Archive pour janvier 2017

Jardin intérieur…

Lundi 30 janvier 2017

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“… En toi est le jardin des fleurs, dit Kabir. En toi est le jardin des fleurs… Longtemps cela m’a paru une simple référence poétique. Aujourd’hui, ce titre me semble la clé de l’intimité avec le meilleur de soi.

Prenez quelques secondes pour imaginer un jardin intérieur. Il affiche des zones d’ombre et de lumière. On peut s’y livrer aux rayons du soleil. On peut s’y reposer et faire la sieste. On peut y écouter le vent dans les arbres et le chant des oiseaux. Il y a peut-être même une fontaine qui émet un léger gazouillement. On peut y contempler quelques sculptures, humer des fleurs et se laisser enchanter par les parfums de la nature. On peut y déambuler et y méditer. On peut y boire et y manger. Bref, c’est un endroit où prendre une bouffée d’air frais dans tous les sens du mot. . Fermez les yeux, laissez vos préoccupations à la porte, et abandonnez-vous, condition essentielle au ressourcement. Notre réceptivité passive s’ouvre alors et il devient possible de se nourrir de sensations subtiles.

À l’évidence, vous avez aussi la possibilité d’entrer dans ce jardin la tête remplie de soucis. Ce n’est pas grave, le jardin ne vous en voudra pas. Mais il ne pourra rien pour vous. Vous resterez enfermé dans la partie mourante de vous-même, dans cet univers concentré qui devient concentrationnaire avec le temps parce qu’on y tourne en rond comme les prisonniers dans la cour. Cela va tout à fait à l’encontre de notre entreprise.

Comme je l’ai déjà dit, rencontrer le meilleur de soi signifie prendre contact avec la partie vivante de soi. C’est honorer la partie lumineuse, large, abondante. C’est la nourrir, la stimuler, la cultiver. Cela veut également dire que l’on favorise l’intensité de la vie en invitant de nouvelles sensations, de nouvelles idées, de nouveaux rêves.

Le meilleur de soi est déjà présent. Il n’a pas à être créé ou inventé. Il ne s’agit pas d’une tâche de plus à accomplir. Il s’agit de permettre un ressenti, de lui ouvrir la porte comme on ouvre celle d’un jardin. Alors nos capacités subtiles favorisent la rencontre de l’océan en soi, le ciel étoilé en soi, chaque partie de l’univers en soi…

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… La première fleur du jardin du dedans est la détente. Elle contribue à rétablir l’ampleur naturelle de l’être…

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… Quand le souffle s’étire et se lance vers l’inconnu, c’est le moment de l’inspiration. J’inspire, j’accueille l’air dans mes alvéoles pulmonaires et l’univers s’imprime en moi. Je m’informe, je m’instruis, je m’inspire, je m’oriente et j’entre en expansion.

Quand le souffle revient à sa source, c’est l’expiration. J’expire, j’expulse l’air hors de mes poumons. Je m’incarne, je m’exprime, je me mélange, je participe…

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… Lorsque l’on respire consciemment, on a l’impression de communier avec la vie, et de s’unir à son immensité. Comme si l’univers était en soi et qu’on y participait intimement…

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… Les visites de l’espace intérieur ne règlent pas tout comme par magie. Les difficultés, les impatiences, les écueils sont toujours là, mais ils ont perdu le pouvoir de nous mettre à genoux. Avec le temps, ils deviennent les nombreux rappels qui nous gardent éveillé et qui nous invitent à choisir la part lumineuse et vivante plutôt que la part sombre. Au bout du compte, on réalise de plus en plus clairement que la qualité d’une vie n’a rien à voir avec ce que l’on fait, elle a plutôt à voir avec comment les choses sont vécues. Tout se résume à une disposition d’esprit…”

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Extraits de : “Le meilleur de soi”  Guy Corneau 1951-2017.

Illustrations : 1/“Un jardin en septembre”  Mary Heister Reid 1854-1921  2/“Jardin japonais”  Emil Orlik 1870-1932.

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Entretenir un havre de paix en soi…

BVJ – Plumes d’Anges.

Nourrir l’âme…

Jeudi 26 janvier 2017

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“…REGARDER

“La beauté nourrit l’âme. Ce que les aliments sont pour le corps, les images saisissantes, complexes et agréables le sont pour l’âme.”

Thomas MOORE, Le Soin de l’âme.

