Ainsi va…

26 mai 2016

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“… Ainsi, il s’élevait toujours, devenant de nouveau petit et de plus en plus petit, là-haut, dans le silence ; et il a été vu contre la neige, puis il a été vu contre le ciel, ayant atteint l’entaille ; debout alors là, dans cette fenêtre, quand tout à coup ce qu’il y a de l’autre côté de la chaîne vous saute contre, et une moitié de monde pas connue est connue, venant à nous d’une seule fois. Là sont rangés autour de vous à nouveau des milliers de tours, de dents et d’aiguilles, et, à cause de l’éloignement, il semble qu’on soit au-dessus d’elles, bien qu’elles soient blanches, toutes blanches et, quand le soleil vient les frapper, dorées ou roses : en marbre rose, ou en métal, en or, en acier, en argent ; faisant tout autour de vous comme une couronne de pierreries…”

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Extrait de : “La grande peur dans la montagne”   Ferdinand Ramuz 1878-1947.

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Ainsi va la vie…

Ne nous faut-il pas, souvent, marcher sur de plats chemins

puis suivre des sentiers escarpés,

avancer, avancer toujours,

avec comme seule compagne, une destination inconnue ?

Ne nous faut-il pas, plus souvent, oser les sentiers de traverse,

ou tout simplement OSER vivre ?

Parfois, approchant une crête,

l’inconnu fait place à une féérie,

la vie se fait cadeau…

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Tableaux : 1/“Matin dans la Sierra Nevada”  Thomas Moran 1837-1926   2/“Dessin pour une couronne d’Archiduc”  Richard Fallenböck 1859-1891.

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Oser vivre la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lettres d’or…

23 mai 2016

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“… Reconnaître l’autre en tant que sujet, c’est accepter de le perdre en tant qu’objet…

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… Lorsque dans une famille, aucun adulte ne tient sa place, l’enfance s’en trouve abîmée, voire détruite. Il en est de même dans le monde. Alors, c’est la poésie qui est en ruine…

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… Quand un obstacle se présente, une délivrance est à l’approche. Celle dont l’obstacle nous barre justement le chemin et qu’il nous est demandé de dépasser…

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… Dans les choix qui sont les nôtres, deux voies seulement sont possibles. Servir la lumière ou l’ombre. Il n’y a pas d’entre-deux en la matière. Ceux qui ne se déterminent pas, dans leur inconscience, collaborent. Et en effet, “il y a des vies où personne n’est là”. Affamer le pire en soi, c’est refuser de collaborer…

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… C’est le divin qui frappe. Et il me semble que je l’entends enfin. Enfin, je comprends dans quel sens s’ouvre la porte. Je poussais alors qu’il suffisait de laisser entrer. Cela cesse doucement de vouloir en moi pour accueillir…

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… L’état de grâce que j’ai connu me manque par moments, mais il me semble pouvoir le toucher de nouveau, lorsque, au milieu de mon jardin, j’éprouve toute chose comme étant à sa place, sans volonté de puissance ni de rejet…

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… Aimer, c’est se retirer pour laisser être…

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… Il faut aller plus loin encore : aimer sans le désir de sauver.

Aimer pour rien. Sans aucune volonté d’amener vers la lumière.

Que l’amour à l’égard d’autrui soi la lumière elle-même.

Aimer sans intention. Même pas celle d’éclairer.

Il n’y a personne à emmener. Personne à emmener nulle part excepté soi-même…

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… Oui, la vie nous rabote. Jamais pour rien. Jamais pour blesser, mais pour nous façonner au plus parfait, et ainsi nous contraindre à la joie…”

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Extraits de : “Lorette” 2016 Laurence Nobécourt.

Tableau : “Portrait d’Anna Rosina Marquart”  Michaël Conrad Hirt 1613-1671.

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Vivre le trésor que nous sommes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Feuille voyageuse…

19 mai 2016

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“Si loin de ton rameau,

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“Lungi dal propio ramo,

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Pauvre feuille fragile,

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Povera foglia frale,

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Où vas-tu ? – De ce hêtre,

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Dove vai tu ? Dal faggio

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Où je naquis, là-bas, le vent m’a déchirée ;

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Là dov’io nacqui, mi divise il vento.

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De ce jour, dans son vol,

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Esso, tornando, a volo

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Il m’entraine en tournant

Du bosquet vers les champs, et du val vers les monts.

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Dal bosco alla campagna,

Dalla valle mi porta alla montagna.

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Avec lui, voyageuse,

J’ignore tout sinon que je vais sans repos ;

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Seco perpetuamente

Vo pellegrina, e tutto l’altro ignoro.

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Je vais où vont les choses,

Où naturellement…

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Vo dove ogni altra cosa,

Dove naturalmente

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Va la feuille de rose

Et celle de l’ormeau.”

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Va la foglia di rosa,

E la foglia d’alloro.”

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“Imitation” (“Imitazione”) Extrait des Canti de Leopardi 1798-1837.

