Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

L’essence du sens…

mercredi 29 septembre 2010

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 » Charles Péguy (ou quelqu’un d’autre, je ne me souviens plus bien ) se rend à la cathédrale de Chartres.

Sur sa route, il croise un gars qui casse  des cailloux. Il lui demande ce qu’il fait.

Le gars lui répond, en pestant, qu’il fait un boulot stupide, fastidieux et mal payé de surcroît.

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Péguy poursuit sa route, croise un deuxième casseur de cailloux, qui lui dit :

 » Ma foi, je gagne ma vie en plein air, c’est mieux que derrière un bureau. »

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Péguy avance, rencontre un troisième casseur de cailloux. Celui-là rayonne de joie. Péguy lui demande ce qu’il fait et le gars répond :

 » Vous voyez bien, je bâtis une cathédrale. »

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Le sens qu’il donne à ses efforts lui apporte beaucoup de bonheur, car il métamorphose le réel. Le caillou est déjà un morceau de la future cathédrale. »

Histoire racontée par Boris Cyrulnik ( Interview magazine Psychologie-« Donner du sens à sa vie »).

Illustrations : 1/  « Transport du marbre de Carrare » – Nicolay Ge – 1831 – 1894  2/ « Mécaniques, Architecture & Mathématiques de la Cathédrale de Milan » 3/ Gravure anonyme colorisée de la Cathédrale de Milan – 1856.

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Nous avons la liberté de choisir quel regard porter sur la vie…

BVJ – Plumes d’Anges.


Le sensible…

mardi 28 septembre 2010

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… » Le bonheur n’est peut-être qu’une épreuve qui a bien tourné. Ou une bienheureuse disposition du cerveau. Qu’en sait-on au juste sinon que tout instant recèle une chance de bonheur, et qu’il ne tient qu’à nous de la saisir ?…

( au Japon ) … On dit aussi là-bas que les gestes du quotidien peuvent gagner en élévation à condition qu’ils soient simples et répétés chaque jour…

… Le sensible nous promet l’infini ; il arrive même qu’il nous l’offre…

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( Rilke au jeune poète Kappus qui lui confiait son désir d’écriture ) … « Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer durant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir ». Il faut être seule pour s’ouvrir au monde. Seule aussi pour faire entrer le monde en soi et le laisser agir…

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… Le monastère extérieur s’élève par addition de pierres, le monastère intérieur, lui, résulte d’un incessant déblaiement. Le sensible procède d’un travail similaire. » …

Élisabeth Barillé – « Petite éloge du sensible » 2008.

Tableaux : 1/ Décoration gothique du haut d’une fenêtre – 1853  2/et 3/ « Solitude » – « Odalisque » – Frederic Leighton 1830 – 1896.

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S’ouvrir à la délicatesse du silence intérieur…

BVJ – Plumes d’Anges.


L’Optimisme…

lundi 27 septembre 2010

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… » Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin.

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– Vous avez raison, dit Pangloss ; car quand l’homme fut mis dans le jardin d’Eden, il y fut mis « ut operaretur eum », pour qu’il travaillât : ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le repos.

– Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable.

Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents : la petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était, à la vérité, bien laide, mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda, la vieille eut soin du  linge. Il n’y eut pas jusqu’à frère Giroflée qui ne rendit service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss, disait quelquefois à Candide :

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«  Tous les évènements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.« 

– Cela est bien dit, répondit Candide ; mais il faut cultiver notre jardin. »…

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 » Candide ou l’Optimisme  » 1759 – François Marie Arouet dit Voltaire 1694 – 1778.

Tableaux de John Frederick Lewis 1805 – 1876  1/ »Deux colombes en cage » 2/ »Repas de midi » 3/ »Dans le jardin du Bey« .

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Ouvrir grands nos yeux pour savoir quand semer, la récolte arrivera en son temps…

BVJ – Plumes d’Anges.

Pour guérir le monde…

vendredi 24 septembre 2010

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À TOUS LES GRANDS VOYAGEURS…

N’oubliez jamais d’emporter,

pliée sur votre cœur,

cette petite feuille de papier :

ces mots pourraient guérir le monde…

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Tableaux : 1/ « Vue du Brésil »Martin Johnson Heade 1819 – 1904   2/ « Passiflore incarnata »  – Hanz Simon Holtzbecker 1649/1659.

« Les Miscellanées de Mr Schott » page 51 –  2002 – Ben Schott.