Dans une étude sur les émotions positives, quatre chercheurs américains, Jeannette Haviland-Jones, Holy Hale Rosario, Patricia Wilson et Terry R. McGuire, ont découvert que si les fleurs sont appréciées, ce n’est pas tant pour leur valeur symbolique, sociale ou marchande que pour l’effet qu’elles ont  sur les émotions de ceux qui les reçoivent ou les contemplent. Les belles fleurs non seulement produiraient des émotions positives immédiates, mais modifieraient durablement nos humeurs et auraient des effets sur les performances de notre mémoire. Bref, elles nous font du bien, tout comme porter leur parfum ou… leurs couleurs.

Que ce soit de la musique, de la poésie, un moment passé à contempler un ciel parme, de beaux légumes, des fruits de mer, c’est tout ce que nous mettons dans notre corps, notre esprit et notre cœur qui nous nourrit. La nourriture se dévore des yeux autant qu’elle se déguste. L’esthétique est AUSSI une nourriture…”


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Extrait de : “L’art de la frugalité et de la volupté” 2009 Dominique Loreau.

Illustrations : 1/“Tulipe” - Manuscrit turc du XVIIIème   2/“Azalées”  Marie Egner 1850-1940.

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Se nourrir d’émotions positives…

BVJ – Plumes d’Anges.

Empathie…

Dimanche 22 janvier 2017

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“… La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?

- Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.

- Alors… ils n’ont pas la même langue ?

- Si, ils parlent la même langue.

- Alors, ils n’ont pas le même dieu ?

- Si, ils ont le même dieu.

- Alors, pourquoi se font-ils la guerre?…

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… “De quelle origine es-tu ?” Question banale. Convenue. Passage quasi obligé pour aller plus loin dans la relation. Ma peau caramel est souvent sommée de montrer patte blanche en déclinant son pedigree. “Je suis un être humain.” Ma réponse les agace. Pourtant, je ne cherche pas à les provoquer. Ni même à paraître pédant ou philosophe. Quand j’étais haut comme trois mangues, j’avais déjà décidé de ne plus jamais me définir…

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… Un chaine d’infos en continu diffuse des images d’êtres humains fuyant la guerre. J’observe leurs embarcations de fortune accoster sur le sol européen. Les enfants qui en sortent sont transis de froid, affamés, déshydratés. Ils jouent leur vie sur le terrain de la folie du monde. Je les regarde, confortablement installé là, dans la tribune présidentielle, un whisky à la main. L’opinion publique pensera qu’ils ont fui l’enfer pour trouver l’Eldorado. Foutaises ! On ne dira rien du pays en eux. La poésie n’est pas de l’information. Pourtant, c’est la seule chose qu’un être humain retiendra de son passage sur terre. Je détourne le regard de ces images, elles disent le réel, pas la vérité…

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… J’ai vécu mes plus belles années à Kamenge, sans m’en rendre compte, car sans cesse je pensais au jour d’après, espérant que demain serait mieux qu’hier. Le bonheur ne se voit que dans le rétroviseur. Le jour d’après ? Regarde-le. Il est là. À massacrer les espoirs, à rendre l’horizon vain, à froisser les rêves. J’ai prié pour nous, Gaby, j’ai prié autant de fois que j’ai pu. Plus je priais et plus Dieu nous abandonnait, et plus j’avais foi en sa force. Dieu nous fait traverser les épreuves pour qu’on lui prouve qu’on ne doute pas de lui. Il semble nous dire que le grand amour est fait de confiance. On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort…

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… Je relis le poème de Jacques Roumain offert par Mme Economopoulos le jour de mon départ : ” Si l’on est d’un pays, si l’on y est né, comme qui dirait : natif-natal, eh bien on l’a dans les yeux, la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes…”

Je tangue entre deux rives, mon âme a cette maladie-là…”

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Extraits de : “Petit pays” 2016  Gaël Faye.

Photos BVJ (Vers l’Estagnol dans le Var)

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En ces temps de folie, cultiver nos dons d’empathie…


BVJ – Plumes d’Anges.

Aventure intérieure…

Jeudi 19 janvier 2017

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“… L’écriture fait partie intégrante de mon aventure intérieure. Au point qu’elles sont en moi confondues. Mon journal m’a permis de réaliser une autoanalyse, de résigner mon moi et de m’engager dans la recherche du soi – un soi si difficile à atteindre.

