Océan de grâce…

10 février 2016

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Ciel d’argent

Lumière métallique

Gouttes ravies au ciel

élégamment

déposées

sur une mer de pétales…

Fluides doux et enveloppant

Divine alchimie

Infinie réjouissance

Musique cosmique qui chuchote,

à notre cœur,

poétiquement…

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BVJ

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Cueillir des instants de grâce…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nuit blanche…

6 février 2016

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“… J’attendais que revînt la neige.

Elle n’est pas tombée cette nuit. Et pourtant l’herbe est blanche. Il a fait grand froid, le ciel clair a gelé.

Cela suffit pour recommencer. Cette poudre sur le paysage. Cette gaze de givre sur les branches.

Écrire est averse de neige. Quand le silence du ciel qui ne tient plus tombe sur la campagne et la mer en essaims d’abeilles froides. Ainsi arrive-t-il en pleine nuit que le ciel tout à coup inverse sa noirceur. Une floraison de blancheur dans l’obscur, telle serait la page qui se couvre de signes. Car ce n’est pas l’encre qui noircit le papier, mais plutôt ce blanc-là qui remonte et trouve une issue, faufilé dans les interstices entre les signes sombres.

J’écris avec ce qui se tait. Avec la neige montant du sol, cherchant la bouche muette du ciel.

L’encre du poème ne dissimule pas le papier blanc. Elle en rend la blancheur lisible. Boutons de neige éclos parmi des cortèges de fourmis. Un peu de sens à l’état pur, qui se glisse entre les jambages des mots. Un peu de vérité intacte, tacite, rendue visible par défaut.

J’écris : la neige incroyable de la nuit tombe sur ton sommeil. Blanc des draps, blancheur du papier, blancheur de ta peau silencieuse.

Il ne restera de ce livre qu’une averse blanche sur la mer. Cette encre est ma nuit blanche…”

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Extrait de : “Chutes de pluie fine” 2002 Jean-Michel Maulpoix.

Tableaux : 1/“Gymnase -de l’Académie Marie-Thérèse à Vienne- sous la neige”  Carl Moll 1861-1945   2/“Jardin sous la neige”  Constant Montald 1862-1944.

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Rêver de blanc…

BVJ – Plumes d’Anges.


Ondes…

3 février 2016

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Lorsque je lis un livre, je suis sensible à l’écriture de son auteur, à l’histoire racontée,

à ce qui en émane, à ma perception intérieure…

puis je copie certaines phrases qui deviennent alors ouvertures

ou sujets de réflexions ou couleurs ou instants de poésie…

Je ne réduis pas le livre à ces mots mais je note ceux qui tintinnabulent

en moi et j’aime le livre rien que pour ce cadeau…

La peinture ne résonne pas de la même façon, la vision est globale et immédiate,

je la reçois dans sa totalité,

si un seul détail “gène” ma vue, si une tonalité ne vibre pas en moi,

si la lumière n’est pas captée ou suggérée,

je ne parviens pas à apprécier l’œuvre picturale.

La création et le regard porté sont à multiples facettes,

nos différences trouvent toujours à puiser et à partager,

à s’enrichir les unes les autres,

n’est-ce pas merveilleux ?

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Qu’en est-il pour vous ?

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Il y a aussi la musique, la danse… ce sera la petite histoire d’un autre jour.

Sereine journée à vous qui passez par-là…

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“Rien qui m’appartienne

Sinon la paix du cœur

Et la fraîcheur de l’air”

Kobayashi Issa

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Peintures : 1/“Bergère en lecture” 2/“Femmes et enfants à la plage”  Anton Laurids J.Dorph 1831-1914.

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Capter de belles ondes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Exquise pomologie……

1 février 2016

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“Il y a des endroits dans mes montagnes où poussent des pommiers sauvages. Qui sait d’où sont venues les graines qui les ont fait naître ? (…)

C’est un arbre qui peut atteindre dix mètres de haut et vivre jusqu’à quatre-vingts ans ; son fût est irrégulier, sa chevelure abondante et très fournie en feuilles quand elle est bien exposée au soleil. L’écorce, qui commence par être rougeâtre, tire ensuite vers le gris et a tendance à s’écailler en vieillissant ; ses branches sont robustes et s’éloignent presque horizontalement du support (branches étalées) ; les rameaux sont verdâtres et duveteux pour devenir ensuite glabres et roussâtres.

