Joies de vivre…

23 juillet 2015

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“… J’aimerais te redonner ce conseil encore une fois : je pense que tu devrais changer radicalement ton style de vie et te mettre à faire courageusement des choses que tu n’aurais jamais pensé faire, ou que tu as trop hésité à essayer. Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme et le conservatisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un horizon éternellement changeant, qu’un soleil chaque jour nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie Ron, il faut perdre ton inclination à la sécurité monotone et adopter un mode de vie désordonné qui dans un premier temps te paraitra insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté. (…) Tu avais la chance merveilleuse pendant ton voyage de retour de voir l’un des plus beaux sites du monde, le Grand Canyon, que chaque Américain devrait avoir vu une fois dans sa vie. Mais, pour quelque raison qui m’est incompréhensible, tu ne désirais qu’une chose : te précipiter chez toi aussi vite que possible et retrouver la même situation que tu vois quotidiennement, jour après jour. J’ai bien peur qu’à l’avenir tu suives cette même tendance et qu’ainsi tu ne découvres pas les choses merveilleuses que Dieu a disposées à notre intention autour de nous. Ne t’établis pas à un seul endroit. Déplace-toi, sois un nomade, que chaque jour t’offre un nouvel horizon. Tu as encore beaucoup de temps à vivre, Ron, et ce serait une honte de ne pas saisir l’occasion de révolutionner ta vie pour entrer dans un champ d’expérience entièrement nouveau…”

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À bientôt, le doux air des montagnes alpines m’appelle et chante dans ma tête.

Prenez soin de vous, la vie est précieuse...

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Extrait de : “Into the wild”  -  1996  – Jon Krakauer.

Illustration : 1/”Pic de Zoroastre-Grand Canyon Arizona”  Thomas Moran 1837-1926  2/ Aquarelle d’Embrun en 1824 trouvée –> ICI

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Emprunter des chemins nouveaux…

BVJ – Plumes d’Anges.


La belle histoire…

20 juillet 2015

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“AUTOUR d’un berceau où repose une petite fille

à l’ombre d’un arbuste

des abeilles en quantité, qui ne lui font aucun mal.


Elle, souriante, bouche entrouverte


Une abeille l’aura aperçue


Halte enchanteresse sur la route des fleurs


Nombreuses, tumultueuses, qui sont autour à voltiger.

D’autres sont posées sur le petit visage sans peur

Ressentant avec leur sens à elles la bonté d’un corps sans colère,

la paix parfaite de l’enfant en harmonie avec tous les êtres

rayonnement que jusque-là elles ne rencontraient.

Avant tout le monde, ce seront les abeilles

les premières créatures à reconnaître

la merveilleuse “nature” de la fille

plus tard vantée pour ses “vertus”…




Un homme aux champs, qui avec la faux s’était blessé,

regagnait le village cet après-midi-là

afin de se faire panser le pied.

Un bourdonnement l’arrête

il a peur pour l’enfant sans défense. Mais aucun mal n’arrive.


Un miracle ! j’ai vu un miracle, pensa-t-il,

oubliant pourquoi il est là sur le chemin.

De son pied qu’il découvre, où il ne sent plus aucun mal,

le sang ne coule plus, les lèvres de la blessure se sont rejointes.


Pendant qu’il contemplait le “miracle”,

se représentant cette harmonie supérieure,

il l’accueillait, sans le savoir, l’étendait à son propre corps,

à son pied blessé qui guérit en silence.

Telle fut

la première guérison de la femme prédestinée

encore enfant, petit enfant.”

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Hommage à Sainte Rita -“L’enfant guérisseur” dans “Écrits en instances” (Revue Caravanes – Éditions Phébus) – Henri Michaux 1899-1984.

Illustrations : 1/“Petite Princesse de deux ans” et  3/“Jeune fille”  Friedrich von Amerling 1803-1887  2/“Abeilles” Planche extraite du “De Animalium Proprietate” manuscrit grec de 1566 (Poèmes de Manuel Philé, illustrations de la fille du copiste Ange Vergece) conservé à —>la Bibliothèque Sainte Geneviève.

