Histoire de regard…

7 janvier 2016

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« Si tu ne vas pas dans les bois,

jamais rien n’arrivera, jamais ta vie ne commencera.

– Ne va pas dans les bois, disaient-ils, n’y va pas.

– Et pourquoi donc ? Pourquoi n’irais-je pas ce soir dans les bois ? demanda-t-elle.

– Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi. Ne va pas dans les bois, n’y va pas.

Bien sûr, elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils l’avaient dit, elle rencontra le loup.

– On t’avait prévenue, fit le chœur.

– C’est ma vie, pauvres noix, rétorqua-t-elle. On n’est pas dans un conte de fées. Il faut que j’aille dans les bois. Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais.

Mais le loup qu’elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup.

– Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme il se doit.

Car ainsi font les loups dans ce type de contes.

– Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ? interrogea-t-elle – c’était son rôle de poser les questions. Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d’os ?

– La question n’est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole. Et il se remit à gémir et à crier :

Oh, là,là ! aïe, aïe, aïe !

Belle dame

Il n’y a qu’une question qui vaille

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

– C’est bien, le loup. Je prends le risque. Allons-y ! Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu’elle pansa avec des herbes et des plantes.

– Oh, merci aimable dame, merci dit le loup, soulagé.

Et, parce qu’elle avait lu trop de contes d’un certain type, le mauvais, elle s’exclama :

– Allons, finissons-en. Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne fit-il pas. Pas du tout. Il posa la patte sur son bras.

– Je suis un loup qui vient d’ailleurs, un loup qui vient d’un autre temps, dit-il. Et il s’arracha un cil, puis le lui offrit en disant : – Sers-t’en avec discernement. Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l’est guère ; il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.

Tu m’as permis de vivre

Et pour cela

Je t’offre de vivre ta vie

comme jamais tu ne le fis.

Souviens-toi, belle dame,

Il n’y a qu’une question qui vaille

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Ainsi revint-elle au village

Ravie d’être encore en vie

Et cette fois, quand ils disaient

« Reste ici, marions-nous »

Ou « Fais ce que je te dis »

Ou « Dis ce que je te dis de dire,

Surtout n’aie aucun avis »

Elle portait à son œil le cil du loup

Et voyait à travers lui

Leurs véritables motivations

Comme elle ne l’avait jamais fait.

Alors quand le boucher

Posa la viande sur la balance

Elle vit qu’il pesait son pouce avec.

Et quand elle regarda son soupirant

Qui soupirait « Je suis parfait pour toi »

Elle vit que ce soupirant-là

N’était même pas bon à quoi que ce soit.

De sorte qu’elle fut à l’abri

Sinon de tous les malheurs du monde

Du moins d’une grande partie.

Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois, mais son cœur ne connut plus de limites, car elle regardait tout un chacun et l’évaluait grâce au don du loup qu’elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vraie

Et elle s’en approcha,

Elle trouva le compagnon

De sa vie et resta près de lui,

Elle distingua les êtres de courage

Et d’eux se rapprocha,

Elle connut les cœurs fidèles

Et se joignit à eux,

Elle vit la confusion sous la colère

Et se hâta de l’apaiser,

Elle vit l’amour briller dans les yeux des timides

Et tendit la main vers eux

Elle vit la souffrance des collets montés

Et courtisa leur sourire,

Elle vit le besoin chez l’homme sans parole

Et parla en son nom

Elle vit la foi luire au plus profond

De la femme qui la niait

Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout

Avec son cil de loup,

Tout ce qui était vrai,

Tout ce qui était faux,

Tout ce qui se retournait contre la vie

Et tout ce qui se tournait vers la vie,

Tout ce qui ne peut se voir

Qu’à travers le regard

Qui évalue le cœur avec le cœur

Et non à la seule aune de l’esprit.

C’est ainsi qu’elle apprit que ce que l’on dit est vrai : le loup est le plus avisé de tous. Et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu’il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante. Non pas « Où est le prochain repas ? », ni « Où est le prochain combat ? », ni « Où est la prochaine danse ? »

mais la question le plus importante

pour voir à l’intérieur, pour voir derrière,

pour estimer la valeur de tout ce qui vit,

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Ououououououh

eheheheheheh

aaaaaaaaam ?

Où est l’âme ?

Où est l’âme ?

Va dans les bois, va.

Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n’arrivera,

jamais ta vie ne commencera.

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va

Va dans les bois, va. »

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Extrait de « The Wolf’s Eyelash », poème en prose de C.P.Estès. cité par Clarissa Pinkola Estès dans « Femmes qui Courent avec les Loups » (ré-édition de 2001).

Illustrations : 1/« La fillette que j’ai laissée derrière moi »  Jonathan Eastman Johnson 1824-1906  2/« Perce-neige dans une forêt »  Josef Lauer 1818-1881.

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Se poser la bonne question…

BVJ – Plumes d’Anges.


