Neuf…

28 avril 2019

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Ne résistez pas, suivez-moi sur un chemin du littoral, partie jusqu’ici inexplorée

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par mes frêles gambettes. En ce jour lumineux, cadeau d’un céleste vent appelé mistral,

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la balade printanière n’est qu’extase ! Il est amusant de découvrir des essences végétales

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qui trente kilomètres plus loin se font presque rares. Ici, les idées fixes ou

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les pensées parasites disparaissent dans la force des paysages. Les senteurs

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des Pittospores de Chine, comme aimait à les nommer George Sand, se mêlent à celles

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des Eucalyptus. Un doux moment d’évasion pour fêter les NEUF ANS de ce blog, un cycle

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complet. Demain un autre cycle prendra naissance, vers où nous conduira-t-il ? Je ne

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sais, il faut que tout reste un plaisir, un chemin de découvertes et de partages avec

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beauté et poésie, images et parfums… Les histoires s’écrivent au jour le jour, on ne

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prévoit rien, on laisse la vie dessiner ses rêves et tout est bien…

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MERCI à vous qui venez ici, dans ce petit espace que j’espère paisible et joyeux,

soyez toutes et tous assurés de ma sincère gratitude…

Photos BVJ – Chemin du littoral entre les plages de Sylvabelle et du débarquement

La Croix Valmer dans le Var.

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Mettre son cœur en fête…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemins de liberté…

23 avril 2019

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« … Ce qui plonge dans le découragement, c’est l’immobilisme, l’impossibilité d’inscrire la vie dans une dynamique et l’impression de se retrouver face à un mur.

Découragement et désespoir proviennent aussi de ce sentiment d’impuissance quand aucune issue ne peut être entrevue. Soudain rien n’a de sens… La sagesse sait faire feu de tout bois et intégrer dans une dynamique échecs, tracasseries, tourments et peut-être même trahisons et douleurs. Ici, il n’est pas inutile de distinguer l’espérance de l’espoir. Ce dernier me semble borné, limité, focalisé sur un objet précis : « J’espère gagner au Loto. » Je me lève chaque matin, les yeux braqués sur cet objectif, le reste du monde n’existe pas ; je veux décrocher le jackpot, trouver un bon boulot, rencontrer une femme ou un homme, acheter une belle bagnole, que sais-je. L’espérance, la confiance, tient d’une disponibilité intérieure, d’une ouverture. C’est elle qui donne le cran à Etty Hillesum de dire au milieu des camps de concentration, quoi qu’il arrive : « J’aurai la force. » L’espoir s’accroche à une sécurité, l’espérance nous plonge dans la confiance et l’abandon. Elle ne se cramponne pas au bonheur sur-mesure, mais nourrit la conviction que l’existence autorise toujours des occasions de joie et de progrès…

Alexandre

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Face à des personnes désespérées, il faut rester très humble et ne pas prétendre avoir réponse à tout. Parfois une simple présence bienveillante est ce que l’on peut offrir de mieux. Si les circonstances s’y prêtent, on peut rappeler que, quelle que soit la magnitude du désespoir, il y a toujours en nous un potentiel de changement. Si la personne semble réceptive à cette idée, on peut aussi suggérer qu’il y a toujours quelque chose au plus profond de nous qui n’est pas touché par le désespoir, cette « présence éveillée » dont j’ai parlé précédemment. Il est clair que la détresse et la souffrance ne vont pas s’évanouir d’un seul coup, mais en reconnaissant un espace de paix au cœur de nous-mêmes, nous pouvons laisser cet espace prendre peu à peu de l’ampleur. On peut aussi suggérer à la personne d’évoquer les moments paisibles qu’elle a connu dans sa vie. Ces évocations vont l’aider à se rappeler que cette paix est une réelle possibilité. L’important est de ne pas se laisser définir par son état mental et de ne pas s’identifier au désespoir. On ne va pas chez le médecin en déclarant : « Docteur, je suis la grippe. » Or, nous ne sommes pas plus le désespoir que nous ne sommes la grippe. C’est un mal qui nous affecte et auquel nous pouvons remédier…

Matthieu

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Les recherches en neurosciences montrent que nous apprenons sans cesse : chaque moment, chaque action, chaque interaction sont l’occasion pour notre cerveau de se développer d’une certaine façon, de tracer des « voies neurales », des chemins mentaux qui, s’ils sont régulièrement empruntés et pratiqués, deviendront des autoroutes pour nos pensées et nos émotions. Une question importante s’impose donc : quelles nourritures quotidiennes donnons-nous à notre cerveau, au travers de toutes nos activités ? Notre esprit s’entraine tout seul, tout le temps, à notre insu : et il se nourrit de ce que nous lui offrons par les objets sur lesquels nous portons notre attention, par l’environnement dans lequel nous l’immergeons avec nous…