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Lire, écouter, raconter de belles histoires…

BVJ – Plumes d’Anges.

Beauté de lumière…

18 juillet 2015

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“La modeste Rose pousse une épine,

L’humble Brebis, une corne menaçante,

Tandis que le Lys blanc baigne dans l’Amour

Et que nulle épine, nulle menace n’entachent sa beauté de lumière.”

“Le Lys” – Poème extrait de :  “Les chants de  l’Expérience” – William Blake 1757 – 1827 .

Illustration : “Lys blanc” Carl Franz Gruber 1803-1845.

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Rêver d’un bain de lumière…

BVJ – Plumes d’Anges.


Artisans de paix ?…

14 juillet 2015

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“… Nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures. On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas… Et la Terre non plus ne le supporte pas, la sœur Mère Terre comme disait saint François.

Nous voulons un changement dans nos vies, dans nos quartiers, dans le terroir, dans notre réalité la plus proche ; également un changement qui touche le monde entier parce qu’aujourd’hui l’interdépendance planétaire requiert des réponses globales aux problèmes locaux. La globalisation de l’espérance, qui naît des peuples et s’accroît parmi les pauvres, doit substituer cette globalisation de l’exclusion et de l’indifférence ! Je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous sur le changement que nous voulons et dont nous avons besoin. Vous savez que récemment j’ai écrit sur les problèmes de changement climatique. Mais, cette fois-ci, je veux parler d’un changement dans l’autre sens. Un changement positif, un changement qui nous fasse du bien – nous pourrions dire – rédempteur. Car nous en avons besoin. Je sais que vous cherchez un changement et pas vous uniquement : au cours de nos diverses rencontres, au cours de différents voyages, j’ai constaté qu’il existe une attente, une intense recherche, un ardent désir de changement de la part des peuples du monde. Même dans cette minorité toujours plus réduite qui croit bénéficier de ce système règnent l’insatisfaction et spécialement la tristesse. Beaucoup espèrent un changement qui les libère de cette tristesse individualiste asservissante.

Le temps, frères et sœurs, il semble que le temps soit sur le point de s’épuiser ; nous quereller entre nous ne nous a pas suffi, et nous nous acharnons contre notre maison. Aujourd’hui la communauté scientifique accepte ce que depuis longtemps de simples gens dénonçaient déjà : on est en train de causer des dommages peut-être irréversibles à l’écosystème. On est entrain de châtier la terre, les peuples et les personnes de façon presque sauvage. Et derrière tant de douleur, tant de mort et de destruction, se sent l’odeur de ce qu’un des premiers théologien de l’Église, Basile de Césarée appelait “le fumier du diable” ; l’ambition sans retenue de l’argent qui commande. Voilà le fumier du diable. Le service du bien commun est relégué à l’arrière-plan. Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met même en danger notre maison commune. Notre sœur et mère la Terre…

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… La première tâche est de mettre l’économie au service des peuples : les êtres humains et la nature ne doivent pas être au service de l’argent. Disons NON à une économie d’exclusion et d’injustice où l’argent règne au lieu de servir. Cette économie tue. Cette économie exclut. Cette économie détruit la Mère Terre…

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… La deuxième tâche est d’unir nos peuples sur le chemin de la paix et de la justice…

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… La troisième tâche , peut-être la plus importante que nous devons assumer aujourd’hui est de défendre la Mère Terre. La maison commune de nous tous est pillée, dévastée, bafouée impunément. La lâcheté dans sa défense est un péché grave. Nous voyons avec une déception croissante comment des sommets internationaux se succèdent les uns après les autres sans aucun résultat important. Il y a un impératif éthique clair, définitif et urgent d’agir, qui n’est pas accompli. On ne peut pas permettre que certains intérêts – qui sont globaux mais non universels – s’imposent, soumettent les États ainsi que les organisations internationales, et continuent de détruire la création. Les peuples et leurs mouvements sont appelés à interpeler, à se mobiliser, à exiger – pacifiquement mais tenacement – l’adoption urgente de mesures appropriés…”

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Extraits du Discours du Pape François (trouvé sur le net) pour un changement de système mondial – Jeudi 9 juillet 2015 en Bolivie.

