Coup de coeur…

26 septembre 2016

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” On aurait dit le matin. Et on aurait dit le soleil. On aurait aussi dit que tous les lits étaient faits, les chaussures enfilées, les tabliers disparus, la rosée évaporée, toutes les fleurs de Liseron ouvertes. On aurait dit le silence et le désert.

Ce n’est qu’au dernier tintement de clochette de “Bonjour, Travail” que la fourmi ouvrit un oeil.

Et le referma aussitôt.

Elle replongea dans ce monde cotonneux et opaque où elle volait. Oui, elle volait, légère, sur une feuille de Tilleul parmi des immeubles rouge et miel…”

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- RENTRÉE LITTÉRAIRE 2016 -

“Derrière la brume”

Coup de cœur pour cette merveilleuse histoire

portée par de non moins merveilleuses illustrations !

Ramona Badescu et Amélie Jackowski

signent là, aux éditions Albin Michel, un très bel album cartonné,

un livre tendre et généreux,

destiné aux jeunes lecteurs.

On y parle de prêter attention à l’autre,

de l’accompagner, d’entendre sa souffrance,

de déculpabiliser,

mais aussi de savoir s’écouter…

Aminautes qui avez autour de vous, enfants ou petits-enfants,

partez à sa découverte, laissez-vous happer,

c’est du bonheur !

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Extrait de : “Derrière la brume” 2016  Ramona Badescu et Amélie Jackowski.

Le livre entre les jolies mains de Louba… Illustrations de couverture.

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Partager les belles valeurs avec les enfants…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cadeau de saison…

23 septembre 2016

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Respect infini, plaisir immense,

gratitude pour ce doux et grand moment…

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“Des îles -

des pins sur les îles -

et le bruit frais du vent”

Masaoka Shiki

Photos BVJ – Plage de Léoube dans le Var.

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Ici et maintenant… tout est présent…

BVJ – Plumes d’Anges.

La joie d’être…

19 septembre 2016

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“… J’aime la tendresse de la terre sous mes genoux et j’aime aussi quand je la prends dans mes mains, quand elle glisse entre mes doigts. C’est comme une pluie, la pluie la plus douce qui soit. J’aime le miracle de ce silence qui éteint le tumulte de la cour. Et dans le ciel cet avion qui laisse une trace blanche ; il ne manque rien. Oh, je sais, il y a bien ces barbelés, il y a bien ces miradors mais je m’y suis fait. Ces barbelés, je peux les regarder longtemps, la tête renversée, je contemple ces formes enlacées et alors ce ne sont plus des barbelés : ce sont des corps qui font l’amour, c’est le croquis d’un peintre ou autre chose encore. Le surveillant aussi, là-haut, perché sur son mirador, il suffit d’un peu d’attention et c’est lui le prisonnier, c’est lui le chien exilé dans le ciel.

Ma parcelle dans le potager, j’ai mis des mois à l’obtenir. Des mois de bonne conduite pour avoir le droit de planter ds tomates et des courgettes, des poivrons et des oignons, des salades, des potirons. Ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les potirons et les tomates, je ne sais pas pourquoi, peut-être pour leur couleur, ou pour leur démesure, surtout celle des potirons lorsqu’ils se mettent à enfler. J’en prends un énorme à pleines mains, je le soutiens et j’ai l’impression de sentir la force sous l’écorce, la vie qui pousse et qui réclame, éclate la carapace. Je réajuste la tige contre le tuteur, je resserre un peu le lien et je sais que ça suffit : il ne lui en faut pas plus pour cesser de ployer et croître de nouveau. Il fait beau, si beau, j’aime cet orange, ce rouge, ce vert, cette lumière qui traverse les feuilles et je suis dans les îles, là où le rhum permet de supporter la chaleur et de voir briller des serpents à la surface de l’eau, je suis partout où les grillons chantent leur bonheur d’être au monde, je suis allongé dans le sable, les bras en croix, partout où souffle le vent tiède…

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… Il ne comprend pas qu’ici, les déceptions n’ont pas le même poids : ici, on peut mourir d’espérer. Je lui dis que c’est le réel qui compte, c’est lui et lui seul qui peut nous rendre heureux. Mais je vois qu’il n’entend rien. Il a les yeux baissés. Dans un murmure, il dit qu’il me plaint. Alors je lui ordonne de bien m’écouter et je lui dis de me regarder. Je lui dis que ma sortie, je n’y pense jamais. Jamais. Je lui dis que j’ai cette vie-là à aimer et que c’est bien assez. Je lui dis que je ne veux pas de son espoir parce que l’espoir est un poison : un poison qui nous enlève la force d’aimer ce qui est là…