Christophe »

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J’ai aimé cette lecture, elle fut un peu longue, le sujet est si dense ! Ces trois auteurs cherchent eux-aussi un chemin de progression, ils nous délivrent leurs observations et leurs lumières avec bienveillance et humilité, elles sont l’une après l’autre sources de méditations. J’ai été très touchée par les lettres qu’ils s’adressent, on sent qu’une véritable amitié les unit et cela est magnifique !

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Extraits de : « À nous la liberté !«    2019   Christophe André – Alexandre Jollien – Matthieu Ricard.

Illustrations : 1/« Sur la plage »  2/« Mouettes sur le rivage »  Winslow Homer   1836-1910.

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Travailler chaque jour à notre liberté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Régénération…

20 avril 2019

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« Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde. »

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Il y a des flèches qui nous vont droit au cœur,

mais il ne faut pas pour autant se laisser abattre,

de la lumière naissent les nouveaux chemins…

Belles fêtes de Pâques à toutes et à tous, à bientôt !

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Poème « Avant de tout dire » extrait de « Le livre des beautés minuscules » 

2019  Carl Norac.

Illustrations : 1/« Lapin blanc »  2/« Fleurs de Jasmin »  Jan Mankes  1889-1920.

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Aller vers de nouveaux chemins…

BVJ – Plumes d’Anges.

Eaux-lumières…

15 avril 2019

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Certains jours, il nous faut nous donner du courage…

Si nous observons ce qui nous entoure,

si nous nous attachons à la beauté du paysage ou de la nature en général,

si nous détaillons les formes, les couleurs, les matières, les parfums,

le monde change d’allure sous notre regard médusé.

Souvenez-vous de cette joie printanière qui, tel un feu d’artifice,

ne demande qu’à exploser en nous,

laissons-nous aller à la fête,

ne dressons pas de barrières, ne creusons pas d’ornières,

vivons simplement et intensément.

Ces eaux-lumières ont habité tout mon être,

j’ai entendu leur chant, senti leur force jusque dans mes entrailles,

– une lumineuse énergie –

j’ai accroché leur image dans mon musée intérieur,

un jour, si le besoin s’en fait sentir, je pourrai venir m’y ressourcer .

Nous sommes tous riches de la lumière du monde…

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Photos BVJ.

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S’ouvrir à la lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

Livres…

12 avril 2019

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« … Quand je vis, la vie me manque. Je la vois passer à ma fenêtre, elle tourne vers moi sa tête mais je n’entends pas ce qu’elle dit, elle passe trop vite. J’écris pour l’entendre.

Quand je n’écris pas c’est que quelque chose en moi ne participe plus à la conversation des étoiles. Les arbres, eux, sont toujours dans un nonchalant état d’alerte. Les arbres ou les bêtes ou les rivières. Les fleurs se hissent du menton jusqu’au soleil. Il n’y a pas une seule faute d’orthographe dans l’écriture de la nature. Rien à corriger dans le ralenti de l’épervier au zénith, dans les anecdotes colportées à bas bruit par les fleurs de la prairie, ou dans la main du vent agitant son théâtre d’ombres. À l’instant où j’écris, j’essaie de rejoindre tous ceux-là… »

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Il n’y a pas de mots pour parler de cette bulle de poésie, on est transporté haut, très haut, il me semble qu’on peut passer des heures à lire et à relire ces pages…

Le livre est le précieux cadeau d’un écrivain, le rencontrer est un hasard heureux qui réjouit notre cœur et notre âme.

Nous avons chacune et chacun nos penchants et nos attirances vers un style particulier, selon les époques ou le contexte… Bien évidemment, on peut broder autour, on peut aimer les surprises, les escapades, les découvertes mais on revient toujours vers nos amours pour recharger et nourrir notre monde intérieur.

Vous, auprès de quels livres allez-vous volontiers vous abreuver ? Aimez-vous rêver, frissonner, apprendre… ? Aimez-vous les grandes ou les petites histoires ? Préférez-vous la langue des poètes ou une histoire qui tient en haleine ?…

Belles lectures à toutes et à tous !

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Extrait de : « La grande vie »  2014  Christian Bobin.

Illustration : 1/« Jeune femme lisant »   2/« Pommes »  Nicolae Grigorescu   1838-1907.

