Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

À l’intérieur…

jeudi 12 avril 2012

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« Un empereur aimait la peinture. Un jour, l’envie lui vint d’orner la salle du trône du portrait d’un coq de combat. Il fit quérir le meilleur peintre du royaume. Le maître parmi tous les maîtres se présenta devant lui.

« Combien de temps faudra-t-il pour peindre ce tableau ?

– Majesté, si vous voulez la meilleure représentation possible de ce noble animal, vous devez m’accorder six mois ! »

L’empereur accepta, et le peintre s’enferma dans son atelier. Une fois les six mois écoulés, le souverain réclama son tableau. Le maître lui annonça qu’il n’avait pas terminé, et demanda encore six mois. Très en colère, l’empereur accéda néanmoins à sa demande. Il attendit donc vingt-quatre semaines, dans un état qui tournait à l’obsession, puis le jour dit, suivi d’un impressionnant cortège, il se rendit à l’atelier. L’artiste se confondit en excuses et demanda trois mois de plus. L’empereur bredouille s’empourpra de fureur : « Soit, mais si après ce dernier délai mon tableau n’est pas prêt, je te ferai couper la tête ! »

Au bout de quatre vingt-dix-jours, le souverain, suivi de ses bourreaux, courut chez le peintre. Celui-ci le fit entrer dans son atelier où il n’y avait qu’une grande toile blanche.

« Comment ? vociféra l’empereur. Tu n’as encore rien fait ? Cette fois, c’en est fini de toi ! Qu’on lui coupe la tête ! »

Le peintre, sans un mot, saisit son pinceau et d’un seul trait, à une vitesse vertigineuse, peignit le plus beau coq qu’on ait jamais vu dans le royaume. La beauté de cet oiseau était si intense que l’empereur, ravi, tomba à genou devant ce chef-d’œuvre. Une fois remis de son émotion, la colère le saisit de nouveau.

« Tu es le meilleur, je te l’accorde, mais tu mérites d’être décapité ! Pourquoi m’avoir fait attendre si longtemps alors que tu aurais pu me donner satisfaction en quelques minutes ? Tu t’es joué de moi ! »

Le maître invita le souverain à visiter sa maison. Il y découvrit des milliers et des milliers de dessins et d’esquisses de coqs, des études anatomiques, des coqs empaillés, des ossements de ce volatile de combat, d’innombrables tableaux le représentant, des pages et des pages de notes, des livres spécialisés sur son élevage, et un enclos plein de coqs vivants ! »

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Conte repris dans : « Métagénéalogie » 2011  Alexandro Jodorowsky et Marianne Costa.

Illustrations : 1/« Coq, poussin et poule »  Hodai Sato 1830-1869  2/« Coq et poule »  Watanabe Shotei 1851-1918.

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Patiemment, à l’intérieur de soi, apprendre, comprendre, créer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin…

mardi 10 avril 2012

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« Dans la vie, c’est le bonheur, que veulent tous les hommes ; mais s’agit-il de voir nettement en quoi consiste ce qui peut réaliser la vie heureuse, ils ont un nuage devant les yeux. Non certes, il n’est pas facile de parvenir à la vie heureuse ; car chacun s’en éloigne d’autant plus, qu’il court plus rapidement après elle, s’il a manqué le chemin : quand le chemin conduit en sens contraire, la vitesse même augmente la distance. Il faut donc, avant tout, déterminer quel est pour nous l’objet à rechercher ; ensuite, regarder de tous côtés par où nous pourrons y tendre avec le plus de célérité. Ce sera sur la route même, pourvu qu’elle soit droite, que nous saurons de combien chaque jour on avance, et de combien nous aurons approché de ce but, vers lequel nous pousse un désir propre à notre nature. Tant que nous errons çà et là, en suivant non pas un guide, mais un bruit confus et des cris discordants qui nous appellent vers différents points, la vie s’use en égarements, cette vie qui est courte, et qui le serait lors même que jour et nuit nous travaillerions pour le bien-être de l’esprit. D’après cela, qu’il soit décidé où nous allons et par où nous passerons, non sans l’assistance de quelque homme habile qui ait exploré les lieux vers lesquels nous marchons ; car il n’en est pas de ce voyage comme des autres : dans ces derniers, un sentier que l’on a pris et les gens du pays, à qui l’on demande le chemin, ne permettent pas que l’on s’égare ; mais ici le chemin le plus battu, et le plus fréquenté, est celui qui trompe le plus.

