Archive pour la catégorie ‘plumes à rêver’

Chants de paix…

lundi 16 octobre 2023

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UN CHANT POUR LA PAIX

« Donnez au soleil de s’élever,

Au matin d’éclairer.

La force des prières

Ne nous fera pas revenir

Celui dont la bougie s’est éteinte

Et qui git dans la poussière,

Les larmes amères ne le réveilleront pas,

Ne le ramèneront plus ici.

 

Personne ne nous ramènera

Du fond de la fosse obscure.

Ici ne servent à rien

Ni l’allégresse de la victoire

Ni les cantiques de louange.

 

Alors chantez seulement

Un chant pour la paix,

Ne murmurez pas de prière,

Il vaut mieux que vous chantiez

Un chant pour la paix,

À grands cris.

 

Laissez le soleil entrer

À travers les fleurs.

Ne regardez pas en arrière,

Accordez le repos à ceux qui sont partis.

Levez les yeux avec espoir,

Et pas sur une ligne de mire.

Chantez un hymne à l’amour,

Et pas aux guerres.

 

Ne dîtes pas : « Un jour viendra »,

Faîtes le advenir !

Car ce n’est pas un rêve

Et sur toutes les places

Acclamez la paix ! »

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Shir la-shalum, chanson devenue l’hymne du mouvement pacifiste israélien,

chantée par  Yitzhak Rabin juste avant son assassinat, le 4 novembre 1995…

Auteur : Yaakov Rotblit – 1969

Compositeur : Yair Rosenblum

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« … La laïcité française n’oppose pas la foi à l’incroyance. Elle ne sépare pas ceux qui croient que Dieu veille, et ceux qui croient aussi ferme qu’il est mort ou inventé. Elle n’a rien à voir avec cela. Elle n’est fondée ni sur la conviction que le ciel est vide ni sur celle qu’il est habité, mais sur la défense d’une terre jamais pleine, la conscience qu’il y reste toujours une place pour une croyance qui n’est pas la nôtre. La laïcité dit que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions, et elle garantit toujours une place laissée vide de certitudes. Elle empêche une foi ou une appartenance de saturer tout l’espace. En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance. Elle affirme qu’il existe toujours en elle un territoire plus grand que ma croyance, qui peut accueillir celle d’un autre venu y respirer… »

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Extrait de : « Vivre avec nos morts » – Petit traité de consolation –  2021  Delphine Horvilleur.

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Delphine Horvilleur est une femme rabbin,

elle accompagne les morts et leurs proches avec une extrême humanité.

En 11 chapitres elle nous raconte des faits et le sens qu’elle a tenté de leur donner.

Avec humilité, elle parle de ses rencontres et de moments de son existence.

Très érudite, elle éclaire tous les sujets abordés d’une lumière singulière,

  nous offre une talentueuse célébration de la vie,

dit à la mort « tu n’auras pas le dernier mot »,

la traduction de cimetière en hébreu n’est-elle pas « maison des vivants » ?

Ce « petit traité » d’une grande richesse est à lire et à relire sans modération,

parce que la bienveillance n’a pas de prix…

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Photos BVJ  – octobre 2023 – La Sainte Baume dans le var.

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Chanter et chanter encore la paix…

BVJ – Plumes d’Anges.

Merveilleusement…

lundi 2 octobre 2023

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… « J’épluchais une pomme rouge du jardin quand j’ai soudain compris que la vie ne m’offrirait qu’une suite de problèmes merveilleusement insolubles. Avec cette pensée est entré dans mon cœur l’océan d’une paix profonde. »…

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… « L’eau dans le verre de cristal danse imperceptiblement. »…

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Merveilleusement…

Avez-vous remarqué comme parfois il suffit d’un mot doux

cueilli au hasard d’une lecture ou d’une discussion

et en un éclair le sens donné à notre vie change.

Ce mot allège l’existence,

il est un halo de tendre brume, agit comme un baume étoilé,

nous aide à accepter la réalité.

