Archive pour janvier 2026

Chercher, pour retrouver…

dimanche 25 janvier 2026

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« Je vous dirai la couleur

des choses invisibles

la couleur qu’on entend

la couleur qu’on respire

 

la guirlande bleue du violon

et la pourpre des guitares

le vert profond du vent

dans le soir

et l’or fragile

d’une caresse

 

Je vous dirai la voix perdue

dans l’indigo des solitudes

et le calme orangé

près des yeux doux qu’on aime

 

Je vous dirai l’arc-en-ciel

qui naît en vous

de la patience et de l’oubli

de la défaite du silence

et du geste réconcilié

 

Car comme vous j’aime et je vis

dans l’arc-en-ciel de mes songes. »

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« Oui je sais que

la réalité a des dents

pour mordre

que s’il gèle il fait froid

que un et un font deux

 

Je sais je sais

qu’une main levée 

n’arrête pas le vent

et qu’on ne désarme pas

d’un sourire

l’homme de guerre

 

Mais je continuerai à croire

à tout ce que j’ai aimé

à chérir l’impossible

buvant à la coupe du poème

une lumière sans preuves

 

Car il faut être très jeune

avoir choisi un songe

et s’y tenir

comme à sa fleur tient la tige

 

contre toute raison. »

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« Marche, n’arrête pas de marcher

d’ouvrir les portes

de soulever les pierres

de fouiller dans le tiroir de l’ombre

de creuser un puits dans la lumière.

 

Cherche, n’arrête pas de chercher

les traces de l’oiseau dans l’air

l’écho dans le ravin

l’incendie dans les neiges de l’amandier

 

tout l’ignoré

le caché l’inconnu

le perdu

Cherche tu trouveras

le mot et la couleur de ton poème. »

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Retrouver son âme,

– même si le chemin s’avère long et difficile –

l’esprit libre, vierge des « diktats » que certains

aimeraient nous imposer au travers des médias et des réseaux,

être curieux de ce qui se cache de précieux dans les tréfonds du cœur.

Tout Homme est un poète, s’il le veut,

s’il cherche en lui les mots justes et sincères,

leur musique, leur couleur, leur grâce, leur élégance…

Il lui faut pour cela en avoir l’intention, 

initier un mouvement, tenter, tâtonner, être patient,

puis trouver ou plutôt retrouver la joie éternelle

d’un voyage au pays de l’imagination…

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Poèmes de Jean-Pierre Siméon – trouvés sur le net.

Illustrations : 1/ « Paysage avec un lac »  4/ « Paysage de la vallée du Rhin »  Marten Rickaert  1587-1631 

 2/ « Liseron »  3/ « Clématite »  Barbara Regina Dietzsch  1706-1783.

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Retrouver notre âme…

BVJ – Plumes d’Anges.

 

À chacun sa voie…

dimanche 18 janvier 2026

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« … Dans d’autres recoins des Alpes, les montagnes sont désormais habitées, et pas seulement par des animaux. Au moment où la colline des Gures se peuplait de blocs erratiques, des chasseurs magdaléniens s’installaient déjà dans les massifs préalpins du Vercors ou de la Chartreuse. À la faveur d’un climat encore plus clément que celui que nous connaissons aujourd’hui, les cols deviennent accessibles et permettent aux tribus nomades du Néolithique de coloniser les terres d’altitude. Elles y développent de petites cultures, pratiquent la chasse et l’élevage, et cherchent des minerais pour fabriquer leurs outils…

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… Nul ne sait pourquoi les « glacières » se sont mises à descendre aussi bas dans la vallée. Pendant la première moitié du millénaire, elles sont restées tapies en altitude – peut-être encore plus haut qu’aujourd’hui. Mais depuis la fin du XVème siècle, le climat s’est dégradé. L’hiver, les chutes de neige sont devenues considérables, provoquant des avalanches meurtrières : onze victimes au Tour en 1634, cinq autres trente ans plus tard à Vallorcine, où un petit hameau situé près de l’église a dû être abandonné. L’été, des semaines d’averses pourrissent les récoltes. Tout le monde ne mange pas à sa faim… Les habitants se doutent que tout ce froid doit être pour quelque chose dans l’avancée des glaciers. Mais ils l’attribuent aussi à la volonté de génies malfaisants qui règnent sur les montagnes…

