Règles d’or…

31 mars 2015

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“… Le Qi-Kong l’aurait-il vraiment sauvée ?

Un jour, en visitant le temple de Tao, j’appris par hasard qu’un moine pratiquait cette magie. Alors je demandais un entretien et lui posais une question assez agressive : De quelle façon votre Qi-Kong prétend-il soigner le corps humain ? Le moine taoïste ne fut pas du tout vexé, il me sourit avant de m’expliquer avec patience : Tout objet dans l’univers, comme l’univers lui-même, se maintient dans un équilibre complet, le Yin et le Yang doivent être rigoureusement égaux, un rien de plus ou de moins dans la balance du positif-négatif, et l’objet se détruit et se transforme en un autre. Dans le corps humain, le Yin et le Yang sont représentés par deux Qi qui s’entretiennent, qui s’alimentent, et qui bien sûr perdurent. L’un est le positif l’autre le négatif, l’un le chaud l’autre le froid, l’un la joie l’autre la tristesse, l’un la bonté l’autre la méchanceté, l’un la force l’autre la tendresse, l’un l’amour l’autre la haine, l’un la beauté l’autre la laideur, l’un le mouvement l’autre l’immobilité… Ces deux Qi tourbillonnent ainsi chaque seconde dans notre être et nous font agir selon le côté fort de l’instant. C’est pourquoi une même personne peut paraître méchante ou bonne à des moments différents, et tombe malade ou recouvre la santé selon les circonstances. La maladie de quelqu’un revient ainsi à un agissement incorrect de ses Qi…

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… “L’homme et le ciel ne font qu’un, notre corps est un univers en petit, chacune de nos cellules est un amas d’étoiles.”…

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… “Est-ce facile d’apprendre à canoter ? demandai-je un jour à ma mère.

- Oui, c’est facile lorsqu’on sait déjà nager.

- Mais je veux dire faire de la barque, insistai-je, quel rapport avec nager ?”

Ma mère eut un sourire presque moqueur avant de me répondre :

“Parce que, sachant nager, tu ne te soucieras plus de l’eau. Comme on dit : un bon nageur oublie l’eau. Alors tu canoteras comme si tu marchais sur le sol…”…

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… ” Devant mon temple, dans la montagne de Jio-Hua, une vieille femme qui vend des bougies pleure tous les jours. On la surnomme la Dame aux sanglots. Un jour, je lui ai posé une question :

“Pourquoi pleures-tu ?

- J’ai deux filles, me répondit-elle, l’aînée a épousé un marchand de chaussures, et la cadette un vendeur de parapluies. Quand il fait beau, je pense que personne n’achète les parapluies de ma pauvre petite fille et lorsqu’il pleut, je m’inquiète pour ma fille aînée qui ne vendra sûrement pas ses chaussures. Voilà pourquoi je pleure.”

“Alors je lui ai dit qu’elle devait inverser l’ordre de ses filles, penser à sa fille marchande de parapluies quand il pleut et à sa fille aînée qui vend bien ses chaussures quand il fait beau. C’est ce qu’elle a fait, et la joie ne la quitte plus.”…

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… La connaissance de l’Univers ne réside pas dans la quantité ni dans la qualité des concepts que nous faisons sur Lui, mais dans la profondeur et dans la finesse de ce que nous sentons de Lui…”

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Extraits de : “Le cercle du petit ciel” 1992  Ya Ding.

Illustrations : 1/“Mes enfants”  Abbott Handerson Thayer 1849-1921   2/“Soleil”  Mikalojus Konstantinas Ciurlionis 1875-1911.

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Affiner nos perceptions…

BVJ – Plumes d’Anges.

Sage message…

29 mars 2015

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IL NOUS FAUT NOUS RESSAISIR, NOUS RECENTRER…

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Si parole leur était donnée, qu’auraient donc à nous dire

ces fleurs de printemps

laissant exploser joyeusement la vie ?…

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- Hâtons-nous,

abandonnons ce qui nous dérange,

soyons tout à la création du nouveau…

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… Portons notre regard vers la beauté du monde,

laissons-nous envahir

par cette mystérieuse perfection…

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… Faisons confiance à l’énergie qui nous habite,

laissons-la circuler, sans peur,

accueillons ce printemps intérieur…

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Pas de temps à perdre en vaines critiques,

les mots doux demandent à prendre racine,

ils veulent fleurir dans le quotidien des hommes,

POURQUOI LEUR FAIRE BARRAGE ?