On ne marche plus, on danse, on ne pense plus, on rêve.

Il nous faudrait inventer un dictionnaire des mots doux

pour illuminer nos relations,

pour la traversée d’épreuves, pour les jours de disette…

Quels mots pourrions-nous imprimer sur ses pages ?

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« Mieux vaut allumer sa petite bougie que maudire les ténèbres. »

Lao Tseu

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Extraits de : « Noireclaire »  Christian Bobin  1951-2022.

Illustrations : 1/ « Coupe de fruits » et 2/ « Panier d’oranges »   Léon Bonvin 1834-1866.

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Enrichir la douceur du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Envolées…

lundi 25 septembre 2023

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« … Je n’avais pas tout de suite remarqué que Kat Epadô, le pseudo de Sayo (sans doute parce qu’il résonnait rock, me faisant penser à Kat Onoma), était la première personne du présent du verbe grec : Chanter aux oreilles, Prononcer des paroles magiques, Ensorceler. J’avais trouvé ce choix bizarrement calé. Et même gonflé. Qui le lui avait soufflé ? De plus, un pseudo n’est jamais gratuit. Il vous camoufle et en même temps vous révèle. Je m’étais demandé pourquoi Sayo avait choisi un fragment de grec ancien. Pour le feu du son ou pour la cendre du sens ? Ou seulement pour l’élément mort d’une langue morte, complètement étrangère au Japon afin d’y passer elle aussi pour morte ? Et quand cessait-elle d’être Sayo pour devenir Kat-Epadô ? Qu’est-ce qui changeait alors en elle ? Je ne le lui ai jamais demandé.

Le samedi 1° décembre, j’ai découvert la nouvelle annonce :

CdG  Tunique avec implant

Elle est en fine matière extensible, gris irisé.

Sur l’épaule gauche se trouve une longue forme qui entoure à moitié votre cou comme un implant bizarre

Moi je dis qu’elle est mon chat gris, mon chagrin, couché sur mes épaules  =^^^= …

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J’allume la radio, à chaque fois j’entends comme un immense tremblement de terre. Quelque chose s’écroule.

Je connais un oiseau qui chantait avec assurance au cœur de la dévastation, m’a soudain dit Emily D. La dévastation, on y est, ça c’est sûr, lui ai-je répondu. Mais comment chanter ? Chante, a dit Emily D…

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… Il existe toutes sortes de rencontres. On peut rencontrer un vêtement : il vous foudroie. On peut rencontrer un pseudo : il vous possède. On peut rencontrer un oiseau : il vous fait rougir. La plus petite rencontre contient sa part explosive qui fracture quelque chose en vous…

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Autour de nous, je sentais un immense territoire dressé, avide, vivant. La nuit quelque chose s’éveille, sort, se tend, tiré, étiré en un grand bond, un jaillissement, et ça pousse, ça marche, ça avance. Beaucoup plus qu’en plein jour. Les rochers aussi (il y en avait beaucoup là bas, le chemin traversait un paysage de moraines), même eux, les rochers qui après avoir roulé semblaient s’être immobilisés, étaient en route, comme nous, je voyais bien qu’ils étaient encore en route, à leur dos rond, à leur épuisement, et j’ai compris qu’on n’est jamais arrivé, que rien n’a jamais de fin, même pour les pierres. Et quand je levais la tête, les constellations comme les moraines, leurs cygnes, leurs ourses, leurs lièvres, leurs chevaux et leurs chiens, traversaient le ciel, prises elles aussi dans le même interminable éboulement… »

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Zsazsa quitte son compagnon Thomas, abandonne Paris (pour une année au moins) et part dans les montagnes en vue d’étudier la langue des oiseaux, . Elle arrive la nuit, sous la neige, dans une baraque (dessinée par Jean Prouvé) au cœur de la forêt. Elle apporte dans ce lieu de solitude juste l’indispensable, deux livres d’Emily Dickinson publiés aux éditions Corti, deux livres de poésie chinoise  (de Li Bai et de Du Fu), un livre signé du russe Isaac Babel, un IMac 27 pouces, un téléphone portable, un duvet, des draps…

