Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Blanche nuit…

dimanche 21 décembre 2025

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« … Si l’on considère les différents aspects de la montagne suivant les saisons, on voit, en hiver, lorsque le temps est clair, les deux aiguilles du sommet, que l’on nomme les cornes, se dresser toutes blanches sur le bleu du ciel. Les glaciers, les pentes à leur pied sont immaculées ;  même les grandes murailles à pic sont comme vernies par le givre et la couche de glace qui les revêt. Toute cette masse imposante, éblouissante, domine comme un palais enchanté la surface grisâtre des forêts qui montent jusque là.  (…)

Pour faire l’ascension de la montagne, on prend un chemin bien tracé, orienté au sud, qui monte jusqu’au col réunissant le pic avec ses deux cornes à un autre sommet. On traverse une épaisse sapinière. Au moment de redescendre sur l’autre versant, on rencontre une colonne peinte en rouge élevée en souvenir d’un boulanger trouvé mort à cet endroit. Une peinture le représente avec sa corbeille de pains, une inscription rappelle l’accident et demande aux passants une prière pour le défunt. Ici on quitte le chemin et on oblique en suivant l’arête du col. Les sapins s’écartent un peu, formant une sorte de sentier…

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… Après avoir bavardé un moment, elle pressa le petits de se mettre en route.

– Fais bien attention de ne pas prendre froid, Sanna, dit-elle. Ne te mets pas en nage à courir sous les arbres ou dans les prés. Le vent se lèvera vers le soir, vous ne pourrez plus marcher aussi vite. Embrassez bien papa et maman pour moi et souhaitez-leur un joyeux Noël.

Elle les serra dans ses bras et les accompagna jusqu’à la porte du jardin.

Conrad et Suzanne repassèrent près des moulins aux glaçons et traversèrent les prés. Lorsqu’ils atteignirent la lisière du bois, quelques flocons blancs commençaient à tomber.

– J’avais bien dit qu’il neigerait, dit le garçon. Te rappelles-tu quand nous avons quitté la maison ce matin comme le soleil était rouge ? Tout à fait comme une lampe d’autel. Maintenant on ne le voit plus, le ciel est tout gris et regarde le brouillard au dessus des arbres. Cela ne trompe jamais…

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…C’était le moment où, dans le village, les fenêtres s’éclairaient l’une après l’autre. Ce soir, veille de Noël, de nombreuses bougies étaient allumées sur les petits sapins chargés de cadeaux, de boules et de fils brillants. Dans toutes les maisons, tous les chalets, toutes les chaumières le petit Jésus avait distribué ses largesses. Bien que Conrad se fut imaginé qu’il aurait vite fait de descendre du sommet de la montagne jusqu’à la vallée, aucune de ces nombreuses lumières n’était visible aux deux pauvres égarés dont les yeux anxieux se posaient sur la neige blême et le ciel sombre. Toutes les clartés, tous les bruits de fête étaient perdus pour eux dans un lointain invisible. Pendant que d’autres enfants avaient les bras chargés de jouets et de bonbons, tous deux, assis au bord du glacier, ignoraient même que les cadeaux qui leur étaient destinés étaient dans les paquets posés sur le sol de la grotte… »

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Un merveilleux petit conte de Noël, un peu suranné mais tout à fait charmant, dont l’histoire se passe en montagne. La vie d’une vallée à l’autre est différente mais « les traditions ancestrales » demeurent ancrées dans les villages. Ces deux enfants partis tôt le 24 décembre de Gschaid pour aller embrasser leurs grands-parents à Millsdorf, à trois heures de marche dans la vallée voisine, ne pensaient pas vivre une telle aventure. Adalbert Stifter nous raconte cette veillée, il nous décrit les paysages ou ce qu’ils en distinguent, le froid, la beauté ahurissante qui brille sous les étoiles, il décrit les bruits de la nuit en pleine nature, les craquements du glacier … et nous fait vivre là un suspense grandissant au fil des heures. Cet auteur excelle dans l’art de la description, ses mots sont pesés et bien à propos.

J’ai aimé cette nouvelle, elle rappelle notre enfance, parle de la richesse des sommets, de famille, de courage, de solidarité, valeurs un peu évaporées dans nos villes et dans notre nouveau monde…

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En ce jour du solstice d’hiver,

je vous souhaite à toutes et à tous un Noël joyeux, de belles fêtes de fin d’année,

qu’elles soient paisibles, sereines, joyeuses et lumineuses

et je vous dis à l’année prochaine…

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Extraits de : « Cristal de roche »  Adalbert Stifter  1805-1868.

Illustrations : 1/ « Glacier inférieur de Grindelwald »  2/ « Glacier de Grindelwald »  Caspar Wolf  1735-1783   3/ « Traditions de Noël »  Adolph Tidemand  1814-1876.

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Que triomphe la lumière ! 

BVJ – Plumes d’Anges.

