Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Fantôme blanc et bel étranger…

mardi 14 septembre 2010

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 » Les racines enfoncées dans le sol, les branches protectrices des jeux de l’écureuil, du nid et des ramages des oiseaux, l’ombre accordée aux bêtes et aux hommes, la tête en plein ciel. Connais-tu une plus sage et plus bienveillante méthode d’exister ? »

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 » Miracle des instantanés qui fixent l’image de l’eau jaillissante, fusant hors d’elle-même, rebondissant vers le haut, comme la gerbe d’écume d’une vague fracassée au bord d’un rocher. La vague morte engendre ce grand fantôme blanc qui dans un instant ne sera plus. L’espace d’un déclic, l’eau pesante monte comme une fumée, comme une vapeur, comme une âme. »

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 » Ton corps aux trois-quarts composé d’eau, plus un peu de minéraux terrestres, petite poignée. Et cette grande flamme en toi dont tu ne connais pas la nature. Et dans tes poumons, pris et repris sans cesse à l’intérieur de la cage thoracique, l’air, ce bel étranger sans qui tu ne peux pas vivre. »

 » Écrits dans un jardin » – Marguerite Yourcenar – 1903 – 1987.

Tableaux : 1/ « Pommiers en fleurs » Stanislaw Witkiewicz 1851-1915  2/« Versailles Louis XIV dans les jardins » 1713  3/« l’Ange de la vie » Giovanni Segantini 1858- 1899

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Du ciel vers la terre, de la terre vers le ciel, incessant mouvement de la Vie, respiration du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Immortelle Volonté…

lundi 13 septembre 2010

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 » Je suis l’oiseau de Dieu, dans son bleu,

divinement haut et clair

je chante les notes du doux et du vrai

pour l’oreille du dieu et du séraphin.

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De la terre du mortel je m’élève comme flamme

en un ciel sans douleur

et sème sur le sol souffrant de sa naissance

les graines du feu et de l’extase.

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Mes ailes s’essorent par delà Temps et Espace

dans la lumière qui ne s’éteint pas ;

j’apporte la félicité de la face de l’Éternel

et le don de la vue de l’Esprit.

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De mes yeux de rubis je mesure les mondes ;

je suis perché sur l’arbre de Sagesse

submergé des fleurs du Paradis

par les fleuves de l’Éternité.

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Rien n’est caché devant mon cœur brûlant ;

mon mental est calme et illimité

mon chant est l’art mystique de l’ivresse,

mon vol est l’immortelle Volonté. « 

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« L’oiseau bleu » – Sri Aurobindo – 1872 – 1950.

Illustrations : 1/ « Le pays de l’Oiseau bleu » – Berta Boyton Lum – 1869 – 1954 .

2/  » Troupeau de grues, heureux présages » Empereur Huizong,Zhao Ji – 1082 – 1135.

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Élevons-nous, élevons-nous pour mieux entendre les chants du ciel…

BVJ – Plumes d’Anges.

Ivresse de la passion…

vendredi 10 septembre 2010

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 » Des papillons, un soir d’été, voletant au hasard des brises rencontrèrent l’ombre nocturne d’une maison de pauvres gens. Derrière la lucarne ouverte ils aperçurent, dans le noir, une flamme droite, menue. C’était celle d’une bougie. Ils en eurent l’âme éblouie. Ils n’avaient jamais vu de semblables lueurs dans le désert des nuits. Ils s’assemblèrent, frémissants, sur la branche basse d’un arbre, à quelques coups d’ailes du lieu où cette merveille brillait.

– Oh, sa beauté ! se dirent-ils.

– Oh, sa droiture, sa noblesse !

– Sentez-vous comme cette flamme nous appelle ? dit un ancien. Dans ce monde obscur où nous sommes, c’est la lumière de l’amour. Elle est notre rêve vivant. Elle doit savoir ce que sait Dieu. Nous l’avons vue, et désormais comment vivre encore sans elle ? L’un d’entre nous doit l’approcher, nous ramener de ses nouvelles.

Un intrépide s’ébroua, s’envola jusqu’à la lucarne. Il se posa sur le rebord. La flamme eut un frisson léger, la pénombre à peine s’émut. Il s’effraya, revint en hâte, décrivit la chose aperçue.

– Impressionnant, dit-il aux autres. Elle a bougé quand elle m’a vu !

L’ancien soupira. Il lui dit :

– Tu ne t’es guère approché d’elle. Que peux-tu savoir de sa vie ?

On envoya un autre expert. Celui-là franchit bravement le seuil obscur de la lucarne, effleura la pointe du feu, poussa un cri de papillon, vira de bord, l’aile fumante, et s’en revint à la nuit fraîche en braillant qu’il s’était brûlé.

– Insuffisant, grogna l’ancien. Nous voulons savoir plus et mieux.

Un troisième, ivre de passion, s’en fut sans qu’on le lui demande. Il s’enfonça dans les ténèbres, embrassa la flamme étonnée, s’embrasa, partit en fumée. On vit de loin ce compagnon un bref instant éblouir l’ombre.