Ce soir là, elle fait la connaissance sur EBay de Sayo, celle-ci vend sous le pseudo de Kat-Epadô, des fringues de la célèbre marque Comme des garçons. Ce qui interpelle la narratrice, c’est le style de la petite annonce accompagnant la photo du vêtement : un texte court, étrange, poétique, mystérieux, elle tombe immédiatement sous le charme. S’en suit une relation entre ces deux « oiseaux » qui évoluera au fil des pages…

J’ai adoré cette lecture, une sorte de petit roman japonais où l’on s’attache à la délicatesse des mots, à l’essence des choses. Zsazsa  questionne et se questionne, tout a son importance mais tout est dérisoire aussi. C’est la quête de deux femmes qui vont grappiller un peu de l’autre, elles sont à une étape de leur vie, elles cherchent à entrevoir qui elles sont vraiment et vers où elles veulent aller.

L’écriture de l’auteure est toujours belle, ses descriptions de la nature, son côté sauvage et érudit, cet attachement aux maladresses et aux petits détails qui illuminent le présent sont un enchantement.

Sans se voir, sans se connaître, on peut tisser des liens, de lumineux liens.

AIFELLE en avait parlé –>

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Extraits de : « La langue des oiseaux »  2014  Claudie Hunzinger.

Illustrations : 1/ « Oiseaux »  Elise Konstantin-Hansen  1858-1946  2/ « Roses »  Elizabeth Bigelow Greene  1837-1915.

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Chercher un sens…

BVJ – Plumes d’Anges.

Fleurs et fleurettes…

lundi 11 septembre 2023

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« J’aimerais que mes souvenirs qui clignotent souvent soient munis d’un interrupteur

afin que je puisse au besoin les rallumer après les avoir éteints un certain temps. »

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« Toute vie est un hasard

Pourtant mes yeux ont vu trop de choses

Pour vivre comme un simple visiteur. »

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Dans les après-midi pré-automnales, je ne veux encombrer mon esprit,

j’aspire à la sérénité, j’appelle des souvenirs fleuris, j’en fais un doux bouquet.

Des forces lumineuses et colorées se tissent, se sculptent, se disent, se chantent,

des bulles d’énergie s’élèvent pour peindre dans le ciel de nouvelles étoiles.

Ainsi va la vie, elle nous montre que nous sommes en vie,

que la lumière est là en nous, à côté de nos zones d’ombre.

Ne perdons pas de temps à ressasser,

choisissons nos lignes de force,

 le tableau de notre quotidien se fera harmonieux et joyeux…

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Poèmes du sud-coréen Eom Won-tae  « Dans une région obscure »  2023

Tableaux : 1/ « Jeux d’enfants »  Alexei Harlamov  2/ « Fleurs dans un verre »  Albert Edelfelt

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Choisir notre lecture du monde…

BVJ – Plumes d’Anges.

Joie de l’âme…

vendredi 25 août 2023

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« … la joie, à l’inverse du plaisir, ne se décrète pas. Nous pouvons chercher le plaisir, et l’obtenir presque à coup sûr, par la satisfaction d’un besoin ou d’un désir : manger, boire, faire l’amour, s’adonner à une activité que nous aimons. La joie est une émotion beaucoup plus intense que le plaisir et elle nous tombe dessus, comme une grâce. Elle transporte notre cœur, notre esprit et notre corps…

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nous ne pouvons pas programmer la joie comme il est possible de programmer le plaisir, mais nous pouvons créer un terrain favorable à l’émergence de la joie. En étant présents et attentifs à ce que nous faisons, la joie peut survenir…

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... Si nous contemplons avec attention la beauté d’un paysage ou d’un sourire, une joie immense peut soudain inonder notre âme. De même, la joie jaillit souvent dans un cœur reconnaissant envers la vie…