Illustrations : détails de la Fresque de la Tour de la Lanterne – Abbaye de Clairvaux à Milan – Stefano Fiorentino 1301-1350.

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Se donner la main…

BVJ – Plumes d’Anges.


Chaleur…

12 juillet 2015

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“Tout luit, tout bleuit, tout bruit,

Le jour est brûlant comme un fruit

Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude

Et miroite dans l’air où rôde

Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l’eau pleut

Sur tout le pays jaune et bleu

Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre

S’élance de la forêt ivre,

Des blés roses comme du cuivre.”

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“Chaleur” - Extrait de : “L’ombre des jours”  Anna de Noailles 1876-1903.

Illustrations : 1/“Fleur de soleil” 2/“Vague féminine”    Katsushika Hokusaï 1760-1849.

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De l’eau pour apaiser le feu…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rêves d’eau…

8 juillet 2015

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“… Devant l’eau profonde, tu choisis ta vision ; tu peux voir à ton gré le fond immobile ou le courant, la rive ou l’infini ; tu as le droit ambigu de voir ou de ne pas voir ; tu as le droit de vivre avec le batelier ou de vivre avec “une race nouvelle de fées laborieuses, douées d’un goût parfait, magnifiques et minutieuses”. La fée des eaux, gardienne du mirage, tient tous les oiseaux du ciel dans sa main. Une flaque contient un univers. Un instant de rêve contient une âme entière…”

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Extrait de : “L’eau et les rêves-Essai sur l’imagination de la matière”-”   Gaston Bachelard 1884-1962.

Tableaux : 1/“La cascade de Tivoli”  Jean-Charles Joseph Rémond 1795-1875  2/“Vue ouest de la cascade de Tivoli”  Johann Martin von Rohden 1778-1868.

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Bien choisir sa vision du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.



Sublime rafraîchissement…

3 juillet 2015

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“Pour vous remercier de m’avoir fait connaître cette poésie Tsu-Kia-Lang,

je vous envoie ces quelques feuilles de thé,

elles proviennent du monastère de la Montagne Ou-ï.

C’est le plus illustre thé de l’Empire

comme vous en êtes le plus illustre lettré.

Prenez délicatement un vase bleu de Ni-tting.

Remplissez-le d’eau de neige recueillie au lever du soleil

sur le versant oriental de la montagne Sou-chan.

Placez ce vase sur un feu de brindilles d’érable

ramassées sur de la mousse très ancienne,

et  laissez-l’y jusqu’à ce que l’eau commence à rire.

Alors, versez-la dans une tasse de Thuen-tcha

où vous aurez mis quelques feuilles de ce thé,

recouvrez la tasse d’un morceau de soie blanche tissée à Houa-chan,

et attendez que se répande dans votre chambre

un parfum comparable à celui d’un jardin de Foun-lo.

Portez la tasse à vos lèvres, puis fermez les yeux.

Vous serez dans le Paradis.”

Extrait de : “La Flûte de Jade“  Ouang-Tsi 723-757 – Traduction de Franz Toussaint.

Tableau : “Femme en blanc” Jan Theodoor Toorop 1858-1928.

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Se rafraîchir…

BVJ – Plumes d’Anges.


Ressources naturelles…

28 juin 2015

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Quand l’actualité se fait terrifiante,

il faut se ressourcer auprès de la Nature,

respirer profondément,

ouvrir grand les yeux,

marcher joyeusement,

toucher les arbres,

écouter les oiseaux,

se recentrer,

laisser monter l’inspiration, la force,

pour apaiser le cœur de la Terre…

même un citadin peut aller vers un jardin public et se nourrir de ses vibrations.