Rome – Photos BVJ

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Hêtre sous le Charme…

BVJ – Plumes d’Anges.

Dolce vita…

8 mai 2016

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“Cela me fait sourire

un printemps à nouveau

sous le ciel du voyage”

- Bashô -

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Je m’absente quelques jours… et vais rejoindre,

le cœur empli de gratitude,

le doux pays d’Italie.

Si vous voulez prendre place à mes côtés,

voici pour vous aussi des

(un clic ici)  —> VACANCES ROMAINES

Les voyages, c’est bien connu, enchantent l’âme,

merci de votre passage ici,

à bientôt,

baci…

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Illustrations : 1/“Maison de gardien, parc de la Villa Borghese à Rome”  Christoffer Wilhelm Eckersberg 1783-1853   2/“Terrasse supérieure de la Villa d’Este”  Ettore Roesler Franz 1845-1907.

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Conjuguer notre vie au présent…

BVJ – Plumes d’Anges.

Légèreté sérieuse…

5 mai 2016

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“Seuls ceux qui prennent avec légèreté ce que le monde prend au sérieux

peuvent prendre au sérieux ce que le monde prend avec légèreté.”

Zhang Chao “De l’importance de vivre”  Lin Yutang.

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AUJOURD’HUI, ME VIENT UNE SÉRIEUSE ENVIE DE LÉGÈRETÉ…

J’AI CONFIANCE EN LE MONDE ET ME TOURNE

VERS UNE DOUCEUR QUI FAIT PLANER

TOUT GOURMAND QUI SE RESPECTE…

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- FONDANT AUX FRAMBOISES -

Ingrédients : 125 g. de mascarpone – 60 g. de beurre mou – 100 g. de sucre en poudre (vanillé pour moi) – 2 œufs – 200 g. de farine – 50 g. de poudre d’amandes – 1 sachet de levure – 1 pincée de sel – environ 200 g. de framboises fraiches.

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Réalisation : Fouetter le beurre, le mascarpone et le sucre. Ajouter les œufs un par un, puis la farine, la poudre d’amandes et le sel. Bien mélanger, incorporer “négligemment” les fruits, sans trop remuer. Verser dans un moule à cake beurré, enfourner 40 minutes à 180° (50 minutes dans mon petit four à 200°). Laisser tiédir avant de démouler délicatement, décorer avec du sucre glace, servir nature ou avec de la confiture, un peu de glace à la vanille…

et surtout apprécier ces bonnes choses et les partager avec les gens qu’on aime, ce sont des instants tellement précieux !

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Recette inspirée d’une recette du NET.

Illustration : “Framboises rouges”  Ellen Isham Schutt 1873-1955.

Photos BVJ.

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Se distraire voluptueusement…

BVJ – Plumes d’Anges.

Luminaire…

2 mai 2016

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“J’aime les bougies

qui creusent lentement

profondément


le lit de leur aura


c’est si difficile

de maintenir l’équilibre

entre l’ardeur de la flamme

et la froideur de la cire.


Je voudrais

un jour

vivre jusqu’à son terme

annoncé


la lumière.”

Extrait de : “Anthologie de la poésie chinoise” – Poème de la dynastie Tang VIIIème siècle.

Tableau : “Femme devant une bougie se consumant”  Alfons Mucha 1860-1939.

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Trouver en soi ce beau chemin de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.

BAL…

28 avril 2016

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“… elle a une sacrée plume. Elle nie toute ambition littéraire, mais je connais beaucoup de collègues qui ne lui arrivent pas à la cheville. Elle écrit avec simplicité, sans recherche d’effets, et ça me plaît beaucoup, un peu comme ces femmes qui sont belles et qui ont l’air de ne pas le savoir, tu vois ? Il lui arrive de déraper bien-sûr, elle est capable de lâcher des : il me semble que la matière première de l’écriture est là : dans ces trous de l’âme d’où s’écoulent nos souffrances, ou des balourdises de ce tonneau. Mais c’est un contre-exemple. Elle peut aussi dire : … devant ma fenêtre il n’y a que de méchantes gouttes de pluie qui viennent casser les tiges de mes premières jonquilles. Les idiotes ont cru au printemps, et les voilà bien punies. C’est joliment troussé, non ?…

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… Oh, Pierre-Marie, comme je suis triste pour vous ! Vous voyez, je ne prends même pas le temps d’un “cher ami”, je saute sur mon clavier pour répondre à votre message d’hier soir. Il est bouleversant, ce message. Il est déchirant. Il me troue. Il me fracasse. Il me donne envie de vous serrer dans mes grands et gros bras pour recueillir cette douleur qui sourd de vos mots comme l’eau d’une grotte, une eau millénaire et longtemps retenue dans les strates de la roche, mais qui finit par perler, plic, ploc. Pleurez Pierre-Marie ! Explosez ! Criez ! Tapez ! Videz ce cœur qui enfle depuis trop longtemps d’un chagrin immense !