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si nous pratiquons la gratitude, si nous savons remercier la vie et les autres chaque jour pour ce qu’ils nous apportent de beau, de bon ou d’utile – parfois même à travers des difficultés ou des épreuves – , alors la joie envahira souvent notre âme. Il en va de même pour la bienveillance…

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La joie est aussi l’expression de l’augmentation de notre puissance vitale. Plus nous sommes capables d’agir et d’agir librement, plus notre esprit est joyeux…

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La joie accompagne la croissance de notre être, de notre intelligence, de notre cœur, de notre créativité, de notre conscience. La joie est d’autant plus forte que l’effort a été intense pour y parvenir ou combler nos espoirs…

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La joie est le fruit d’un dévoilement. Comme l’amour, elle réside au plus profond de l’esprit et du cœur de tout être humain. La joie de vivre est naturelle chez les enfants. Elle est comme une source jaillissante…

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Puis les soucis de la vie, les peurs, les déceptions et les tristesses vont progressivement obstruer cette source. Il s’agit de se débarrasser des idées et des croyances erronées, des peurs, des tristesses et des colères qui empêchent la source de jaillir…

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L’eau pourra alors couler et inonder l’âme de joie. C’est ainsi que nous redevenons comme ces petits enfants, qui se réjouissent d’un rien, qui vivent dans l’instant présent, qui s’émerveillent de tout et ne cessent de rire… »

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Rencontrer certains paysages peut transporter notre âme.

L’heure parfaite, la lumière idéale, une température vivifiante,

tout devient merveille dans la découverte :

les rochers de granit poli d’une exquise douceur,

la musique et le scintillement de l’eau, un camaïeu de bleus divins…

La joie fait irruption et l’onde quelques jours après est toujours présente.

Pour accompagner ces moments magiques,

le hasard avait mis dans nos bagages divers livres,

dont les deux tomes de « L’Âme du monde » de Frédéric Lenoir,

conte philosophique très à propos dans ces lieux propices à la méditation. 

Merci la vie !

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Extraits de « L’Âme du monde » tome II  2019  Frédéric Lenoir.

Photos BVJ – Suisse Août 2023 – Torrent du Val Cristallina dans le Tessin.

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Se sentir à sa juste place, joie absolue…

BVJ – Plumes d’Anges.

Livres de vie…

lundi 14 août 2023

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« … Un dimanche (1960)

Un dimanche normal. Je suis très inquiète pour l’œil de Pa, j’espère que tout ira bien. Pourquoi a-t-il tous les malheurs ? Je les voudrais pour moi. Je veux que Dieu me donne un œil malade à la place de Pa. Chaque fois que je souhaite la même chose, c’est toujours le même bon vieux souhait « faites en sorte que tout le monde soit heureux ». Hier j’ai inventé un hôpital, les chambres auraient des roses sur le papier peint ; et l’oeil de Pa pourrait être massé tous les jours et Ma pourrait avoir de la psychothérapie et ils se sentiraient comme les chefs du monde.

J’ai appris des choses sur Dieu aujourd’hui. Je m’interroge beaucoup à propos de Lui, ça doit être une bien étrange personne, est-ce-que c’est un homme, a-t-Il un corps ? S’Il n’en a pas, est-Il un vide ? Et si c’est un vide, comment peut-Il exaucer nos souhaits ?

Je me sens tellement plus adulte maintenant que j’ai acheté du rouge à lèvres et que mes seins ont enfin réussi à pousser. Je travaille plus dur et je pense différemment. J’ai des bas* et des petites crush sur moi…

* Soixante deniers, une opacité grandiose. Et s’ils étaient filés, on pouvait les raccommoder, je sais toujours le faire… »

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Extrait de : « Munkey Diaries » – Journal, 1957-1982   Jane Birkin 1946-2023.

