliqué. »… »

* Montaigne, Les Essais, Paris, Gallimard, coll. »Quarto », 2009, livre III, chapitre IX.

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Extrait de : « Petit traité de l’abandon » 2012  Alexandre Jollien.

Illustrations : 1/« Sous la pluie » 2/« Partie de cache-cache » Helen Hyde 1868-1919.

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Se dire : « Ce n’est pas compliqué »…

BVJ – Plumes d’Anges.

Musique intérieure…

lundi 18 novembre 2013

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« En sanscrit, le mot nada signifie « musique », mais en espagnol, il signifie « rien ». Cette signification aussi est belle, parce que la musique dont je parle est la musique du rien, c’est la musique du silence. Les mystiques l’ont appelée musique non-jouée.

Il existe une musique qui n’est pas créée, qui n’est là que comme un courant souterrain dans notre être ; c’est la musique de l’harmonie intérieure. Il existe aussi une musique dans la sphère extérieure – l’harmonie des étoiles, des planètes ; toute l’existence est comme un orchestre. Rien n’est désaccordé, si ce n’est les humains ; tout est dans une harmonie extraordinaire. C’est pourquoi les arbres, les animaux et les oiseaux ont tant de grâce. Seule l’humanité s’est enlaidie pour la bonne raison que nous avons essayé de nous améliorer ; nous avons essayé de devenir quelque chose.

Au moment où surgit le désir de devenir, on devient laid, on se désaccorde, car l’existence ne connaît que l‘être ; devenir est une fièvre du mental. Les humains ne sont jamais contents. Ce mécontentement crée la laideur, parce que les gens n’arrêtent pas de se plaindre, de se plaindre et rien d’autre. Les gens veulent ceci, veulent cela, ils ne sont jamais satisfaits ; même s’ils obtiennent quelque chose, ils en veulent davantage. Le « davantage » persiste – le mental continue à exiger encore et encore. Devenir est la maladie de l’homme.

Au moment où on renonce à devenir, soudain on entend une musique. Et quand cette musique commence à déborder, à se répandre en vous, puis à se répandre au delà de vous, sur les autres, elle devient un partage. C’est la grâce des bouddhas. Ils sont plein de musique intérieure, d’harmonie, et cette harmonie se déverse continuellement ; elle atteint aussi les autres. »

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Extrait de : “Au cœur du présent”  – Méditation 314 – Osho 1931-1990.

Illustrations : 1/« Oiseaux d’Amérique : le Marsh Wren »  John James Audubon 1785-1851  2/« Panthère » Simon-Charles Miger 1736-1828.

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Se libérer de notre mental…

BVJ – Plumes d’Anges.

Eternité…

vendredi 15 novembre 2013

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« … Il faudra bien un jour se passer de « nouvelles ». La lecture de journaux ne nous apprend jamais en effet que ce qu’on ne savait pas encore. D’ailleurs, c’est exactement ce que l’on recherche : du nouveau. Mais ce qu’on ne savait pas, c’est précisément ce qu’on oublie aussitôt. Parce qu’une fois qu’on sait il faut laisser la place à ce qu’on ne sait pas encore et qui viendra demain. Les journaux n’ont aucune mémoire : une « nouvelle » chasse l’autre, chaque évènement remplace un autre, qui disparaît sans laisser de trace. Les rumeurs enflent, puis brusquement retombent. Les « on-dit » se succèdent, cascade informe et perpétuelle…

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… Mais dès qu’on marche, tout ceci n’a plus d’importance. D’être mis en présence de ce qui absolument dure nous détache de ces nouvelles éphémères qui ordinairement nous rendent captifs. C’est étonnant comme, de marcher loin, longtemps, on en vient même à se demander comment on pouvait y trouver intérêt. La lente respiration des choses fait apparaître le halètement quotidien comme une agitation vaine, maladive.

La première éternité qu’on rencontre est celle des pierres, du mouvement des plaines, des lignes d’horizon : tout cela résiste. Et d’être confronté à cette solidité qui nous surplombe fait apparaître les menus faits, les pauvres nouvelles, comme ces poussières balayées par le vent. C’est une éternité immobile, vibrant sur place. Marcher, c’est faire l’expérience de ces réalités qui insistent, sans faire de bruit, humblement – l’arbre poussé au milieu des rochers, l’oiseau qui fait le gué, le ruisseau qui trouve son cours – sans rien attendre.


Marcher fait taire soudain les rumeurs et les plaintes, arrête l’interminable bavardage intérieur par lequel sans cesse on commente  les autres, on s’évalue soi-même, on recompose, on interprète. Marcher fait taire l’indéfini soliloque où remontent les rancœurs aigres, les contentements imbéciles, les vengeances faciles. Je suis face à cette montagne, je marche au milieu des grands arbres et je pense : ils sont . Ils sont là, ils ne m’ont pas attendu, là depuis toujours. Ils m’ont indéfiniment devancé, ils continueront bien après moi.

Il arrivera bien un jour où l’on cessera aussi d’être préoccupé, accaparé par nos tâches, prisonniers d’elles – sachant que, pour beaucoup, c’est nous qui nous les inventons, qui nous les imposons. Travailler : amasser des économies, être aux aguets perpétuellement pour ne rien rater des occasions de carrière, convoiter telle place, terminer en hâte, s’inquiéter pour les autres. Faire ceci, passer voir cela, inviter un tel : contraintes sociales, modes culturelles, affairement… Toujours à faire quelque chose, mais être ? On laisse pour plus tard : il y a toujours mieux, toujours plus urgent, toujours plus important à faire. On remet à demain. Mais demain porte avec lui les tâches du surlendemain. Tunnel sans fin. Et ils appellent cela vivre… »

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Extraits de : « Marcher, une philosophie » 2009 Frédéric Gros.

Tableaux : 1/« Lac de Thun »  Leberecht Lortet 1826-1901  2/« Mont Wendelstein »  Carl Spitzweg 1808-1855  3/« Le Grossvenediger »  Anton Hansch 1813-1876.

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Être plutôt que faire…

BVJ – Plumes d’Anges.