J’ai longtemps commis l’erreur de croire que tout artiste, tout intellectuel, toute personne ayant eu accès à la culture, vivait obligatoirement l’aventure de la quête de soi. Je me trompais grandement. On peut être un philosophe, un psychanalyste, un prêtre, un écrivain estimé, un professeur de médecine renommé, on peut brasser d’importantes affaires, assumer de hautes responsabilités, on peut être un éminent savant dans telle ou telle discipline, on peut même avoir amassé maintes connaissances sur la quête de soi, mais tant qu’on n’est pas passé par cette expérience, on ne sait en quoi elle consiste. À l’opposé, on peut la vivre avec beaucoup de rigueur en n’ayant aucune culture, aucune capacité intellectuelle particulière. L’important est d’avoir accès à son intériorité. Seul vit cette expérience celui qui en éprouve l’exhorbitante nécessité.

“Connais-toi toi-même” ont gravé les Grecs sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes. C’est uniquement de cela dont il s’agit. La vérité dont nous avons faim n’est autre que celle de nous-même qu’il nous faut acquérir. Elle n’est pas à chercher hors de nous, dans une quelconque philosophie ou une quelconque religion. Elle apparaît quand nous parvenons à être lucide sur nous-même, à exister par nous-même, à penser par nous-même, et lorsque nous lui avons donné une assise ferme, elle détermine notre manière de penser et de vivre. De toutes les aventures possibles, celle-ci est la plus passionnante, celle qui ménage les plus étonnantes et les plus fécondes découvertes. C’est elle qui donne sens à une vie…”

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Extrait de : “Apaisement”  (Journal VII 1997-2003 - 19 janvier) 2013  Charles Juliet.

Dessins anonymes  : 1/Carte du ciel avec signes du zodiaque et constellations - XVIII ème  2/Etude d’angelots – Espagne 1689.

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Chercher notre vérité en nous…

BVJ – Plumes d’Anges.

Situations extrêmes…

Lundi 16 janvier 2017

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“… Chaque année, la chaleur risque de me tuer. La ville se vide et nous, les chiens, nous finissons dans la rue. La première année fut la plus dure. Je ne savais que faire, j’étais perdu. J’errais dans les rues vides, rien à manger.(…) J’ai résisté, j’ai pleuré, j’ai dormi, puis j’ai regardé le ciel et j’ai vu descendre un ange, avec de grandes ailes blanches. Je l’appelle comme ça, mais je ne suis pas sûr, je l’avais déjà vu d’autres fois de loin, je ne fais pas très attention au ciel. J’ai pensé que c’était un ange parce qu’il s’était adressé à moi.

Quand une créature descend du ciel et te veut justement toi, ce doit être un ange. Il est venu au devant de moi et m’a fait une caresse blanche de son aile. Je l’ai regardé et il m’a dit : “Suis-moi.” Sa voix était celle de l’eau de pluie, “Suis-moi”, il a dû me le dire encore, parce que je ne réponds pas la première fois. Je pense que j’ai rêvé un ordre, une invitation, et j’attends donc une confirmation. Je me suis dressé sur mes pattes, j’avais la tête qui tournait. Il faisait la chaleur volcanique de ces terres jaunes du sud, tuf et soufre. L’ange m’a conduit hors du territoire connu. Je suis paresseux, sans curiosité pour le grand monde, j’aime les habitudes. Mais je me sentais en danger. L’ange m’a ouvert les routes, il y avait partout des chiens perdus qui traînaient en quête d’une occasion. Il m’a trouvé un coin et m’a apporté à manger, j’ai demandé pourquoi il m’aidait, il a répondu que c’était sa mission. Il avait des ailes pour ça, pour attirer le regard des créatures vers le ciel. Il apprenait à s’adresser en haut quand le bas nous abandonne.

“Tu as regardé en haut, c’est pour ça que je suis descendu. Si tu avais gardé les yeux à terre, je n’aurais pas pu. Je viens seulement chez ceux qui ont besoin du ciel.”

Je ne savais pas que j’en avais besoin, mais il est vrai que j’avais levé les yeux en quête d’un nuage de pluie. Les hommes s’abritent, nous non, pour nous c’est la plus belle des caresses.

Je n’avais pas mangé de poisson avant cet été-là, j’ai découvert que c’était très bon, il me l’apportait tout frais de la mer. Il me disait que la mer aide quand la terre se ferme. Je n’avais pas pensé à la mer, au ciel, la terre me suffisait. Les anges aident à penser.