Les feuilles sont alternées et variables, avec un pédoncule long de un à trois centimètres, elles sont dentées, duveteuses quand elles sont jeunes, coriaces et nues par la suite, avec des nervures bien marquées. Les fleurs, hermaphrodites, en corymbes, sont faites de cinq pétales blancs et roses, les étamines, munies d’anthères jaunes, sont apparentes. La pomme est un fruit arrondi, ombiliqué aux deux pôles, ses couleurs varient du vert au jaune, du strié au tacheté de rouge, ou au rouge uniforme ; son diamètre est de deux à quatre centimètres.

Le pommier sauvage est réparti dans toute l’Europe et en Italie on le trouve des Alpes à la Sicile…”

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Extrait de : “Arbres en liberté – Le pommier” Mario Rigoni Stern 1921-2008.

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Parler ainsi des arbres,  quel doux rêve !

Ces mots talentueux inspirent et invitent à la gourmandise,

laissez-vous donc tenter…

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MOELLEUX AUX POMMES ET À LA FRANGIPANE

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Ingrédients :

pour le gâteau : 150 g. de farine – 100 g. de sucre – 100 g. de beurre fondu – 1 yaourt nature – 2 œufs battus en omelette – 1 sachet de levure chimique.

pour la frangipane : 60 g. de poudre d’amandes – 50 g. de beurre mou – 50 g. de sucre – 1 œuf – 2 c. à soupe de rhum ambré (facultatif) – 2 gouttes d’extrait d’amande amère – 2 ou 3 pommes.

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Réalisation :

Mélanger farine, levure et sucre. Creuser un puits au centre, y verser yaourt, beurre fondu et œufs battus. Mélanger énergétiquement. Verser cette préparation dans un moule de 24 cm beurré et réserver.

Préparer la frangipane : battre le beurre mou et le sucre jusqu’à obtenir une crème mousseuse. Ajouter la poudre d’amandes, l’œuf, l’extrait d’amande amère et éventuellement le rhum.

Fouetter, verser ce mélange sur la précédente préparation. Bien étaler avec une spatule.

Éplucher les pommes, les couper en fines rondelles, les “citronner”, les disposer sur la surface du gâteau.

Enfourner environ 50 minutes à 180° (60minutes dans mon four), laisser refroidir avant de déguster…

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Recette trouvée sur le net (mesinspirationsculinaires.com)

Tableau : “Petits pommiers en fleurs”  Gyula Agghazy 1850-1919.

Photos BVJ.

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Faire briller le quotidien…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cultures…

28 janvier 2016

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“C’est incroyable ce que nous exploitons peu de nous-mêmes ! À quel point une grande

part de nous reste en friche !”

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Göran Tunström dans “De planète en planète” 1991.

Tableau : “Prairie”  Johann Fischbach 1797-1871.

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Il est vrai que par peur, par oubli, par flemme, par inattention…

nous laissons de côté beaucoup de nos talents.

Quelles belles cultures auriez-vous envie d’entreprendre aujourd’hui ?

Cultiver nos talents ardemment…

BVJ – Plumes d’Anges.

Rêver le monde…

24 janvier 2016

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“… – Je me suis couchée là, dit-elle avec beaucoup de gravité, désignant les palmes sèches, pour prendre la force de la source et j’ai rêvé le monde. (…) La biche rêve le jaguar pour qu’il la tue plus vite et qu’elle ne souffre pas, et le jaguar se laisse rêver parce qu’il est juste, tu comprends ? Quand les gens sont méchants, il faut les rêver pour qu’ils changent. Tu les fais bons et beaux, tu les fabriques différents. Ainsi toutes les bêtes rêvent surtout les hommes pour les pousser à être moins mauvais. Il faut beaucoup, beaucoup de rêves pour les faire changer un peu. Et malheureusement, la plupart des hommes, eux, ne savent plus rêver…

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… – Tant qu’un véritable danger ne t’approche pas, tu n’as pas à accorder d’importance à ce qui tracasse les gens, dit Shelena en haussant les épaules. Comme ça tu ne nourris pas leur méchanceté et elle finit par s’évanouir…

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… – Il est beau l’Homme quand il nous ressemble, cria la chouette !

