Pensées aimantes…

18 juin 2015

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« J’ai su pourtant donner des ailes à mes paroles,

je les voyais tourner en scintillant dans l’air,

elles me conduisaient vers l’espace éclairé… »

Extrait de : « L’hiver » Philippe Jaccottet.

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Envoyer des pensées  aimantes vers le monde,

vers l’invisible, vers les inconnus, vers les absents,

vers le passé, vers le présent, vers l’avenir,

vers le visible, vers les proches,

vers la nature, vers la vie…

Nous en serons tous riches,

là est le seul trésor.

Fresque anonyme du XIXème siècle – Allemagne.

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Faire circuler les vraies richesses…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nouvel Homme…

15 juin 2015

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« … J’espère en un nouvel homme, je ne dis pas un homme du futur. « Nouvel homme » implique pour moi une renaissance, un être affranchi de beaucoup d’inutilités. Nous compliquons trop nos existences. Mon père disait : « Nous sommes possédés par nos possessions. » Le désert nous apprend à nous soustraire des futilités et inutilités. Dans son espace, nous sommes à la limite de la survie. Les grandes cités nous submergent de superflu dans tous les domaines. Ces boutiques de gadgets, cette marée de nourriture, de vêtements. Ces maisons envahis par quantité de meubles et de bibelots. Tout cela incite les gens à posséder, acheter tout à crédit, y compris leurs vacances. Placés dans une spirale infernale, ils sont dépendants de la société de consommation. Alors que la source du bonheur est en nous-même…

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… Mes recherches scientifiques sont doublées d’une quête religieuse, d’une exploration intérieure très forte qui s’accomplit d’elle-même, sans le secours d’une méthode. L’immersion dans le désert approfondit l’être, le délie de toute responsabilité, l’affranchit des choses accessoires. Ce lieu contient en lui-même une nourriture mentale, car avec un peu d’aliments j’y fais des trajets importants en me portant bien. C’est le hic et nunc, l’Ici et Maintenant où nous trouvons dérisoire et sans sagesse d’avoir compliqué notre existence, accumulé tant de fatras, d’inutilités. Les peuples du désert, qu’ils soient nomades ou sédentaires, me donnent toujours des leçons de par leurs dons d’émerveillement, d’imagination, de volonté et d’adaptation…

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… Le désert nous réapprend les gestes naturellement rituels, inscrits, voire dirigés par le cosmos. Un homme soumis à la modernité et au béton est démuni dans un tel monde, s’il ne se régénère pas  aux deux nivaux essentiels qui le structurent verticalement et horizontalement : la Terre et le ciel. Le citadin n’est plus le fils spirituel de ces deux éléments nourriciers. Cette éternelle division entre Matière et Esprit doit cesser, comme cette idée trop répandue que le scientifique est le premier adepte de cette césure. La Matière est animée par l’Esprit. La montée de la vie et celle de l’esprit sont liées. Certains individus sont porteurs d’espoir. Quelques consciences sont capables de résister à la tradition guerrière. Une poignée de résistants ne se laissent pas domestiquer par la mise en condition générale. Les contestataires, même s’ils sont une goutte d’eau dans la mer, touchent les gens, ouvrent des esprits. Il est bon de réveiller un peu nos contemporains…

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… Je ne suis pas pessimiste, mais clairvoyant. Beaucoup me parent du qualificatif d’illuminé. Je les en remercie. Il est vrai que je suis ébloui, éclairé, rempli de lumière ; car je suis fasciné, émerveillé par la Vie, la Supervie. Le fait de découvrir, d’ouvrir les yeux chaque jour avec la fraîcheur d’un enfant me comble d’immensité et de lumière.

Heureusement, il y a ces résistants, cette poignée de veilleurs qui en éveillent d’autres. Le grain semé est multiplié… »

Extraits de : « Le chercheur d’absolu »  Théodore Monod 1902-2000.

