Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Renaître…

lundi 28 avril 2014

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« … – Le réel est en toi. Le réel est en toutes choses. Au dedans. Comme un ciel intérieur. Immense et pur. Le réel est le secret au cœur de toutes choses.

Ce secret, nous ne pourrions le dire. Aucun de nos mots ne pourraient le contenir. Comment dire l’infini d’une seule présence ? Comment dire sa lumière ?

– Ce secret, il est la vie même. Comment pourrais-tu dire ce qui est la source même de ton souffle ?

– Nous l’avons oublié. Nous avons voulu l’effacer de notre conscience. De toutes nos forces nous l’avons fui. Mais, jusqu’en cet état même où nous avons trouvé refuge, demeure le souvenir de ce qui fut perdu…

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… – Que diras-tu du sommeil, que diras-tu de l’absence, en ce jour de venue ? Que diras-tu de tous ces mots du songe, en ce jour premier d’après le monde ?

La nuit est en flammes, la parole incandescente, l’abîme n’a plus de bord : qui seras-tu en ce premier matin, lorsque parlera sur ton front la dernière rosée ? Quoi d’autre que le souffle et la voix et le chant de cette venue, de cette naissance ?

– Un peu de ce très pur cristal d’un frais matin d’avril, quand le sommeil des neiges est rompu et la neige n’est plus qu’eau ruisselante, et l’eau n’est plus que lumière, et la lumière n’est plus que chant.

– Que sera ta naissance en ce premier matin : tes mots, tes yeux fermés d’ici ne peuvent le dire. Ton cœur somnolent, comment pourrait-il le pressentir sinon en ces instants fugitifs, en ces instants d’éveil, quand déjà t’a saisi, déjà t’a étreint, dans la violence et la douceur de la naissance – de ta naissance -, dans la souffrance et l’élan de l’unique naissance, le réel…

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… – Nous rêvons. Et dans notre rêve nous croyons voir. Et nous voyons en effet, et tout nous est bien visible. Mais rien de ce que nous voyons n’est réel.

– Depuis bien des années la vue du monde nous a dérobé la vision de réel.

– Nous voyons les choses comme en songe, et ne connaissons rien d’elles.

– Quand nous éveillerons-nous ? Quand cesserons-nous de nous laisser aveugler par les images ?

– Quand aurons-nous enfin la vision irradiante de l’aube ?…

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… – Nous sommes trop las. Notre conscience comme éteinte. Notre désir comme mort déjà.

– Notre cœur trop étouffé, notre voix trop assourdie.

– Où donc est notre joie, notre espérance ? Où donc l’appel, où donc la flamme qui brûle, qui illumine ?…

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… – Notre conscience, nous l’avons forcée, dressée. Marquée comme une marchandise. Notre conscience, nous l’avons négociée. Pour vivre, – survivre.

– Mais qui vit, maintenant que totalement nous nous sommes vendus ? Maintenant que, pour quelques deniers, sans réserve, nous nous sommes engagés au monde ?

– Qui nous éveillera d’un sommeil si profond ?

– Quelle ébauche d’un chant, quelle urgence d’un matin ?

– Et, peut-être, le simple pépiement d’un oiseau, invisible, sur la cime des pins…

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… – Nuit contre nuit.

– Et à chaque instant la fragile ligne de crête où tu avances. L’étroit sentier que tu traces. Voir, entendre, sentir.

– À chaque instant le fil tendu au milieu de la nuit. Où tu vas, funambule, et chacun de tes pas crée l’instant.

– À chaque instant, comme une image de nulle épaisseur, sans vie. Et tu marches, ébloui, et chacun de tes instants est la création du monde… »

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Extraits de : « Naissance de l’invisible » 1977 Gérard Pfister.

Illustrations : 1/« Homme drapé assis » Raffaello Sanzio 1483-1520  2/« Etude d’arbre »  Johann Caspar Nepomuk Scheuren 1810-1887  3/« Trompe l’oeil »  Jan van Kessel 1626-1679.

