Paix…

19 juin 2013

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“… Accepter l’insatisfaction de votre situation présente : ici et maintenant, je ne suis pas heureux, je suis frustré, je souffre, c’est comme ça. Pas de refus d’évidence. Ce n’est qu’une fois la situation totalement acceptée que vous pourrez agir et non plus réagir. Pour cesser de souffrir, nous devons commencer par accepter ce qui est, l’indiscutable, et cesser de surimposer à cette réalité ce qui devrait être ou aurait du être. La réalité est unique, c’est le mental qui la dédouble.”

“… Les émotions, c’est le point de départ. Quand une émotion arrive, reconnaissez-la, localisez-la dans le corps (nœud à la gorge, palpitations) puis cernez les pensées qui vont avec : “je vais être ridicule”  “je ne vais pas m’en sortir” … Toutes ces pensées sont en relation avec un futur imaginaire, il est essentiel d’en prendre conscience. Si j’agis à ce moment-là, je réagis, c’est-à-dire que je pose un acte en fonction de ce futur imaginaire. Cet acte ne peut donc être juste. Si je reviens au moment présent, si je reconnais mon émotion et les pensées qui lui sont associées, je ne me dis plus “qu’est-ce-que je vais faire ?” mais “qu’est-ce-que la réalité de la situation exige que je fasse ?”  “

“… Accepter ne veut pas dire ne rien faire. Accepter, c’est pouvoir se dire à la fois : oui, dans ce moment présent, c’est comme ça ; et dans un second temps : non, ça ne va pas continuer comme ça parce que je peux agir.”  Être dans l’ici et maintenant permet d’avoir une vision lucide de ce qui est possible ou pas. Une action juste est une action qui émane de la paix et qui maintient la paix…”

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Extraits de : Psychologies Magazine (2006) – Flavia Mazelin-Salvi – Entretiens avec Véronique et Arnaud Desjardins.

Illustrations : 1/“Bateau à voiles, le soir” 2/“Bateau à voiles, le matin” Yoshida Hiroshi 1876-1950.

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Ne pas faire “du vent”, attendre paisiblement de créer le bon vent…

BVJ – Plumes d’Anges.

Abondance…

17 juin 2013

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“… Son sourire enlève à la glace son opacité, son sourire enlève au monde entier son opacité… Ils se regardent longtemps… Les deux sourires bavardent. Très, très longtemps…

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… Non, je n’ai pas envie d’une piscine. Est-ce que j’ai seulement envie de quelque chose ? J’ai tout. Chaque matin j’ouvre les yeux et je me découvre milliardaire : la vie est là, discrète, bruyante, colorée, petite, immense. Le chaos, les siècles et les étoiles ont bâti cette merveille pour moi, pas que pour moi, bien sûr, mais est-ce ma faute si je sais reconnaître un cadeau, si je ne fais pas grise mine devant ce trésor, est-ce ma faute si je n’ai pas le goût de faire le tri et si tout me vient comme une chance, même les migraines, même cette douleur au gros orteil du pied gauche ? Je n’aurais pas dû entrer dans ce champs pour cueillir des coquelicots. Je le savais pourtant : les coquelicots, il faut les aimer avec les yeux, pas avec les mains. Dans les yeux, ils flambent. Au bout des doigts, ils fanent… Vraiment, j’ai tout. Pourquoi aurais-je envie de quelque chose de plus ? Y a-t-il quelque chose de plus que tout ?…

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… Il a trouvé mieux. Il a trouvé ce qui était sous ses yeux, au réveil, après l’ouverture des fenêtres de sa chambre. Un marronnier. Un marronnier gigantesque, respirant, bourdonnant. Albain a pris son petit déjeuner devant l’arbre. Le petit déjeuner a duré une dizaine d’heures. Mon Dieu, comme cette vie est belle et comme elle est bien faite : en nous, quelque chose a faim. Au-dehors, une quantité infinie de nourriture, plus que de raison.

Albain était arrivé de nuit à l’hôtel. Les arbres dans la nuit sont comme des gens râleurs dans une foule. On ne comprend pas ce qu’ils disent. On ne distingue aucun détail, on passe sans s’attarder. Les arbres dans le noir ressemblent à des enfants boudeurs, peu attachants. Mais dans le jour, quelle splendeur ! Le marronnier devant lequel Albain mange son croissant au beurre est un chef indien, un maître international des échecs, un génie de la musique, un chef-d’œuvre de la littérature. Corpulent, agile, il danse sur place, joue, fredonne, écrit. Ce marronnier est dans le sein de Dieu. Il tutoie les plus grands de la hiérarchie céleste…”

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Extraits de : “Geai” 1998  Christian Bobin.