Illustration : 1/« Musa Regina » Henry Oliver Walker 1843-1929.

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Veiller…

BVJ – Plumes d’Anges.

Quête éternelle…

11 juin 2015

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« … Le monde n’est pas une mosaïque de hasards, Steinn. Tout se tient…

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… J’aimerais que tu me remémores l’enchantement que nous ressentions à être en vie, sans faire ni toi, ni moi le moindre plan sur la comète.

C’est quoi le monde, Steinn ? C’est quoi un être humain ? Quelle est cette aventure des étoiles où nous flottons tels des fragments de conscience, de psyché, d’esprit, d’âme apparus comme par enchantement ? Peux-tu entrevoir la moindre lueur d’espoir pour des âmes comme les nôtres ?…

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… Imagine que tu te promènes en forêt. Tu empruntes un sentier que tu as pris il y a quelques semaines, et soudain tu tombes sur un chalet tout neuf que tu n’as encore jamais vu. Tu t’étonnes qu’on ait construit tout à coup un chalet ici, et, pendant que tu t’interroges, une porte s’ouvre et un homme aux yeux bleu clair sort en souriant sur le pas de la porte. Il donne l’impression d’avoir toujours été là. Et il te salue.

– Hé, bonjour ! te lance-t-il.

La scène t’apparait surréaliste, pleine de mystère.

Et maintenant se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce-que le chalet s’est dressé de lui-même à partir de quelques arbres dans la forêt, puis a créé l’homme pour qu’il puisse venir l’habiter et lui donner une âme ? Ou est-ce le contraire, à savoir que l’homme a d’abord construit le chalet avant d’y emménager ?

En d’autres termes, je te demande ce qui te semble le plus plausible : est-ce l’esprit ou la matière qui est venu en premier ?  Dans ton récit de voyage, tu conclus en disant que tu pressens un lien entre la conscience et ce qui s’est produit dans « la première fraction d’une microseconde » de l’univers. Donc, à ton avis, qu’est-ce qui est venu en premier : la conscience ou l’énorme explosion d’énergie qui s’est matérialisée lors de la première seconde ?

N’as-tu pas d’ailleurs donné des arguments pour dire que quelque chose peut avoir existé « derrière ou à l’extérieur du temps et de l’espace produits par le big-bang » ? Ce sont tes propres mots. N’y a-t-il pas un peu de mauvaise fois à parler du big-bang comme du commencement de toute chose ? Ce que nous considérons comme le plus grand tour de prestidigitation du monde peut fort bien n’avoir été qu’une étape d’une continuité d’un état à un autre…

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… Nous pouvons nous placer dans un miroir et nous regarder dans les yeux, et les yeux sont le miroir de l’âme. Nous sommes ainsi les témoins de notre propre énigme. Un sage indien l’a exprimé en disant que l’athéisme est de ne pas croire en la splendeur de son âme.

Ici et maintenant, nous sommes à la fois corps et âme, en même temps… »

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Extraits de : « Le château dans les Pyrénées » 2008  Jostein Gaarder.

Illustration : 1/« Angelot à la pancarte » Raffaello Sanzio 1483-1520  2/« Etude d’arbres »  John Ruskin  1813-1900  3/ »Portrait réfléchi dans un oeil »  British Library – 1908.

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Questionner la vie avec ferveur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ecrin…

8 juin 2015

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Nourrir sa curiosité au sein d’un lieu nouveau est une expérience fort agréable…

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Amis voyageurs, si vos pas vous mènent vers la ville d’Aix-en-Provence,

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faites donc une halte en ce doux endroit,

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il vaut le détour, tout y est pur enchantement…

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Mille et un détails guettent le visiteur,

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l’écrin XVIIIème est somptueux, les couleurs parlent aux matières, les miroirs reflètent les bois patinés,

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les artisans d’art qui ont œuvré dans cette extraordinaire restauration sont à mettre à l’honneur,

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la musique du lieu fait vibrer tout l’espace.