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Se souvenir de qui nous sommes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Dans le vent…

vendredi 25 avril 2014

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« … Tout autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. De droite et de gauche, on ne voyait que des ailes qui viraient au mistral par-dessus les pins, des ribambelles de petits ânes chargés de sacs, montant et dévalant le long des chemins ; et toute la semaine c’était plaisir d’entendre sur les hauteurs le bruit des fouets, le craquement  de la toile et le Dia hue ! des aides-meuniers…

Le dimanche, nous allions aux moulins par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de dentelles et leurs croix d’or. Moi j’apportais mon fifre, et jusqu’à la noire nuit on dansait les farandoles. Ces moulins-là, voyez-vous faisaient la joie et la richesse de notre pays… »

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Certains jours, voyez-vous, de vieilles mémoires soufflent dans mon âme et je me dis…

« Où donc est passée la JOIE DU MONDE ? »

Par un hasard heureux,  le vent tourne et je l’entends chuchoter à mon oreille :

« Écoute mon ami

Écoute dans le vent

Écoute, la réponse dans le vent

Écoute, la réponse est dans le vent ! »

Bob Dylan

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BEAU WEEK END À TOUTES ET À TOUS !



Extrait de : « Le secret de Maitre Cornille- Les lettres de mon moulin »  Alphonse Daudet 1840-1897.

Photos BVJ

Pour en savoir plus : —> Ramatuelle – Les moulins de Paillas

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Souffler le vent de la joie…

BVJ – Plumes d’Anges.

Instant précieux…

mercredi 23 avril 2014

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« Mais l’oiseau, point d’empreinte

Ne laisse. Son empreinte est

Son vol même. Nulle trace

Autre que l’instant-lieu,

Joie du pur avènement :

Lieu deux ailes qui s’ouvrent,


Instant un cœur qui bat. »

Extrait de : « Cantos toscans » 1999  François Cheng.

Illustration : « Oiseaux, poissons et fleurs-Planche 18 »  Okamoto Shuki 1807-1862.

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Instant précieux : un battement de cœur…

BVJ — Plumes d’Anges.

Effloraison…

dimanche 20 avril 2014

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« … Bien que dans ma vie de tous les jours , je sois un solitaire, la conscience d’appartenir à la communauté silencieuse de ceux qui luttent pour la vérité, la beauté et la justice, m’empêche d’éprouver un sentiment de solitude…

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L’expérience la plus belle et la plus profonde que puisse faire l’homme est celle du mystère. C’est sur lui que se fondent les religions et toute activité sérieuse de l’art ou de la science. Celui qui n’en fait pas l’expérience me semble être sinon un mort, du moins un aveugle…

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… Sentir que derrière tout ce que nous pourrons découvrir il y a quelque chose qui échappe à notre compréhension et dont la beauté, la sublimité ne peuvent nous parvenir qu’indirectement, voilà ce que c’est que le sentiment du sacre, et, en ce sens, je peux dire que je suis religieux…

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… Et il me suffit de pouvoir  m’émerveiller devant ces secrets et de tenter humblement de saisir par l’esprit une image pâlie de la sublime structure de tout ce qui est. »

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BELLES FÊTES PASCALES À TOUTES ET À TOUS !

Extrait d’un discours enregistré par Albert Einstein en 1932 au profit de la Ligue des Droits de l’Homme.

Illustrations : 1/ »Étude de Clématite » 2/ »Étude de Clématite » 3/ »Étude de Clématite renonculacée arborescente » Henri Bergé 1870-1937  4/« Oeufs d’oiseaux » Chromo du XIXème-Boston Public Library.

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Vivre le mystère du nouveau…

BVJ – Plumes d’Anges.

Musique du printemps…

mercredi 9 avril 2014

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« … Non, il n’est pas en ton pouvoir de faire éclore le bouton.

Secoue-le, frappe-le : tu n’auras pas la puissance de l’ouvrir.

Tes mains l’abîment ; tu en déchires les pétales et les jettes dans la poussière.

Mais aucune couleur n’apparaît, et aucun parfum.

Ah ! Il ne t’appartient pas de le faire fleurir.

Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement.

Il y jette un regard, et la sève de vie coule dans ses veines.

À son haleine, la fleur déploie ses ailes et se balance au gré du vent.

Comme un désir du cœur, sa couleur éclate, et son parfum trahit un doux secret.

Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement…

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… L’âme du poète danse et plane, sur les vagues de la vie parmi les voix des marées et des vents.