- Il est grand, quand il fait taire le brouhaha de son âme, répondit le jaguar !

- Mais pourquoi l’Homme est-il si fou, demandèrent la liane et le serpent enlacés, que sans réfléchir il nous brûle et nous tue ?

- Parce qu’il ne se souvient plus de vous, expliqua Shelena qui ne détachait pas ses yeux de Tonio, là-bas, magnifique et conquérant.

Mishi perché non loin souleva une paupière, mais Shelena était tranquille et le faucon se rendormit.

- Que peut-il y avoir de plus important que d’aimer ? Aimer tout ce qui est là autour de nous, murmura encore Shelena dans le langage de la forêt. Sans chercher à comprendre pourquoi. Juste aimer, sans retenue, et se sentir absorbé par l’objet de cet amour, absorbé et dissout au sein des choses.

- Rien, princesse, répondit une luciole qui passait. Mais aucun de nous n’a encore réussi à faire que l’Homme puisse se souvenir de cela !…

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… – Tasorentsi est trop immense pour être dans le ciel comme ton Dieu, même si le ciel n’a pas de limites, s’écria Shelena et elle posa délicatement sa main sur la poitrine de Tonio.

- Mais là, il y a toujours un petit morceau de Lui. Il est dans le cœur de l’arbre, dans celui de la rivière et dans le tien. C’est pourquoi il ne faut jamais blesser le cœur des êtres. Il est là, blotti dans la source d’amour de chacun, et il ne faut pas ébranler son refuge…

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… – J’aime être au jardin ! s’écria Shelena le visage éclatant de fraîcheur. C’est seulement quand on ne travaille que pour soi que l’on risque de s’épuiser jusqu’à la mort. Mon corps est une maison sacrée, bâtie pour participer à la construction du monde, je ne l’oublie pas…”

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Extraits de : “L’enfant qui rêvait le monde” 2002  Jéromine Pasteur.

Tableaux : 1/“Mare et forêt”  Lars Hertervig 1830-1902  2/“Faucon du Groënland”  Georges Stubbs 1724-1806  3/“Iris”  Maria Oakey Dewing 1845-1927.

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Se sentir un avec la Terre…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’accorder au monde…

20 janvier 2016

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“La joie n’est pas volontaire. Elle ne se décide pas, pas plus qu’elle ne se décrète. Il faut fuir comme la peste ceux qui en vendraient la recette. En revanche, la joie exige un climat favorable : un état d’esprit pareil à un état de grâce. Le climat favorable se favorise”…

Mathieu Terence – Petit Éloge de la joie.

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… L’amour ne se limite pas à la relation avec autrui. Le lien de communion ne se limite pas aux relations interpersonnelles. Les Grecs évoquaient l’idée de “s’accorder au monde” de manière harmonieuse. Ne pas être à contretemps. S’inscrire dans la ronde de la vie. Participer à une symphonie, sans être l’instrument dissonant. S’accorder au monde, c’est entrer en résonance avec nos proches, la cité, la nature, le cosmos. C’est refuser de détruire la planète et de la piller, c’est entretenir des relations respectueuses avec tous les êtres sensibles. C’est, fondamentalement, mener une vie éthiquement juste, mais plus encore, c’est vibrer dans la joie de se sentir en harmonie avec ce qui nous entoure. Toute expérience de la beauté recèle cette faculté. Contempler une œuvre d’art qui nous émeut, s’arrêter devant la perfection de la nature nous relient à ce quelque chose qui nous dépasse et nous pousse de la sorte à transcender notre moi. La contemplation nous grandit, elle fait émerger la partie la plus noble de nous-mêmes…”

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Extraits de : “La puissance de la joie” 2015  Frédéric Lenoir.