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« … Grand Canyon, 13 Août 1999

3 heures du matin. Insomnie dans le désert. On est allongé en sueur dans notre tente de camping derrière un immense rocher, Baby Ben, Charlotte, Kate et moi. Je n’avais pas rigolé à ce point depuis longtemps. Je suis la seule réveillée, comme d’habitude. J’ai oublié mes somnifs dans la voiture et je n’arrive pas à trouver mon pull. J’ai vu neuf étoiles filantes, alors il y en avait pour chacune des filles, plus Roman et Ben et Munga.

J’espère ne pas tomber de cheval demain, je les entends hennir et s’ébrouer depuis tout à l’heure. C’était si chouette de faire un feu de camp en mangeant des côtelettes, de regarder les étoiles et de partir se promener à travers les montagnes. Kate est vexée de s’apercevoir que Paris n’est pas le monde, j’ai dit que Londres ne l’est pas non plus, que la nature seule est extraordinaire, et tant pis pour la grande muraille de Chine ! Quoi qu’il en soit, ces immenses montagnes rouges ressemblent à des couches de plastique brillant superposées. À tout moment un Mohawk peut se pointer au sommet et on se retrouvera dans un film de Robert Mitchum. Roman a déposé son précieux scorpion sur un lit de coton dans ma boite de boule Quies.

Je dois essayer de dormir, ma lampe torche attire tous les insectes de l’univers. Kate a nettoyé mon visage poussiéreux avec de la crème pour les pieds du Dr Scholl, ça commence bien !

Dernière nuit avec les filles. J’ai tellement eu envie de tout leur raconter, mais j’ai décidé de ne pas le faire, c’est adorable de leur part de m’emmener faire ce voyage avec elles, alors je ne veux pas qu’elles s’inquiètent une seule fois pour moi… Tu sèmes un doute et il est impossible ensuite de le dissiper…

Nous sommes tous ensemble dans la même chambre carrée, tous ceux que j’aime, exceptée la petite Lou, et peut-être ça n’arrivera plus jamais. Les filles sont si terriblement drôles, chacune à leur manière, méticuleuses, délicates, pures et élégantes. Si féminines et belles…

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… 21 juillet 2004, message de Charlotte 

« Je viens de lire ton scénario, je suis tellement touchée, c’est toi qui me touches. Peu à peu on est envahi par ce qu’on comprend de ton personnage, c’est émouvant, drôle et barge, la manière dont tout est imbriqué, voilà c’est toi, ça te ressemble, tu dois absolument le faire, bisous, Charlotte. »

J’ai pleuré, ma fille croit en moi, comme Ma croyait en moi… »

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Extraits de : « Post-scriptum »  Journal, 1982-2013  Jane Birkin 1946-2023.

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J’ai aimé Jane Birkin et son sublime regard, j’ai senti en elle une belle âme, sa disparition me touche énormément.

Elle nous laisse beaucoup de cadeaux, ses films, ses chansons, ses combats, ses livres, ses journaux : deux qui se suivent, le premier fut rédigé en anglais, puis traduit, le second le fut en français, cela donne une écriture différente à ces deux ouvrages.

L’amour et l’amitié sont omniprésents dans toutes les notes prises au fil du temps, Jane met en valeur les personnes rencontrées ne voyant que leurs belles facettes, on découvre ce drôle de milieu qu’est le show biz. Elle semble avoir eu très peu confiance en elle et pourtant face aux échecs, face à la maladie, elle a vaillamment lutté.

Dans les extraits publiés de ses journaux, elle ne s’épargne jamais, elle est d’une immense franchise. Elle revendique sa liberté, va parfois très loin dans sa fantaisie. Elle nage dans un océan d’émotions, se soucie des autres et fait preuve d’une profonde gentillesse.

Ses filles sont très proches d’elle, elle s’arrête d’écrire le 11 décembre 2013 à la mort de Kate. La postface page 425 est plus qu’émouvante… Adieu Jane, merci de nous avoir accompagné(e)s depuis tant d’années.

