Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Bonheur des voyages immobiles…

mercredi 25 janvier 2012

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… » Il se décida enfin pour des minéraux dont les reflets devaient s’alterner : pour l’hyacinthe de Compostelle, rouge acajou ; l’aigue-marine, vert glauque ; le rubis-balais, rose vinaigre ; le rubis de Sudermanie, ardoise pâle. Leurs faibles chatoiements suffisaient à éclairer les ténèbres de l’écaille et laissaient sa valeur à la floraison des pierreries qu’ils entouraient d’une mince guirlande de feux vagues.

Des Esseintes regardait maintenant, blottie en un coin de la salle à manger, la tortue qui rutilait dans la pénombre.

Il se sentit rapidement heureux ; ses yeux se grisaient à ces resplendissements de corolles en flammes sur un fond d’or ; puis, contrairement à son habitude, il avait appétit et il trempait ses rôties* enduites d’un extraordinaire beurre dans une tasse de thé, un impeccable mélange de Si-a-Fayoune, de Mo you-tann, et de Khansky, des thés jaunes, venus de Chine en Russie par d’exceptionnelles caravanes.

Il buvait ce parfum liquide dans des porcelaines  de la Chine, dites coquilles d’œufs, tant elles sont diaphanes et légères et, de même qu’il n’admettait que ces adorables tasses, il ne se servait également, en fait de couverts que d’authentique vermeil, un peu dédoré, alors que l’argent apparaît un tantinet, sous la couche fatiguée de l’or et lui donne ainsi une teinte d’une douceur ancienne, tout épuisée, toute moribonde.

Après qu’il eut bu sa dernière gorgée, il rentra dans son cabinet et fit apporter par le domestique la tortue qui s’obstinait à ne pas bouger.

La neige tombait. Aux lumières des lampes, des herbes de glace poussaient derrière les vitres bleuâtres et le givre, pareil à du sucre fondu, scintillait dans les culs de bouteille des carreaux tiquetés d’or. »…

* rôtie signifie  tartine

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Extrait de « À rebours »  Joris-Karl Huysmans 1848 – 1907.

Illustrations : 1/ »Mariée dans la Corée ancienne »  Élizabeth Keith 1887 – 1956 2/ »Service à thé »  Jean-Étienne Liotard 1702 – 1789.

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Fermer les yeux et voyager dans les émotions, les mots, les couleurs, les saveurs, les senteurs…

BVJ – Plumes d’Anges.


Apprendre le Monde…

vendredi 20 janvier 2012

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« J’avais soif et faim d’absolu.

J’ai quitté le monde pour sauver les créatures.

J’ai quitté le monde pour atteindre à l’Illumination.

J’ai quitté mon père, ma mère et les miens.

J’avais soif et faim d’absolu.

Puis j’ai compris que je ne serais apaisé que si j’apprenais à aimer aussi la saleté, la poussière et les passions.

Il est facile de se révolter contre la réalité.

Il est plus difficile de la vivre.

Aussi je suis revenu dans le monde. »

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Un moine de Dharamsala.

(Histoire reprise par C. Singer 1943-2007   dans « N’oublie pas les chevaux écumants du passé » 2005)

Tableaux : 1/« Jeepe somnolant »  Bruno Liljefors 1860 – 1939  2/« Chatte et ses deux chatons »  Léon Charles Huber 1858 – 1928.

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Accepter le Monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Grâce sauvage…

mardi 17 janvier 2012

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… » Je suis née ainsi, c’est à moi de le reconnaître et de l’accueillir…

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… Si dès notre venue sur terre, les adultes qui nous entourent pouvaient voir la perfection qui nous habite et l’utiliser dans la construction de notre personnalité, nous serions amenés à nous développer et à nous nourrir à cette énergie originelle. Nous serions guidés vers l’usage de notre force tranquille, plutôt que de consacrer nos premières années de vie à devenir l’idéal de quelqu’un d’autre et souvent à nous construire à contre-courant de nous-mêmes…

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… La prison dorée est la grande tentation de vivre autour de cet idéal de perfection, dans ce paradis de notre innocence, et de le maintenir à tout prix sans réellement voir qu’il y a une scission entre ce que nous voulons être et ce que nous sommes réellement. Sur la base de cette division si douloureuse, nous ne pouvons nous aimer. Emprisonnés, nous ne pouvons pas vraiment évoluer, ou même progresser. À moins que quelque chose ne vienne heurter notre construction et nous réveiller…