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“Matin de printemps

mon ombre aussi

déborde de vie”

Kobayashi Issa

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Photos BVJ

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S’unir à la beauté du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Que sais-je ?…

26 mars 2015

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Que sais-je ? Pas grand chose mais j’observe…

Le monde inspire, le monde expire…

Des gens souffrent,

notre esprit et notre cœur aimeraient tant savoir :

pour quelle raison un oiseau de métal est-il devenu poussière ?

Nous questionnons, nous cherchons à comprendre,

que veut nous dire la vie ?

Peut-être faut-il faire silence,

regarder ailleurs,

plus loin, plus haut ou, au contraire, plus à l’intérieur de nous-même :

si nous sommes en paix, le monde sera lui-aussi en paix,

face à ces tragédies, nous nous devons d’élever nos vibrations.

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Photos BVJ

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Savoir la vie…

BVJ – Plumes d ‘Anges.

Miraculeuse circulation…

23 mars 2015

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“… la pivoine : jour après jour, elle nous étonne et nous émerveille par son épanouissement insolent. À un moment donné, nous croyons que le point culminant est atteint. Et bien non. Le lendemain et les jours suivants, encore et encore, quelque chose au cœur du calice continue à jaillir, telle une fontaine inépuisable, faisant frémir les pétales, déborder la coupe déjà trop pleine. Rilke, dans un des sonnets à Orphée, a écrit que lorsque la fleur s’apprête à s’ouvrir, c’est avec une telle volonté que, malgré son apparente fragilité, aucune force extérieure ne pourra l’en détourner. L’éclosion d’une fleur a beau être éphémère, elle est triomphante, comme si de toute éternité son irrépressible attention était enracinée dans la terre, comme si la terre ne pouvait pas ne pas donner une pivoine ou une rose, comme si la beauté d’une rose était suffisante pour justifier l’aventure de la Vie…

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… Entre source et nuage demeure cet espace intermédiaire où vivent les hommes, où se joue leur destin. Conscients de leur condition de mortel, ils sont aux prises avec le drame du temps irréversible.

En Chine certains sages ou poètes tels que Wang Wei tentent d’éclairer ce mystère, en partant du couple source-nuage. Dans presque toutes les cultures, le fleuve qui suit son cours symbolise le temps qui s’écoule sans retour. Les eaux du fleuve paraissent s’en aller en ligne droite, en pure perte.

En réalité, au fur et à mesure de leur écoulement, certaines eaux s’évaporent vers la hauteur, se transformant en nuages, et plus tard retombent en pluie pour réalimenter le fleuve à sa source. Entre ciel et terre s’établit alors cette miraculeuse circulation qui assure la marche réelle de la vie. Il en va de même pour ce qui est du temps. À l’image du fleuve, l’irréversibilité n’est pas la nature profonde du temps, qui lui se régénère. La reprise n’est pas la répétition : elle est voie ouverte à des transformations qualitatives…”

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Extrait de : “Et le souffle devient signe” 2001  François Cheng.

Illustrations livresques : 1/”Pivoine à odeur de rose” Planche botanique extraite de “Les fleurs du jardin”  Jules Eudes 1856-1938  2/“Etude comparative des principales cascades, iles, rivières, montagnes de l‘hémisphère occidentalPlanche extraite de l’“Atlas de Tallis”  John Rapkin 1815-1876.

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Se laisser transformer au fil des pages du livre de la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.