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Illustrations : 1/« Pivoines »  Charles Ethan Porter  1847-1923  2/« Souvenir »  Arthur Bowen Davies  1862-1928.

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S’aimer, se soutenir…

BVJ – Plumes d’Anges.

Liberté et lumière…

jeudi 3 août 2023

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« LA FLORAISON DE LA PENSÉE.

La conscience claire est un état d’esprit qui peut tout embrasser – le vol des corbeaux à travers le ciel, les fleurs sur les arbres, les gens assis là aux premiers rangs et les couleurs qu’ils portent – , il nous faut avoir cette amplitude de conscience qui exige que l’on examine, que l’on observe, que l’on remarque la forme de la feuille, la forme du tronc, la forme qu’a la tête du voisin, ce qu’il est en train de faire. Avoir cette amplitude de conscience, et agir sur ces bases – c’est cela, avoir conscience de la totalité de son être. Ne disposer que d’une capacité partielle, d’un fragment de capacité ou d’une capacité morcelée, cultiver celle-ci et fonder notre expérience sur la base de cette capacité qui est limitée – cela donne un esprit de qualité médiocre, limitée, étroite. Mais avoir conscience de la totalité de notre être – compris grâce à la perception de chaque pensée, de chaque sentiment, sans qu’on oppose de limites à cette perception, mais en laissant fleurir toutes les pensées, tous les sentiments -, être par conséquent pleinement conscient, voilà qui est tout autre chose qu’une action ou une concentration qui ne sont qu’une simple capacité, et qui sont de ce fait limitées.

Laisser fleurir une pensée ou un sentiment demande de l’attention – pas de la concentration. J’entends par laisser fleurir une pensée le fait de lui permettre de se déployer en toute liberté, et observer le résultat, voir ce qui se passe dans votre pensée, dans vos sentiments. Tout ce qui fleurit a besoin de liberté, de lumière, et ne peut être assujetti à aucune restriction. On ne peut pas l’évaluer, on ne peut pas dire : » C’est bien, c’est mal ; ceci est acceptable, cela ne l’est pas » – car c’est ainsi qu’on limite cette floraison de la pensée. Or la floraison ne peut avoir lieu qu’à la lumière de cette conscience-là. Donc, si vous allez au fond des choses, vous découvrirez que la floraison de toute pensée en est aussi la fin ultime. »

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Un livre-journal, il explore la vie et les différents thèmes qui en font la richesse

à travers 365 textes qui peuvent être appréciés comme autant de sujets de méditations.

Il se lit et se relit, l’auteur nous invite à nous libérer de nos conditionnements,

à vivre notre existence en développant notre attention, en nous forgeant un esprit libre…  

Une lecture de chevet fort enrichissante qui nous accompagnera jusqu’à notre dernier souffle,

que demander de plus ? Rien, tout est parfait ici et maintenant.

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Extrait de : « Le livre de la Méditation et de la Vie »  Jiddu Krishnamurti
1895-1986.

Illustrations : 1/ « Pensées et éventail japonais »  2/ « Innocentia »  Maria Wiik  1853-1928.

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Faire croitre notre attention…

BVJ – Plumes d’Anges.

Balancements…

dimanche 9 juillet 2023

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 « Je vis, je meurs , je me brûle et me noie,

J’ai chaud extrême en endurant froidure,

La vie m’est et trop molle et trop dure.

J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

Tout à coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint lourd tourment j’endure,

Mon bien s’en va et à jamais il dure,

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène,

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur. »

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Tandis que l’Homme s’agite en tous sens dans un monde devenu totalement binaire,

la nature, elle, ne perd le fil de la création,

elle est tout à son œuvre dans la saison présente.

Naissance, floraison, fanaison, fructification,

recherche de beauté, d’équité, de loyauté…

Certains tentent de tracer ce chemin avec humilité,

partons à leur recherche joyeusement

et ensemble trouvons des sources limpides.