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Nourrir notre monde intérieur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Perception d’un monde…

8 avril 2019

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Le papillon

« … Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire,

il vagabonde au jardin. »

Francis Ponge

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Ici, dans le jardin,

les divines gouttes ont dépouillé les fleurs naissantes de nombre de pétales

et laissé leurs traces sur un sol desséché,

la nature fébrile flamboie,

un autre monde est en train d’éclore, tout est rapide et impermanent :

une haute vibration dans cette nourriture terrestre,

une invitation à la contemplation…

Le papillon, lui, papillonne.

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Illustrations : 1/ « Papillons et coléoptères autour d’une rose » 2/ « Iris, coléoptères et papillon »  Margareta de Heer  1603-1665.

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Percevoir les changements…

BVJ – Plumes d’Anges.

Événement…

4 avril 2019

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Certes, la palette des gris est un peu tristounette mais on l’accepte de bon cœur,

l’ombre n’est-elle pas annonciatrice de lumière ?

Après des mois de sècheresse intense,

le ciel a pleuré des larmes de joie sur le Var aujourd’hui

petit rituel de purification de la terre …

Les nuages boursoufflés ont caressé les sommets,

les gouttes furent douces, elles ont glissé sur les feuilles nouvelles

et sont tombées au sol comme des notes de musique,

joli concert, la vie retenue pouvait enfin s’écouler.

Que ce bon moment ne fasse pas de vagues, qu’il ne soit pas une illusion

et  donne tort au regretté Coluche quand il disait :

 

« On croit que les rêves, c’est fait pour se réaliser. C’est ça le problème des rêves,

c’est que c’est fait pour être rêvé. »

 

Je n’en crois pas un mot ! Et vous ?

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Photos BVJ – Reflets sur des murs.

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Croire en nos rêves…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemins de quête…

1 avril 2019

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« … Lorsqu’on est en quête de sagesse et de vérité, vaut-il mieux les chercher sur les chemins hasardeux du monde ou choisir de s’isoler en quelque grotte, en quelque ermitage ou sur quelque colonne pour y affronter les épreuves et les aléas qu’elles imposent ? Une chose est sûre : en ce siècle de continuelle bougeotte, de déplacements,  changements, affairements, enfièvrements constants, vivre immobile sur une colonne ou un rocher ne semble guère la solution  la plus appropriée…

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… Ancelot et lui venaient de s’installer sur une souche lorsque, d’un buisson tout proche, émergea un échassier… Thoustra et Ancelot restèrent bec et bouche bées devant cette apparition qui, à peine arrivée devant eux, entama une danse lente et grave (…) Ancelot se trouvait de nouveau face au mystère, et cette fois au mystère du silence. À moins que tous les évènements vécus et tous les êtres, figures ou personnages rencontrés n’aient été une fois de plus les décors et acteurs d’une incroyable farce excluant toute énigme. Qui sait si le secret de ces éventuelles facéties du destin ne résidait pas là même où l’on l’attendait le moins et pourquoi pas justement dans ces danses de grues ? Qui sait si la damoiselle ou dame oiselle par ce ballet si minutieux, ces mouvements si ingénieux ne lui avait pas indiqué, peut-être même dessiné sur le sol sans qu’il s’en aperçoive le tracé du chemin tant espéré et recherché ? Comme l’avait fait jadis, à Délos, un certain Thésée, après avoir vaincu le Minotaure au cœur du labyrinthe et en être ressorti grâce à la complicité d’Ariane. On dit que pour fêter cette victoire et l’inscrire désormais dans la mémoire des hommes, il avait exécuté une danse rappelant son cheminement labyrinthique et sa sortie victorieuse au soleil, danse qu’on ne cessa de reprendre en Grèce sous le nom de danse de la Grue ! Qui sait si ce n’était pas cette danse  qu’avait exécutée la demoiselle pour indiquer à Ancelot le secret des chemins de la forêt d’Orient ? Pourquoi n’y avait-il pas prêté plus d’attention ? L’éblouissement éprouvé alors l’avait aveuglé au lieu de l’éclairer. Or, si on veut trouver le chemin des lumières, il faut être lucide et non ébloui… »

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Étonnante lecture qui nous transporte vraiment au pays des songes, tout y est improbable  mais tout y est métaphore ! La forêt d’Orient se fait enchanteresse, la poésie brode une douce empreinte au fil des pages et comme toujours avec ce magnifique auteur aujourd’hui disparu, il faut un dictionnaire près de soi tant la richesse de son vocabulaire est grande… (enfin, je parle pour moi !). Et cette phrase : « si on veut trouver le chemin des lumières, il faut être lucide et non ébloui « , là est, il me semble, la qualité indispensable pour marcher sur un vrai chemin de quête…

Extraits de : « Dans la forêt des songes »  Jacques Lacarrière  1925-2005.