Maintenant que le soleil s’est couché et que le ciel obscurci s’abaisse sur la mer comme de longs cils sur des yeux fatigués, c’est l’heure où le poète, posant sa plume, laisse ses pensées s’enfuir vers les insondables profondeurs du silence éternel et secret…

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… Le parfum du bouton s’écria : « Le jour s’enfuit, ah, le jour heureux du printemps, et je suis le prisonnier des pétales ! »

Ne perds point courage, humble petite chose !

Tes liens éclateront, le bouton s’épanouira en fleur, et quand tu te faneras en pleine vie, le printemps, même alors, t’aura survécu.

Le parfum palpite et s’inquiète dans le bouton, criant : « Ah, les heures passent, et je ne sais pas encore où je vais ni ce que je cherche ! »

Ne perds pas courage, humble petite chose !

La brise printanière a devancé ton désir, et le jour ne finira point que tu n’aies accompli ta destinée.

L’avenir semble obscur au parfum et il s’écrie : « Ah, si ma vie n’a point de sens, à qui la faute ?

Qui peut me dire pourquoi j’existe ? »

Ne perds pas courage, humble petite chose.

L’aube parfaite est proche, où tu mêleras ta vie à la Vie éternelle, et où tu connaîtras enfin le pourquoi de ton existence…

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… Écoute, mon cœur ; dans cette flûte chante la musique du parfum des fleurs sauvages, des feuilles étincelantes et de l’eau qui brille ; la musique d’ombres sonores d’un bruit d’ailes et d’abeilles… »

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Extraits de : « La corbeille de fruits »  Rabindranath Tagore 1861-1941.

Illustrations : 1/« Rose et Sceau de Salomon-Livre des médecines simples »  Robinet Testard 1470-1531  2/« Carte du monde-Atlas »  Battista Agnese 1514-1564  3/« Enluminure-Bible de Borso d’Este »  Taddeo Crivelli 1425-1479.

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Vivre le souffle du printemps dans notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Sensibilité…

mercredi 2 avril 2014

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« … La vérité, le vrai Dieu – non celui qu’a façonné l’homme – ne veut pas d’un esprit dévasté, petit, creux, étroit, limité. Il lui faut un esprit sain, qui puisse l’apprécier ; il lui faut un esprit riche, non de savoir mais d’innocence – un esprit vierge de toute trace d’expérience, un esprit libéré du temps. Les dieux que vous avez inventés pour votre propre réconfort acceptent la torture ; ils acceptent un esprit qui se laisse toujours ternir. Mais l’authentique, lui, ne veut rien de tout cela ; il veut un être humain total et complet, au cœur plein, riche, clair, capable de ressentir intensément, capable de voir la beauté d’un arbre, le sourire d’un enfant, et la détresse de la femme qui a toujours connu la faim.

Il faut que vous ayez cette extraordinaire capacité de sentiment, cette sensibilité à toute chose – l’animal, le chat qui passe sur le mur, la saleté, la crasse, la pauvreté des êtres humains vivant dans la misère, dans le désespoir. Vous devez être sensibles, ressentir les choses intensément, mais sans suivre de direction particulière ; il ne s’agit pas d’une émotion fluctuante, mais d’une sensibilité impliquant tout l’être – nerfs, corps, oreilles, voix. Vous devez être sensibles de manière absolue et permanente. Sans cette sensibilité extrême, absolue, il n’est point d’intelligence. L’intelligence vient avec la sensibilité et l’observation…

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… La première chose à faire, si je puis me permettre de le suggérer, est de découvrir pourquoi vous avez certains critères de pensée, et pourquoi vous avez une certaine manière de ressentir les choses. N’essayez pas d’y changer quoi que ce soit ni d’analyser vos pensées et vos émotions, mais prenez conscience des tendances spécifiques que suit votre pensée, ainsi que des motivations de vos actes. Bien que l’analyse permette de découvrir les motivations, de déceler certaines choses, cela ne peut être vrai : la vérité n’apparaitra que lorsque vous serez intensément conscients de ce qui se passe à l’instant même où se déclenchent votre pensée, votre émotion ; vous en verrez alors la subtilité extraordinaire, la finesse, la délicatesse. Tant que persisteront en vous un « je dois » et un « je ne dois pas », ces contraintes vous empêcheront de découvrir les méandres fugaces de la pensée et de l’émotion. Et je suis sûr qu’on vous a élevés à l’école des « il faut », « il ne faut pas » ; c’est ainsi que vous avez détruit pensée et sentiment. Vous avez été ligotés et mutilés par des systèmes, par des méthodes, par vos maîtres. Abandonnez donc ces « il faut », et « il ne faut pas ». Il ne s’agit pas de prôner la licence, mais de prendre conscience de cet esprit qui ne cesse de dire « je dois », « je ne dois pas ». Alors, telle une fleur qui s’épanouit par un beau matin, l’intelligence éclot : elle est là, active, créatrice – et la compréhension naît… »