Vers des sommets…

dimanche 7 décembre 2025

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« Ici commence la liberté.

La liberté de bien se conduire.

 

Voici l’espace, voici l’air pur, voici le silence,

Le royaume des aurores intactes et des bêtes naïves.

Tout ce qui vous manque dans les villes,

est ici préservé pour votre joie.

 

Enterrez vos soucis et emmenez vos boites de conserves.

Les papiers gras sont les cartes de visite des mufles.

 

Ouvrez vos yeux et vos oreilles, fermez vos transistors.

Pas de bruit de moteur inutile, pas de klaxons.

 

Écoutez les musiques de la montagne.

 

Récoltez de beaux souvenirs, mais ne cueillez pas les fleurs.

N’arrachez surtout pas les plantes : il pousserait des pierres.

Ne mutilez pas les fleurs, marchez sur les sentiers.

 

Il faut beaucoup de brins d’herbes pour tisser un homme.

 

Oiseaux, chevreuils, lapins, chamois,

Et tout ce petit peuple de poil et de plume

ont désormais besoin de votre amitié pour survivre.

Déclarez la paix aux animaux timides.

Ne les troublez pas dans leurs affaires

L’ennemi des bêtes est l’ennemi de la vie.

 

Afin que les printemps futurs réjouissent encore vos enfants ! « 

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Samivel poète et randonneur.

(poème trouvé sur le net)

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J’entends au loin  l’appel de la neige et celui des montagnes, 

je vais admirer les cimes pures qui transpercent les cieux et celles auréolées de brume, 

je pars écouter le silence et me fondre dans le grand blanc des flocons légers…

 Lumineuse semaine à toutes et à tous, à bientôt.

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Illustrations : 1/ « Sommets enneigés »  John Williamson  1826-1885  2/ « Paysage de montagne »  Franz Schreyer  1858-1938.

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Vivre le blanc, avec légèreté…

BVJ – Plumes d’Anges.

Bonne voie…

dimanche 30 novembre 2025

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« … Afin d’être encore plus étroitement claquemuré, il fit mettre des bourrelets aux portes et aux fenêtres et quand ses amis, car il en avait encore, cherchaient à le raisonner, ils les regardait d’un air de mépris, leur faisait entendre qu’il les jugeait stupides et ne tenait pas à les voir. Aussi ne tardèrent-ils pas à se lasser de ce fou et ils l’abandonnèrent à sa misanthropie. On pouvait à présent comparer ce malheureux à une tour isolée, si bien blanchie et ravalée que les hirondelles et les corbeaux n’y peuvent plus nicher. La tour domine toujours la plaine mais la vie s’en est retirée.

Tiburius fut ravi d’avoir enfin la paix ; il se frotta les mains avec satisfaction, décidé à entreprendre ce qu’il souhaitait depuis longtemps : à savoir se soigner sérieusement. Il n’avait pas encore essayé, bien que sa maladie fut une chose avérée. Il résolut donc de suivre un traitement et afin de pouvoir se consacrer entièrement à ce projet, il chargea un domestique de veiller sur sa garde-robe, confia l’entretien du mobilier à son valet de chambre et à l’intendant la mission de toucher ses revenus. Quant aux propriétés, le vieux régisseur continuait à les gérer comme auparavant.

Il se procura immédiatement tous les livres traitant du corps humain, les rangea dans l’ordre où il voulait les lire. Dans les premiers, bien entendu, il n’était question que d’organes normaux, et ceux-là n’étaient pas les plus intéressants. Mais lorsqu’il s’attaqua aux ouvrages de pathologie, sa stupéfaction fut grande en retrouvant tous les symptômes qu’il observait sur lui-même…

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Il faisait une chaleur étouffante lorsque, dans l’après-midi, la berline, bien close, pénétra dans une étroite vallée et remonta le cours d’un torrent aux eaux vertes et bouillonnantes. Puis les montagnes s’écartèrent, la voiture passa devant un bâtiment d’où s’échappait un nuage de vapeur. C’était, dit le cocher, la source thermale qui jaillissait du sol et on touchait au terme du voyage. Bientôt la berline roula dans les rues de la ville d’eaux, déserte à cette heure caniculaire.  À peine pouvait-on deviner un œil inquisiteur, épiant par l’entrebâillement d’un volet ou d’un rideau, derrière les fenêtres closes.

Tiburius avait fait retenir un appartement à l’hôtel. Tandis que tout le monde s’affairait à porter les bagages entassés dans la berline, il s’assit devant une petite table peinte en jaune et chercha à mettre de l’ordre dans ses idées. Il était donc enfin au bout de cette inquiétante expédition et les paroles ironiques du petit docteur avaient porté leurs fruits…

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... Un sentier bien tracé s’enfonçait sous bois et Tiburius en s’y engageant ne put s’empêcher de penser à ce fou de petit docteur qui se donnait tant de peine pour préparer des terreaux pour ses rhododendrons et ses bruyères alors que ces plantes poussaient ici tout naturellement. Il se promit de raconter cela à son voisin dès son retour.