Tableaux : 1/”Lac de montagne” Fritz Chwala 1872-1936  2/“Le châtaignier des cent chevaux sur les pentes de l’Etna”  Jean-Pierre Houël 1735-1813.

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Savourer le festin de la nature…

BVJ – Plumes d’Anges.


Vie en or…

14 juin 2013

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Elle aimait la pluie comme le soleil. Ses moindres pensées avaient une couleur réjouissante comme de belles fleurs bien saines, qui plaisent toutes.”

Alain

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“… Un matin, je regardais un arbre avec quelques fleurs rouges et une douzaine de moineaux. Tout ce que je voyais produisait en moi un sentiment de jubilation intérieure et de perception de la pureté infinie des phénomènes. Puis je me suis imaginé une situation d’ “échec”, suscitant toutes sortes de sentiments négatifs. Brusquement, l’arbre m’apparut poussiéreux, les fleurs étiolées et le pépiement des moineaux agaçant. Je me suis demandé quelle était la façon correcte de voir les choses. La raison qui me fit penser que la première était plus juste tient au fait qu’elle engendre une attitude ouverte, créatrice et libératrice, et se traduit par une plus grande satisfaction. Cette attitude permet d’embrasser spontanément l’univers et les êtres et d’abolir toute séparation égocentrique entre soi-même et le monde. En revanche, lorsqu’on s’en tient à une perception “impure” des phénomènes, il y a quelque chose qui cloche : on se sent “déconnecté” de l’univers, qui apparait alors comme une image terne, étrangère, lointaine et artificielle.

Il y a deux nombreuses façons de faire l’expérience du monde. Voir la vie en or, c’est essentiellement se rendre compte que tous les êtres, y compris nous-même, ont en eux un extraordinaire potentiel de transformation intérieure et d’action. C’est absorber le monde et les êtres avec confiance, ouverture et altruisme. Mais cela ne signifie pas qu’il faille voir la vie en rose, se voiler la face devant la réalité et déclarer avec une naïveté béate que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. À quoi bon se raconter des histoires ? …”

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Extrait de : “Plaidoyer pour le bonheur” 2003  Matthieu Ricard.

Tableaux : 1/ Femme japonaise”  Szekely Bertalan 1835-1910  2/“Fleurs et fruits”  Estevao Silva 1844-1891.

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Transformer notre vision du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Être heureux…

12 juin 2013

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“… Si les bonheurs d’enfance permettaient d’accéder plus tard à toutes les formes de bonheurs adultes ?…

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… Le bonheur n’est pas une chance mais une intelligence. Qui peut s’apprendre et se développer…

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…Le bonheur ne souffre jamais de se sentir en dette vis à vis d’autrui ; il souffrirait plutôt de ne pas reconnaître ni assumer cette dette. Il grandit lorsqu’il se nourrit de cette gratitude, ce “sentiment heureux d’une dette infinie”, selon les mots du philosophe Vladimir Jankélévitch… Cette gratitude quasi universelle n’est possible qu’avec un minimum d’humilité : nous devons reconnaître tout ce que notre bonheur doit aux autres. Mais cette humilité nous ouvre à une infinité d’autres bonheurs : se sentir héritier de toute l’intelligence humaine, de l’altruisme de ceux qui ont pensé, construit, agi avant nous, et finalement pour nous…

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… Le bonheur ne vit, ne respire et ne grandit que s’il est partagé et transmis. Comme l’a dit un jour un sage :”Ce que tu donnes, tu le gagnes. Ce que tu gardes, tu le perds”…

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… Que tout bonheur soit condamné à disparaître est certes une idée douloureuse. Mais lorsque le compte à rebours a commencé, que faire ?

Rien d’autre qu’apprendre à admirer et à aimer ces bonheurs finissants. À comprendre leurs apparitions et leurs disparitions comme une immense et interminable respiration du bonheur de notre vie terrestre…

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… L’intelligence de la vie appartient à ceux qui acceptent le temps qui passe, et continuent de se réjouir du temps qui est là. Cette intelligence-là, c’est aussi celle du bonheur…

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… Pour cultiver notre bonheur, nous avons à tourner tous nos efforts vers le présent. L’enrichir de notre passé, et non pas l’en alourdir ou l’en entraver. Faire la paix avec soi-même : une des clefs du bonheur…

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… La pratique du bonheur s’apparente ainsi à un patient jardinage de notre âme. Ou à l’apprentissage d’un instrument de musique : tous les jours faire des efforts, brefs et légers. Pour de temps en temps sentir l’apesanteur des moments de grâce…

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… Juste accepter ce qui vient, et revenir doucement au moment présent à chaque fois que notre esprit “s’en va”ailleurs…”

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Extraits de : “De l’art du bonheur” 2006  Christophe André.