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... On leur raconte aussi qu’autrefois, cette vallée n’était pas recouverte de glace, et qu’en la remontant, on pouvait par un sentier rejoindre le Val d’Aoste via le col du Géant. Légende ou réalité, les Chamoniards prouvent en tout cas qu’ils connaissent le caractère fluctuant des glaciers…

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… La déroute de Napoléon permet au royaume de Sardaigne de remettre la main sur la Savoie en 1815, suite au congrès de Vienne. Cette fois, les Chamoniards ne voient aucun avantage à retourner dans le giron sarde. Leur nouveau souverain, Victor-Emmanuel Ier, mène une politique réactionnaire qu’ils n’apprécient guère. Ils vont se sentir délaissés au profit de communes plus importantes de la vallée de l’Arve, Sallanches et Bonneville, que les successeurs du roi, Charles-Félix puis Charles-Albert visitent régulièrement.

Période décidément bien sombre au pied du mont Blanc. En avril 1815, le volcan indonésien Tambora, qui dépasse les 4000 mètres d’altitude, est décapité par une éruption d’une puissance rare. Il perd 1500 mètres de hauteur. Des milliers de personnes sont tuées sur le coup, et d’épais nuages de poussière se répandent sur tout le globe terrestre. Le climat s’en trouve modifié pour plusieurs années. Dès 1816, en Europe comme en Amérique, on observe un sérieux refroidissement, au point de parler d’une année sans été. À Chamonix se succèdent averses de pluie et de neige, les récoltes sont détruites. Pour ne pas mourir de faim, on en vient à consommer des herbes sauvages. Les consorts d’Argentière vendent leurs alpages de Balme aux habitants des Houches contre du grain.

Cet accident climatique ne fait que renforcer l’offensive des glaciers. Le petit âge glaciaire atteint son paroxysme en cette première moitié du XIXème siècle, et les processions n’y peuvent rien. La Mer de Glace recouvre toute une partie du village des Bois. Aux Bossons, le glacier, après avoir détruit forêts et cultures sur son passage, menace le village et la route de Chamonix… »

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Un livre magnifique dont la couverture toilée rouge vif attire d’emblée notre regard.

« Le roman de Chamonix » de Sophie Cuenot est une lecture délicieuse richement illustrée,

une mine d’informations extraites d’archives, sur la période allant de – 16 000 à 2023.

Des centaines de sujets sont abordés , depuis les temps anciens jusqu’à nos jours.

Les Hommes se sont succédé dans cette vallée parfois douce parfois hostile,

courageux et solidaires

ils ont lancé et relevé des défis incroyables

en grimpant vers les cimes inconnues,

en construisant plus tard téléphériques, trains, refuges, tunnels…

Tout ne fut pas simple, crues, inondations, avalanches,

tremblement de terre important en 1905,

éboulements, déraillement du train de Montenvers en 1927,

crash du Malabar Princess en 1950 et du Kangchenjunga en 1966,

terrible incendie dans le tunnel du Mont Blanc en 1999 …

pour ne citer que le 20ème siècle.

Les amoureux de la montagne et de Chamonix vont apprécier

ce livre bien écrit, bien construit qui nous transporte haut et loin,

qui nous montre que la Nature est vivante,

que tout change, évolue, disparait et se recrée à l’infinie.

UN GRAND MOMENT, une lecture passionnante ! 

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« Le vent des montagnes

Dans la clochette

Un puissant désir de vivre »

Taneda Santoka

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Extraits de : « Le roman de Chamonix »  2023  Sophie Cuenot (iconographie de Catherine Cuenot, sa maman)

Illustrations : 1/« Sources de l’Arveyron »  Samuel Birmann 1793-1847

   2/« La Mer de Glace, Montanvers »  Carl Ludwig Hackert  1740-1796.