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… Un mot revient souvent dans la bouche du médecin, le mot comportement. (..) Il me dit qu’il veut comprendre ce que je ressens. Il me demande si je peux nommer ce sentiment, si je peux mettre un mot sur ce dont j’ai parlé, cette chose qui monte dans le ventre et même dans la gorge et qui parfois surgit quand je ne m’y attends pas. Je crois que c’est de la joie. C’est le mot qui me vient. Ses mains sont jointes devant lui et sa tête penchée. Il me fixe toujours. Je ne sais pas s’il pense à autre chose ou s’il est concentré et puis c’est comme un cri du cœur : “Mais… il n’y a pas de raison !”…”

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Extraits de : “La joie” 2014  Charles Pépin.

Illustrations : 1/ et 2/ “Le jardinier potager”  Giuseppe Arcimboldo 1527-1593.

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Sublimer notre quotidien…

BVJ – Plumes d’Anges.

Instant paisible…

15 septembre 2016

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Quand elle s’est faite attendre,

quand elle sait rester fine,

quand sa musique douce chante délicieusement,

quand la terre desséchée étanche enfin sa soif…

Consciente de ma chance, bien à l’abri, dans la maison,

je lis avec amour ces vers de R.M.Rilke

et envoie vers ceux qui souffrent de trop d’eau,

d’apaisantes vibrations…

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Vois-tu venir sur le chemin, la lente, l’heureuse

celle que l’on envie, la promeneuse ?

Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit

saluée par de beaux messieurs d’autrefois.


Sous son ombrelle, avec une grâce passive,

elle exploite la tendre alternative :

s’effaçant un instant à la trop brusque lumière,

elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.”

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Extrait de : “La passante d’été  (Vergers)”  Rainer Maria Rilke 1875-1926.

Illustrations : 1/“Pins près de la mer” 2/“Pluie”  Bertha B.Lum 1869-1854.

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Partager sa paix intérieure…

BVJ – Plumes d’Anges.

Plume légère…

12 septembre 2016

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“… D’abord, il verse l’eau dans le creux de la pierre à encre, puis frotte lentement le bâton en mouvements circulaires contre la paroi. Ensuite, il saisit le pinceau entre ses doigts, le dispose à la verticale et, d’un geste ferme, applique la pointe sur le papier. Il laisse alors glisser sa main avec légèreté, avant de terminer le geste en diminuant la pression peu à peu.

Un seul mouvement suffit. Et la calligraphie apparaît, comme un vertige, sous la main du maître…

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… Chaque matin, Maître Kuro sort dans le jardin. Nourrit les carpes. S’occupe de la taille des végétaux. Respire le parfum des fleurs. Et ratisse inlassablement le champ de gravier blanc.

À chaque jour, un nouveau paysage.

C’est là son seul luxe. Qu’il préfère nommer plaisir…

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… Être attentif à une branche prise dans le vent du matin. Observer le mouvement de la brume et des nuages. Vivre les lieux. Respirer les parfums de la nature. Saisir l’instant.

Puis s’enfermer dans son atelier. Et reproduire en un trait unique les nuances de la réalité.

Travail solitaire.

Souffle divin.

Comme tous les artistes sur cette terre, changer le monde de façon invisible.

Et cependant évidente…

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… L’existence de Maître Kuro pourrait continuer ainsi indéfiniment, dans un calme et une sérénité qu’on qualifierait aisément de zen. Mais l’équilibre d’une vie peut à tout moment être balayé par l’imprévu…

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… – Quel nom avez-vous choisi de donner à votre pinceau ? (…)

Yuna réfléchit. Petit à petit elle comprend ce qu’est le zen dans la voie de l’écriture. Un style inspiré de l’instant, une esthétique où l’ombre prime sur la lumière. Où il est nécessaire d’observer une concentration extrême pour libérer l’énergie et la faire converger vers la pointe du pinceau.

Unité et beauté.

Art semé de mystères.

- Le mien se nommera “Plume légère”…

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… – Ce qu’il vous faut voir, c’est ce qui se trouve déjà sur la feuille devant vous, et qui pourtant ne se voit pas.

À ces mots, la jeune femme a une révélation. Le nœud qui était en elle se relâche soudain et son esprit s’ouvre comme une fleur dans la lumière du jour…”

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Extraits de : “Zen” 2015  Maxence Fermine.