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Et le contenu du moment

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vous offre un voyage qui  transporte

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au delà des frontières, au delà du réel…

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POUR TOUT SAVOIR SUR CE CENTRE D’ART DE L’HÔTEL DE CAUMONT,

VOUS POUVEZ ALLER —> ICI

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« Toute beauté est joie qui demeure »

John Keats

Illustrations des expositions en cours : 1/ « Notre Dame de la Salute »  Giovanni Antonio Canal dit Canaletto – 1697-1768  2/ « Flying Houses » Photo de Laurent Chéhère.

Photos E.P. et BVJ.

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Se nourrir de talent et de beauté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Autres voies…

3 juin 2015

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« … Clara vint à côté de lui et, lui montrant la partition du doigt , lui fit signe d’en tourner les pages (…)  Les mains de la petite étaient fines et gracieuses, plutôt larges pour une enfant qui n’avait fêté ses dix ans qu’en novembre, et extrêmement déliées. Elle les tint au-dessus des touches comme il fallait pour entamer le morceau mais les laissa en suspens pendant un instant où les deux hommes eurent le sentiment qu’un vent ineffable soufflait dans l’espace de la nef. Puis elle les posa. Alors une tempête balaya l’église, une vraie tempête qui fit s’envoler les feuilles et rugit comme une vague qui monte et qui retombe sur l’amer des rochers. Enfin, l’onde passa et la petite joua.

Elle joua lentement, sans regarder ses mains et sans se tromper une seule fois. Alessandro tourna pour elle les pages de la partition et elle continua de jouer avec la même inexorable perfection, à la même vitesse et avec la même justesse, jusqu’à ce que le silence se fasse dans l’église transfigurée.

– Tu lis ce que tu joues ? demanda Alessandro après un long moment.

Elle répondit :

– Je regarde.

– Tu peux jouer sans regarder ?

Elle hocha la tête.

– Tu regardes seulement pour apprendre ?

Elle hocha encore la tête et ils se regardèrent avec indécision, comme si on leur avait donné du cristal si délicat qu’ils ne savaient de quelle manière le déposer dans leur paume…

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… La vraie foi, on le sait, se soucie peu des chapelles, elle croit en la collusion des mystères et broie de son syncrétisme candide les tentations trop sectaires…

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… La religion de la poésie, Maria la côtoyait pourtant chaque jour lorsqu’elle montait aux arbres et qu’elle écoutait le chant des rameaux et des feuilles. Elle avait compris très tôt que les autres se mouvaient dans la campagne comme des aveugles et des sourds auxquelles les symphonies qu’elle écoutait et les tableaux qu’elle embrassait n’étaient que bruits de la nature et paysages muets. Quand elle parcourait ses champs et ses bois, elle était en contact permanent avec des flux matériels sous la forme de tracés impalpables mais visibles qui lui faisaient connaître les mouvements et les radiations des choses, et si elle aimait aller en hiver aux chênes de la combe du champs voisin, c’est que les trois arbres aimaient l’hiver aussi et y esquissaient des estampes vibrantes dont elle voyait et sentait les touches et courbes à la manière d’une gravure de maître incarnée dans les airs. De plus, Maria ne dialoguait pas seulement avec la matière mais échangeait aussi avec les animaux de ces terres…

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… Savez-vous ce que c’est qu’un rêve ? Ce n’est pas une chimère engendrée de notre désir mais une autre voie par où nous absorbons la substance du monde et accédons à la même vérité que celle qui dévoilent les brumes, en celant le visible et en dévoilant l’invisible…

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… Qu’est-ce que guérir, au fond, si ce n’est faire la paix ? Et qu’est-ce que vivre si ce n’est pour aimer ? … »

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Extraits de : « La vie des Elfes » 2015  Muriel Barbery.