Flamme…

20 mars 2015

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“Interroge

Pénètre la

Terre


Écorce

Glacis sur l’écran nocturne

Magma percé d’ondes

Battements

Fureur

Métal


Corps en travail

Veines à nu


Interroge

Traduis

Traduis en langage intime

Traduis à mots ouverts

Ce fond des fonds qui secrète la pierre d’angle

Ce noyau où persiste la cible

Ce grain sans résidu


Interroge

Relie

L’homme à ses montagnes

fleurs géantes aux troncs solaires s’étreignant dans la fournaise abrupte

L’homme à ses continents

radeaux doublés d’espace   greffés sur la simple racine


L’homme aux hommes

annexés   tant qu’ils sont à la mort


Interroge la

Terre

Interroge-toi


Les sursauts de la braise


Le mouvement qui nous attelle aux flammes   à l’onde  à nulle part

à partout


Interroge l’image  écho intarissable

L’incision des sols

Les cadences qui mobilisent

Le souffle qui surprend  distance ou bouscule le jour

Ce souffle à gorge d’oiseau

à ventre de lumière

qui transperce nos écrans


Interromps

Fais silence

Apaise en toi ce toi


Avec ses dehors

ses allées  ses venues

Tissant

on ne sait quel sommeil

Égarant

en reflets  en replis

en façades

Ton chiffre

Traduis


Pénètre toujours

Gagne le centre


Affronte ces cratères  ces crevasses

ces morsures de la lave


Sonde  traverse

ces violences démantelées


Vis l’éclat

qui consume  qui renaît


Vis ce qui a nom de feu  de sables et d’étincelle   qui a nom d’insomnie   d’absence et d’avenirs


Écoute

En deçà des mots en chaîne

des paroles empaillées

des brindilles de l’heure

du cirque de nos ombres

des larmes bues à pleine bouche

des refuges qui séparent

Écoute la turbulence de l’arbre bâillonné


En chacun

partout


Reconnais

le grain

la pierre première

le cri de l’être  l’inflexible lueur


Et chante !”

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Aujourd’hui, cette grande dame aurait fêté son anniversaire…

Aujourd’hui, est le printemps…

Aujourd’hui, est l’équinoxe de printemps…

Aujourd’hui, est un jour d’éclipse de soleil…

Aujourd’hui, est vraiment un grand jour,

bon grand jour à tous et à toutes,

éveillons-nous et chantons ensemble !

“Le feu du dedans ( Parenté de l’Homme et de la Terre)” Andrée Chédid 20 Mars 1920-06 Février 2011.

Illustrations : 1/ “Pèlerin” (détail) 2/ “Hero” Edward Burne-Jones 1833-1898.

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Retrouver la flamme de notre mer intérieure…

BVJ – Plumes d’Anges.

Baume…

16 mars 2015

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“… La compassion commence par un seul geste, celui de se pencher, de regarder, d’écouter autrui. Elle est discrète et attentive, elle ne fait pas d’éclat, mais offre toute la chaleur dont un individu est capable. Elle est d’abord un élan qui porte vers l’autre – le fameux prochain -, quel qu’il soit, à la façon dont on pratiquait l’hospitalité dans l’Antiquité grecque : on accueillait l’étranger sans même lui demander son nom ni les raisons de son passage. C’est l’élan premier – la voix du cœur – qui fait spontanément tendre la main à une personne âgée, qui relève quelqu’un qui vient de tomber. Au fond, un seul geste compte et c’est celui qui coûte le plus : prendre l’autre dans ses bras, le serrer sur son cœur. Cela suffit souvent à apaiser de grandes douleurs, cela dépasse toutes les thérapies savantes et bavardes. (…) On n’a pas les bras suffisamment ouverts, on n’a pas le cœur assez vaste pour serrer contre soi tout ce qui vit, souffre ou se plaint. C’est une déchirure de ne pouvoir héberger l’autre en soi, de n’être ni le Samaritain qui le recueille et le panse, ni l’aubergiste qui lui offre un toit et de quoi se sustenter. On ne se prend pas pour un sauveur, pour un baume seulement, on sait que la personne tombée, couverte de plaies, n’est pas guérie, mais qu’au moins elle se repose un peu, qu’elle se refait des forces avant de continuer sa route. Et, surtout, elle aura rencontré sur son chemin un visage de bonté ou, tout simplement, un visage humain. On voudrait être ce visage…

La charité est sans frontières parce que le cœur brisé est sans limites. L’animal, l’arbre, l’océan, tout mérite soins et attentions…”

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Extrait de : “Divine blessure” 2005  Jacqueline Kelen.

Dessins : 1/“Codex Vallardi – Tête de chien”  Pisanello 1395-1455  2/“Ange ailé”  Marie Ellenrieder 1791-1863 .

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Panser le monde avec bienveillance…

BVJ – Plumes d’Anges.