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Sonnet de Louise Labé – XVIème

Illustrations de Robinet Testard  1471-1531: 1/ « AlphabetHeures de Charles d’Angoulême  2/ « Rose, grand Paon de nuit  et Sceau de Salomon – Livre des Simples de Mattheaus Platearius » XVIème.

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Tout change, perpétuellement…

BVJ – Plumes d’Anges.

Jardins intérieurs…

samedi 1 juillet 2023

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« Avec merles et pinsons

j’ai beau partager mes graines

à la table de l’hiver

je ne ferai jamais partie de leur monde

 

eux d’un coup d’aile

prennent de la hauteur quand ils veulent

et tout s’amenuise en bas »

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« Ce coup de vent sur la terrasse

qui m’extirpe d’une sombre méditation

doit annoncer un dieu

 

les feuilles se retournent

les fleurs s’inclinent

qu’on ajoute un fauteuil

il va venir sous peu

s’enquérir de notre humeur »

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« Alors que flambe le fagot

de pensées fines et de sentences

amassées au fil des jours

avec tous mes ah oui accolés

je regarde ce livre d’images

que le vent feuillette à l’envers

devant ma porte ce matin

jusqu’au plus opaque

de l’arbre et du ciel »

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« Aujourd’hui me précède

un poème vigoureux

qui réduit en poussière lumineuse

tourments et ronces

en travers du chemin

 

si des choses doivent se murmurer

du plus profond de la forêt

elles trouveront mes oreilles

avant le soir »

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« Empêchons les jours mauvais

de remonter du puits

maçonnons le couvercle

et devenons légers

sans devenir des anges

ouverts encore selon

les vieilles catégories

aux péchés les meilleurs

aux vertus négligées »

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« J’ai aménagé un jardin de pierres

dans mes soucis

 

je veux l’agrandir chaque jour

d’une poignée de sable fin

la nuit avant de m’endormir

je le ratisse comme autrefois je priais »

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Découvertes éternellement renouvelées, au fil des jours, des lieux et des saisons…

Précieuse découverte d’un « nouvel ami » poète dont les mots cueillent

simplicité et profondeur de la vie.

Tout est là, se déployant à nos pieds, illuminant notre regard.

La poésie, la nature et la beauté sauveront-elles le monde ?

Si chacun de nous entretient cette flamme, tout reste possible, j’ai envie d’y croire…

Poèmes extraits de « ÉLÉGIES ET PIERRES DE FRONDE »  2009 Roland Reutenauer.

Photos BVJ – Alpes françaises et italiennes juin 2023.

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Cultiver nos jardins intérieurs…

BVJ – Plumes d’Anges.

Plis et replis de l’âme…

lundi 5 juin 2023

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« … La traversée de l’hiver demande patience. Ce n’est qu’une saison à passer, mais je remarque, et chaque année davantage, combien l’angoisse m’étreint, sitôt disparue l’ardeur des rouges et des ors de nos mois d’automne. Cet aveu m’apaise, car nous abritons en nous quantité de souvenirs et de réflexions ; il ne se trouve personne pour les entendre, et le cœur s’étouffe à les contenir.

Je n’ai pas de goût pour les confidences que s’échangent les femmes entre elles. Trop souvent, on voit le secret de l’une, sitôt franchi ses lèvres, porté à la connaissance des autres. Il devient leur jouet et elles en disposent à leur guise. Ce ne sont que broderies et arabesques, chacune y ajoute ses motifs et ses couleurs, et la réalité de l’affaire disparaît sous les ornements.