Illustrations : 1/« Forêts » 2/« Fugues et préludes-Ange » 3/« Silence » Mikalojus Konstantinas Ciurlionis 1875-1911.

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Percevoir autrement…

BVJ – Plumes d’Anges.

Être humain…

25 mai 2015

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« … C’est au moment très ancien où, avec un mélange de terre et de feu, les dieux façonnent la multitude des êtres vivants. Cela fait, ils demandent à Prométhée et à son frère Épiméthée, connu pour son étourderie, d’attribuer à chacun des êtres des avantages variés et spécifiques pour les aider avec leurs moyens particuliers à survivre dans un monde hostile. Épiméthée intervient alors pour demander à son frère de lui confier cette tâche. « Tu contrôleras après », ajoute-t-il. Et il se met à l’œuvre. À l’un il donne la force physique, mais pas la vitesse (on pense à l’hippopotame) tandis qu’à un autre, ce sera l’inverse (par exemple la gazelle). Certains animaux de petites tailles peuvent voler, d’autres peuvent creuser des abris souterrains. Pour les gros animaux (les éléphants ou les baleines) c’est la dimension corporelle qui sert de protection. À ceux qui allaient vivre dans les régions de grand froid, il attribue une fourrure épaisse (ours) , à tels autres, des sabots de corne (gazelle), des griffes solides (condor). De plus, selon leurs besoins alimentaires, il procure à chacun des herbes, des fruits, des racines et des viandes.


La fécondité est attribuée aux espèces qui se dépeuplent vite (les lapins). L’idée est de donner à chacun des chances égales pour éviter d’être exterminé dans la confrontation avec la dure réalité. Mais il a oublié l’espèce humaine. Prométhée, revenu pour faire son inspection, aperçoit au milieu des animaux convenablement pourvus, l’homme nu, sans fourrure, désarmé, qui se prépare à entrer dans le monde. Il faut l’aider. Il a alors l’idée de lui donner l’intelligence et le génie créateur. Il lui apprend à faire le feu, les pièges, les armes pour survivre avec sa famille parmi les bêtes féroces. L’intervention de Prométhée fait miracle. Grâce à ce cadeau, l’humanité réussit à résister à l’hostilité de son environnement. De leur statut précaire d’êtres faibles et menacés, les humains deviennent l’espèce la plus puissante et dominatrice de la nature… »

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UN JOUR, SUR LA TERRE,

TOUT N’ÉTAIT QU’ÉQUILIBRE,

QUE S’EST-IL DONC PASSÉ ?

N’EST-IL PAS TEMPS DE CHANGER NOS COMPORTEMENTS ?

Mythe de Prométée de Platon résumé par Hubert Reeves dans « Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve » 2013.

Illustrations : 1/« Tête d’âne » étude de Walter Hunt 1861-1941  2/« Chèvres du Cachemire » William Daniell 1769-1837  3/« Atelier à Paris »  Eva Bonnier 1857-1909.

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Voir autrement, servir l’intelligence du cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

S’ouvrir…

22 mai 2015

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« Un fakir vivait dans une cabane. Une nuit où la pluie tombait à verse, il fut réveillé par des coups frappés à la porte.

– Il y a quelqu’un dehors, un voyageur. Un ami inconnu cherche un abri.

– Un ami inconnu attend dehors, va lui ouvrir la porte, dit-il à sa femme.

-Mais nous n’avons pas de place, protesta la femme. Cette cabane est déjà trop petite pour nous deux. Où mettre une troisième personne ?

– Ma chère, répondit le fakir, ce logis est tellement petit qu’il ne peut le devenir davantage. Un palais, oui, un palais semble rétrécir chaque fois que quelqu’un y pénètre. Cela ne peut arriver à cette cabane.

– Qu’est-ce que cela a à voir avec notre situation ? rétorqua la femme. Cette hutte est trop petite, un point c’est tout.