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… Notre âme nous appelle. Entendons-nous son chant ?…

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… L’épreuve nous met face à la Vie. Et cette vie qui frappe à notre porte est brutale. Elle nous secoue. Réveille-toi ! nous dit-elle. Alors sommes-nous prêts à rencontrer l’essentiel ?…

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… Nous ignorons qu’une fissure s’est créée pour permettre le passage d’une puissante vague de fond qui va nous entraîner loin des rivages de notre vie actuelle, afin que nous puissions vivre une initiation qui va nous permettre de nous rencontrer…

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… Et nous nous rencontrons enfin pour mourir à notre construction du passé…

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… Nous découvrons également que c’est le regard que nous portons sur les évènements de notre vie qui nous fait souffrir…

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… L’épreuve, par sa grâce sauvage, nous aide à nous mettre au monde…

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… Vivre en harmonie avec nous-mêmes, les autres et l’univers n’est-il pas le but ultime de notre incarnation ?…

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… « Dis-toi qu’il y a un après »…

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… Ne plus entretenir les voiles du jugement et de la division, devenir transparents à notre âme est une mission qui s’impose d’elle-même…

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… Le regard unifié nous permet de voir que dans notre vie, tout est déjà présent. Nos yeux et tous nos sens sont enfin ouverts à la dimension profonde de notre conscience, de notre cœur et de nos actions. Nous accueillons les aspirations, les élans qui viennent de nos profondeurs…

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… Là où nous pensions contrôler, nous ne le pouvons plus. Le moment n’est-il pas venu de prendre conscience que la vie est l’inconnu en mouvement perpétuel ?…

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… Prendre la main, écouter, recevoir, faire un geste, offrir un regard, sourire, dire le mot qui apaise sont des rituels cent fois plus puissants que la haine…

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… Habitons notre vie et laissons la vie nous habiter… »

« Le point de rupture » 2009  Marie-Lise Labonté.

Illustrations : 1/« Pic des cactus »  Alfred Malherbe 1804 – 1865  2/ »Trapézistes » Calvert Litho.Co 1890.

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Être ce que nous sommes vraiment…

BVJ – Plumes d’Anges.

Calme…

dimanche 15 janvier 2012

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« Sur le chemin menant à la lune

je me retourne.

Je t’aperçois

et ne cesse de m’émerveiller

sur ta somptueuse beauté,

bulle d’eau

qui flotte sur l’océan de l’espace immense.

Tu es la Terre,

tu es la planète verte

éclatante et superbe,

pourtant si fragile.

Je me découvre en toi,

moi qui marche dans la pleine conscience

sur le chemin de terre

bordé d’herbe fraîche.

Mes pieds font une promesse à la Terre.

Mes yeux embrassent l’heure matinale.

Je m’installe dans la paix de l’instant présent…

… La Terre, c’est nous.

Chers frères, chères sœurs,

Elle est si belle que j’ai envie de prendre

dans mes bras toute la planète,

de la serrer tendrement contre ma poitrine.

Respirons ensemble au même rythme

et ramenons le calme dans notre esprit.

Nous les frères humains, coopérons.

Acceptons-nous

car nous savons

que notre amour est le tout…

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Extrait de : « Calme »  Thich Nhât Hanh.

Tableaux : 1/« Forêt de Fontainebleau »  Abott Anderson Thayer 1849 – 1921  2/« Le verger »  Thomas Cooper Gotch 1854 – 1931.

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Cueillir des forces au sein de l’époustouflante nature…

BVJ – Plumes d’Anges.

Paradis…

mercredi 11 janvier 2012

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P, comme…

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PARADIS

« Un mystique irakien arrive à la porte du Paradis, très surpris de se trouver là.

Il interroge le gardien de la porte et lui dit :

« Tu vas m’ouvrir la porte à moi, mais pourquoi ? Est-ce que c’est parce que j’ai beaucoup jeûné ?

Le gardien lui dit :

-Mais non, ce n’est pas pour cela.

– Est-ce que c’est parce que j’ai beaucoup prié ?

– Mais non ce n’est pas pour cela.

– Alors, moi, pourquoi suis-je là ?