Rien donc n’est plus important pour nous, que de ne pas suivre, à la manière du bétail, la tête du troupeau, en passant, non par où il faut aller, mais par où l’on va. »…

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Extrait de : « Du bonheur – I »  Sénèque 4 av.JC – 65 ap.JC.

Tableaux : 1/« Bleuets et fougères » 2/« Jeune femme au bouquet »  Charles Courtney Curran 1861-1942.

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Suivre son propre chemin…

BVJ – Plumes d’Anges.

Figures ovoïdes…

samedi 7 avril 2012

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« Lorsque les oiseaux se posent et demeurent sur terre, c’est pour mettre au monde et s’occuper d’un objet étrange qui a toujours fasciné l’homme : l’œuf.

C’est une sorte de matrice minérale, fermée aux regards extérieurs, étrangère à la mère qui l’a pondue et pourtant c’est elle qui gestera secrètement l’oiseau. Pour éclore, il demande simplement une température à peu près constante. À l’intérieur, se produit spontanément toute une alchimie mystérieuse qui aboutit à l’éclosion du poussin.

Cet objet singulier a servi de modèle à beaucoup d’anciennes cosmologies. L’univers est lui aussi né d’un œuf mystérieusement issu de l’océan primordial.

C’est l’œuf de Brahma de la mythologie hindoue qui se divise en deux moitiés : l’une d’or, l’autre d’argent. Entre les deux, apparaissent les montagnes, les nuages et les rivières.

De même dans la religion originelle du Japon, le Shinto, l’œuf premier se scinde en deux parties pour donner naissance au ciel et à la terre entre lesquels l’homme et la nature pourront s’épanouir.

Dans l’épopée finnoise du Kalevala, ce sont six œufs d’or et un de fer qui se brisent pour donner naissance à toutes choses.

Viracocha, le Dieu suprême des anciens Incas est lui-même un œuf.

Dans l’alchimie, l’œuf philosophique ou Athanor est l’image du monde. C’est en son sein que se produit cette genèse qui aboutira à la pierre philosophale.

L’œuf, symbole de naissance, est aussi celui de la renaissance. Dans certaines tombes de l’ancienne Russie, on trouve des œufs d’argile. En Grèce, on a découvert près de Thèbes, des statues du dieu Dionysos tenant un œuf à la main. Les œufs de Pâques qui célèbrent la résurrection du Christ, participent au même mythe.

D’ailleurs les habitants de l’île de Pâques attachaient une particulière importance à l’œuf… »

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JOYEUSES FÊTES DE PÂQUES

à toutes et à tous

et si l’envie vous effleure de continuer cet inventaire,

allez-y, faites-vous oiseau !


Extrait de : « La Sagesse des oiseaux »  Érik Sablé 2001.

Illustrations : 1/ Planche ornithologique de la faune de Polynésie centrale   Finsch et Hartlaub XIXème siècle  2/ Carte ancienne de Joyeuses Pâques (Russie).

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Bienheureuse renaissance…

BVJ – Plumes d’Anges.

Monde heureux…

jeudi 5 avril 2012

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… »Tu me prends, tu me laisses, mais surtout tu ne me fais pas de leçon, tu ne m’expliques pas comment il faudrait que je sois. Je suis comme toi, un cadeau de Dieu. Un cadeau ne se discute pas. Vivre est si rapide, il faut bien mettre un peu d’enthousiasme là-dedans, non ?…

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Guillaume en boule dans le ventre d’Ariane entend ces paroles et bien d’autres. Il a déjà tout ce qu’il faut, Guillaume. Oreilles, pieds, mains, pensée, humour. Essentiel, l’humour. Dieu, qui a créé le monde, a pris du plaisir à cette création. Ce qui donne du plaisir, on a envie de le refaire. Encore et encore. Dieu n’échappe pas à cette règle. Dès qu’une femme rêve d’un enfant, Dieu crée un monde miniature à l’intérieur de son ventre – forêts, océans, étoiles, et un bébé au centre, en plein milieu, car à tout spectacle, il faut un spectateur. À l’instant de quitter sa création, à la dernière seconde, Dieu jette une étincelle d’humour dans les yeux du Bouddha baignant dans le liquide amniotique. L’enfant doté d’humour est arrivé à terme, il peut enfin venir au jour. De ce point de vue, il faut se rendre à l’évidence : une grande partie de l’humanité est née avant terme…