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– Lui seul sait ce que l’amour veut dire, murmura le vieux papillon. Il a eu, c’est incontestable, de vraies nouvelles de l’aimée. »

« La conférence des papillons » – Henri Gougaud – Contes de la folie d’aimer – 2003.

Illustrations : 1/ Planche de papillons extraite de Biologia Centrali-Americaner – Eds. Godman and Salvin – 1915 – 2/ « Deux amoureux »Bahram Sufrakish – 1640.

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Aller jusqu’au bout du monde… par amour…

BVJ – Plumes d’Anges.

Clarté de la nymphée…

mardi 7 septembre 2010

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 » Quand vous êtes coincés contre un mur,

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restez immobiles et prenez racine, comme un arbre,

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jusqu’à ce que la clarté provenant de vos sources profondes vous aide à voir au-delà de ce mur. »

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Carl Gustav Jung – 1875 – 1961.

Fresques de la nymphée souterraine – Villa di Livia – Rome1°siècle avant J.C.

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L’Arbre de vie intérieur(e)…

BVJ – Plumes d’Anges.


Réenchanter le monde…

lundi 6 septembre 2010

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« … Il n’avait pas un sou en poche, mais avait foi en la vie…

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… Parce que nous devons suivre les signes sans réfléchir…

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… Quand la chance est de notre côté, il faut en profiter et tout faire pour l’aider de la même façon qu’elle nous aide…

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… Souviens-toi de toujours savoir ce que tu veux…

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… Car ce qui séduit toujours le plus les hommes, c’est la beauté…

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… Ne renonce jamais à tes rêves. Sois attentif aux signes…

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… Un langage compris de tous… le langage de l’enthousiasme des choses que l’on fait avec amour, avec passion en vue d’un résultat que l’on souhaite obtenir ou en quoi l’on croit…

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… Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir…

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… Personne ne doit avoir peur de l’inconnu, parce que tout homme est capable de conquérir ce qu’il veut et qui lui est nécessaire…

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… Quand on désire quelque chose de tout son cœur, on est plus près de l’Âme du Monde. C’est toujours une force positive…

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… Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers ?…

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… Car les gens cèdent à la fascination des tableaux et des mots, et, pour finir, Ils oublient le Langage du Monde…

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… L’heure la plus sombre est celle qui vient juste avant le lever du soleil…

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… Ne t’abandonne pas au désespoir, cela t’empêche de pouvoir converser avec ton cœur…

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… Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer…

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… C’est quand on aime que l’on arrive à être quelque chose dans la Création…

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… C’est lorsque nous cherchons à être meilleurs que nous le sommes, tout devient aussi meilleur autour de nous…

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… C’est nous qui alimentons l’Âme du Monde, et la terre sur laquelle nous vivons sera meilleure ou pire selon que nous serons meilleurs ou pires…

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Paolo Coelho – » L’Alchimiste » – 1988.

Tableaux d’Abbott Handerson Thayer – 1849 – 1921 – 1/ Winged Figure 2/ Angel – 3/Stevenson Memorial.

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Être attentif aux signes…

BVJ – Plumes D’Anges.


Esprit aérien…

vendredi 3 septembre 2010

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« … J’étais fleur, une jolie fleur blanche délicatement découpée, probablement une sorte de saxifrage sarmenteuse pendant sur le bord d’une source, et j’avais toujours soif, toujours soif.


Le désir est une puissance dont on ne connaît pas la limite.

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Un matin je me détachai de ma tige, je flottai soutenu par la brise.


J’avais des ailes, j’étais libre et vivant.


Les papillons ne sont que des fleurs envolées, un jour de fête où la nature était en veine d’invention et de fécondité… »

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Amantine, Lucile, Aurore  Dupin, baronne Dudevant, dite

George Sand – 1804 – 1876 –  Contes d’une grand’mère – « Le chien et la fleur sacrée ».

Photographie d’une Saxifage.

Projet d’éventail – « L’entomologiste » – Jean-Louis Hamon – 1821-1874.

Planche XXXI – « Histoire naturelle des insectes anglais » – Moses Harris – 1731 – 1785 .

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Ayons un désir fou, avec légèreté, d’aller boire à la Source…

BVJ – Plumes d’Anges.

Patience d’Ange…

mercredi 1 septembre 2010

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À mon papa, qui m’a souvent parlé du philosophe Alain, du verre à moitié vide ou à moitié plein, selon le regard que l’on veut bien porter sur le monde… Merci à toi, mon papa !

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« Quand je vais prendre le train, j’entends toujours des gens qui disent : »Vous n’arriverez qu’à telle heure. Comme ce voyage est long et ennuyeux ! » Le mal est qu’ils le croient ; et c’est là que notre stoïcien aurait dix fois raison quand il dit : »Supprime le jugement, tu supprimes le mal. »

Si l’on regardait les choses autrement, on serait conduit à considérer un voyage en chemin de fer comme un des plaisirs les plus vifs. Si l’on ouvrait quelque panorama où l’on verrait les couleurs du ciel et de la terre et la fuite des choses comme sur une grande roue dont le centre serait au fond de l’horizon, si l’on donnait un tel spectacle, tout le monde voudrait l’avoir vu. Et si l’inventeur réalisait aussi la trépidation du train et tous les bruits du voyage, cela paraitrait encore plus beau.

