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… » Puis on emplit les tasses et l’on boit. Ô nectar ! Les petites feuilles membraneuses demeurent suspendues comme des nuages s’écaillant dans un ciel serein ou flottent comme des nénuphars sur un étang d’émeraude… C’est un tel breuvage qu’évoquait Lo T’ong, poète Tang, lorsqu’il écrivait :
« La première tasse humecte mes lèvres et mon gosier, la deuxième rompt ma solitude, la troisième fouille mes entrailles mises à nu et y débusque mille volumes d’étranges idéogrammes, la quatrième suscite une légère sueur – et tout le noir de ma vie se dissout à travers mes pores. À la cinquième tasse, je suis purifié ; la sixième m’expédie au royaume des Immortels. La septième – ah, je ne saurais en absorber davantage ! Je sens seulement un souffle de vent frais gonfler mes manches. Où est P’eng-lai-chan* ? Ah ! Laissez-moi chevaucher cette douce brise et m’envoler loin d’ici ! « …
* Les Îles (ou Montagnes) des Immortels, l’un des paradis taoïstes, où se trouve l’Arbre à soleils. «
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« Le livre du thé » Okakura Kakuso 1862 – 1913 – Texte issu du livre « Le goût du thé » éditions Mercure de France – 2007.
Tableaux : 1/ « La buveuse de thé » Jean-Baptiste Siméon Chardin – 1699 – 1779 2/ « Fleurs sur table en acajou » John La Farge – 1835 – 1910.
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Doux moment de pause et de sérénité…
BVJ – Plumes d’Anges.



