“Ange, dis-je, tu connais le monde, tu le surveilles depuis les airs, dis-moi quelle est ma faute.

- Je vois les montagnes, mais je ne distingue pas les prises, je vois la grandeur mais je ne reconnais pas les détails. Je suis en exil quand je descends sur terre, je vis au ciel. J’ai vu de loin des chiens lécher la main de l’employé de la fourrière et d’autres mordre celle de leur maître. Les torts et le mérites sont répandus pêle-mêle sur la terre. La faute d’un autre retombe sur toi et à un autre revient le mérite d’une de tes bonnes actions. Ce n’est qu’à le fin qu’on fait les comptes et qu’on répond de chaque chose.

- Même de l’abandon ? ai-je demandé.

- Oui”

Les jours passaient, bouillants, dans la rue les marginaux s’organisaient en meutes. La nécessité rend dangereux. La police est intervenue et elle a arrêté un grand nombre d’entre nous. Je m’enfuyais en suivant par terre l’ombre des ailes devant ma course. La ville était sans protection, mais moi j’étais sous celle de l’ange…”

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Extrait de : “Le plus et le moins” 2015  Erri De Luca.

Illustrations : 1/“L’Annonciation” – détail - Jacopo Pontormo 1494-1557  2/Etude -  Sir Edwin Henry Landseer 1802-1873.

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Se sentir sous la protection de l’Ange…

BVJ – Plumes d’Anges.

Oeuvres humaines…

Jeudi 12 janvier 2017

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“… Tous les lieux habités sont faits de manques et de trop pleins…

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… Un jour, vous aussi vous mourrez. Quand viendra l’heure, posez-vous la question qui compte : “Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde ?” Si la réponse est non, ce sera trop tard, pour vous plaindre comme pour changer. Alors n’attendez pas…

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… La plupart des gens s’accommodent d’une géographie réduite et se contentent de passer leur vie à marcher ou dormir dans une toute petite part de nuit. Quelques-uns s’efforcent d’aller vers des coins ou de grands espaces qu’ils n’avaient jamais visités auparavant..

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… Elle a aussi dit à mon oncle que jamais, même en joignant leurs forces, ils ne parviendraient à réparer l’irréparable, à redonner vie au passé. À défaut, ils avaient commencé une œuvre qui valait la peine. Je ne comprenais pas le sens de ses mots. Puis ils m’ont expliqué. Et j’ai vu. Cette nuit-là, j’ai compris que, puisque le bon Dieu n’existe pas, il est des hommes qui, sans se prendre pour lui, essayent de faire des choses bien, à leur mesure, en fouillant dans le peu que la nature leur a donné pour accompagner les rêves des autres. C’est mon oncle qui a inventé ce mot d’”aide bonheur”…

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Elle ne sera jamais finie, la beauté c’est continuel, et il faut lui courir après, la découvrir au jour le jour…”

Extraits de : “La belle amour humaine” 2011  Lyonel Trouillot.

Illustration : “Les quatre parties du monde”  Jean-Jacques Bachelier 1724-1806.

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Peindre sa vie le cœur ouvert…

BVJ – Plumes d’Anges.

Doux liens…

Lundi 9 janvier 2017

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“Sumire adore les oiseaux…

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… Quel beaux yeux elle avait ! Chaque fois que je les regardais, je tombais en admiration. Pareils à un lac mystérieux que les explorateurs et les aventuriers du monde entier auraient enfin découvert après avoir parcouru toute la Terre, ils viraient au bleu pâle, au vert mousse ou au bleu outremer en fonction des reflets de la lumière…

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… – Ton âme ?

Bien entendu je connaissais le mot, mais j’ignorais sa signification exacte.

- L’âme, c’est ce que nous avons de plus précieux. Si nous la souillons, nous perdons tout.

- C’est différent du cœur ?

- Bonne question, Hibari. Oui, c’est différent du cœur.

Sumire m’avait répondu sans hésiter. Puis elle a continué d’un air pénétré :

- L’âme est protégée par le cœur, qui est lui-même protégé par le corps.

Pendant quelques minutes, j’ai tenté de visualiser cela dans mon esprit. Le corps protège le cœur, qui protège l’âme, donc, en gros…

- C’est comme un daifuku* à la fraise ?

J’avais eu une illumination.

- Voilà, c’est exactement cela.

Sumire a écarquillé les yeux. Ils brillaient comme deux beaux lacs à la lumière du soleil.