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Se dire JE T’AIME…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin du Thé…

jeudi 23 septembre 2010

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 » Puis on emplit les tasses et l’on boit. Ô nectar ! Les petites feuilles membraneuses demeurent suspendues comme des nuages s’écaillant dans un ciel serein ou flottent comme des nénuphars sur un étang d’émeraude… C’est un tel breuvage qu’évoquait Lo T’ong, poète Tang, lorsqu’il écrivait :

«  La première tasse humecte mes lèvres et mon gosier, la deuxième rompt ma solitude, la troisième fouille mes entrailles mises à nu et y débusque mille volumes d’étranges idéogrammes, la quatrième suscite une légère sueur – et tout le noir de ma vie se dissout à travers mes pores. À la cinquième tasse, je suis purifié ; la sixième m’expédie au royaume des Immortels. La septième – ah, je ne saurais en absorber davantage ! Je sens seulement un souffle de vent frais gonfler mes manches. Où est P’eng-lai-chan* ? Ah ! Laissez-moi chevaucher cette douce brise et m’envoler loin d’ici ! « …

* Les Îles (ou Montagnes) des Immortels, l’un des paradis taoïstes, où se trouve l’Arbre à soleils. « 

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« Le livre du thé »  Okakura Kakuso 1862 – 1913 – Texte issu du livre « Le goût du thé » éditions Mercure de France – 2007.

Tableaux : 1/ « La buveuse de thé » Jean-Baptiste Siméon Chardin – 1699 – 1779    2/ « Fleurs sur table en acajou » John La Farge – 1835 – 1910.

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Doux moment de pause et de sérénité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Petite voie…

mercredi 22 septembre 2010

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Il y a comme ça des petits chemins qui se dessinent en nous à la lecture de quelques mots, des phrases qui ouvrent des possibles, des questions qui surgissent, des silences qui réfléchissent, des réponses qui s’invitent à notre table et qui s’éclipsent un beau matin pour laisser la place à d’autres… Ainsi coule la vie…

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22 SEPTEMBRE

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 » Ne perds pas de temps en vaines pensées et bavardages. Utilise chaque instant en pensées et en paroles aimantes, positives, constructives. Rends-toi compte que les pensées que tu projettes peuvent aider ou abîmer ; par conséquent, sois maître de tes pensées et de tes paroles et non leur esclave. Pourquoi ne pas jouir pleinement de la vie ? Tu ne peux le faire  que lorsque tu donnes le meilleur de toi en temps, en paroles et en actes. Ouvre les yeux et ouvre ton cœur, vois et sens le meilleur en tous et en tout autour de toi. Si tu as de la difficulté à trouver le meilleur, continue simplement à le chercher jusqu’à ce que tu l’aies trouvé ; il est là qui t’attend.

Il y a beaucoup de choses merveilleuses dans le monde. Pourquoi ne pas prendre du temps pour te concentrer sur elles et en remplir ta vie, afin que celles qui sont déplaisantes, malheureuses et discordantes ne puissent y trouver place ? La vie est ce que tu en fais. Que fais-tu de la tienne ? « 

Eileen Caddy

« La petite voix » Méditations quotidiennes – 22 septembre.

Tableau :  » Cœur de neige  » – Edward Robert Hugues – 1851 – 1914.

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Chercher le meilleur en tout et en tous…

BVJ – Plumes d’Anges.




Chat de charme…

mardi 21 septembre 2010

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À feu Doudou, chat de ma vie…

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 » Dans ma cervelle se promène

Ainsi qu’en son appartement,

Un beau chat, fort, doux et charmant,

Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;

Mais que sa voix s’apaise ou gronde,

Elle est toujours riche et profonde,

C’est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre,

Dans mon fond le plus ténébreux

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort tous les cruels maux

Et contient toutes les extases ;

Pour dire les plus longues phrases

Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde

Sur mon cœur, parfait instrument,

Et fasse plus royalement

Chanter sa plus vibrante corde.

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Que ta voix, chat mystérieux,

Chat séraphique, chat étrange,

En qui tout est, comme un ange,

Aussi subtil qu’harmonieux !

De sa fourrure blonde ou brune

Sort un parfum si doux, qu’un soir

J’en fus embaumé, pour l’avoir

Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire ;

Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime

Tirés comme un aimant,

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.

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Charles Baudelaire – 1821 – 1867 « Les fleurs du mal » – 1857.

Illustrations 1/ « Fishing » 1842-1845  E.B.&E.C. Kellogg(Firm) 2 et 3/ Theo Stroefer – 1900.

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Ah ! Les belles et vraies rencontres de la vie… L’amour, encore l’amour, toujours l’amour…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cercle de bonheur…

vendredi 17 septembre 2010

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« Un matin, un paysan frappa un grand coup à la porte d’un couvent. Quand le frère portier vint ouvrir, il lui tendit une magnifique grappe de raisin.

– Cher frère portier, voici le plus beau raisin que produit ma vigne. Et je viens ici te l’offrir.

– Merci ! Je vais le porter immédiatement à l’Abbé, qui se réjouira de ce présent.

– Mais non ! je l’ai apporté pour toi.

– Pour moi ? Je ne mérite pas si beau cadeau de la nature.