Tableaux : 1/Le Lac d’Uri” 2/“Torrent de montagne par temps orageux” 3/“Paysage suisse”  Alexandre Calame 1810-1864.

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Décider d’être heureux…

BVJ – Plumes d’Anges.

Voyageurs…

10 juin 2013

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“Il y a deux sortes de pèlerins dans le voyage de l’existence :

les uns sont comme des touristes qui sont très désireux de tout voir, se promenant d’endroit en endroit, papillonnant d’une expérience à l’autre juste pour s’amuser.

Les autres suivent un chemin, qui est en harmonie avec l’être véritable de l’homme et le mène à sa demeure réelle. La connaissance de soi, et du Soi”

Ma Anandamayi

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Tableaux : 1/“La fête des lanternes en papier”  Karl Behm 1858-1905   2/“Lanterne japonaise” Oda Krogh 1860-1935.

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Meubler sa vie ou vivre sa vie ? …

BVJ – Plumes d’Anges.

Art de la Navigation…

6 juin 2013

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“Lorsque nos mots se gercent

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Que nos rêves se plombent

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Que nos yeux s’emmurent

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La

Poésie

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À l’envers des talus

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Ramifie le sens   Élargit le secret

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Entraine dans un souffle

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Les poussières du jour  les maillons nocturnes  merveilles et détresses

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Vers un autre littoral”

Andrée Chédid


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“Débusque ce battement-de-nous gravé dans l’énigme

Explore cette trame-de-nous où l’univers s’avive

Le cœur percé de lucarnes

Reconnais la rencontre

Sacre l’éphémère”

Andrée Chédid

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Heureux habitants de Marseille

ou heureux “estivants” navigant dans les parages…

VENDREDI  7 JUIN 2013

CLAP d’ouverture au public

du

MuCEM

“Un bâtiment d’air, d’eau et de vent…”

—>  ICI

Photos BVJ :  1 à 8 : Intérieur de la Cathédrale de la Major 9 : Extérieur du Mucem - Marseille

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Naviguer poétiquement dans l’espace et le temps…

BVJ – Plumes d’Anges.


Traversée de désert…

3 juin 2013

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“… Debout avec le soleil et couché sous les étoiles, on prend part à la marche du monde, on bénéficie de ses beautés, d’instants de plénitude ; on pâtit de ses humeurs, ploie sous l’averse, peste dans la bourrasque. Le voyageur est ouvert à toutes les occasions ; disponible, il est le vagabond qui inquiète et qui fascine : il est libre…

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… “Ce qui caractérise la vie des nomades, ce n’est pas la dureté ni le dénuement, mais l’harmonie. C’est leur connaissance et leur maîtrise de la terre qui les portent, c’est-à-dire l’estimation exacte de leurs propres limites.”

J.M.G.Le Clézio

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… Ces bergers ont apprivoisé des univers particulièrement difficiles, afin de vivre en symbiose, en équilibre avec la nature. Ils n’affrontent pas les éléments, ils composent avec ces derniers…

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… L’itinérance est une école de volonté et d’opiniâtreté ; le voyageur, tel le nomade, doit faire preuve de ténacité, d’obstination sereine face à l’imprévu qui régulièrement obstrue son chemin…

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… Il faut supporter d’avancer avec l’impression de piétiner… Notre monde fini est entièrement balisé, nous sommes habitués à des couloirs qui canalisent. Le moindre chemin, le plus infime des sentiers est désigné par un panneau ou un trait de couleur. Composer avec l’infini n’est pas donné à tout le monde, d’où la nécessité d’un guide expérimenté et solide. Peu de zones, hors les océans, ressemblent à cette mer de sable jaune, vaguement ondulée. L’acrophobie horizontale guette le novice, l’engagement est énorme et fabuleux. Tout est plat, mais le ciel est terriblement haut, avec tous ces astres qui glissent inexorablement au-dessus des têtes. Le désert, telle la haute montagne ou la pleine mer, confronte l’homme aux éléments vitaux, permet de prendre conscience de son insignifiance face aux courbes ici palpables de notre planète. L’avance métronomique de la caravane mène pas après pas vers l’invisible but. Toute la cohorte des hommes est tendue vers cette ultime direction…

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… La patience est une notion fondamentale, indispensable à celui qui souhaite atteindre le désert…

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… Il faut savoir un instant courber l’échine pour mieux se redresser, affronter sans peur le danger de l’inconnu pour progresser…”

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Extraits de : “Le murmure des dunes” 2013  Jean-Pierre Valentin.