Illustrations : 1/“Bai-kei” encre sur papier Shuho Myocho (Daitō Kokushi)  1282-1337 2/ Sceau japonais.

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S’ouvrir au souffle précieux de notre vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Doux animal…

8 septembre 2016

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“Nul besoin d’être bon.

Nul besoin de marcher sur les genoux

sur une centaine de kilomètres à travers le désert, repentant.

Il te suffit, simplement, de laisser le doux animal qui est en toi

aimer ce qu’il aime.

Raconte-moi le désespoir – ton désespoir – et moi, je te raconterai le mien.

Entre temps, le monde poursuit son cours.

Entre temps, le soleil et la pluie, en petits cailloux transparents,

balayent les paysages,

au dessus des prairies et des arbres profonds des montagnes et des rivières.

Entre temps, les oies sauvages, là-haut dans le ciel bleu et pur,

rentrent de nouveau au pays.

Qui que tu sois, aussi esseulé que tu puisses être,

le monde s’offre à ton imagination.

Il t’interpelle comme la voix rauque et animée des oies sauvages,

clamant encore et encore ta place

au sein de la famille des choses.”


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“Les oies sauvages” Poème de Mary Oliver trouvé sur le net (PDF de Guillaume Rodolphe)

Illustrations : 1/ et 2/ “Paysage d’automne avec oies sauvages et fleurs” Paravent japonais du XVIIème – Anonyme.

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À côté d’une peine fleurit une belle histoire…

BVJ – Plumes d’Anges.

Dansez s’il vous plaît, dansez…

5 septembre 2016

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“… “Mister Bojangles”. C’était le seul disque qui avait le droit de tourner sur l’appareil, les autres musiques devaient se réfugier dans une chaîne hifi plus moderne et un peu terne. Cette musique était un peu folle, elle était triste et gaie en même temps, et elle mettait ma mère dans le même état. Elle durait longtemps mais s’arrêtait toujours trop vite et ma mère s’écriait : “Remettons Bojangles !” en tapant vivement dans ses mains.

Alors il fallait s’emparer du bras pour remettre le diamant sur le bord. Il ne pouvait y avoir qu’un diamant pour donner une musique pareille…

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… Donnez-moi le prénom qui vous chante ! Mais je vous en prie, amusez-moi, faites-moi rire, ici les gens sont tous parfumés à l’ennui ! avait-elle affirmé en s’emparant de deux coupes de champagne sur le buffet…

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… – Si vous voulez vous occuper, j’ai bien une idée…

- Je vous vois venir avec vos sordides idées, vous voulez que je me mette à travailler ! Je vous ai déjà dit qu’une fois j’ai essayé. Je m’en souviens parfaitement bien, c’était un jeudi matin.

- Oui, je sais, moi aussi, je m’en souviens parfaitement. Vous avez travaillé chez un fleuriste, et vous avez été renvoyée car vous refusiez de faire payer les bouquets !

- Mais enfin, dans quel monde vivons-nous ? On ne vend pas les fleurs, les fleurs c’est joli et c’est gratuit, il suffit de se pencher pour les ramasser. Les fleurs, c’est la vie, et à ce que je sache on ne vend pas la vie ! Et puis je n’ai pas été renvoyée, je suis partie toute seule, de mon propre chef, j’ai refusé de participer à cette escroquerie généralisée. J’ai profité de la pause du déjeuner, et je suis partie avec le plus gros et beau bouquet jamais confectionné dans le monde entier…”

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ICI, LA CHANSON DE NINA SIMONE —> Mr Bojangles

Extraits de: “En attendant Bojangles” 2015  Olivier Bourdeaut.

Illustrations : 1/ et 2/ “Danseuses”  Auguste Rodin 1840-1917.

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Fêter la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Etincelle…

2 septembre 2016

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la Villa de Noailles à Hyères a organisé le

premier festival international d’architecture d’intérieur à Toulon, ville voisine :

un jury présidé par India Mahdavi a sélectionné 10 architectes d’intérieur

dont les projets sont visibles à l’Hôtel particulier Micholet – 13 rue Victor Micholet.

- Photos  1 à 5 : Projet de Marine Gargon (France).

- Photos 6 à 10 : Projet de Iqra Firdausy et Esa Anggita Saraswatie (Indonésie).

8 autres projets sont à découvrir jusqu’au 11 septembre 2016…

Hâtez-vous, amis du coin, il ne vous reste que quelques jours !