Illustration : 1/« Grue » et « Cœurs de Marie » Kawahara Keiga  1786-1860.

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Ne pas se laisser éblouir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Situations épineuses…

28 mars 2019

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Il est intéressant de constater qu’en certaines situations dites épineuses,

notre intuition, si nous lui faisons entièrement confiance,

nous mène vers des chemins insoupçonnés

où la douceur règne en maître, que dis-je, en maîtresse !

Alors, ne soyons pas affolé(e)s par les excroissances acérées

qui couronnent certains moments de l’existence,

prenons conscience de notre liberté,

nous pouvons, ne retenir que les épines,

ou bien admirer avec délice les somptueuses floraisons présentes ou à venir,

c’est certes un travail, un gros travail sur soi,

il nous est demandé de chasser nos peurs,

mais ne pensez-vous pas que cela puisse donner du piquant à la vie ?

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Illustration : « Femme et cactus »  Frederick Carl Frieseke  1874-1939.

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Admirer les somptueuses floraisons…

BVJ – Plumes d’Anges.

Un vrai merci…

25 mars 2019

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« … Quand je vais rendre visite à Michka, j’observe les résidentes. Les très très vieilles, les moyennement vieilles, les pas si vieilles, et parfois j’ai envie de leur demander : est-ce que quelqu’un vous caresse encore ? Est-ce que quelqu’un vous prend dans ses bras ? Depuis combien de temps une autre peau n’est pas entrée en contact avec la vôtre ? (…)

Quand Michk’ s’avance vers moi de son pas chancelant, mal équilibré, j’aimerais la serrer contre moi, lui insuffler quelque chose de ma force, de mon énergie…

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En quelques semaines, son élocution est devenue plus lente, plus sinueuse, elle s’arrête parfois au milieu des phrases, complètement perdue ou bien elle renonce au mot manquant et passe directement au suivant. J’apprends à suivre le chemin de sa pensée.

Je suis vaincu. Je le sais. Je connais ce point de bascule. J’en ignore la cause mais j’en mesure les effets. La bataille est perdue.

Mais je ne dois pas lâcher. Surtout pas. Sinon ce sera pire encore. La chute libre.

Il faut lutter. Mot à mot. Pied à pied. Ne rien céder. Pas une syllabe, pas une consonne. Sans le langage, que reste-t-il ?…

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Le silence s’installe entre nous.

Je pourrais proposer un jeu, ou bien sortir l’ordinateur portable de mon sac pour lui montrer quelques images ou lui faire écouter de la musique. Des chansons de variété, de l’époque où elle était jeune fille. Cela fonctionne très bien pour stimuler les souvenirs. Les résidents aiment beaucoup ça.

Mais je me tais.

Parfois il faut assumer le vide laissé par la perte.

Renoncer à faire diversion. Accepter qu’il n’y a plus rien à dire.

Me tenir assis, près d’elle.

Lui prendre la main…

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C’est vrai, c’est pénible à la fin. On croit qu’on a toujours le temps de dire les choses, et puis soudain c’est trop tard. On croit qu’il suffit de montrer, de gesticuler, mais ce n’est pas vrai, il faut dire. Dire, ce mot que vous aimez tant. Ça compte, les mots, ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre… »

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Une personne au crépuscule de son existence, pauvre funambule sur le fil de la vie quand les yeux du cœur regardent avenir et passé en même temps,  doit se « dépouiller » de tout, même les mots s’échappent.

Il ne reste que l’essentiel, là, un point de l’enfance resté en suspend sans avoir pu  l’éclaircir ni l’éclairer pour simplement dire merci…

Encore une très belle lecture dans laquelle l’émotion s’amplifie au fil des pages,

l’histoire parle à chacun de nous,

on sourit, on verse des larmes,

on adresse un vrai merci à cette auteure, une fois encore !

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Extraits de : « Les gratitudes«   2019  Delphine de Vigan.

Illustrations : 1/et 3/« Alphabet d’ornement » 1830  Gabriele de Sanctis  2/ »Coquelicots et marguerites »  Odilon Redon   1840-1916. 

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Dire tant qu’il est encore temps…

BVJ – Plumes d’Anges.