– Chaque fois que j’ai frappé à la porte, tu as ouvert. Quand j’ai eu besoin d’aide parce que la sècheresse avait détruit la récolte, tu m’as donné tous les jours un morceau de pain et un verre de vin. Je veux que cette grappe de raisin t’apporte un peu de l’amour du soleil, de la beauté de la pluie et du miracle de Dieu.

Le frère portier posa la grappe de raisin devant lui et passa toute la matinée à l’admirer : elle était vraiment superbe. Pour cette raison, il décida de remettre le présent à l’Abbé, qui l’avait toujours encouragé par ses paroles de sagesse.

L’Abbé fut très content de recevoir le raisin, mais il se rappela qu’il y avait dans le couvent un frère qui était malade, et il pensa : « Je vais lui donner cette grappe. Cela mettra peut-être un peu de joie dans sa vie. »

Mais le raisin ne demeura pas très longtemps dans la chambre du frère malade, car celui-ci réfléchit : « Le frère cuisinier prend soin de moi, il prépare pour moi la meilleure nourriture. Je suis certain que cela lui apportera beaucoup de bonheur. »

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Quand le frère cuisinier se présenta à l’heure du déjeuner, apportant son repas, il lui offrit le raisin : « Il est pour toi. Comme tu es toujours en contact avec les produits que la nature nous offre, tu sauras quoi faire de cette oeuvre de Dieu. »

Le frère cuisinier fut ébloui par la beauté de la grappe et il fit observer à son adjoint la perfection du raisin. Si parfait que personne ne l’apprécierait mieux que le frère sacristain, responsable de la garde du saint sacrement, en qui beaucoup au monastère voyaient un saint homme.

Le frère sacristain, à son tour, fit cadeau du raisin au plus jeune novice, afin qu’il comprit que l’œuvre de Dieu se trouve dans les plus petits détails de la Création. Quand le novice le reçut, son coeur s’emplit de la Gloire du Seigneur, car il n’avait jamais vu une grappe aussi belle. Il se rappela immédiatement le jour de son arrivée au monastère, et la personne qui lui avait ouvert la porte ; c’était grâce à ce geste qu’il se trouvait aujourd’hui dans cette communauté de personnes sachant valoriser les miracles.

Ainsi, peu avant la tombée de la nuit, il porta la grappe de raisin au frère portier : « Mange et profites-en. Tu passes la plus grande partie du temps seul ici, ce raisin te fera beaucoup de bien. »

Le frère portier comprit que ce présent lui était vraiment destiné, il savoura chaque grain de cette grappe et s’endormit heureux. Ainsi, le cercle fut fermé ; un cercle de bonheur et de joie, qui s’étend toujours autour de celui qui est en contact avec l’Énergie de l’Amour. »

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Conte dont j’ai, malheureusement, oublié l’origine.

Tableaux : 1/ Georg Pezott 1810 – 1878 « Monastère St Antoine de Padoue » 2/ Jan van Huysum 1682 – 1749 « Nature morte aux raisins et à la pèche »  3/ Hans von Aachen 1552 – 1615 « Garçons avec raisins« .

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Savourons chaque grain que la vie nous offre…

BVJ – Plumes d’Anges.


Divertissements…

jeudi 16 septembre 2010

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 » On charge les hommes, dès l’enfance, du soin de leur honneur, de leur bien, de leurs amis, ou encore du bien et de l’honneur de leurs amis.

On les accable d’affaires, de l’apprentissage des langues et d’exercices, et on leur fait entendre qu’ils ne sauraient être heureux sans que leur santé, leur honneur, leur fortune et celle de leurs amis soient en bon état, et qu’une seule chose qui manque les rendrait malheureux.

Ainsi on leur donne des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour.

Voilà, direz-vous, une étrange manière de les rendre heureux ! Que pourrait-on faire de mieux pour les rendre malheureux ? Comment ! ce qu’on pourrait faire ?

Il ne faudrait que leur ôter tous ces soins ; car alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont ; et ainsi on ne peut trop les occuper et les détourner.

Et c’est pourquoi, après leur avoir préparé tant d’affaires, s’ils ont quelques temps de relâche, on leur conseille de l’employer à se divertir, à jouer, et à s’occuper toujours tout entiers. »

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 » Les pensées  » n°143 –Blaise Pascal 1623 – 1662.

Tableaux de Jean-Siméon Chardin 1699 – 1779  1/ » Le château de cartes » 2/ » Jeune fille avec raquette et volant« .

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…Se voir, penser à ce que l’on est, d’où l’on vient, où l’on va ?… pour ne pas se laisser détourner.

BVJ – Plumes d’Anges.

Murmures…

mercredi 15 septembre 2010


« La tristesse n’est rien d’autre qu’un mur qui s’élève entre deux jardins.« 

Khalil Gibran – 1883 – 1931.

Peintures murales, région du Vésuve – Miho Museum.

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Ne construisons pas de murs, laissons les jardins intérieurs se déployer…

BVJ – Plumes d’Anges.