Incroyable…

4 janvier 2016

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INCROYABLE… MAIS VRAI !

Souvenez-vous, l’année dernière,

– c’est-à-dire il y a quelques jours –

je faisais VŒU DE JOIE.

L’année 2016 est nouvellement née,

et qu’entends-je ?

qu’apprends-je ?

que vois-je ?

J’en avais rêvé, 2016 l’a fait !

Vous allez mieux comprendre :

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1/ : Vous écrivez 2016 sur une feuille, fastoche, me direz-vous !

2/ : Pour le plaisir et puis parce que nous sommes tous des magiciens,

vous dessinez une petite étoile, très chic baguette magique, non ?


Le miracle se prépare,

la merveilleuse mathématique du monde est à l’œuvre,

les écritures parlent…

Mettez-vous face à un miroir et retournez votre feuille,

que lisez-vous ?

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Quel présage, diront certains,

quel hasard heureux, diront d’autres…

J’avoue être enchantée.

Tous les vœux les plus doux et les plus heureux vers vous,

ouvrons les yeux, le monde cache des merveilles,

à nous de les découvrir…

Merci Amélie pour cette joie révélée.

Photos BVJ (de piètre qualité, je l’avoue volontiers !)

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Ouvrir nos yeux pour cueillir des miracles…

BVJ – Plumes d’Anges.



Voeu de joie…

22 décembre 2015

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« Dès que la joie se lève, tout s’élargit. Notre respiration se fait plus ample, notre corps, l’instant d’avant replié sur lui-même, n’occupant que sa place ou son coin, tout à coup se redresse et vibre de mobilité, nous voudrions sauter, bondir, courir, danser, car nous sommes plus vifs dans un plus vaste espace, et le défilé resserré de notre gorge devient le gué du cri, du chant, du rire déployé. Rire ou pleurer, rire en pleurant, pleurer en riant, qu’importe ! c’est la réponse au même excès de ce qui vient. Notre visage s’ouvre et notre regard s’éclaire. Qu’est-ce qui vient ? L’à venir. Mais il n’est pas seulement projeté, calculé, anticipé, imaginé, il surgit ici et maintenant, et c’est parce que cet ici et ce maintenant ne sauraient être ponctuels que tout s’élargit.

(…) La joie ne forme pas un état, mais un acte et un mouvement, une inchoation vive. Cet acte est l’acte commun de l’homme et du monde, il ne peut être rabattu et mis en boîte dans la psychologie ni dans une pensée du « sujet ». La joie en effet donne de l’espace, du champ et du jeu, être joyeux, c’est être au large dans le grand large du monde soudain révélé comme tel, et l’épreuve de la joie est toujours une épreuve de l’espace en crue. Espace du soi, espace du monde ? Espace intérieur, espace extérieur ? Le propre de la joie est de rendre cette distinction caduque, c’est d’être indivisément une épreuve du soi et une épreuve du monde. Nul ne l’a mieux dit que Baudelaire, dans ces vers du « Balcon » :

« Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées

Que l’espace est profond ! que le cœur est puissant ! »

C’est seulement quand l’espace s’approfondit que le cœur se renforce, et c’est seulement quand le cœur se renforce que l’approfondissement de l’espace nous est donné à voir et à vivre… »

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TRÈS BELLES FÊTES DE FIN D’ANNÉE À TOUTES ET À TOUS,

QUE DES MILLIERS D’ ÉTOILES BRILLENT DANS LE MONDE

ET QUE LA JOIE ILLUMINE NOS CŒURS !



Extrait de : « La joie spacieuse » 2007 Jean-Louis Chrétien.

Illustrations : 1/ Photo BVJ (étoile peinte par Amélie Jackowski) 2/« Anges divertissant le divin Enfant »  Marianne Stokes 1855-1927.

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Faire vœu de joie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cri du coeur…

19 décembre 2015

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« Tu ne peux pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de ta tête,

mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux. »

Proverbe chinois.

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« …Pourquoi t’es partie, mon chaton. À quelle horreur future t’es-tu soustraite ?

Quand je vois ce qui attend ce monde de merde, entre trahison politique, catastrophe

écologique et pauvreté de masse, je me dis que oui, on peut se dire que tu as été bien

inspirée de quitter le navire ; mais quand je vois n’importe quel

soleil sur n’importe quel pétale, ou n’importe quel gars qui tient la main de n’importe

quelle fille, je me dis que non, franchement, fallait rester dans la vie…

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… Dans les jours d’après, nous distribuerons tes soixante-dix-sept peluches, une par une

ou deux par deux, à des fossés dans les campagnes, à des clairières, à des rochers.

C’est joli, ces ours, ces lapins, ces petits chats abandonnés sur les tapis de mousse,

prenant la pluie sous les marguerites… »

Extrait de: ‘« Camille, mon envolée » 2015  Sophie Daull.