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Extraits de : « Le Livre de la Méditation et de la Vie » 1° et 3 mai  Jiddu Krishnamurti 1895-1986.

Tableaux : 1/« Flora »  Alexandre Blum XIXème 2/ »Fleurs dans un vase de Delph »  Alexander Marshal 1620-1682.

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Ressentir la vie au plus profond de notre chair et de notre cœur…

BVJ – Plumes d’Anges.

Permettre…

lundi 24 mars 2014

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« N’essaie pas de regarder trop loin devant ou de faire des plans trop longtemps à

l’avance car, dans ce cas, ils pourraient bien changer. Il serait préférable de

permettre à toute chose de se déployer, et tu verras que cela arrivera bien plus

vite que tu ne peux l’imaginer. Ne sois pas impatient ; attends-Moi, simplement, et

vois toute chose s’ouvrir de façon merveilleuse. Mais cela doit se faire au bon

moment. Quand l’hiver s’installe, tu crois toujours qu’il ne finira jamais, mais

avant que tu réalises ce qui est en train d’arriver, le printemps commence à surgir

presque sans que tu t’en aperçoives. C’est le même processus avec le nouveau.

Comme le printemps, il est là, et l’hiver, l’ancien, est fini. Mais peut-être ne l’as-tu

pas pleinement compris ou accepté, et tant que ce ne sera pas le cas, tes yeux ne

s’ouvriront pas sur cette merveille. Ouvre les yeux et ne manque rien de ce qui est

en train de se passer en ce moment. »

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Extrait de : ” La petite voix” 24 mars  Eileen Caddy 1917 – 2006.

Illustrations : 1/ « Printemps » 2/« L’Attente » Heinrich Vogeler 1872-1942.

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Chaque chose arrive à son moment, le bon moment…

BVJ – Plumes d’Anges.

Vraie nature…

samedi 22 mars 2014

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« … Les paysans lisent l’almanach. Quoi de plus beau pour eux ? Les jours qui viennent et les mois et les saisons, ce sont des jalons pour leurs projets. De l’année qui va suivre, on connaît d’avance certaines choses. D’abord ce qui est comme immuable, c’est à dire le départ et le retour des étoiles ; tel est le squelette de l’almanach. Une année, c’est un tour complet des étoiles (…) Les étoiles marquent les heures aussi ; les pilotes de Virgile suivaient les mouvements de la Grande Ourse autour de l’étoile Polaire ; ce mouvement indique à la fois l’heure et la saison ; au cours d’une année, le minuit de la Grande Ourse fait le tour du cercle ; en ce moment, et au commencement de la nuit, la Grande Ourse est presque au zénith ; cette grande aiguille marque la saison, le temps où le merle siffle, où les narcisses sont fleuris. Il en est de même tous les ans. Ce n’est pas un petit travail que d’expliquer la relation entre l’Ourse qui tourne au ciel et l’oiseau qui fait son nid ; mais encore faut-il commencer par le remarquer, je dirais même par l’admirer. Je crois que les hommes des champs ont un peu trop oublié ce regard vers les étoiles, qui apprit à l’homme les lois les plus simples. Les anciens savaient qu’Arcturus , qu’on nomme aussi le Bouvier, paraît le soir au temps des labours printaniers, et disparaît quand la saison froide et pluvieuse s’avance. Cette science paysanne s’efface. Le laboureur lit le journal. C’est la ville qui imprime l’almanach ; et, à la place des mois qui sont au ciel, elle nous dessine des casiers sans couleur, des semaines et des dimanches selon le commerce et les échéances. Heureusement, la nature célèbre aussi Noël et Pâques ; heureusement, la fête des Rameaux est écrite dans les bois. N’empêche que l’almanach des villes est un autre almanach. Dans l’almanach auquel je rêve, on verrait l’année tourner sur ses gonds ; c’est ouvrir les grandes portes sur l’avenir, et élargir l’espérance. Les hommes seraient plus près d’être poètes, et plus généreux, s’ils ne cessaient de lier leurs travaux à ce grand Univers … »

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Et qu’aurait-il pu dire sur l’agriculteur de notre époque ?