Illustrations : 1/“Traversée du désert”  Carl Haag 1820-1923  2/“Dromadaires”  Walter Heubach 1865-1923.

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Faire corps avec la vie et avancer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Météores…

31 mai 2013

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En ce mois de mai, nous sommes gâtés en phénomènes atmosphériques de tous genres !

Les météores aériens, aqueux, ignés et lumineux dont nous parle le Littré vont bon-train !

J’OBSERVE,

j’observe un certain monde qui rumine de mauvaises pensées,

qui traque les faits divers les plus sordides,

qui encense les catastrophes,

qui entretient les peurs…

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… et je me dis qu’il est grand temps de poser un autre regard sur la vie !

L’obscurité existe, certes, mais ne l’oublions pas :

nos pensées sont créatrices,

nourrissons-nous de tolérance, d’amour, de beauté, de bonté, de lumière,

le ciel de notre vie n’en sera que plus beau,

la pureté de son bleu vibrera haut,

nous donnant l’énergie nécessaire pour vivre les jours voilés de notre existence…

Prenons du recul, réfléchissons une minute chaque jour

à un être ou à un évènement réjouissants (et nous les trouverons facilement),

il n’y a que nous pour les mettre en valeur,

il ne nous faut compter que sur nous-même,

jour après jour nous nous apercevrons que le monde n’est pas celui que certains décrivent…

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LUMINEUX WEEK END À TOUTES ET À TOUS !


Tableaux : 1/ “Arc en ciel”  George Inness 1825-1894  2/“Paturage ombragé”  Thomas Corsan Morton 1859-1928  3/“Portrait d’un boeuf”  Friedrich Voltz 1817-1886.

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Ne pas se laisser endormir, réagir ! …

BVJ – Plumes d’Anges.

Émotion…

29 mai 2013

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“… Si vous avez une lunette de nuit un peu forte, comme celles où l’on regarde quelquefois pour dix sous, braquez-là sur l’étoile bleuâtre. Et je vous jure que cela vous saisira autant qu’un Blériot volant.

C’est Saturne. C’est le bijou du ciel. Vous le voyez flotter dans un noir sans fond, et vous montrant autour de son globe son brillant anneau, assez incliné vers vous pour que vous aperceviez à droite et à gauche, deux petits creux d’ombre qui le détachent du globe, et font voir qu’il trace en ce pays-là un pont lumineux d’un côté du ciel à l’autre, quelque chose comme la trajectoire solidifiée de plusieurs centaines de lunes. Astre et anneau étincellent par le feu du soleil caché. On regarde de nouveau avec ses yeux ; c’est toujours la petite étoile bleuâtre ; on revient à la lunette ; on se prouve, non sans peine, que ce bijou existe ; on prend pied dans le ciel. J’ai entendu dire qu’un homme, illustre depuis, devint astronome du jour où il vit Saturne et son anneau. Comment s’en étonner ?

Mais je veux vous conter une histoire de lunette. Il y avait un château ; au-dessus du château il y avait le ciel ; dans le château il y avait des gens fort cultivés ; il y avait aussi un trépied dans un coin et une grande boîte sous le billard. On disait : “Il y a dans cette boîte une lunette qui vient d’un oncle” ; et l’on racontait l’histoire de l’oncle. Historiens grands et petits, on n’entend que cela. Saturne fait ses tours au ciel ; mais ils ne s’en souciaient point, parce qu’ils avaient appris au collège tout ce qu’un homme cultivé doit savoir là-dessus.