Il ne reste plus rien alors de ces instants où l’on a cru se livrer à un cœur compatissant, à une âme bienveillante, et confié sans défiance, dans un tendre rêve de gémellité, les tourments les plus sombres ou les pensées les moins raisonnables. De cela, je ne veux pas…

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… Musica laetitiae comes medinina dolorum. Dès la première fois où enfant, j’ai posé mes mains sur les touches, cette phrase s’est offerte à mes yeux, et avant de savoir assez de latin pour la comprendre, j’avais demandé à mon père de m’en indiquer le sens. Depuis il n’est pas de jour où cette réflexion ne m’accompagne de son évidence. Dans la joie comme dans la peine, la musique demeure notre compagne. Elle embellit ce qui peut l’être, et console, lorsque cela est possible. Mais des trop grandes peines, elle ne distrait point. La vraie tristesse s’accompagne de silence, mais c’est autre chose…

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... L’ordre, la mesure et le travail sont des remparts contre les embarras de l’existence. C’est ce qu’on nous apprend dès l’enfance. Vanité de croire tout cela. Chaque jour qui passe me rappelle, si besoin était, que la conduite d’une vie n’est en rien semblable à celle d’un stock d’épices ou de porcelaine.

Ce que nous tentons de bâtir autour de nous ressemble aux digues que les hommes construisent pour empêcher la mer de nous submerger. Ce sont des édifices fragiles dont se jouent les éléments. Elles restent toujours à consolider ou à refaire. Le cœur des hommes est d’une moindre résistance, je le crains…

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Je sais désormais qu’il nous faut agir selon notre cœur, au plus près de ce qui nous semble juste et ne jamais accepter ce qui nous fait violence. J’ai failli ce jour là, et le prix de ce manquement est une croix de plomb sur mes épaules…

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… Avec le temps, ce sont nos joies d’enfant que nous convoquons le plus facilement dans nos souvenirs, elles nous accompagnent avec une rare fidélité. Retrouver ce que nous avons éprouvé dans ces moments demeure une source de félicité que nul ne pourra vous ravir. Le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher, et de certitudes qui s’amenuisent. Nous ne possédons que l’amour qui nous a été donné, et jamais repris… »

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   Tout commence par un tableau d’Emanuel de Witte, c’est ce tableau qui a intrigué l’auteure, elle a imaginé l’histoire de cette femme qui apparait de dos jouant du virginal dans sa chambre à coucher au riche décor, un homme est allongé sur le lit, au fond, une jeune servante balaie. Elle se nomme Magdalena Van Beyeren, décide de « mettre un peu d’ordre dans son cœur pour apaiser son âme », écrit un journal intime entre le 12 novembre et le 16 décembre 1667.

Elle se raconte en tant que fille ainée, ne s’est jamais sentie attirée par les taches domestiques et les travaux de broderie, s’est vite intéressée aux affaires de son père, administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, marin et armateur. Elle a adoré les déplacements à ses côtés, les départs et les arrivées des bateaux chargés de trésors venus de lointains pays : épices, soieries, porcelaines… ce monde l’enchante et son talent dans les affaires est reconnu. Mais elle est née à une époque où les filles n’ont aucuns droits. Elle épouse Peter qui héritera de la charge d’administrateur puis deviendra mère, de nombreuses fois.

Elle couche sur ces pages les pensées qui la mettent en joie et celles qui la broient chaque jour, empêchant la venue du sommeil. Elle se questionne sur l’avenir, les qualités des uns et des autres. Elle se délivre d’un lourd secret de jeunesse. Elle aime et se sait aimée mais suite à une décision de son mari, une fissure se fait en elle, elle se trouve profondément ébranlée. La musique et son épinette l’ont toujours accompagnée, elle se prend à rêver.

L’écriture de ce court ouvrage est très belle, l’auteure déroule un fil tissé de mots choisis, dignes et bienveillants. C’est un récit très touchant, délicat, une pièce de musique, un petit bijou…

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Extraits de : « Les heures silencieuses »  2011  Gaëlle Josse.

Illustrations : 1/ »Intérieur avec femme au virginal »  Emanuel de Witte  1617-1692  2/ »La jarre »  Harry Wilson Watrous  1857-1940.

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Observer le silence pour entendre réponses à nos questions…

BVJ – Plumes d’Anges.