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… Nous nous déplaçons avec nous-mêmes, nous nous déplaçons en nous-mêmes. Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles…

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(Van Gogh, le canari) : Oh, mais je lis aussi, et peut-être plus que toi. Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel. C’est le livre le plus profond qui soit – et ce n’est même pas moi qui en tourne les pages…

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Crevette ne va pas à l’école. Tambour lui lit des livres empruntés à la bibliothèque de monsieur Lucien et à celle de mademoiselle Rosée : théologie et poésie. Rien de plus nourricier. La vérité sévère et la beauté incroyable : quoi d’autre enseigner ?

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… Je ne cherche pas à vous convaincre de l’existence de Dieu. Si vous saviez comme il s’en fiche que vous croyiez en lui, ou non. Dieu, mon petit bonhomme, c’est aussi simple que le soleil. Le soleil ne nous demande pas de l’adorer. Il nous demande seulement de ne pas lui faire obstacle et de le laisser passer, laisser faire. Un peu comme Ariane dans la cuisine, quand elle demande aux enfants d’aller jouer un peu plus loin, afin de préparer cette nourriture qu’elle n’invente au fond que pour eux. Dieu, c’est pareil, mon petit bonhomme. Il aime nous voir rire et jouer. Le reste il s’en occupe… »

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Extraits de : »Tout le monde est occupé » 1999  Christian Bobin.

Tableaux : 1/ »Doux rêves avec Blanche-Neige et les sept nains »  Franz Schrotzberg 1811-1889  2/ »Jeune fille au canari »  Alajos Giergl Györgyi 1821-1863  3/ »Pivoines »  Anselm Feuerbach 1829-1880.

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Suivre ses rêves…

BVJ – Plumes d’Anges.

Divin bon sens…

lundi 2 avril 2012

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 » Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable…

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… C’était un beau jour de juin avec grand soleil, mais sur ces terres sans abri et hautes dans le ciel, le vent soufflait avec une brutalité insupportable…

… Il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire, debout. Je la pris pour le tronc d’un arbre solitaire. A tout hasard, je me dirigeai vers elle. C’était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brûlante se reposaient près de lui…

… Le berger qui ne fumait pas alla chercher un petit sac et déversa sur la table un tas de glands. Il se mit à les examiner l’un après l’autre avec beaucoup d’attention, séparant les bons des mauvais…

… La société de cet homme donnait la paix…

… Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes…

… Il s’était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à vivre lentement, avec ses brebis et son chien. Il avait jugé que ce pays mourait par manque d’arbres. Il ajouta que, n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses…

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… Je lui dis que, dans trente ans, ces dix mille chênes seraient magnifiques. Il me répondit très simplement que, si Dieu lui prêtait vie, dans trente ans, il en aurait planté tellement d’autres que ces dix mille seraient comme une goutte d’eau dans la mer…

… Il étudiait déjà, d’ailleurs, la reproduction des hêtres et il avait près de sa maison une pépinière issue des faînes. Les sujets qu’il avait protégés de ses moutons par une barrière en grillage, étaient de toute beauté…

… Le côté d’où nous venions était couvert d’arbres de six à sept mètres de haut. Je me souvenais de l’aspect du pays en 1913 : le désert… Le travail paisible et régulier, l’air vif des hauteurs, la frugalité et surtout la sérénité de l’âme avaient donné à ce vieillard une santé presque solennelle. C’était un athlète de Dieu. Je me demandais combien d’hectares il allait encore couvrir d’arbres…

… Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. A côté de chaque ferme, dans des bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu…

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… Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu… »

Extraits de la MERVEILLEUSE nouvelle  : « L’Homme qui plantait des arbres »  Jean Giono  1895-1970.

Tableaux : 1/« Paysage avec moutons »  Franz van Severdonck 1809-1889  2/« Berger et troupeau »  Félix-Saturnin Brissot de Warville 1818-1892  3/« Forêt »  Ivan Chichkine 1831-1898.