Le promeneur suivait le sentier, distrait par tout ce qu’il rencontrait. ici les boules de corail de la canneberge flamboyaient à côté de lui, ailleurs la myrtille dressait son feuillage luisant et ses baies violacées. Les arbres se resserraient, le sous bois devenait plus touffu avec çà et là, l’éclat lumineux d’un tronc de bouleau. le sentier continuait sans changer d’aspect mais peu à peu cependant, la sapinière s’assombrit, se resserra, une brise plus fraîche siffla dans les branches et incita Tiburius à rentrer de crainte d’un refroidissement. D’ailleurs, en regardant sa montre, il s’aperçut qu’en tenant compte du retour, il dépasserait le temps habituellement consacré à prendre de l’exercice. Il fit donc volte-face et n’étant plus attiré par mille choses nouvelles, marcha plus vite. Le sentier courait toujours à travers bois. Au bout d’un moment Tiburius s’étonna de ne pas apercevoir la muraille rocheuse qu’il avait côtoyée au départ. Puisque à ce moment là elle était à sa droite, maintenant il aurait dû l’apercevoir à gauche. Sans doute avait-il été si distrait par cette promenade qu’il avait fait plus de chemin qu’il ne le pensait. Il continua donc patiemment dans la même direction en pressant le pas.

Mais la falaise rocheuse restait toujours invisible. L’inquiétude le saisit. La forêt était manifestement plus sombre que tout à l’heure… »

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Théodore Kneigt, surnommé Tiburius, né d’un père excentrique, riche propriétaire plein de lubies successives et d’une mère aimante à l’excès craignant sans cesse pour sa santé, éduqué par un précepteur plus qu’étrange et un oncle original, tous lui forgèrent une personnalité hors du commun. À leur mort, il fut à la tête d’une fortune considérable. Il s’entoura de magnifiques objets, choisit les plus beaux vêtements, s’initia à la musique puis à la peinture, commanda de nombreux livres… une ribambelle de passions qui le lassaient très vite. Il sombra alors dans une certaine mélancolie, se sentit malade, s’enferma chez lui pendant de longs mois.

Un jour, un autre original s’installa dans la propriété voisine. Il était médecin mais n’exerçait plus son art, sa passion allait vers son jardin et du matin au soir, il s’en occupait avec amour. Tiburius lui rendit visite de plus en plus souvent, sous de nombreux prétextes, cette incroyable rencontre allait changer sa vie, le petit docteur était intuitif. Je vous laisse découvrir la suite…

J’ai adoré ce texte, fort bien écrit et traduit. L’auteur dépeint talentueusement les paysages et les situations, il ne manque pas d’humour et mine de rien nous tient en haleine tout au long de ces soixante pages. Il nous donne envie de partir et d’arpenter ces sentiers de montagne, c’est aussi une invitation au voyage intérieur : nous cheminons vers l’inconnu, parfois nous nous perdons puis nous retrouvons la bonne voie grâce à certaines rencontres.

« Admiré par Nietzsche, Hermann Hesse ou Thomas Mann, Adalbert Stifter est une figure majeure des lettres allemandes » peut-on lire sur la quatrième de couverture. Un conte à lire et à offrir, oh, cela tombe bien, c’est bientôt Noël !

Aifelle en avait parlé —>

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Extraits de : « Le sentier dans la montagne »  Adalbert Stifter  1805-1868.

Illustrations : 1/ « Rapides » 2/ « Sentier de montagne » 3/ « Forêt »  Arseny  Meshchersky  1834-1902.

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Croire au pouvoir de l’intuition…

BVJ – Plumes d’Anges.

Chemin étoilé…

dimanche 9 novembre 2025

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« … Sache que tu es le Maître. Celui qui aime Être.

Le monde des apparences et toutes les illusions qui se présentent devant toi proviennent du dedans.

Tu en es le Créateur.

Alors continue à grandir dans le royaume de la clarté et garde tes pensées dans la Lumière.

Tu es UN avec le Cosmos, une flamme et un enfant de la Lumière.

En toi, se trouve ta connexion avec le Tout Rayonnant de Lumière.

C’est pourquoi je te mets en garde : ne laisse pas tes pensées s’égarer vers la croyance que la Lumière provient de l’extérieur de toi. »…

Table VII – Les Tables d’Émeraude – Hermès Trimégiste.

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... Quand j’ai commencé il y a plus de 45 ans, le bois, matériau séculaire qu’on utilise depuis l’age des lacustres, n’était plus au goût du jour pour beaucoup, voire passé de mode.

Un jour pas fait comme les autres, je prends conscience que le bois est vivant. Un arbre traverse ses printemps, ses étés, ses automnes et ses hivers. Comme pour chaque être, il devra à un moment céder sa place. Il est noble, il sent bon, il émane de lui une vibration éminemment positive. Je transforme un matériau qui a vécu, grandi, souffert aussi. Je l’aime et je le respecte. Postérieurement, je souhaite transmettre ce message aux personnes qui le travaillent et à celles qui vont l’accueillir auprès d’elles. 