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– Je vais te le dire, répond le gardien, c’est parce qu’une nuit d’hiver, une nuit froide à Bagdad, tu as ramassé une petite chatte perdue et tu l’as réchauffée dans ton manteau. »

Voilà. C’est beau cela ! »

Extrait de : « Dictionnaire humaniste et pacifiste »  Théodore Monod 1902 – 2000.

Tableau : « Jeune homme avec chat et chien »  Dosso Dossi 1490 – 1542.

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Seul l’amour nous élève…

BVJ – Plumes d’Anges.

Unité…

samedi 7 janvier 2012

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« Ce qui s’offre à nous avec la lumière des étoiles,

ce qui s’offre à nous,

capte-le tel un monde sur ton visage,

ne le prends pas à la légère.


Montre à la nuit que tu reçus silencieusement

ce qu’elle a apporté.

Ce n’est que lorsque tu seras confondu avec elle

que la nuit te connaîtra. »

« Poèmes à la nuit – 20 Août 1924 » Rainer Maria Rilke 1875 – 1926.

Tableau : « Svetlana » Alexandre N.Novoskolsev 1853 – 1919.

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Mystérieuse et lumineuse recherche de l’unité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nouveau monde…

mardi 3 janvier 2012

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… » Comment, alors, devrions-nous éduquer nos jeunes ?

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Tout d’abord, traitez-les comme des âmes. Ce sont des âmes, qui entrent dans un corps physique. Ce n’est pas une chose facile pour une âme ; l’âme ne s’y habitue pas facilement. C’est très contraignant, très limitatif. Alors l’enfant crie à cause de ces limites. Entendez ce cri. Comprenez-le. Et donnez à vos enfants, autant que vous le pouvez, le sentiment d’être « illimité ».

Ensuite, présentez-leur avec douceur et bienveillance le monde que vous avez créé. Soyez plein de bienveillance, c’est-à-dire, soyez prudents, par rapport à ce que vous mettez dans les unités de stockage de leur mémoire. Les enfants se rappellent tout ce qu’ils voient, tout ce dont ils font l’expérience…

…Pourquoi placez-vous vos enfants dans des écoles où l’on permet et encourage la compétition, où l’on récompense le fait d’être le « meilleur » et d’apprendre le »plus », où l’on accorde de la valeur à la « performance », et où le fait de progresser à son propre rythme est à peine toléré ? Qu’est-ce-que votre enfant en comprend ?

Pourquoi n’enseignez-vous pas à vos enfants le mouvement, la musique, la joie de l’art, le mystère des contes de fée et la merveille de la vie ? Pourquoi ne suscitez-vous pas ce qui se trouve naturellement chez l’enfant, plutôt que de chercher à y mettre ce qui n’est pas naturel  pour l’enfant ?

Et pourquoi ne laissez-vous pas vos jeunes apprendre la logique, la pensée critique, la résolution de problèmes et la création, en utilisant les outils de leur propre intuition et leur connaissance intérieure la plus profonde, plutôt que les règles et les systèmes et conclusions mémorisées d’une société qui a déjà prouvé qu’elle était totalement incapable d’évoluer selon ces méthodes, mais qui continue de les utiliser ?

Finalement, enseignez des concepts, pas des sujets.

Créez un nouveau programme, et construisez-le autour de trois Concepts essentiels :

La conscience

L’honnêteté

La responsabilité.

Enseignez ces concepts à vos enfants dès le plus jeune âge… »

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Extrait de « Conversations avec Dieu – Tome 2 » 1997  Neale Donald Walsch.

Tableaux : 1/ »Fillette au petit déjeuner »  Johann-Baptist Reiter 1813 – 1890  2/ »La Madone de la forêt » (détail)  Fra Filippo Lippi 1406 – 1469.

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Ensemble, bâtir un nouveau monde…

BVJ – Plumes d’Anges.