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Retrouver notre divin bon sens…

BVJ – Plumes d’Anges.

Roses pensées…

vendredi 30 mars 2012

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… »Un jour, ou plutôt une nuit, j’ai fait un rêve insensé…

J’étais assis sur un banc de pierre, entouré de fleurs toutes plus belles les unes que les autres, toutes plus colorées, toutes plus parfumées…

J’étais en extase devant ces merveilles, ces chefs-d’œuvre de formes, de couleurs et de parfums.

Je me disais :

– Mais qui a inventé tout ça ? Qui  les a conçues ? Qui les a programmées ?

J’en étais là de mes réflexions lorsque je vis un homme coiffé d’un immense chapeau de paille, le jardinier sans doute !

Il était en train de faire des trous dans la terre avec son index.

Dans chaque trou, il déposait quelque chose d’invisible à mes yeux, de si minuscules graines qu’elles étaient invisibles à l’œil nu.

Je m’approchai.

– Que plantez-vous là ? lui demandai-je.

– Des pensées, me répondit-il !

– Des fleurs ?

– Non, des pensées… des idées, si vous préférez ! Chaque fois que j’ai un embryon de pensée, je l’implante dans la terre, afin qu’elle germe, s’enracine puis cristallise ma pensée.

– Ne me dites pas que toutes ces fleurs que je vois autour de nous sont nées de vos pensées ?

– Hélas non ! Elles ont été conçues, alors que j’étais encore dans les limbes, par des cerveaux beaucoup plus imaginatifs que le mien ! Regardez ces belles roses ! Si je pouvais savoir qui en a eu l’idée, je lui enverrais des fleurs !

– Ici, vous n’avez que l’embarras du choix…

– Non, monsieur, les miennes de fleurs ! Toutes ces fleurs ont été créées par d’autres, des esprits surdoués. Mais moi, je voudrais apporter ma petite pièce à cet immense bouquet… »

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« Pensées créatives » Extrait de « Rêvons de mots »  Raymond Devos 1922-2006.

Tableaux : 1/ »Petit jardinier respirant le parfum d’une fleur »  Jean-Paul Haag 1854-1906  2/ »Roses avec poupée bleue »  Karoly Ferenczy 1862-1917.

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Puissent nos pensées exhaler de doux parfums d’étoiles ! …

BVJ – Plumes d’Anges.

Dans la nature…

mercredi 28 mars 2012

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… » En Juin, l’herbe pousse, les feuilles croissent.

Autour de ma cabane, les arbres fond de l’ombre.

Les oiseaux sont contents d’avoir leur refuge,

Et moi je suis content d’avoir un pauvre toit.

Quand j’ai sarclé mon champ et tissé mon lin

Je prends un livre et m’en vais lire à l’ombre.

Il y a des ornières dans mon étroit chemin

Et parfois la charrette des amis doit faire demi-tour.

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Je me verse une tasse de vin du printemps

Et vais cueillir une laitue fraiche au potager.

Une petite pluie vient de l’est

Puis un vent doux abat la pluie.

Je lis les chroniques des temps très anciens,

Je regarde les images du vaste monde.

Je dis « oui » à l’univers.

Si cela n’est pas le bonheur, où donc est le bonheur ? »…

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Poème (extrait de « Chant du retour » ?)  Tao Yuanming 365-427.

Tableaux : 1/ »Printemps »  Elisabeth von Eicken 1862-1940  2/ »Fruits »  Emilie Preyer 1849-1930  3/ »Jour d’été dans le Sognefjord »  Thérèse Fuchs 1849-1898.

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On est riche de choses simples…

BVJ – Plumes d’Anges.


Observation…

lundi 26 mars 2012

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« Lorsque l’archer tire sans aucune intention de gagner, il est en

possession de tous ses moyens ; lorsqu’il tire pour gagner une boucle

de cuivre, il est nerveux ; lorsqu’il tire pour gagner un objet en or, il est

aveugle, voit deux cibles et perd l’esprit. Son talent est toujours le

même, mais la perspective des prix à gagner le neutralise. Il pense

beaucoup plus à la récompense qu’au tir ; le besoin de gagner lui ôte

son pouvoir. »

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Tranxu sage chinois cité par Anthony de Mello 1931-1987  dans « Quand la conscience s’éveille ».