– Du moment qu’il y a de la place dans ton cœur, cette cabane sera une maison superbe, dit le fakir. Mais si ton cœur est étroit, même un palais te semblera insuffisant. Ouvre la porte, je t’en prie. Peut-on refuser d’accueillir une personne qui frappe à la porte ? Nous étions couchés, eh bien ! si nous restons assis, il y aura assez de place pour nous trois.

– La femme ouvrit la porte et un homme entra, trempé jusqu’aux os. Ils s’installèrent et se mirent à converser lorsque deux autres voyageurs arrivèrent.

– Le fakir demanda au premier d’ouvrir la porte.

– Ouvrir la porte ? Mais il n’y a plus de place !

Il n’avait pas compris que le fakir ne l’hébergeait pas par affection personnelle, mais tout simplement parce que la cabane était pleine d’amour. Des gens se présentaient à la porte et l’amour les recevait, c’est tout.

L’homme insista :

– N’ouvrons pas, c’est déjà si peu commode de se tenir à trois dans cette hutte !

– Mon ami, dit le fakir, nous avons fait de la place pour toi parce que l’amour règne sous ce toit. L’amour est toujours là, il n’a pas pris fin lorsque tu es arrivé. Ouvre la porte, je t’en prie. Nous nous serrerons les uns contre les autres, c’est aussi simple que cela. Cela nous tiendra au chaud, il fait froid cette nuit.

La porte fut ouverte et deux hommes entrèrent.

Puis ce fut le tour d’un âne qui vint cogner son front contre la porte. Il grelottait, il était tout mouillé, il avait besoin d’aide. Le fakir s’adressa à l’homme qui était assis contre la porte :

– Ouvre, s’il te plait, voici un nouvel ami.

L’homme jeta un coup d’œil dehors et dit :

– Non, ce n’est rien, ce n’est qu’un âne.

– Sais-tu, dit le fakir, qu’à la porte des riches les hommes sont reçus comme des chiens ? Ici tu te trouves dans la cabane d’un pauvre fakir. Nous ne faisons pas de différence entre les gens et les animaux. Ouvre la porte, je te prie.

Les visiteurs protestèrent en chœur :

– Mais il n’y a plus de place !

– Mais si, dit le fakir. Nous resterons debout. S’il le faut j’irai dehors. »

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Histoire citée par Jean-Yves Leloup dans « La grâce et l’absurde » – 1991.

Illustrations : 1/« Arbre et brouillard à l’automne »  Carl Gustav Carus Kahler 1789-1869   2/« Lion au repos »  Akbar XVIème.

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Ouvrir son cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Famille humaine…

18 mai 2015

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« … Parmi les nombreuses difficultés rencontrées aujourd’hui, nous devons endurer et régler avec sérénité les catastrophes naturelles. En revanche, il nous appartient de remédier aux problèmes dont nous sommes responsables, nés de malentendus. Ainsi les religions, les idéologies ou la politique génèrent des guerres. Les hommes se battent pour défendre des croyances, négligeant l’idée que chacun d’entre nous est un membre de la grande famille humaine. Nous ne devons jamais oublier que les religions, les idéologies et les théories politiques sont apparues pour amener l’humanité sur le chemin du bonheur. Ce but ultime et fondateur ne doit pas être oublié. À aucun moment les moyens ne doivent être considérés plus que la finalité pour laquelle ils ont été créés : la compassion doit toujours l’emporter sur l’idéologie…

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… La pratique d’une grande religion n’est pas indispensable pour savoir cultiver la bonté et créer un sentiment d’intimité avec tous les êtres vivants. Les croyants ne sont pas les seuls concernés. L’origine ethnique, la religion ou le point de vue politique importent peu. Néanmoins le sentiment d’appartenance à la famille humaine concourt à embrasser ce point de vue immense durable. Les valeurs fondamentales d’amour et de compassion sont innées. Les opinions raciales, politiques et théologiques, nous les rencontrons plus tard. La violence est étrangère à la nature profonde de l’être humain. Pourquoi la presse s’intéresse-t-elle aux évènements violents et s’arrête-t-elle rarement sur des actes de compassion ? La violence est choquante. Elle n’est pas en accord avec notre nature profonde. Alors que les actes de compassion sont cohérents puisqu’ils émanent de notre propre nature… »

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Extraits de : « Se voir tel qu’on est » 2006  Sa sainteté le Dalaï Lama avec la collaboration de Jeffrey Hopkins.