Tableau : “Les Dômes de Yosémite” Albert Bierstadt 1830-1902.

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Puiser à une source naturelle…

BVJ – Plumes d’Anges.

Choeur de l’aube…

24 juin 2015

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“L’oiseau du matin chante.

Comment sait-il que l’aurore va poindre, alors que le dragon de la nuit enlace encore le ciel de ses replis glacés et noir ?

Dis-moi, oiseau du matin comment, au travers de la double nuit du ciel et des arbres, il trouva son chemin jusque dans tes rêves, le messager qui surgit de l’Orient ?

Le monde ne pouvait te croire lorsque tu t’es écrié : “Il vient, le soleil, et la nuit n’est plus.”

Ô dormeur, éveille-toi !

Découvre ton front, dans l’attente du premier rayon béni de lumière, et chante avec l’oiseau du matin en joyeuse ferveur.”

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Extrait 25 de “La Corbeille de fruits”  Rabîndranath Tagore 1861 – 1941.

Illustrations : 1/“Portrait d’un musicien (détail)” Il Pordenone 1484-1539  2/“Trois oiseaux verts sur un Erable” Watanabe Shotei 1851-1918.

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“Ô dormeur, éveille-toi !”…

BVJ – Plumes d’Anges.


“Quelque chose”…

22 juin 2015

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“… Heidegger qui parlait par symboles, m’avait montré sur sa table de travail, à côté de l’image de sa mère, un vase effilé, transparent, d’où émergeait une rose. À ses yeux, cette rose exprimait le mystère de l’étant, l’énigme de l’Être.

Aucune parole ne pouvait dire ce que disait cette rose : elle était là, simple, pure, sereine, silencieuse, sûre d’elle-même, en un mot : naturelle, comme une chose entre les choses, exprimant la présence de l’esprit invisible sous la matière trop visible…

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Pourquoi l’univers a-t-il été créé ? qu’est-ce qui a poussé le Créateur à engendrer l’univers tel que nous le connaissons ? Essayons de comprendre : avant le Temps de Planck, rien n’existe. Ou plutôt c’est le règne de la Totalité intemporelle, de l’intégrité parfaite, de la symétrie absolue : seul le Principe Originel est là, dans le néant, force infinie, illimitée, sans commencement ni fin. À ce “moment” primordial, cette force hallucinante de puissance et de solitude, d’harmonie et de perfection, n’a peut-être pas l’intention de créer quoi que ce soit. Elle se suffit à elle-même.

Et puis, “quelque chose” va se produire. Quoi ? je ne sais pas. Un soupir de Rien. Peut-être une sorte d’accident du néant, une fluctuation du vide : en un instant fantastique, le Créateur, conscient d’être celui qui Est dans la Totalité du néant, va décider de créer un miroir à sa propre existence. La matière, l’univers : reflets de sa conscience, rupture définitive avec la belle harmonie du néant originel : Dieu vient, en quelque sorte, de créer une image de lui-même.

Est-ce comme cela que tout a commencé ? Peut-être que la science ne le dira jamais directement ; mais dans son silence, elle peut servir de guide à nos intuitions…

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… En somme, le monde se détermine au tout dernier moment, à l’instant de l’observation. Avant, rien n’est réel, au sens strict…

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… Et nous voici ramenés vers l’esprit : aux extrémités du monde, au-dessous et au-dessus de notre réalité, se tient l’esprit. Et c’est peut-être là-bas, au cœur de l’étrangeté quantique, que nos esprits humains et celui de cet être transcendant que nous appelons Dieu sont amenés à se rencontrer. (…) Nous ne vivons pas dans un monde déterminé : au contraire, nous sommes libres et avons le pouvoir de tout changer à chaque instant…”

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Extraits de : “Dieu et la science” Jean Guitton 1901-1999 -  Grichka et Igor Bogdanov.

Illustrations : Détails du papier reliure d’un livre de 1880.

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Créer à chaque instant l’être unique que nous sommes…

BVJ – Plumes d’Anges.