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Croire en notre force… 

BVJ – Plumes d’Anges.

Lames de verre…

dimanche 11 janvier 2026

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La Cathédrale Basilique de la Major à Marseille, construite entre 1852 et 1893,

d’inspiration byzantine avec cette alternance de pierres claires et foncées,

de clochers et de coupoles, marque en bord de mer un espace entre Orient et Occident.

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L’exposition « Lumières célestes » de Marcoville,

(exposition gratuite du 25 octobre 2025 au 10 mars 2026)

nous offre un émerveillement total,

le verre y est travaillé, teinté, sablé, ciselé, empilé par couches…

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Marc Coville (Marcoville), sculpteur français, homme discret et modeste, né en 1939,

est un artiste contemporain connu dans le monde entier.

Il crée des œuvres monumentales à partir d’objets de récupération,

avec une patience d’Ange il explore la matière et la métamorphose en beauté !

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Un jardin d’Eden nous accueille, fleurs et arbres attrapent la lumière,

la Nature est là, elle nous invite à aller plus loin sur notre chemin de vie,

à créer, à transformer les choses les plus simples, les plus vulgaires même,

en fééries imaginaires.

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600 anges et 30000 poissons de verre (colonne de 10 mètres de haut)

sont suspendus dans la nef principale,

ils veillent, s’agitent, s’immobilisent un instant,

brillent, disparaissent à l’instant suivant.

Les fonds marins et la voute céleste se côtoient

dans une poésie totale et irrésistible, l’émotion est immense.

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Dans les nefs latérales, 50 Vierges transparentes, noires, dorées ou blanches,

venues de tous horizons, sont descendues sur terre,

tenant leur précieux enfant dans les bras, ils vibrent… à l’unisson,

l’humain et le divin s’épousent simplement et majestueusement.

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Leurs mains ouvertes nous interpellent,

elles aimeraient créer du lien, dire ou témoigner… 

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Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par cette exposition,

l’artiste Marcoville est présent quelques jours par mois dans la Cathédrale,

il anime des ateliers avec des enfants…

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« L’âme est une fleur délicate exposée au vent de la destinée.

Les brises du matin la secouent et les gouttes de rosée lui ploient le cou.

Comme la fleur prend de la terre son parfum et sa vie,

l’âme tire de la matière et de ses torts une force et une sagesse. »

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Khalil Gibran

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Photos BVJ – Janvier 2026  Exposition Lumières célestes – Marcoville – Marseille.

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Révéler l’âme du verre… …

BVJ – Plumes d’Anges.

Dires de la forêt…

vendredi 2 janvier 2026

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« Pas une mince affaire

Que d’être né humain

Crépuscule d’automne »

Kobayashi Issa

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Hiver… Je suis debout, toujours debout,

je cultive ma bonne santé, ma force vitale est au repos,

je réfléchis, j’observe le monde

et tente de déterminer ce que je veux vraiment incarner

au plus profond de mon bois de cœur, dans le printemps futur.

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L’énergie circule doucement,

le froid, certains matins griffe mon âme,

la neige vient faire la fête silencieusement,

des vents parfois violents brisent mes ailes,

le soleil, quand il apparaît, est encore pâle…

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Mais je suis patiente,

il y a toujours des épreuves à traverser et je les traverserai,

 je sens que cette année est un peu spéciale,

il va falloir donner le meilleur de soi-même

et rester plus que jamais sur le chemin de la paix.

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Bientôt je choisirai un nouveau feuillage, vert espérance,

pour créer un doux espace où se ressourcer.

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Je vous souhaite joie et sérénité pour 2026,

ouvrons grand notre cœur !

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« Jeunes pousses de fougère

Ouvrant leurs petits poings

Enfin le printemps »

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Sôseki

Photos BVJ – Forêts italiennes.

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Cultiver la bienveillance…

BVJ – Plumes d’Anges.