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« … La lagune et la gondole sont inséparables et se complètent l’une par l’autre. Sans gondole Venise n’est pas possible. La ville est un madrépore dont la gondole est le mollusque. Elle seule peut serpenter à travers les réseaux inextricables et l’infinie capillarité des rues aquatiques…
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… La transparence du ciel, la limpidité des eaux, l’éclat de la lumière, la netteté des silhouettes, la force et la finesse du ton donnaient à cette vue immense une splendeur éblouissante et vertigineuse…
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… À certaines heures, quand l’ombre s’épaissit et que le soleil ne lance plus qu’un jet de lumière oblique sous les voûtes et les coupoles, il se produit d’étranges effets pour l’œil du poète et du visionnaire.
De fauves éclairs jaillissent brusquement des fonds d’or.
Les petits cubes de cristal fourmillent par places comme la mer sous le soleil.
Les contours des figures tremblent dans ce réseau scintillant ; les silhouettes si nettement découpées tout à l’heure se troublent et se brouillent à l’œil…
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… Que de temps, de soins, de patience et de génie, quelle dépense pendant huit siècles il a fallu pour cet immense entassement de richesses et de chefs-d’œuvre !
Combien de sequins d’or se sont fondus dans le verre des mosaïques ! Combien de temples antiques et de mosquées ont cédé leurs colonnes pour supporter ces coupoles !…
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… Que de carrières ont épuisé leurs veines pour ces dalles, ces piliers et ces revêtements de brocatelle de Vérone, de portor, de lumachelle, de bleutine, d’albâtre roux, de cyphise, de granit veiné, de granit mosaïcain, de vert antique, de porphyre rouge, de porphyre noir et blanc, de serpentine et de jaspe !
Quelles armées d’artistes, se succédant de générations en générations, ont dessiné, ciselé, sculpté dans cette cathédrale !…
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… Sans parler des inconnus, des humbles ouvriers du moyen âge que recouvre la nuit des temps, qui se sont ensevelis dans leurs œuvres, quelle liste de noms l’on pourrait dresser, dignes d’être inscrits sur le livre d’or de l’art !… »
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Images rapportées d’une échappée belle de 24 heures en cité de Venise.
où l’œil se doit d’être curieux pour traquer des détails insoupçonnés.
Tourner quelques pages du merveilleux « Voyage en Italie » de Théophile Gautier,
où l’auteur se fait virtuose de la description,
(je n’ai d’ailleurs pas trouvé le sens des mots bleutine et cyphise,
sont-ce là des inventions poétiques ?)
et de ce grand livre d’Art à ciel ouvert
dont on ne se lasse de découvrir les trésors,
mais qu’on abandonne volontiers pour retrouver le calme et la nature sauvage…
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Extraits de : « Voyage en Italie » Théophile Gautier 1811-1872.
Photos BVJ – Venise – septembre 2022.
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Se laisser éblouir un instant…
BVJ – Plumes d’Anges.










