- L’enveloppe de pâte de riz est le corps, la pâte de haricots rouges, c’est le cœur, et la fraise au milieu est l’âme, c’est tout à fait ça. Hibari, à votre avis, quel est l’essentiel dans le daifuku à la fraise ?

- La fraise !…

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… Parce que dans ce monde, pour construire son propre univers sans appartenir à un groupe, il faut une volonté inflexible…

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… Vous savez Hibari…

C’était ainsi qu’elle commençait quand elle s’apprêtait à me dire quelque chose d’important. Elle a continué doucement, le regard toujours tourné vers le ciel :

Quand il pleut, il faut se laisser mouiller par la pluie, et quand il vente, il faut se laisser fouetter par le vent. Faites comme vous l’entendez, Hibari. Mais…

Sumire s’est tue. Puis en me scrutant au fond des yeux, elle a repris :

Il n’y a que vous pour savoir ce que vous voulez vraiment. N’est-ce-pas ?…”

*daifuku —> ICI

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Extraits de : “Le Ruban” 2014  Ogawa Ito.

Illustrations : 1/“Perruches” Planche issue de  “Le livre des Canaries et oiseaux de cage” 1878   2/“Fraises sauvages”  Johann Adam Schlesinger 1759-1829.

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Chouchouter ce qui est précieux en nous…

BVJ – Plumes d’Anges.

Aspirations inpirées…

Jeudi 5 janvier 2017

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“À propos de chaque désir il faut se poser cette question :

quel avantage résultera-t-il pour moi si je le satisfais,

et qu’arrivera-t-il si je ne le satisfais pas ?”

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Épicure 341-270 avant J.C.

Tableau : “Jeune fille près d’un bassin” Herbert James Draper 1863-1920.

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Définir nos aspirations profondes…

BVJ – Plumes d’Anges.

Traits de plume…

Dimanche 1 janvier 2017

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“… Trois balles de fourrures de zibeline et de martre, cent douze panni de laine, neuf rouleaux de satin de Bergame, autant de velours florentin doré, cinq barils de nitre, deux caisses de miroirs et un petit coffre à bijoux : voilà ce qui débarque après Michelangelo Buonarroti dans le port de Constantinople le jeudi 13 mai 1506…

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… Cela commence par des proportions. L’architecture est l’art de l’équilibre ; tout comme le corps est régi par des lois précises, longueur des bras, des jambes, position des muscles, un édifice obéit à des règles qui en garantissent l’harmonie. L’ordonnancement est la clé d’une façade, la beauté d’un temple provient de l’ordre, de l’articulation des éléments entre eux. Un pont, ce sera la cadence des arches, leur courbe, l’élégance des piles, des ailes, du tablier. Des niches, des gorges, des ornements pour les transitions, certes, mais déjà, dans le rapport entre voûtes et piliers, tout sera dit…

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… Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d’éléphants et d’êtres merveilleux ; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété. Parle-leur de tout cela, et ils t’aimeront ; ils feront de toi l’égal d’un dieu…

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… En retraversant la Corne d’Or, Michel Ange a la vision de son pont, flottant dans le soleil du matin, si vrai qu’il en a les larmes aux yeux. L’édifice sera colossal sans être imposant, fin et puissant. Comme si la soirée lui avait décillé les paupières et transmis sa certitude, le dessin lui apparait enfin.

Il rentre presqu’en courant poser cette idée sur le papier, traits de plume, ombre au blanc, rehauts de rouge.

Un pont surgit de la nuit, pétri de la matière de la ville…

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Le seul objet qu’il a emporté, c’est son carnet sur lequel il note quelques derniers mots, alors que le navire passe la pointe du Sérail.

Apparaître, poindre, briller.

Consteller, scintiller, s’éteindre…”

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Apparaître, poindre, briller, consteller, scintiller

dans la joie et la légèreté,

c’est ce que je vous souhaite au seuil de 2017.

BELLE NOUVELLE ANNÉE  À TOUTES ET À TOUS !

Extraits de : “Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants.” 2010 Mathias Enard.

Illustrations : 1/“Constantinople la mosquée de Top-Kahné”  Yvan Aïvazovski 1817-1900  2/“Phare d’Ahirkapi à la pointe du Sérail”  Michael Zeno Diemer 1867-1939.

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Lancer des ponts avec légèreté…

BVJ – Plumes d’Anges.