Itinérance…

11 mars 2015

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“… La grâce, c’est oser un pas vers l’autre, aller au-delà de sa peur de ne pas être aimé parce qu’on porte en soi la plénitude d’un amour qui n’attend rien en retour…

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… Chacun raconte son histoire, il n’y a pas de faits ; seulement des interprétations ! L’histoire est un choix parmi ces interprétations

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… Quand tu as trouvé ta note juste, me disait-il, tout t’est accordé…

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… Toi, dans ce que tu diras certains trouveront une nourriture et une inspiration, d’autres y trouveront de quoi t’humilier, ça te gardera en équilibre…

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… La deuxième parole qui me revient en mémoire est un proverbe du Zaïre : “L’arbre tombe à grand bruit, mais on n’entend pas la forêt qui pousse.” C’est pour nous une invitation à ne pas avoir peur (…) Puissions-nous entendre, au-delà de nos langueurs et de nos plaintes individuelles, “la forêt qui pousse”, le chant de la sève, la brise légère de notre espérance commune…

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… Chaque homme dans sa nuit est accompagné d’une invisible étoile…

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… Ni un itinéraire ni une errance, la vie intérieure est itinérance. Le chemin n’est pas tracé à l’avance, nos points de repères, nos bornes et nos balises souvent s’effacent ou sont emportés par le vent. Pourtant le chemin a un sens, une orientation. Dans le désert, plus important qu’une carte, est une boussole, pour ne pas perdre le nord. Quel que soit le désert à traverser, tu n’es jamais vraiment perdu si dans ce désert tu as un cœur.

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Étrange paradoxe : il y a des moments de vide, de néant qui nous étouffent et des moments de présence qui nous ouvrent, nous espacent…”

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Extraits de : “L’absurde et la grâce” 1991  Jean-Yves Leloup.

Illustrations : 1/“Nuit d’été”  Eilif Peterssen 1852-1928  2/“Lune d’argent”  Eero Järnefelt 1863-1937.

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Suivre sa lumière intérieure…

BVJ – Plumes d’Anges.

Joie des arbres…

9 mars 2015

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” Les fleurs sont l’indice assuré du printemps et de l’année renaissante,

les fleurs sont la joie des arbres.”

Pline l’Ancien 23-79.

Photos BVJ

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Fleurir en notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lentement…

2 mars 2015

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“Oh escargot

gravis le Mont Fuji

mais lentement, lentement !”

Issa

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Pensez à prendre le temps d’aimer, d’observer, d’écouter, de partager, de remercier, de déguster, de faire silence…

À bientôt…

Illustration : “Plaine de Musashi et Mont Fuji” Peinture anonyme du XVIIIème siècle.

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Prendre le temps…

BVJ – Plumes d’Anges.

Puissance…

26 février 2015

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“… On apprend à marcher à petits pas, un pied devant l’autre. On tombe ? Pas grave. Ça arrive à chacun de nous. On se relève et on repart, pour ne jamais plus ramper…

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… La peur est une maladie insidieuse et très grave, qu’on ne peut éradiquer que quand on se rend compte de sa progression et de ses ravages en nous. Malheureusement, certains d’entre nous ne s’en apercevront jamais. D’autres se rassureront en se disant qu’ils sont juste prudents, sur leurs gardes…

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… Existe-t-il en français une… maxime, un proverbe équivalent à

“Great oaks from little accorns grow” ?

(…) – Euh… Les petits ruisseaux font les grandes rivières, traduisis-je en anglais.

(…) – Oh, j’aime beaucoup… Je trouve cela encore plus évocateur que les chênes. Oui, une goutte d’eau, une autre, un ruisseau, une rivière, un fleuve, un immense océan. En japonais, ce serait peut-être “Chiro mo tsumoreba yama ta naru”.

- Qui signifie ?

- À force d’accumuler de la poussière, on obtient une montagne…

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… Grains de sable, nous sommes des montagnes en devenir si nous arrêtons un jour de ne penser qu’à nous, nous-mêmes, petits grains de sable isolés. Nous sommes l’infime particule de la véritable puissance. Une puissance belle, calme, généreuse…”

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Extraits de : “Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…” 2014  Antoine Paje.

Illustrations : 1/“Lac, près d’Ischl”  2/”Paysage de montagne”  Gustave Doré 1832-1883.

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Réaliser notre puissance…

BVJ – Plumes d’Anges.