Peinture : détail de « La Sainte Famille »   Adam Ehlsheimer 1578-1610.

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Étoiler notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Prise de conscience…

15 décembre 2015

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« … J’épluchais une pomme rouge du jardin quand j’ai soudain

compris que la vie ne m’offrirait jamais qu’une suite de

problèmes merveilleusement insolubles. Avec cette pensée est

entré dans mon cœur l’océan d’une paix profonde… »

Extrait de : « Noireclaire » 2015  Christian Bobin.

Tableau : « Pêcheurs sur une mer calme »  Anton Laurids.J.Dorph 1831-1914.

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Cesser de se demander pourquoi…

BVJ – Plumes d’Anges.

Naissance d’un jour…

12 décembre 2015

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Lumière – joie – élévation – soin – douceur – bonheur – beauté – liberté – gratitude – gentillesse – émotion – élégance – partage – rire – rêve – sérénité – amour – amitié – couleur – musique – tolérance – harmonie – tendresse – respect – écoute – offrande – caresse – parfum – patience – émerveillement – chant – ferveur – générosité – bienveillance – solidarité – nature – égalité – surprise…

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CES MOTS PEUVENT NE RESTER QUE DES MOTS

MAIS CES MOTS PEUVENT AUSSI PRENDRE VIE EN NOUS, SUR NOTRE PLANÈTE,

SI NOUS LE DÉCIDONS…

Photos BVJ.

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Initier un jour nouveau…

BVJ – Plumes d’Anges.

Plénitude…

9 décembre 2015

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SAVOURER L’INSTANT, ÉPROUVER UNE INFINIE GRATITUDE…

Photos BVJ

(sentier du littoral entre Bandol et Port d’Alon)

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S’harmoniser…

BVJ – Plumes d’Anges.

Doux épanouissement…

6 décembre 2015

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À l’intérieur de soi…

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comme à l’extérieur…

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tout est semblable !

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Tout est voué au changement…

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tout est voué à l’épanouissement…

AINSI VA LA VIE !

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« Ce Monde n’est pas Conclusion

Un ordre existe au-delà –

Invisible comme la Musique  Mais réel comme le Son

Il attire et il égare… »

Emily Dickinson.

Photos BVJ

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S’épanouir, comme une fleur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chant de la réalité…

3 décembre 2015

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« … La beauté n’est pas une fantaisie, elle possède le sens éternel de la réalité. Les faits

qui causent l’abattement et le tristesse ne sont qu’une brume, et lorsqu’à travers cette

brume la beauté perce ça et là, nous comprenons que la paix est vraie et non le conflit,

que l’amour est vrai et non la haine et que la vérité est l’unité et non la multitude

disjointe… »

Extrait de : « La religion du poète » Rabîndranâth Tagore 1861-1941.

Tableau : « Lettre de Papa »    Philip Hermogenes Calderon 1833-1898.

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Se faire chercheur de beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Temps pluvieux…

30 novembre 2015

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« Adossé à un chêne liège,

Je descendais quelques arpèges

En priant Dieu, Bouddha, que sais-je,

Est-ce-que tu penses à nous un peu ?


Le monde est aux mains des stratèges

Costume noir, cravate beige

Ou turban blanc comme la neige

Qui jouent de bien drôles de jeux.


Il y a dans nos attelages

Des gens de raison, de courage,

Dans tous les camps de tous les âges,

Dont le seul rêve est d’être heureux.


On a dressé des cathédrales,

Des flèches à toucher les étoiles,

dit des prières monumentales,

Qu’est-ce-qu’on pouvait faire de mieux ?


Êtes-vous là, êtes-vous proche

Ou trop loin pour entendre les cloches

Ou gardez-vous les mains dans les poches

Ou est-ce vos larmes quand il pleut ?


D’en-haut de vos très blanches loges

Les voyez-vous qui s’interrogent,

Millions de fourmis qui pataugent

La tête tournée vers les cieux ?


Sommes-nous seuls dans cette histoire,

Les seuls à continuer à croire,

Regardons-nous vers le bon phare

Ou le ciel est-il vide et creux ?


Adossé à un chêne liège

Pris comme dans les fils d’un piège

Je descendais quelques arpèges

Je n’avais rien trouvé de mieux.


Où êtes-vous dans l’atmosphère,

On vous attend, on vous espère,

Mais c’est le doute et le mystère,

Que vous m’aurez appris le mieux.


Adossé à un chêne liège

Je descendais quelques arpèges

Par un après-midi pluvieux


Je descendais quelques arpèges

Par un après-midi pluvieux. »

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« Le Chêne liège » Chanson de Francis Cabrel.

Illustrations : 1/ « Arbre » Karl Ludwig Frommel 1789-1863  2/ « Quercus macrocarpa » Pierre-Joseph Redouté 1759-1840.

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Trouver et exprimer le mieux de soi…

BVJ – Plumes d’Anges.