Je mets tout en œuvre pour honorer le cycle de notre « Prima Materia ». Les compagnons anciens du Saint Devoir avaient une citation merveilleuse quand ils bâtissaient les cathédrales. Ils l’ont gravée sur le tympan de nombreuses abbatiales médiévales, « La main est esprit ». Simplement exprimé, quand la main se relie à la tête et au cœur, l’œuvre d’art devient possible…

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... À ce stade de nos pérégrinations, notre sublime Mullah Nasr Eddin nous assène une de ses vérités salutaires bien à lui : « Un jour, il entra dans une maison de thé en déclamant : « La lune est plus utile que le soleil ! » « Mais pourquoi donc, cher Mullah  cette affirmation ? » « Eh parbleu, c’est parce que c’est surtout quand il fait nuit que nous avons besoin de lumière ! »

Si l’âne à la lyre nous dévoile le nombre 7, le narthex de Chartres, lui, nous dévoile le nombre 3 et les 4 éléments.

Lorsque je lève les yeux, je vois un grand carré de pierre qui contient le cercle de l’admirable rosace sud-ouest. Ces deux figures géométriques sont surmontées d’un grand trigone au sommet duquel est sculptée la statue du Christ en Gloire, symbolisant la Quintessence ou la Conscience de l’Homme Réalisé, il est l’étoile à cinq branches. Géométriquement, chacune des figures se contient l’une dans l’autre. Le carré représente l’imperfection du monde terrestre, la matérialité, les 4 points cardinaux, les quatre saisons et il figure l’élément Terre… » 

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Merveilleux et riche livre du suisse Thomas Büchi, Maître charpentier, président fondateur du groupe Charpente-concept depuis 1991, consulté à titre d’expert pour la reconstruction de la Forêt de Notre-Dame ; c’est à lui et à son équipe que l’on doit entre autres choses, le nouveau refuge du Goûter sur le Mont Blanc.

Jeune lycéen, il suit une filière scientifique quand brutalement il décide de changer de voie. Amoureux du bois, le métier de charpentier devient pour lui une évidence. Son père souffleur de verre passionné d’ésotérisme l’assure de son soutien. La route est longue, il devient d’abord menuisier, puis charpentier. Au fil du temps, il est initié par des Maîtres aux secrets des Bâtisseurs du Moyen age. Puis sa vision s’élargit. Grand sportif, judoka, il grimpe des sommets mythiques, recherchant perpétuellement l’harmonie et la beauté, il voyage vers de lointaines contrées, le Machu Picchu, les pyramides de Gizeh, les grandes Cathédrales, le Camino et leurs signes alchimiques…

Il cherche à décrypter, à comprendre, nous explique de façon claire la coudée royale, la coudée égyptienne, le rectangle d’or, la divine proportion, les réseaux Hartmann et Curry (là, je vous l’avoue, totalement ignorante, je n’ai pas tout compris, il me faudra approfondir le sujet) et se rend compte que TOUT repose sur la géométrie sacrée.

Humblement, voulant transmettre son savoir, sous forme de journal, il raconte et espère attiser notre curiosité, nous amener à suivre le fil d’or tissé par ces grands Bâtisseurs. 

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Extraits de : « Fragments de lumière – Sur la Voie ésotérique des Bâtisseurs »  2024  Thomas Büchi.

Illustrations : 1/ « Tableau comparatif des principales montagnes du globe terrestre »  Louis Bruguière  XIXème  2/ « Manuscrit Sur les propriétés des choses – Zodiaque »  Barthélémy l’Anglais  1202-1272  3/ « Tableau comparatif de la hauteur des principaux monuments »  Œuvre anonyme.

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Tout est à re-trouver…

BVJ – Plumes d’Anges.

Perception…

dimanche 26 octobre 2025

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« Faire quelque chose d’autre,

Trouver autre chose dans autre chose,

Quelque chose de caché, quelque chose d’inaperçu,

Quelque chose qui avant jamais comme ça,

Et en même temps sans comment faire évident,

Sans itinéraire prédéfini,

Quelque chose en autre chose,

Quelque chose qui soit ici et là en même temps,

Quelque autre ici,

Le révéler, l’invoquer, …

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… Faire que quelque chose se fasse tout seul,

Ici est plein d’ailleurs,

Déborde d’autre,

Il suffit de le déchiffrer et de le permettre,

Tout cela est tellement simple

Que c’est presque hors de portée de ceux

Qui sont trop ici et maintenant,

Et pourtant il n’y a rien d’autre

Qu’ici et maintenant,

Mais autrement,

Seule mon absence est palpable,…

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… J’en parle ainsi

Pour l’effacer

Jusqu’à ce que s’efface le quelque part où

Quelqu’un avait parlé

Quelqu’un qui fut effacé,

Effacés l’ici et le maintenant

De cette liberté faire

Quelque chose d’autre

Quelque autre ici, quelque autre toi,

Quelque chose. »