Tableaux : 1/« Jeune garçon à la flèche »  Giorgione 1477-1510  2/« Nanette Kaula »  Joseph Karl Stieler 1781-1858.

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Aller sans peur, vers ce que l’on aime…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin d’amour…

vendredi 23 mars 2012

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… »La voie du cœur, qui s’arrache à tout émotionnel, à tout usage du pathos, est celle de la connaissance spirituelle, avec ce que cela suppose de recherche, d’étude, de réflexion, de silence, de discernement, d’écoute et d’expérience intérieure personnelle… Rude chemin mais chemin d’amour, cette connaissance faisant appel aux élans et aux ressources du cœur tels que l’enthousiasme, le désir, l’ardeur, l’émerveillement, le goût de la beauté… Comprendre, cela équivaut à embrasser : c’est relier, tenir ensemble contre soi, sur son cœur, c’est connaître par le cœur…

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… Le secret n’est pas ce à quoi nous parvenons au bout de la quête, mais ce dont nous partons. C’est à partir du secret que l’on a accès à l’univers… Prendre acte du secret des choses et des êtres, c’est découvrir que l’équilibre, voire l’harmonie du monde, d’un individu, vient non de leur solidité mais de leur légèreté. Le secret nous enseigne ce principe de légèreté. Le poids de la réalité, c’est celui de la buée, de la plume, du grain de poussière, de l’aile du papillon et, chez les hommes du sourire, du frisson et des larmes…

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… Devant l’exhibitionnisme émotionnel, devant la pusillanime ostentation des gens qui se croient importants, l’élégance qui consiste à se taire, à patienter, est la seule sauvegarde. C’est bien-sûr une conduite de beauté, refusant tout laisser-aller langagier, gestuel ou vestimentaire ; c’est aussi façon de rendre grâce à la beauté qui survit à tout et qui demeure la seule étoile dans un paysage brouillé…

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… Le secret illumine le monde… Privés de la lumière du secret, les hommes s’en tiennent à leurs yeux de chair, ils croient ce qu’ils voient et vivent dans un monde sans profondeur, sans surprise et sans grâce…

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… D’abord on cherche le sens des choses, on veut percer les secrets de la Nature, de l’homme. Puis vient non la lassitude mais l’écoute, l’attentive patience – le commencement de la sagesse. Dès lors le sens s’évapore, il ne pèse plus face au mystère sans fond et sans explication. Ce sens des choses si fiévreusement scruté fait place à la beauté des choses, une beauté tranquille, incompréhensible, presque stupéfiante dans son innocente, dans sa gratuité. L’homme qui cherchait, l’homme qui voulait savoir devient un homme éperdu : désormais la louange et la contemplation emplissent son cœur et toute sa vie…

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… « L’homme parfait est celui chez qui la lumière de la Connaissance n’éteint pas la lumière de l’Amour. » Ghazâli  XIème siècle. »…

Extraits de : « La puissance du cœur »  Jacqueline Kelen 2009.

Tableaux : 1/« Lac Majeur »  Ivan Aïvazowski 1817-1900  2/« Jeune femme »  Pierre-Auguste Cot 1837-1887  3/« Bouquet de fleurs »  Willem van Aelst 1625-1683.

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Aspirer à la légèreté de l’être…

BVJ – Plumes d’Anges.


Primus tempus…

mardi 20 mars 2012

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PREMIER JOUR DU PRINTEMPS…

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… »S’éveiller est toujours une surprise. »…

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… »Dans une âme pleine, il y a de la place pour tout et dans une âme vide, il n’y a de place pour rien. Qui peut comprendre ! »…

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… »L’amour,

s’il tient en une seule fleur

est infini. »…

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À TOUTES ET À TOUS, JE SOUHAITE UN BON PRINTEMPS…


Extraits de : « Les Voix » Antonio Porchia 1885-1968.

Tableaux : 1/ »Jeune fille avec roses dans les cheveux »  Friedrich Krepp XIXème  2/ »Madame Thomas Lynch » (détail)  Jeremiah Theus 1719-1774.

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Voir comme au premier jour…

BVJ – Plumes d’Anges.