Extrait de : « Propos sur la nature »  Émile Chartier dit  Alain 1868-1951.

Tableaux : 1/« Peine floraison »   Hugo Darnaut 1851-1937  2/« Printemps à Eller » Hugo Mühlig 1854-1929.

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Se re-lier au cosmos…

BVJ – Plumes d’Anges.

Assieds-toi…

mercredi 19 mars 2014

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« … Prends soin de toi. Chaque fois que, en grandissant, tu auras envie de transformer les erreurs en justice, souviens-toi que la première révolution à accomplir se trouve à l’intérieur de soi, la première et la plus importante. Lutter pour une idée sans avoir aucune idée de soi est l’une des choses les plus dangereuses que l’on puisse faire.

Chaque fois que tu te sentiras perdue, indécise, pense aux arbres, souviens-toi de leur façon de pousser. Souviens-toi qu’un arbre avec beaucoup de feuillage et peu de racines peut être déraciné au moindre coup de vent, tandis que, dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de feuillage, la sève court difficilement. Racines et feuillages doivent pousser dans les mêmes proportions, tu dois être dans les choses et au-dessus, ainsi seulement tu pourras offrir ombre et refuge, te couvrir de fleurs et de fruits quand ce sera la saison.

Et puis, quand plusieurs routes s’offriront à toi et que tu ne sauras pas laquelle choisir, n’en prends pas une au hasard, mais assieds-toi et attends. Respire profondément, avec confiance, comme le jour où tu es venue au monde, sans te laisser distraire par rien, attends encore et encore. Ne bouge pas, tais-toi et écoute ton cœur. Puis, quand il te parlera, lève-toi et va où il te porte. »

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Extrait de : « Va où ton cœur te porte » 1994  Susanna Tamaro.

Illustrations : 1/« Portrait de sa fille Jaroslava »  Alfons Mucha 1860-1939  2/ « Flore des serres et des jardins d’Europe »  Louis van Houtte 1810-1876.

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Se poser un temps pour emprunter le bon chemin…

BVJ – Plumes d’Anges.

Espoirs…

lundi 10 mars 2014

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« … Il existe sur cette planète des êtres accomplis, merveilleux, non parce qu’ils ont collectionné les diplômes, mais parce qu’ils sont comme ça, dans leur nature même. Cependant, encore une fois, le cadre dans lequel nous vivons n’encourage pas vraiment à cela. Lorsqu’une nation fonctionne sur la compétitivité, elle n’engage pas l’homme à s’améliorer. Nous naissons tous de la même façon, certains sur de la terre battue et d’autres dans des palais. Mais notre condition humaine est la même. L’un est noir, l’autre blanc, le troisième jaune… c’est tout ce qui nous différencie. Après, ces êtres sont abîmés parce qu’on les fait entrer petit à petit dans la comparaison, dans la compétition. Je crois profondément que nous portons tous en nous un héritage inconscient qui nous a été donné, imposé par nos aïeux. Nos parents nous transmettent l’idéologie, la logique ou le mode d’existence qu’ils ont reçus. Or, je pense qu’on ne doit pas angoisser l’enfant, mais lui dire au contraire : « Voilà l’autre, ce n’est pas ton rival mais ton complément. » Et je ne parle pas du statut des femmes ! Au nom de quoi l’histoire les a-t-elle subordonnées et continue-t-elle à le faire alors que ce sont bien deux énergies, féminine et masculine, qui font que nous existons ? Il s’agit là d’un des plus grands facteurs de déséquilibre que l’humanité doit résoudre…