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Immersion dans la nature,

être tout à la fois la terre, le ciel, les arbres,

le ruisseau clapotant,

le parfum de l’humus,

le chant de l’oiseau,

la caresse du vent…

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Effacer les frontières, les contours,

s’immerger dans une réalité,

ne plus faire qu’un avec elle, puis sans elle,

pour se recréer,

semer des étoiles nouvelles

et s’élever librement vers la lumière…

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Illustrations : 1/ « Soirée sur la rivière Save » 2/ « Le long de la Gradascica« 

3/ « Automne »  4/ « Colline ensoleillée »  4/ « Semeur »  Rihard Jakopic  1869-1943.

Poème extrait du recueil d’Ales Steger « Au-delà du ciel sous la terre »  2024.

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Ré-inventer…

BVJ – Plumes d’Anges.

Vivre la vie…

dimanche 19 octobre 2025

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« … La vieille dame voudrait savoir si les choses se passent ainsi en Europe, s’il y a aussi beaucoup de saints et de protecteurs que les gens vont prier. Quand elle avait vingt ans, elle aimait bien faire de petits voyages avec des amis dans des temples ou sanctuaires réputés de la région. Il y avait du monde, c’était la fête. Elle faisait ses dévotions avec les autres, sans trop se préoccuper de savoir de quelle divinité il s’agissait. Avec l’âge, elle s’est restreinte à des prières plus ciblées sur le bonheur et la santé de sa famille…

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… Une présence n’est jamais innocente, même celle d’un chat. Comme dans tout être, une puissance invisible en émane, qu’on ne perçoit pas forcément mais qui est bien là.

Qui plus est, la frontière n’est pas toujours étanche entre l’animé et l’inanimé, le sujet et l’objet. D’ailleurs, si on place dans les vitrines des magasins des statues de maneki-neko, ce « chat qui invite » de la patte levée le chaland qui passe à entrer dans la boutique, c’est qu’il y a une raison. Les porte-bonheur ont tous une histoire et les légendes ne naissent pas de rien…

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… L’écriture d’un journal a une tradition millénaire au Japon. On n’y prend pas ce genre très au sérieux, mais ces « choses qu’on raconte », comme on les appelle ici, peuvent être d’un grand agrément quand on les goûte en prenant son temps. Elles peuvent aussi canaliser les peines, les sortir de soi.

La vieille dame fait comme faisait sa mère, elle tient un journal, un gros cahier où elle consigne les faits du jour s’ils lui paraissent importants, significatifs. Elle trouve les mots qui les feront revivre, où elle pourra se resituer. Elle en relit parfois des passages pour son plaisir ou sa peine… ».

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Extraits de « Lettres d’Ogura »  2022   Hubert Delahaye.

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« … Elle savait bien, elle avait toujours su qu’une vie n’est qu’un état transitoire. Comme dit le poète, elle se disperse au premier vent et tombent les pétales. Il en va ainsi pour toutes les choses du monde, petites et grandes, belles et laides, et même pour sa maison…

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… Hatsumi voit passer une étoile filante. Passage trop bref pour avoir le temps de faire un vœu, mais ce n’est pas grave : elle forme en permanence celui du bonheur de ses filles. La nuit est claire, sans lune, et les lumières de la ville ne viennent pas perturber le ciel nocturne d’Ogura. Dans l’espace vertigineux, le Bouvier et la Tisserande se sont encore écartés un peu plus de la rivière d’étoiles de la Voie lactée. Ils s’aiment, s’attirent, mais doivent se quitter ainsi chaque année en juillet depuis toujours.

Y-a-t-il plus beau symbole de la fidélité ? Quand elle était jeune et romantique, cette fête de Tanabata était sa préférée. Elle en connaissait tous les contes et leurs variantes et elle écrivait à cette occasion un poème sentimental qu’elle accrochait à la branche d’un bambou derrière la maison, dans un endroit caché afin que personne ne pût découvrir ses pensées secrètes. Son petit mot pouvait s’adresser à la Tisserande pour lui demander talent et bonheur, à l’instar des petits o-mikuji de papier que l’on noue aux branches des arbres dans les temples et les sanctuaires.

L’automne se précise. Le matin, une fine rosée embue les tuiles sur le toit de la maison. Les dernières cigales se sont tues et ne chanteront plus jusqu’à l’été prochain. La nature est redevenue presque silencieuse. Dans les rizières moissonnées, on a évacué l’eau, on retourne à la terre. La nuit a retrouvé un début de fraîcheur... »

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Extraits de: « Fantômes d’Ogura »  2024  Hubert Delahaye.

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Deux petits livres magnifiques et complémentaires, une succession de tableaux et d’images participent à leur beauté.