Il fallut qu’il vînt là un grand jeune homme à raquette, qui n’avait guère écouté ses maîtres, et qui flânait par le monde, grâce à l’argent qu’il avait. Cet ignorant savait qu’il y a un vrai ciel, et des lunettes pour les choses du ciel. Il tombe sur la boîte, l’ouvre, monte la lunette, tâtonne d’étoile en étoile, et dit finalement : “Il est là.” Sa voix tremblait un peu. Tous y coururent ; et ce jour comptera dans leur vie. Car l’habitude nous cache les choses  mais, quand on a vu cet anneau penché autour d’un globe, il faut qu’on revienne aux merveilles qui sont autour de nous, à nos pieds. Comment ne pas penser à cette vieille terre qui flotte, elle aussi, enveloppée de nuages, toute humide de ses océans ? Et comment n’y pas aller, je veux dire comment ne pas s’éveiller aux choses terrestres ? Quand on découvre Saturne au bout d’une lunette, c’est tout l’Univers qu’on découvre.”

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Extrait de : ” Propos sur la nature  (propos du 25 octobre 1909)”  Alain (Emile-Auguste Chartier 1868-1951.

Illustrations : 1/“Jeunes femmes regardant dans une lunette” 1882  Auteur inconnu 2/ “Saturne”  Paul Philippoteaux 1846-1923.

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Cultiver la curiosité, tout est là, à nos pieds…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’accomplir…

27 mai 2013

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“… Réunir, ce n’est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C’est plus subtil. Il faut qu’entre eux se tisse quelque chose de fort…

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… Que le chant vide sa tête des images. Qu’il redevienne l’homme qu’il est aujourd’hui. Qu’il se laisse à nouveau, peu à peu, gagner par la beauté. Un arbre, la façon dont la ramure dessine contre le ciel un entrelacs très fin, aléatoire. C’est beau parce que c’est. Voilà. C’est tout. Contempler ces branches-là, ces feuilles-là, rien d’autre. Juste ce qui s’offre. Il n’y a aucune intention dans un paysage. Il n’y a aucune intention dans la ramure d’un arbre et ça, c’est un repos. S’absorber totalement à regarder. Se rendre. Sa façon de retrouver la paix…

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… Il se rend compte qu’il a toujours aimé voir quelqu’un à l’étude, que c’est une vision reposante de l’humanité. Il trouve le monde si paresseux. Il se dit que lui non plus n’a pas échappé à cette grande paresse. Quand on laisse la souffrance vous prendre trop longtemps, on finit par être paresseux de sa propre vie. Oui, il l’a été. Revisiter les splendeurs du jardin lui fait mesurer comme il s’en est privé longtemps…

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… Il se dit qu’œuvrer sauve de tout. Se concentrer totalement. Évacuer de sa tête de son cœur tout ce qui gène. Être entièrement à ce qu’on fait. Et c’est tout. La belle expression. Oui, c’est vraiment “tout”. Alors quelque chose s’ouvre. Une joie dans cette solitude. Et c’est ça qu’il a connu : cette joie-là, à nulle autre pareille, profonde, indicible.

Il se dit que les miracles c’est de là qu’ils viennent. Pas d’un dieu tout-puissant hors de chaque être humain. Les miracles prennent leur source dans la capacité à être totalement présent, il en est sûr…

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… Elle murmure J’avais lu les livres de poèmes dans votre cabinet, en bas, le jour de notre premier entretien. Il sourit. Ainsi chacun observe l’autre et l’on ne sait jamais ce qui de nous sera retenu, à notre insu. Elle ajoute Ça m’a rassurée. Le vieil homme poursuit Moi aussi ça me rassure. Quand je n’ai plus de refuge, je vais dans les mots. J’ai toujours trouvé un abri, là. Un abri creusé par d’autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont œuvré pour d’autres qu’ils ne connaîtront jamais. C’est rassurant, de penser ça…

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… Elle a toujours pensé que les mots détenaient une puissance qu’on ne voulait pas connaître vraiment. Les mots peuvent tout changer. Elle, elle s’est mise du côté muet de la parole, avec la peinture. Elle sait que c’est sa place. Mais elle n’ignore rien de la puissance des mots. Tout au fond d’elle..

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… Il a dit Votre manque d’attention a permis à la mienne de se ressaisir, en la regardant droit dans les yeux. Cet homme qui a passé sa vie à observer les autres, tenter de comprendre ce qu’eux-mêmes ne savaient pas de leurs corps, tenter de les aider. C’est cela la confiance avec lui. C’est tous ces moments passé à s’occuper des autres qui ont donné à son regard cette acuité, cette bienveillance infinie, comme si tout était excusable d’avance chez les humains. Pas de jugement. L’attention seule.

C’est si rare…”

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Extraits de : “Profanes” 2013 Jeanne Benameur.

Photos BVJ.

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Des liens, visibles ou invisibles, nous réunissent et nous aident à fleurir…

BVJ – Plumes d’Anges.