Illustrations : 1/« Éléphant et cornac »  Amal-e Hashim 1620-1660 2/Panneau brodé en soie et velours – Œuvre anonyme du XVIIème. 

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L’humain, avant toute chose…

BVJ – Plumes d’Anges.

Petite annonce…

13 mai 2015

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Cascades célestes

cherchent à nouer conversation

avec parfums terrestres

en vue de changer le monde…

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Célébrer notre printemps,

s’unir dans la beauté,

éclore,

fleurir ensemble…

Photos BVJ

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Imiter la Nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Quintessences…

11 mai 2015

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« … À quel moment commence réellement le voyage ? L’envie, le désir certes, la lecture, bien-sûr tout cela définit le projet, mais le voyage lui-même, quand donc peut-on le dire entamé ?…

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… Comment procéder avec les ivresses induites par le voyage ? Écrire ? Noter ? Dessiner ? Envoyer des lettres ? Et si oui, brèves ou longues ? Préférer des cartes postales ? Photographier ? Transporter avec soi des carnets sur lesquels on consigne croquis et phrases, mots et silhouettes, chiffres et nombres …

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… Noter, donc. Noter ce qui, dans le déroulement temporel et fluide du temps réel, dégage du sens et quintessencie le voyage. Couper, tailler dans le ruban de la chronologie des durées magnifiques, des instants qui rassemblent et résument l’idée, puis synthétisent l’esprit de déplacement. La mémoire fonctionne ainsi : prélever dans l’immensité longue et lente du divers les points de repère vifs et denses utiles pour cristalliser, constituer et durcir les souvenirs…

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… Dans le fouillis et le fatras de l’expérience vécue, la trace cartographie et permet le relevé d’une géographie sentimentale…

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… Entre l’absence de trace et leur excès, la fixation des instants forts et rares remplace le long temps de l’évènement en un temps court et dense : celui de l’avènement esthétique. Avec de longues durées, il s’agit de produire de brèves émotions et du temps concentré dans lequel se comprime le maximum d’émotions expérimentées par le corps. Un poème réussi, un cliché retenu, une page qui reste supposent la coïncidence absolue entre l’expérience vécue, accomplie et la souvenance réactivée, toujours disponible malgré l’écoulement. D’un voyage ne devraient rester que trois ou quatre signes, cinq ou six, guère plus. En fait, autant que les points cardinaux nécessaires à l’orientation…

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… Réactiver la fixation des vertiges, reprendre ses notes, ses carnets de croquis, ses photos, ses billets, ses carnets, ses papiers divers, consulter à nouveau les supports auxquels on a confié ses impressions sollicite la mémoire avec efficacité. On replonge dans le fouillis des impressions immédiates arrêtées dans le temps en pouvant dégager l’essentiel et faire remonter à la surface les morceaux de lumière avec lesquels se construit le souvenir. L’œuvre s’annonce puis s’énonce dans ce travail volontariste. Avec du passé se prépare du futur, ainsi le présent se trouve densifié, durci, plus cohérent, plus consistant. Ordonner les traces débouche, met en forme l’âme… »

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Extraits de : « Théorie du voyage – Poétique de la géographie » 2006  Michel Onfray.

Illustrations : 1/  2/  3/  Feuilles d’un « Carnet de voyage au Maroc »  Eugène Delacroix 1798-1863.

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Extraire les quintessences de nos petits et grands voyages…

BVJ – Plumes d’Anges.