Imaginez une petite vallée près de Kyoto, au fond, un village isolé, Ogura. Au pied d’une montagne, un champs de kakis, « fruits des dieux pour l’âme sur terre » et une maison traditionnelle japonaise.

Lettres d’Ogura raconte l’histoire d’une vieille dame. Elle vit seule, la maison familiale s’est vidée petit à petit de sa mère, son époux, ses trois filles, son chat. Elle se souvient du passé avec une pudeur extrême, elle peint la société japonaise hyper codifiée et hyper ritualisée, elle en observe les changements. Tout est doux et calme dans ce récit, elle accepte ce qui la chagrine un peu sans jamais l’exprimer…

Dans Fantômes d’Ogura, Hatsumi, la vieille dame n’est plus, elle a quitté la vie terrestre à l’age de 86 ans, elle se promène de façon fantomatique dans les rues du village, elle est libérée des règles de bienséance mais demeure respectueuse. Une immense tristesse l’envahit quand elle constate que le jour de la Fête des morts, ses filles ne se déplacent pas, mais elle leur pardonne. Elle veille sur sa maison, est curieuse au sujet des voisins, joyeuse quand la vie est vibrante…

La fin de cette histoire est touchante, j’ai trouvé ces deux lectures exquises, riches quant à ce que l’auteur nous dit avec délicatesse sur les us et coutumes au Japon… Un très joli moment, vous verrez.

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Illustrations : 1/ « Escaliers au parc de  Maruyama »  2/ « Après la pluie »  Alfred East  1844-1913  3/ « Kakis »  Wada Eisaku  1874-1959.

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Honorer le vivant…

BVJ – Plumes d’Anges.

Poétique d’un haut Lieu…

dimanche 28 septembre 2025

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« Nostalgie m’enveloppe

Pour le temps poétique

Robe de papier »

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« Lumière éteinte

Du ciel limpide une étoile se détache

Et entre par la fenêtre »

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« Dans l’air vibre la corde

Silence tendu silence rompu

Chute mate d’une fleur de camélia »

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« Je l’ai mis en terre

Là où le vent d’automne

N’atteindra pas son oreille »

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Jour un peu bleu, un peu « blues »…

Prendre de la hauteur,

se remémorer des souvenirs heureux,

 s’abreuver aux sources rafraîchissantes de la poésie d’extrême Orient.

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C’est le début d’un jour nouveau,

un soleil inouï va briller,

en cueillir un rayon, puis deux, puis trois…

La Belle du jour se pare de rose,

entre mer et ciel,

l’oiseau peut prendre son envol,

lumineuse semaine à toutes et à tous !

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Haïku de Natsume Soseki  1867-1916.

Photos BVJ – Le Mont Saint Michel  – Septembre 2025.

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Prendre soin de soi pour prendre soin des autres…

BVJ – Plumes d’Anges.

Histoires d’Amour…

dimanche 21 septembre 2025

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« … – Allo c’est toi ? Salut

À quelle heure se retrouve-t-on Cet après-midi ? je ne me souviens plus

– Dès que possible On a dit

– À oui c’est juste

C’est quelle heure ? Dès que possible

– Maintenant Si ça va pour toi

– Ça va très bien

 

Et les voilà Qui accourent l’un vers l’autre

Impatiemment Avidement Passionnément

Et de rire

en voyant l’autre approcher

Et de se regarder

comme si ON ne s’était pas vu depuis

DES semaines

Et de s’embrasser

de s’embrasser sur la rue Collés l’un

à l’autre Encore et ENCORE

– As-tu vu cet Idiot

comme il nous regarde

Allez On se dévoue Encore UN pour

lui

Que fait-on ? Où va-t-on ?

Dans la cave Dans le grenier Dans la voiture

dans la forêt

on CONNAÎT

Ou ailleurs

 

car Ensemble

tout est à Faire et Tout à refaire

Repasser sur la trace de chacun

mettre une Nouvelle marque sur les

choses

– Tu vois là J’y suis venue pendant toute

mon enfance

– Et ce vieux mur Je voulais le revoir

avec toi

Partager ce qui était avant nous Nous

laisser couler dans l’AVANT

comme si ce temps devait être Comblé

Et après bien-sûr Comme d’habitude

la chansonnette de l’Après

si sol si sol la la

et nous partirons Ensemble

et nous Mettrons un matelas par terre

et nous achèterons une table Paysanne

do do do do fa

 

Ils accouraient l’un vers l’autre Légèrement

Innocemment

Légèrement innocemment

comme si l’amour était tout simple Tout clair

TRANSPARENT

Comme si le plus difficile Avait été de se rencontrer

et que maintenant

il ne restait Plus qu’à s’aimer

Un jour

nous avions décidé de partir Pour la

journée

Grande journée

– Salut

tu t’es faite Toute belle

– Pas vraiment Dix ans que je le

traîne ce pantalon

C’est plutôt Toi qui es tout beau

Et lui de faire Comme si son parfum

était arrivé Par hasard dans son oreille

Quelques baisers

– Est-ce que tu as envie de commencer

par un café ? Quel temps tu as vu Pas

un nuage

Et de démarrer De papoter De se

regarder Elle de se mettre Tout contre

son épaule De se glisser des baisers furtifs

Que voulez-vous de plus ? Le bonheur

parfait

Quand soudain… »

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Un roman un peu fou, à la fois joyeux et pathétique. Il traite du couple, la grande histoire de la vie. Il questionne sur l’harmonie des relations homme/femme : peut-on vivre dans le parfait équilibre ou est-ce une illusion ? 