Divin enfant…

samedi 24 décembre 2011

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… »Ce que je me rappelle parfaitement, c’est la croyance absolue que j’avais de la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche qui, à l’heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j’y trouverai à mon réveil. Minuit ! cette heure fantastique que les enfants ne connaissent point et qu’on leur montre comme le terme impossible de leur veillée. Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m’endormir avant l’apparition du petit vieux ! J’avais à la fois grande envie et grand peur de le voir ; mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque là, et le lendemain mon premier regard était pour mon soulier au bord de l’âtre…

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Quelle émotion me causait l’enveloppe de papier blanc ! car le père Noël était d’une propreté extrême, et ne manquait jamais d’empaqueter soigneusement son offrande. Je courais, pieds nus, m’emparer de mon trésor. Ce n’était jamais un don bien magnifique, car nous n’étions pas riches. C’était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela semblait si précieux, que j’osais à peine le manger. L’imagination jouait encore là son rôle, et c’est toute la vie de l’enfant…

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… Retrancher le merveilleux de la vie de l’enfant, c’est procéder contre les lois même de la nature. L’enfance n’est-elle pas chez l’homme un état mystérieux et plein de prodiges inexpliqués ? D’où vient l’enfant ? Avant de se former dans le sein de sa mère, n’avait-il pas une existence quelconque dans le sein impénétrable de la divinité ?… »

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JE VOUS SOUHAITE À TOUS ET À TOUTES

UN JOYEUX NOËL,

PLEIN D’AMOUR ET DE MERVEILLEUX.

« Histoire de ma vie »  George Sand 1804 – 1876.

Illustrations : 1/« Nativité »  Arthur Hughes 1832 – 1915  2/ et 3/ Cartes de Noël de Frances Bundage 1854 – 1937  4/ »L’adoration des bergers » (détail)  Lorenzo Lotto 1480 – 1556.

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Descendre en soi pour y retrouver notre divinité…

BVJ – Plumes d’Anges.

Souhaits…

samedi 17 décembre 2011

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« Un jour, un voyageur qui avait beaucoup marché dans une vaste contrée déserte, vit un bel arbre à l’ombre accueillante sur le bord du chemin.

Il était fatigué, aussi décida-t-il de se reposer un moment.

Il s’installa le plus confortablement possible. Mais la journée avait été très chaude, il avait soif. Il murmura : « Ce serait bien s’il y avait une source à proximité. »

À peine avait-il formulé ces paroles, qu’une source jaillissait presque à ses pieds.

Aussitôt, il comprit qu’il était assis sous le feuillage d’un « arbre à souhaits ». Un arbre qui avait la particularité de réaliser tous les désirs.

Il était surpris, heureux.

Après avoir bu une eau particulièrement fraîche et pure, il se dit qu’un lit, un grand lit confortable serait mieux que l’herbe et la terre pour se reposer.

À peine avait-il formulé ce souhait, qu’un magnifique lit apparut.
De plus en plus satisfait, le voyageur s’installa parmi les oreillers et les coussins, pour une sieste qu’il espérait longue et agréable.

Il commençait déjà à sommeiller lorsque soudain il ouvrit les yeux et regarda partout autour de lui avec inquiétude.

Au village on l’avait mis en garde contre la présence de tigres redoutables qui vivaient dans cette région.

À peine avait-il formulé cette crainte, qu’un tigre surgit et le dévora. »

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Méfions-nous de nos pensées et de la morosité ambiante que certains ont intérêt à cultiver…

Au contraire, ayons de grands et beaux désirs, nous pourrions passer sous « l’arbre à souhaits » sans le savoir…

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Extrait de « L’univers est un rêve » 2005  Érik Sablé.

Tableau : détails de « L’Annonciation »   Sandro Boticelli 1445 – 1510.

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Imaginer le meilleur pour que le meilleur arrive…

BVJ – Plumes d’Anges.

Force silencieuse…

jeudi 15 décembre 2011

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… » Il y a des vertus qui rapportent peu d’honneur parce qu’elles

résident dans la passivité, dans la patience. Elles éveillent l’impression

d’une déficience de force et d’activité. Et elles sont pourtant, tout au

contraire, l’expression la plus haute de la force. Seulement elles sont

tournées vers le dedans : elles sont les défenses contre l’hostilité du

dehors. Elles ne sont faites que de réaction. Tout homme trouve le rôle

du marteau infiniment plus glorieux et plus avantageux que celui de

l’enclume. Et cependant, que de force il faut pour résister au choc infini

et inlassable de la vie. »…

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« Conversation avec Riemer-1806- L’âme du monde » Johann Wolfgang Goethe 1749 – 1832.

Tableaux : 1/ »Femme à l’éventail »  Franciszek Zmurko 1859 – 1910  2/ »Vase de roses »  Henri Fantin-Latour 1836 – 1904.

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Inviter le calme, pratiquer la maîtrise de soi…

BVJ – Plumes d’Anges.