Pour plus de renseignements, vous pouvez suivre ce lien  —> design parade

Photos BVJ :

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Mettre en lumière les jeunes talents…

BVJ – Plumes d’Anges.


Intelligence du coeur…

29 août 2016

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“… La crise actuelle nous invite et nous pousse à coopérer davantage. Nous nous inscrivons véritablement dans la mouvance des forces de l’univers. Toute la philosophie du XIXème siècle était fondée sur cette même approche de la compétition que ce soit chez Marx avec la lutte des classes ou chez les libéraux avec la concurrence pure et parfaite.

Le moment est venu d’inverser cette manière de voir, notamment dans l’éducation des enfants, et de considérer que la coopération est une force puissante qui s’exerce depuis le big bang. Le monde économique est entièrement fondé sur la compétitivité non régulée. Par conséquent, les pays qui payent mal leurs salariés sont plus compétitifs que les autres et cela va à l’encontre de toute justice sociale. Cela explique le profond déséquilibre de l’économie mondiale. Cette notion de compétitivité dans une économie globalisée ne peut être régulée par des décisions politiques dans la mesure où la politique n’est pas mondialisée. Il y a 193 États aux Nations Unies et ils sont bien loin de parler d’une seule voix pour réguler le libéralisme. Devant ce constat d’échec de la compétition en tant que modèle de fonctionnement entre les hommes, il faut prendre le problème par les racines et commencer par montrer que la coopération – ou symbiose ou mutualisme ou commensalisme – est une force puissante de l’univers et de la vie en particulier. (…) Concrètement, la coopération suppose que nous sortions du “moi d’abord” et du “moi je” ; non pas qu’il faille détester son “moi”, mais il serait préférable d’unir les individualités pour en faire émerger un “nous”. Cela suppose que nous nous positionnions tout à fait différemment par rapport à nos habitudes de consommation, que nous échappions à la tyrannie du désir perpétuel menant à la frustration perpétuelle, mais aussi à la tyrannie du mimétisme et des modes si prégnantes, pour aller vers ce que Pierre Rabhi appelle une “sobriété heureuse”. En outre ceci nous amènerait à ne pas consommer avec boulimie afin que les ressources naturelles soient économisées. Le mot “économie” reprendrait alors son sens premier : être économe. Ainsi, les générations futures trouveraient encore des ressources, car nous aurions pensé à elles au lieu de cultiver notre seul égoïsme…

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… Le cœur appelle le concept d’intelligence. Pour moi, l’intelligence peut constituer une arme redoutable quand elle n’est pas couplée à l’intelligence du cœur. Si l’intelligence fonctionne de concert avec le cœur alors elle se met au service de la communauté et s’enrichit du concept de coopération. C’est pourquoi j’ai toujours considéré que la première des qualités était l’intelligence du cœur.

Pour se connecter à l’intelligence du cœur, il faut prendre beaucoup de recul par rapport aux flux des informations qui nous assaillent. Cela va de pair avec la capacité à s’entendre soi-même et à découvrir son intériorité et son cœur d’où peuvent jaillir – lorsqu’on en fait un bon usage – cordialité et bonté. Mais cela suppose de prendre ses distances avec notre société d’information et de communication qui s’avère très toxique lorsqu’elle est consommée à trop forte dose.  Il y a de “l’intelligence” dans la nature. Quand on voit comment les plantes ont “inventé” toutes sortes de stratagèmes pour s’adapter aux conditions de leur environnement, on se dit que la nature est intelligente. Comme les plantes, nous avons la capacité de trouver des modèles nouveaux pour perdurer…”

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Extraits de : Jean-Marie Pelt dans “Face à l”univers” 2015  Trinh Xuan Thuan.

Illustrations :1/ Planche 5 Calcispongiae 2/ Planche 28 Discomedusae    Ernst Haeckel 1834-1919.

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Unir nos individualités pour créer un monde nouveau

BVJ – Plumes d’Anges.

Bain de forêt…

26 août 2016

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Se promener en forêt, être très attentif aux sons, aux formes, aux couleurs, aux odeurs,

toucher les arbres, entourer leur tronc…

cela s’appelle un Bain de forêt : Shinrin-Yoku en japonais.

Suivez ce lien et vous verrez tous les bienfaits de ces balades  :

— >   Shinrin-yoku

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Illustrations : 1/“Forêt près de Lellinge” Carl Frederik Aagaard 1833-1895   2/“Cabane dans la forêt”  Ivan Chichkine 1832-1898.

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Se connecter à la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.