Amélie, la narratrice, « tombe en amour » d’Émile mais lucide, sortant d’une histoire douloureuse, elle refuse de s’attacher à cet homme. Pourtant, pourtant… elle se laisse aller ; après mûre réflexion ils se marient et puis, un enfant, deux enfants pointent le bout de leur nez. Lui travaille à l’extérieur, elle s’occupe de gérer la famille. Mais mais mais… Amélie voudrait que tout soit parfait, surtout son homme. Mille et une émotions la submergent, le quotidien se transforme en montagnes russes …

Je vous laisse découvrir les aventures de ce couple étonnant, c’est souvent hilarant, Amélie était-elle intuitive dès le début de son histoire d’amour ou pas, toutes les histoires d’amour sont-elles les mêmes ?

L’auteure croque ses personnages avec délectation. Son roman est construit visuellement sur une architecture soignée – j’ai bien aimé – , les choses légères sont racontées sous forme de colonnes, centrées ou décentrées, les plus lourdes occupent tout l’espace de la page. Pas de ponctuation, des majuscules qui surgissent au milieu des phrases comme des éclats de voix, beaucoup d’énergie…

Ce texte loufoque, très original, bien écrit, vous plaira j’en suis certaine.

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21 septembre, journée internationale de la PAIX, 

21 septembre 2025 : éclipse solaire partielle…

22 septembre 2025, l’équinoxe d’automne arrive,

 équilibre du jour et de la nuit, un chemin à suivre,

belle nouvelle saison à tous !

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Extrait de « Oui Émile pour la vie »  1987 (réédition 2025 en Poche)  Amélie Plume.

Illustrations : 1/« Groupe de quatorze dans l’architecture imaginaire »  2/« Juxtaposition de rouges » Oskar Schlemmer  1888-1943.

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Cultiver l’autodérision…

BVJ – Plumes d’Anges.

Lignes de désir…

dimanche 14 septembre 2025

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« … Ce n’est pas assez

D’une flaque de ciel en notre cœur

C’est le ciel tout entier

Que je veux Quand viendra l’heure

De s’écouler comme une eau pure

Dans le lit profond de l’amour

Oh ! quand viendra le jour

D’être comme une étoffe sans couture… »

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« … Tout est consenti

Je m’abandonne à l’oubli

Au silence à la nudité

Minérale du chant

Forêts et champs

Rivières laissez-moi passer…

Le cœur tremblant

Je cherche la beauté

Vêtue de nuit

Qui vous a renversés

D’un cri… »

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« … Ils se cachent dit-on, pour mourir.

Moi je dis

Qu’aucun oiseau ne meurt

Mais que très haut, parmi l’écume

Et les tourbillons d’astres, leurs chants

De planète en planète bondissent

Vers leur source… »

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« … Toutes les choses de la terre

Il faudrait les aimer passagères

Et les porter au bout des doigts

Et les chanter à basse voix

Les garder les offrir

Tour à tour n’y tenir

Davantage qu’un jour les prendre

Tout à l’heure les rendre

Comme son billet de voyage

Et consentir à perdre leur visage… »

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Doux voyage au fils des eaux,

au fil des mots…

Si la lune – douce inspiratrice – s’éclipse,

l’instant reste éphémère,

 la poésie est, sera toujours

à lire, à écrire, à peindre…

La beauté éclaire le monde,

nul ne pourra jamais l’éteindre…

Extraits de magnifiques poèmes inspirés d’Anne Perrier    1922-2017.

Photos BVJ – 1 à 5 en Bretagne, 6 à 10 en Suisse – septembre 2025.

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S’abreuver à la source poétique…

BVJ – Plumes d’Anges.

Cœurs à cœurs…

dimanche 31 août 2025

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« … Ce goût de la fugue, des échappées, qui m’envoie aujourd’hui sur les routes, je l’ai depuis toujours. Héritage d’une enfance trimballée, vécue dans le mouvement, les cartons et les rentrées scolaires en terre inconnue, à quoi bon se lier, se donner puisque tout cela sera rompu dans quelques mois ? Puisqu’il faudra recommencer et renoncer au moment où tout semble trouver sa place (…) Ne pas attendre, ne pas dépendre. J’ai vite compris que je serai mon propre axe, mon repère, mon point fixe, mon diapason. Et Guillaume, un jour, alors que je n’attendais rien. L’homme posé, ancré, attentif à ce qui tombe sous son regard, celui qui n’en finit pas de scruter quelques mètres carrés et d’y trouver histoires et merveilles. Guillaume terrien. Moi le vent, le feu. L’embrasement. Nos sauvageries. Tes mains, comme des oiseaux envolés. La vie qui déborde et nous déborde. Notre faim insatiable de cet amour prodigieux que nous vivions.