Or toutes ces merveilles, dès que vous montez en chemin de fer, vous les avez gratis ; oui, gratis car vous payez pour être transporté, non pour voir des vallées, des fleuves et des montagnes. La vie est pleine de ces plaisirs vifs, qui ne coûtent rien, et dont on ne jouit pas assez. Il faudrait des écriteaux dans toutes les langues et un peu partout, pour dire :

« Ouvrez les yeux, prenez du plaisir. »

À quoi vous répondez : » Je suis voyageur, non spectateur. Une affaire importante veut que je sois ici ou là, le plus tôt que je pourrai. C’est à cela que je pense ; je compte les minutes et les tours de roue. Je maudis ces arrêts et ces employés indolents qui poussent les malles sans passion. Moi je pousse les miennes en idée ; je pousse le train ; je pousse le temps. Vous dites que c’est déraisonnable, et moi je dis que c’est naturel et inévitable, si l’on a un peu de sang dans les veines. »

Assurément il est bon d’avoir du sang dans les veines ; mais les animaux qui ont triomphé sur cette terre ne sont pas les plus colériques ; ce sont les raisonnables, ceux qui gardent leur passion pour le juste moment. Ainsi le terrible escrimeur ce n’est pas celui qui frappe du pied la planche et qui part avant de savoir où il ira ; c’est ce flegmatique qui attend que le passage soit ouvert et qui y passe soudain comme une hirondelle. De même, vous qui apprenez à agir, ne poussez pas votre wagon, puisqu’il marche sans vous. Ne poussez pas le majestueux et imperturbable temps qui conduit tous les univers ensemble d’un instant à un autre instant. Les choses n’attendent qu’un regard pour vous prendre et vous porter. Il faudrait apprendre à être bon et ami pour soi-même.

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« Patience » – 11 décembre 1910 – Propos sur le bonheur – Émile Chartier dit Alain – 1868 – 1951.

Illustration Chemin de Fer Lyon-Saint Étienne – auteur inconnu – 1830.

Tableau « Oiseau de Dieu » Joanna Mary Boyce – 1831 – 1861.

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Ouvrons les yeux, prenons du plaisir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Coquillage ensoleillé…

mardi 31 août 2010

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 » Une âme pure est comme une belle perle.

Tant qu’elle est cachée dans un coquillage au fond de la mer, personne ne songe à l’admirer.

Mais si vous la montrez au soleil, cette perle brille et attire les regards. »

Le curé d’Ars.

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Tableaux : 1/  » Bébé de l’eau  » – Herbert James Draper – 1863 – 1920 – 2/  » La prière » – William Adolphe Bouguereau – 18251905.

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Éveillons les enfants à la Lumière…


BVJ – Plumes d’Anges.

Nuit étoilée…

vendredi 27 août 2010

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 » Sur la pente des monts les brises apaisées

Inclinent au sommeil les arbres onduleux,

L’oiseau silencieux s’endort dans les rosées,

Et l’étoile a doré l’écume des flots bleus.

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Au contour des ravins, sur les hauteurs sauvages,

Une molle vapeur efface les chemins,

La lune tristement baigne les noirs feuillages,

L’oreille n’entend plus les murmures humains.

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Mais sur le sable au loin chante la mer divine,

Et des hautes forêts gémit la grande voix,

Et l’air sonore, aux cieux que la nuit illumine,

Porte le chant des mers et le soupir des bois.

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Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines,

Entretien lent et doux de la terre et du ciel !

Montez, et demandez aux étoiles sereines

S’il est pour les atteindre un chemin éternel.

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Ô mers, ô bois songeurs, voix pieuses du monde

Vous m’avez répondu durant mes jours mauvais ;

Vous avez apaisé ma tristesse inféconde,

Et dans mon cœur aussi vous chantez à jamais.

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« Nox » – Charles Marie René Leconte de Lisle – 1818 – 1894.

Tableaux : 1/ « Nuit » – Edward Robert Hugues – 1851 – 1914 ;  2/ « Nuit » – Simeon Solomon – 1840 – 1905.

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Le jour succède toujours à la nuit…

BVJ – Plumes d’Anges.


Béatifique Nature…

mercredi 25 août 2010

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 » Il est au sein des bois un charme solitaire

Un pur ravissement aux confins du désert,

Et de douces présences où nul ne s’aventure,

Au bord de l’océan qui gronde et qui murmure :

Sans cesser d’aimer l’Homme, j’adore la Nature… »

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George Gordon Byron, dit Lord Byron – 1788 – 1824.

Tableaux de John William Waterhouse – 1849 – 1917 –

1/ « Cueillez des boutons de roses tant que vous le pouvez. » – 2/« Miranda ».

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Puiser des forces au sein de la Nature…

BVJ – Plumes d’Anges.