Je crois que vous avez touché quelque chose de vibrant, une vérité. Il faut beaucoup de temps et beaucoup de courage pour oser regarder la vérité en face et j’ai l’impression que vous êtes en train de le faire…

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… Cher Pierre-Marie,

À l’époque où j’exerçais encore mon métier de consultante, toutes sortes de gens passaient le seuil de mon cabinet (…)

La plupart de ceux qui venaient chez moi étaient souffrants, douloureux, perdus, et à la recherche d’un réconfort qu’ils ne trouvaient nulle part. Pour des raisons variées, ils n’arrivaient pas à faire coïncider les différents aspects de leurs personnalités, et il en résultait une cacophonie de gestes, de mimiques, de tics, et autres bégaiements. Leur corps, à leur insu, s’exprimait dans un langage limpide, et mon travail consistait en grande partie à rétablir la communication entre les parties pour qu’elles cessent d’être adverses. Et puis, il arrivait qu’un patient pénètre dans mon cabinet à cloche-pied, avec des béquilles, un plâtre ou une attelle. Je disais : “Tiens donc. Vous êtes tombé ?” On me racontait alors des marches loupées, des baignoires glissantes, des jouets d’enfants mal rangés, des précipitations pour sauter dans un bus, toutes sortes de coups du sort qui n’en étaient pas. Chuter, choir, flancher, trébucher, n’arrivait pas par hasard mais pratiquement toujours à un moment où les gens se trouvaient privés de leurs repères, et déséquilibrés…”

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Extraits de : “Et je danse aussi” 2016  Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Moulevat.

Illustrations : 1/“Bengali rouge” 2/“Padda de Java” 3/“Jasmin étoilé”   Kawahara Keiga 1786-1860.

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Dire, écrire, créer, chanter, danser…

BVJ – Plumes d’Anges.

Explorer…

25 avril 2016

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“… Un jour, posséder les mots, savoir dire ce que tu éprouves, savoir parler aussi bien qu’il parle. Semaine après semaine, tu t’éloignes de l’enfant que tu fus, de ce temps où vivre n’était qu’insouciance, crédulité, confiance, bonheur d’appartenir sans réserve à l’instant…

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… Toujours en toi cette nostalgie de tu ne sais quoi, ce besoin incoercible d’une vie dégagée de toute entrave, une vie libre et riche, vaste, intense, une vie où ne règneraient que bonté, compréhension et lumière.

Ce que balbutie ta voix intérieure et qui, dans ce profond silence, prend un tel relief et une telle autorité, tu le consignes dans un cahier, et ainsi passes-tu des heures à aligner des phrases, réfléchir sur un mot, sonder ces énigmes que sont la vie et la mort. En fin d’après-midi, quand tu as écrit une ou deux pages, tu te sens pacifiée, et ce qui initialement te paraissait placé sous le signe du négatif se présente sous un tout autre aspect…”

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Extraits de : “Lambeaux” 1995 Charles Juliet.

Tableaux : 1/“Nocturne en bleu et or-Southampton”  James Abott Whistler 1834-1903  2/“Scène de ballet”  Ernst Oppler 1867-1929.

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Tempérer l’extérieur, épurer l’intérieur de notre être…

BVJ – Plumes d’Anges.

Même…

23 avril 2016

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“… MÊME QUAND L’OISEAU MARCHE, ON SENT QU’IL A DES AILES…”


Antoine Marin Le Mierre 1723-1793 dans “Les Fastes ou les usages de l’année – Chant 1″

Illustration : “Faisan cornu-Tragepan satyre” artiste moghol inconnu – Fin XVIIIème.

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Ressentir le mystère de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Semaisons…

21 avril 2016

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“… Elle lève les yeux vers les branches au-dessus d’elles. Elle se lève tout à coup. Elle tend les mains vers les branches. Elle secoue une branche. Elle fait tomber les vieux fruits et les graines. Elle sort son mouchoir de la poche de sa veste, le déplie, y dépose les graines. Elle les rapportera chez madame Ladon, dans le jardin de Saint-Enogat. Elle les enterrera à son retour dans le jardin. Quand le printemps reviendra elles germeront.

Puis elle en plante en secret sur la lande. C’est ainsi qu’elle se passionne pour les fleurs et les buissons et que toute la lande devient son jardin. Toutes ses randonnées poussent  autour d’elle. “Je passerai par ici. Je passerai par là. Je penserai à ici. Je penserai à là. Je possèderai un peu de la beauté d’ici. Je possèderai aussi un peu de la beauté de là.” Toutes ces beautés seront vivantes. Toutes les choses belles vivent. Elle se disait : “Les choses vivantes sont toujours des souvenirs. Nous sommes tous des souvenirs vivants de choses qui étaient belles. La vie est le souvenir le plus touchant du temps qui a produit ce monde.”…”

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Extrait de : “Les solidarités mystérieuses” 2011 Pascal Quignard.

Illustrations : 1/“Jeune femme et buisson fleuri” 2/“Jeune fille et marguerites” Winslow Homer 1836-1910.

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Ensemencer notre quotidien de belles graines de vie…

BVJ – Plumes d’Anges.