Tu m’avais appris à ralentir. J’aimais les couleurs de ton ciel. Et ce mot que tu avais écrit un jour sur une carte, un jour d’anniversaire. À nos lents demains, mon amour. Avec toi, toujours. D’une journée banale qui m’ennuyait à périr, où j’étais toujours en quête d’un battement de cœur supplémentaire, tu faisais une constellation d’instants et de couleurs. Je t’enviais ça. La vie, fantaisie provisoire. Je vivais pour demain, tu apprivoisais l’aujourd’hui avec grâce, curieux du merveilleux qu’il allait t’offrir, d’une germination inattendue, d’une clarté soudaine…

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… « Emma mon enfant, ma fille aux yeux de châtaigne et aux joues d’ivoire, mon arbrisseau, mon printemps, mon gouffre, Emma ma branche de corail, nous sommes allés au jardin ce matin, dans la lumière de cette matinée de la fin septembre. Opération de désherbage, pour laquelle tu m’assistes avec enthousiasme et gravité. Les feuilles ont rougi, jauni, elles ont bruni, leurs brillances se détachent sur le vert sombre des cèdres, tes joues fraîches ont pris des couleurs, elles sont luisantes de bruine.

Le travail nous attend, tu as enfilé tes bottes en caoutchouc vert, un peu trop grandes pour toi, mais tu n’en veux pas d’autres, et tu t’es armée de ton petit râteau en métal rouge vif, nous voici à pied d’œuvre, une belle équipe tous les deux. 

Il faut éclaircir la menthe, aussi odorante qu’envahissante, arracher le sèneçon, les pissenlits charnus, les chardons vigoureux, ramasser les fruits trop mûrs écrasés que se disputent quelques insectes, couper les roses fanées aux têtes trop lourdes ; les abeilles encore engourdies par le froid se déplient dans un vol paresseux.

Tu suis mes gestes et tu essaies de faire comme je te montre, dégager le pied des arbres des feuilles mortes avec le râteau, puis les rassembler en tas. Mais autre chose t’intéresse davantage, tu te mets soudain à courir vers le pignon de la maison, là où rougit une vigne vierge somptueuse et, accroupie, tu commences à choisir des feuilles tombées, beau tu murmures… »

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Une histoire sensible, émouvante et profonde, admirablement écrite, celle d’Agnès, danseuse, qui un an après la perte de son compagnon, donne une dernière représentation en compagnie de danseurs, blessés de la vie. Elle l’a décidé, elle doit amorcer un virage dans son existence,  se la réapproprier.

Elle décide d’entreprendre un voyage en Europe vers une destination précise, dans un but précis. Elle veut faire quelques étapes sur les pas de souvenirs heureux et de rêves inaccomplis. Elle emporte dans son sac un livre, celui que Guillaume adorait, elle le lui a lu et relu pendant sa longue maladie. Un livre écrit par un certain Julien Lancelle, un homme blessé, qui a du mal à trouver sa vraie place dans la vie. Il est le père d’Emma, une petite fille « différente » qui n’est heureuse que dans les jardins au contact des fleurs, des oiseaux et des insectes. Julien se voue corps et âme à sa fille, il l’accompagne quotidiennement de tout son amour, la protège. Il a publié un livre, un seul, fait de lettres adressées à Emma, des lettres bouleversantes de délicatesse et de poésie.

Lors de son voyage Agnès admire « pour de vrai » la sublime Corbeille de fruits du Caravage à la Pinacothèque de Milan, puis se rend à Mantoue pour découvrir La chambre des époux d’Andrea Mantegna dans le Palais ducal – Guillaume et elle en avaient rêvé… Elle nous parle du Kintsugi, cet art japonais qui répare les fêlures des porcelaines brisées avec une laque recouverte de poudre d’or, l’objet trouvant ainsi une nouvelle vie…

Gaëlle Josse a construit son livre sur l’alternance de ces deux histoires d’amour.

Je n’en dévoilerai pas plus et vous laisse découvrir ce texte magnifique.

Encore un chef d’œuvre à mes yeux…

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Extraits de : « De nos blessures un royaume »  2025  Gaëlle Josse.

Illustrations : 1/ « Parterre de marguerites » fragment de la frise liseron – Gustave Caillebotte  1848-1894   2/ « L’apprenti botaniste »  Paul Peel  1860-1892.

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Aimer de tout son cœur, de toute son âme…

BVJ – Plumes d’Anges.