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… Peu à peu, j’ai pris conscience que la vie est un chemin initiatique, du moins l’ai-je prise comme tel. Géographiquement, physiquement, on a l’impression de rester immobile. Mais elle nous fait avancer au plan intérieur, au plan de nos concepts, de nos perceptions. Alors, soit on prend les évènements qui nous arrivent comme des faits ordinaires défilant les uns après les autres selon la loi du hasard, soit on estime qu’ils sont porteurs de signes. Et moi, j’ai eu peut-être la chance de comprendre assez vite que tout ce qui m’arrivait, de bon ou de moins bon, formait un ensemble d’éléments qui présidait à mon évolution. Alors, soit je me place dans une posture plaintive – « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive cela ? » – , soit je me dis : « Ce qui m’arrive exprime un message que je dois décrypter. »…

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… Je rêverais de congrès internationaux qui réuniraient les enfants du monde pour les aider à prendre conscience de leur identité planétaire, et les préparer ainsi à l’estime mutuelle, à la solidarité au sein de la maison commune…

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… Dire que certains prétendent imposer la paix avec des chars d’assaut, des avions de guerre, des bombes atomiques ! Quelle aberration. Lorsque, à l’école, les maîtres exaltent l’héroïsme guerrier et qu’on apprend aux enfants le garde-à-vous, le salut militaire, comment voulez-vous y arriver ? On pourrait pourtant s’attaquer aux racines du mal en commençant par apprendre aux élèves à se montrer généreux les uns envers les autres. Demain, à la place de la concurrence, de la compétitivité, des éternelles comparaisons entre le bon et le mauvais, le supérieur et l’inférieur, le dominant et le dominé, il serait possible d’instaurer une pédagogie de la paix où les valeurs seraient mutualisées à l’avantage de tous. Aucun être ne doit être subordonné à un autre. Pas plus la femme que l’enfant…

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… Une chose pourtant est claire dans mon esprit : je donne ce que je reçois et ne suis pas la source du bien mais son serviteur. Je crois en l’existence d’un monde positif, en un monde lumineux, en un monde beau que nous ne cessons d’abîmer, de transformer en enfer…

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… Je suis comblé d’émerveillement en observant les miracles de la nature, le ciel, cela semble banal, le ciel, et pourtant ça ne l’est pas. Et dans ce domaine, oui, chaque jour je découvre du nouveau, un peu comme s’il s’agissait d’une sorte de voie initiatique illimitée, et cette voie-là n’a pas d’objectif, de destination, ce n’est que du chemin. Malgré cela, je ressens au fond de mon être comme une souffrance en me disant que le monde, la vie, les êtres humains pourraient être autrement. Je porte cela en moi, à la fois l’émerveillement et la déception, beaucoup d’interrogations sans réponse mais aussi d’aspirations. Ce sont les aspirations qui nous maintiennent dans l’action. On aspire toujours à quelque chose.  On pourrait faire mieux, on peut faire mieux…

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… Je reste fasciné par ce mot – « harmonie » – et tout ce qu’il suggère. J’ai beaucoup goûté, étant enfant, sous les cieux nocturnes du désert, la clarté lunaire et la voûte céleste avec ses constellations plus éclatantes que nulle part ailleurs. Rien de plus fascinant que le ciel. Le regarder nous mène aux portes de l’univers tout entier et c’est vertigineux. On comprend mieux pourquoi l’immense vacuité nous manque dans ce monde d’effervescence tapageuse, car tout cela est poésie. Il faudra que l’écologie, en plus de ses considérations factuelles qui font appel à des comportements respectueux de la vie, intègre la dimension immatérielle qui s’ouvre sur l’infini, la beauté et le mystère de la vie. J’aimerais que la poésie soit tellement incluse en nous, dans nos comportements, qu’elle aille jusqu’à s’incarner dans ce que nous réalisons quotidiennement… »

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Extraits de : « Pierre Rabhi semeur d’espoirs »2013  Olivier le Naire.

Illustrations : 1/« L’École d’Athènes » (détail) Raffaello Sanzio 1483-1520  2/« Sommet de colline »  Frank Weston Benson 1862-1951  3/« Le ballon »  Pal Szinyei Merse 1845-1920  4/« Étude de nuages » Knud Baade 1808-1979.

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Cultiver nos champs d’humanité…

BVJ – Plumes d’Anges.