Tableau: 1/“Jeune fille en contemplation”  Gaston de la Touche 1854-1913   2/“Brume et glacier de la chaîne de Selkirk”  Frédéric M.Bell-Smith 1846-1923.

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Rechercher l’état de grâce…

BVJ – Plumes d’Anges.

Visitandine…

16 janvier 2016

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“Visite andine”,

j’aurais vraiment aimé vous conter la Cordillère des Andes et ses trésors

mais je n’ai malheureusement jamais visité ce lieu riche en mystères…

Non, je vais vous parler d’une gourmandise,

un sublime petit gâteau que d’autres nomment Financier.

(N’éprouvant aucune passion pour ces nouveaux dieux autoproclamés,

c’est à dire les financiers, je préfère appeler ces pâtisseries de leur autre nom,

les Visitandines.)

Leur  intérêt gustatif est indéniable

et, deuxième avantage,  la recette permet d’utiliser des blancs d’œufs

lorsqu’on ne sait qu’en faire, pas mal, non ?

N’ayant, au fond de mes placards ,

les moules adéquats pour 25 pièces,

j’ai OSÉ un “gros” gâteau,

- gros est peut-être un bien grand mot ! -

c’était très bien, accompagné d’une compote de pommes

sucrée à la cassonade avec zestes de citron et vanille…

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VISITANDINE(S) À L’ORANGE

Ingrédients : 2 blancs d’œufs, 65 grs de beurre, 100 grs de sucre glace, 65 grs de poudre d’amandes, 40 grs de farine, 1 orange bio.

Réalisation : Dans une jatte, mélanger sucre glace, poudre d’amandes et farine, ajouter beurre fondu, jus et zeste d’orange.

Bien remuer puis battre les blancs d’œufs en neige rapidement et les incorporer au précédent mélange. Verser cette pâte dans de petits moules individuels remplis aux 2/3 ou dans un moule style moule à cake. Enfourner environ 15′ à 200° (220° dans mon petit four) pour les petits gâteaux, un peu plus pour le grand, piquer avec la pointe d’un couteau pour vérifier la cuisson et laisser refroidir avant de démouler.

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Recette trouvée un jour dans un journal féminin.

Tableau : “Près de Santa Rosa des Andes, au Chili”   Edward Gennys Fanshawe 1814-1906.

Photos BVJ

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Croquer la vie gourmandement…

BVJ – Plumes d’Anges.


Eau bleue…

14 janvier 2016

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“… Palomides - Elle est pleine de fleurs immobiles et étranges…

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As-tu vu la plus grande qui s’épanouit sous les autres ?

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On dirait qu’elle vit une vie cadencée… Et l’eau… Est-ce de l’eau ?…

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Elle semble plus belle et plus pure et plus bleue que toute l’eau de la terre.

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- Alladine - Je n’ose plus la regarder.

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- Palomides - Regarde autour de nous tout ce qui s’illumine. La lumière n’ose plus hésiter…”

Extrait de “Alladine et Palomides” – Acte 4 scène 1 -  Maurice Maeterlinck 1862-1949.

Photos BVJ (épisode de vagues à la Madrague dans le Var)

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Plonger dans ses rêves…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nourriture céleste…

11 janvier 2016

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“Par d’aussi menues Courtoisies

Une fleur, ou un Livre

Se plantent les graines de sourires -

Qui dans l’ombre fleurissent.”

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“La Pensée est calme comme un Flocon

Une explosion silencieuse

Écho de la Vie qui a trouvé

Son explication.”

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Quatrains d‘Emily Dickinson 1830-1886.

Illustrations : 1/“Hellébores” Magazine botanique de William Curtis 1746-1799 2/“Temple sous la neige à Hirazumi”  Kawase Hasui 1883-1957.

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Songer à nourrir son âme…

BVJ – Plumes d’Anges.